Ahmed Meguini : “Va, vis et deviens Français”

Je m’appelle Ahmed et je ne suis pas Musulman. Habituellement, comme tous les athées, je le tais. D’abord parce que c’est intime, l’athéisme est une solitude et la solitude ça ne se partage pas. Il y a une autre raison : j’ai souvent eu peur de froisser mes ex- coreligionnaires. Pour un grand nombre de Musulmans, je suis ce qu’il y a de pire : un apostat. Dans la plupart des pays musulmans, je risquerais la mort pour cela.
Je suis un citoyen français et je n’ai pas d’autre identité à défendre que celle qui a permis mon émancipation. Je suis libre de croire ou de ne pas croire et pourtant, pour ma sécurité, jusqu’à aujourd’hui, j’ai cru bon de ne pas exposer ma non–foi.
Cette lâcheté, que j’assume comme telle, n’est plus permise aujourd’hui. En nous attaquant et en nous tuant, les assassins on révélé une terrible faille sismique. Elle n’était pas nouvelle mais, comme vous, je me mentais à moi-même.
Je n’ai pas pu avoir la même rapidité d’analyse que ceux qui ne souhaitent « ni rire ni pleurer » et qui, en un temps record, ont mis sur pied un débat sur la place des jeunes Musulmans en France. Non je n’ai pas pu, et n’en déplaise à Spinoza, j’étais occupé à pleurer.

Dieu assigné à résidence

Je réponds à leur question : « l’Islam est-il compatible avec la République ? » en disant simplement que c’est la République qui ne sera jamais compatible avec l’Islam, comme avec n’importe quelle autre religion. C’est pourquoi il y a plus d’un siècle, nous avons assigné Dieu à résidence. Parce que c’est le concept même de Dieu qui n’a pas sa place dans la République. Je ne vois pas, je ne fréquente pas et je ne parle pas à des Musulmans, à des Catholiques et à des Juifs, et ça n’arrivera jamais. Je ne reconnais que mes concitoyens, et qu’ils croient aux extra-terrestres ou à un homme qui change l’eau en vin, cela ne m’intéresse absolument pas. À ceux qui en réponse aux actes de terrorisme souhaitent débattre de l’Islam, je les invites à entamer au plus vite un cursus en théologie islamique, mais laissez-moi ma France ! Celle où je dois pourvoir vivre sans Dieu et sans me faire insulter dans ma non-foi. Frappez la République à coups de tête pour y enter en tant que Musulman, Catholique, Protestant, Bouddhiste ou Juif. Frappez encore, frappez plus fort et nous verrons bien qui de votre tête ou de la République cèdera en premier. Même si nous, Républicains laïcs, étions demain pris de panique, terrorisés par nos ennemis et prêts à tout céder, nous ne le pourrions même pas. Cette idée de liberté et de justice qui s’est affutée à travers le temps ne nous appartient pas, elle nous dépasse, un peu comme votre Dieu. La laïcité, c’est ce que nous avons trouvé de mieux pour vous permettre de vivre vos croyances tout en admettant la primauté des lois de la République sur vos lois divines. D’autres pays n’ont pas laissé ce choix à leur population. Les uns interdisent la religion, d’autres la rendent obligatoire. Si vous ne comprenez pas en quoi la laïcité vous protège, je ne vous l’expliquerai pas, je vous opposerai la loi, parce qu’elle me protège moi aussi. Si vous voulez comprendre, je vous invite à vous rendre dans une bibliothèque.

Une barque et des rames

Je n’ai pas d’autre choix que d’engager un combat, que je promets féroce, contre ceux qui préfèrent s’adresser aux Musulmans plutôt qu’à leurs concitoyens. Comme d’autres, j’ai consacré toute ma vie d’adulte à devenir et à être admis en tant que Français. Je suis de la première génération à être né en France. Sur mon acte de naissance, il est écrit « père soudeur » et « mère femme de ménage », comprenez : « T’es plutôt mal barré dans la vie ». Aujourd’hui je suis père, chef d’entreprise et j’ai une vie relativement confortable. À l’école, j’ai fait le minimum, j’ai terminé mon parcours scolaire crashé dans une voie de garage au milieu d’un BEP grotesque. Cet enseignement minimum obligatoire m’a offert une barque et une paire de rames. Alors j’ai ramé, j’ai ramé la nuit et j’ai ramé le jour, scrutant inlassablement l’horizon à la recherche d’une terre, la France.
Mes parents parlaient mal le Français, avec des erreurs de syntaxe et un fort accent maghrébin. Ils étaient pauvres en France ; ils l’étaient d’avantage dans leur pays d’origine. Je me souviens qu’il arrivait que l’on me dise que j’avais de la chance d’avoir une double culture. Je ne comprenais pas ce que ça voulait dire, je me disais simplement que « deux » c’est mieux que « un ». Il a fallu que je découvre un peu de la culture française pour appréhender l’étendue de ma pauvreté, de ma faim aussi.
Cependant j’ai profité d’une intuition de ma mère qui m’a dit « Tu sais, nous, on ne comprend pas très bien comment ça marche en France, imite-les, toi tu finiras bien par comprendre. » Elle ne m’a pas dit ce que d’autres, dans le même cas que moi, pouvaient entendre de leur parent : « Nous ne sommes pas chez nous, nous sommes venus travailler et nous rentrerons au pays ». Le pensaient-il vraiment ? Se mentaient-ils à eux-mêmes ? Je ne sais pas, en revanche ce que j’ai vu, c’est qu’ils sont restés et qu’ils ont condamné leurs enfants à une vie de pérégrination, d’éternels étrangers, pas vraiment d’ici, et encore moins de là-bas.

Être Français

J’ai eu la chance de faire ce chemin tortueux vers la France. Je voulais devenir Français, parce que dans mon esprit, j’étais d’ici ; parce que contrairement à beaucoup de Français qui ont les mêmes origines que moi, mon père est enterré ici et c’est ici que je finirai ma vie. Mais je ne savais pas ce que ça voulait dire, être Français. J’ai dû inventer, me jeter loin de moi, de ce que je croyais savoir. J’ai par exemple porté l’uniforme, je me disais qu’ainsi on ne pouvait pas penser que j’étais autre chose qu’un Français. Si je ne savais toujours pas ce que ça voulait dire au moins j’en avais l’air. Adolescent, j’étais jeune sapeur pompier, je m’exerçais à des manœuvres incendie, au secourisme. À peine majeur, je suis devenu sapeur pompier volontaire. Et puis il y a eu l’armée, je voulais absolument partir en opération à Sarajevo. Je pensais qu’en servant la France dans un pays en guerre, j’aurais alors un argument de poids à opposer à ceux qui pouvaient douter de mon attachement à mon pays. Le seul moyen de partir en opération extérieure dans mon régiment était de s’engager, je me suis donc engagé. Un mois plus tard, j’étais en territoire bosniaque et je regardais fièrement l’écusson tricolore sur mon épaule. Je m’appliquais sans le savoir ce mot de Kennedy : « Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande-toi ce que tu peux faire pour ton pays ».

Ni victimes, ni bourreaux

Oui, il a été sinueux ce chemin vers la France qui me fit faire un détour par la case prison. Arrêté dans une manifestation et condamné à tort pour violence sur agent des forces publiques, j’ai été incarcéré trois mois dans une maison d’arrêt alsacienne. Ce que j’y ai vu m’a profondément bouleversé. La première fois que j’ai vu une promenade, j’ai été choqué de n’y voir que « des Arabes et Noirs ». Je les regardais tourner en rond, ils étaient là, rassemblés, les pérégrins pérégrinaient. J’ai été très en colère, j’aurais pu sortir de là fou de haine si je n’avais pas eu le soutien de milliers de militants, de Français qui avaient pris fait et cause pour moi. Ils m’ont aidé à comprendre que la France c’est aussi une ambition qui appartient à ceux qui la défendent et comme dans les mariages, il n’y a pas que des jours heureux. Eh oui, bien souvent j’ai eu l’impression d’aimer la France comme un mari cocu.
Souvent je repense à cette promenade de prison comme la manifestation la plus évidente de notre échec. L’échec d’un pays tout entier, où chacun a sa part de responsabilité. L’État, bien sûr, mais aussi certains employeurs qui quand ils ne pratiquent pas ouvertement la discrimination à l’embauche, font preuve de peu de créativité. De nos préjugés, à chacun de nous, d’avoir cru que la police et la prison étaient la réponse à tout, faisant semblant d’oublier que les détenus ont vocation à sortir, et souvent, plus en colère encore que quand ils y sont entrés. C’est aussi l’échec des familles de ces prisonniers, et des prisonniers eux-mêmes, qui doivent assumer leur part de responsabilité.

Lâcheté et paresse

Nous ne sortirons pas de cette impasse si chacun ne fait son autocritique. Si nous retombons dans ce débat stérile de la xénophobie à géométrie communautaire variable, l’auto-flagellation d’un coté et les revendications victimaires de l’autre. Nous serons condamnés à la guerre de tous contre tous. Alors je prends ma part en dénonçant ici une forme de duplicité chez beaucoup de Français qui ont les mêmes origines que moi. Je dénonce ceux qui n’ont jamais fait le choix de la France et qui réclament tous les droits ; bien que nés Français sur notre territoire, quand ils disent « le pays » ils ne parlent pas de la France. Ils ne souhaitent pas vivre dans les États totalitaires d’où sont venus leurs parents mais souhaitent bâillonner la liberté d’expression ici. Oui, la France a construit les conditions d’une ghettoïsation sociale et ethnique mais, avant cela, elle a construit des logements. Mais qui dénonce la complicité active de ces communautés qui se donnent tant mal pour se ghettoïser elles-mêmes, en cultivant cet entre- soi ethnique ? Si nous ne sommes pas allés vers eux, beaucoup ne sont pas venu vers nous non plus.
J’ai été accusé sur un réseau social d’être un « faux arabe » alors même que je m’affirme en tant que Français. On est accusé de « faux arabe » dès que l’on fait preuve d’un peu de sens critique publiquement. La règle, c’est la solidarité confessionnelle, on peut critiquer en privé, « entre nous », mais jamais en public. Accusation plus étrange encore : j’ai été dénoncé comme « Juif », « Sioniste », parce que je dénonce l’antisémitisme. Un schéma d’une incroyable absurdité et très largement répandu. En postulat, il faudrait imaginer que les Juifs et Israël c’est pareil. Donc si vous défendez un Juif c’est comme si vous attaquiez la Palestine. Si tous les Français issus de l’immigration ne pensent pas de cette manière, ils ne dénoncent quasiment jamais les prêcheurs de ces absurdités, par lâcheté, par paresse.

Le xénophobe bienveillant

Il faut encourager la prise de parole à l’initiative de ceux qui adhèrent pleinement aux valeurs de la République et qui se taisent aujourd’hui. Il faut réduire la capacité de nuisance de ceux qui ont le génie de la division, qui nous accablent en nous faisant éternellement le coup de la victime. Pour cela nous devons savoir être nous-mêmes, apprendre à être sereins et implacables avec nos valeurs. Cessons cet auto-dénigrement permanent. À être trop vigilant quant à notre propre xénophobie, on en devient un xénophobe bienveillant. Je rencontre parfois des gens qui ne m’aiment pas parce qu’ils n’aiment pas les Arabes et je ne peux rien y faire. Mais le pire pour moi, c’est de rencontrer des gens qui m’aiment bien parce qu’ils aiment bien les Arabes. La xénophobie bienveillante, qui au nom de la tolérance me voit, comme les autres, comme un Arabe. Alors pour me faire plaisir, pour être gentil avec moi, ils veulent discuter de la place que l’Arabe, maintenant le Musulman, mérite. Je vous le dis ici : je n’ai pas besoin de vous, par pitié arrêtez de vouloir m’aider. Je me suis fait une belle place de Français dans mon pays, grâce à mon pays et grâce à ma brave mère qui m’a élevé du mieux qu’elle a pu avant de me laisser partir avec pour seule consigne : « Va, vis et deviens Français. »

Ahmed Meguini

Monsieur le Président consultez Mohamed Louizi

Mohamed Louizi ancien membre de la confrérie des frères musulmans à rompu en conscience avec une idéologie et un projet totalitaire et mortifère. Il est Musulman, de ceux qui admettent sans problème que je sois athée, et je suis convaincu qu’il est bien plus représentatif que tous ces groupuscules identitaires qui ont décidé de parler au nom de tous les Musulmans. Cet ingénieur de formation nous dévoile, preuve à l’appui la stratégie d’entrisme de l’Islam politique. Il a gagné 5 procès en diffamation et doit en affronter un 6e. Il entame une grève de la faim qui, je le crains, sera aussi rigoureuse que son travail.

Je propose publiquement à Mohamed Louizi de nous rassembler autour de lui et de tout faire pour qu’il soit reçu par le Président de la République. Un rassemblement de toutes et tous pour encourager l’exécutif à éclaircir sa position sur l’Islam politique et plus largement sur sa vision de l’avenir de la laïcité face au défi islamiste et aux questions légitimes qui se posent sur la place de l’Islam en France.

Nous sommes un peuple tolérant, hautement civilisé, et nous l’avons démontré ces dernières années en ne cédant pas au piège des terroristes. Les Français musulmans ont toute leur place dans un pays qui est non seulement le leur mais pour lequel ils ont massivement versé leur sang. Je suis adhérent d’En Marche ; réellement, je suis convaincu que, globalement, le pays ira mieux à la fin du mandat de E. Macron qu’au début. Il consulte, il tâtonne sur le sujet et il a raison. Mohamed Louizi fait partie des personnes à consulter. J’apprécie particulièrement le franc-parler de notre président et son style direct.

Il faut arrêter d’infantiliser les Français de confession musulmane qui, dans leur grande majorité, ne se reconnaissent pas dans ces revendications identitaires. Il n’y a pas de laïcité radicale :

quand je me suis dressé après Charlie, je n’ai fait que ce pourquoi on m’a programmé durant ma scolarité qui a fait de moi un républicain, un citoyen, un homme libre qui a des droits mais aussi des devoirs. Il n’y a que l’extrême-droite qui manipule habilement la laïcité en occupant le terrain abandonné. Il est temps de mettre les pieds dans le plat et de nous faire confiance. L’identité première de chaque être humain habitant notre territoire est citoyen, citoyenne ou en devenir. Le projet républicain est sans aucun doute le plus ambitieux au monde. Nous sommes provisoirement isolés par la vague populiste qui frappe le monde libre mais nous avons résisté et nous résisterons encore. Voilà venu le temps de la conquête des cœurs et des esprits. Nous avons proclamé que chaque être humain de cette planète naît libre et égal en droit. Nous avons fait cette promesse au monde, à défaut de gauloiserie, voilà l’héritage qui est le mien moi le fils d’immigrés. La laïcité est le ciment du triptyque républicain, la résolution de cette équation et si on l’accuse d’être une religion alors je suis un orthodoxe de la liberté de l’égalité et de la fraternité.

Ahmed Meguini

Laïcité : le danger d’une surenchère anxiogène

“Soyez le changement que vous voulez voir” lançait Malek Boutih citant Gandhi et enjoignant la vingtaine de personnes rassemblées dans un bistrot de la rive gauche à pacifier le combat pour la laïcité. Un banquet républicain remis au goût du jour et organisé par mes soins. Pour être tout à fait honnête, c’est sur une idée de Jean-Louis Bianco, président de l’Observatoire de la Laïcité, et dont l’imagination sans limites en matière d’adjectifs accolés au mot “laïcité”, nous a offert la semaine dernière le concept de “laïcité heureuse”. Une formule aussi géniale que de dire que mon aspirine n’a plus mal à la tête, mais qui m’a fortement inspiré.

Dans mon esprit activiste tout est allé très vite, et avant la fin de la journée j’invitai “ma bande”, celle qui, il y a peu, était “à” Manuel Valls, créée suite aux injures de Mélenchon, et avec les remerciements de l’ancien premier ministre, avant que quelques semaines plus tard ce dernier nous demande de ne plus associer son nom à ce groupe. Non sans modestie je l’ai donc appelé “La bande à Meguini” et en quelques heures j’invitai quelques parisiens des 1500 membres que compte aujourd’hui ce groupe Facebook à la première “soirée laïcité heureuse”, reprenant à notre compte la dernière trouvaille de Monsieur Bianco, avec une vidéo diffusée sur Facebook suscitant un peu moins de 8000 vues.

Malek Boutih, ancien député de l’Essonne et notamment ancien président de SOS racisme, ainsi que Mohamed Sifaoui, journaliste et essayiste, spécialiste des questions du terrorisme et de l’idéologie islamiste, ont immédiatement accepté l’invitation. Nous avons préféré aux grandes messes laïques bunkerisées celle des Folies Bergère où le Printemps Républicain avait réussi l’exploit de rassembler 1500 personnes, pour un moment aussi fort intellectuellement à l’intérieur que terrifiant à l’extérieur. Ainsi les fumeurs pouvait sortir en griller une, encadrés par une vingtaine de policiers équipés d’armes de guerre. Une vingtaine de personnes donc, un buffet, de quoi boire trois jours et deux nuits, et deux intellectuels qui ont eu le temps de discuter avec la salle. Après quelques brèves interventions, c’est autour du buffet un verre vin à la main que les convives ont pu engager des conversations en aparté et discuter avec ceux qui d’habitude sont à la tribune, inaccessibles.

Le nom de la soirée “Laïcité heureuse party” en était également le thème. En faisant un pas de côté, nous avons été obligés d’admettre que l’ensemble des mouvements laïques s’est laissé aller à une surenchère anxiogène, utilisant un vocable guerrier, inquiétant, de plus en plus clivant, et en notre défaveur. Le constat est sans appel : les “Je suis Charlie” sont de moins en moins nombreux et il nous faut envisager que le temps de l’alerte est terminé et qu’il nous faut à présent reconquérir les coeurs et l’esprit. Un mouvement qui doit trouver un second souffle plus positif et susciter le désir plutôt que d’agiter les peurs. Pour ceux qui ne veulent pas voir que la France est non seulement victime du terrorisme mais également un foyer de son idéologie, l’islamisme, une autruche est une autruche et ce n’est pas en lui foutant la trouille que nous réussirons à lui sortir la tête du sable et enfin avoir son attention. Deux autres événements de ce type sont en cours d’organisation, notamment à Paris et à Toulouse.

Ahmed Meguini

Le combat d’une mère pour arracher ses enfants à un islamiste

7 janvier 2015. Je me réveille après une nuit terrible. Si j’avais su ce qui m’attendait… ce qui nous attendait…
Je suis en Tunisie. Ca fait 2 mois que je vis un enfer. J’ai dit à mon mari en novembre dernier que je ne l’aimais plus, après 13 ans de mariage. Sans dire vraiment que je voulais divorcer. Tout est tellement compliqué dans ces situations. Moi j’imaginais qu’il accepterait la situation, qu’il irait se prendre un appart ou une petite maison et que nos filles pourraient aller chez l’un chez l’autre à leur convenance. Mon coté idéaliste…
Ca ne s’est pas du tout passé comme ça. Chantage au suicide, au départ définitif et irrémédiable. Et ça a empiré quand il a cru que je le trompais. Oui certes, j’ai eu des échanges avec un autre homme, pour qui j’ai eu un coup de cœur, mais rien de plus. Mais quand il l’a su (en fouillant dans mon téléphone et mon ordi), il est devenu fou. Et là ça a tourné au cauchemar, menaces physiques sur mon prétendu amant, mensonges, menaces et j’en passe…
Il est parti avec mes filles en Tunisie pour les vacances de Noël. Je les ai laissées partir sans craintes car je les rejoignais le 2 janvier. Et je savais que ce seraient nos dernières vacances ensemble en Tunisie. De plus sa sœur devait accoucher début janvier donc nous avions pris les billets d’avion dès le mois de septembre, avant le chaos.
J’ai été soulagée d’être seule quelques jours. J’ai fêté le Nouvel An en famille, c’était chouette, ça faisait longtemps que j’avais fêté le nouvel An.
J’ai pris l’avion a contre-cœur mais je voulais être avec mes filles. Je continuais mes relations épistolaires malgré tout car cela me faisait du bien dans cette ambiance délétère. Et je ne voyais pas le danger. Bien entendu je niais toute relation avec lui devant mon mari.
Les vacances se sont relativement bien passées, nous étions avec sa famille. Il était calme et presque gentil avec moi, essayant de raviver une flamme qui malheureusement était éteinte. Le départ était prévu le 7 janvier. Le seul bémol était que ma belle-sœur devait subir une césarienne et que celle-ci était prévue le 10 janvier. Nous allions donc repartir sans voir son bébé.
Le soir du 6 janvier, les valises sont faites, la soirée se passe tranquillement. Mais au moment d’aller se coucher, je trouve mon mari un peu tendu. Je me suis couchée malgré tout l’esprit tranquille à coté de mes filles. Vers minuit, je me réveille et trouve mon mari extrêmement tendu, en train de regarder l’ordinateur. Et là il me demande si j’ai toujours des contacts avec mon prétendu amant. Bien sûr je nie et là il me montre sur l’ordi une lettre que j’ai écrite, dans laquelle j’avouais certains sentiments. Il avait réussi à endormir mon attention pour me piéger. Pourtant je l’avais supprimée cette foutue lettre, mais lui, alors même qu’il détestait se servir d’un ordinateur, avait réussi à la retrouver.
A partir de ce moment, j’ai vécu un cauchemar qui a duré jusqu’au 11 janvier. En effet, dès le moment où j’ai été réveillée, il m’a dit que mes filles ne rentreraient pas en France. Il faut savoir que mes filles sont nées en France, mais comme leur papa est tunisien, elles ont d’office la double nationalité. Et en Tunisie, elles sont tunisiennes, et c’est donc la loi de ce pays qui s’applique en ce qui concerne l’autorité parentale. En 2015, c’est l’autorité paternelle qui prévaut. Mes filles ne peuvent donc pas quitter le territoire tunisien sans l’autorisation de leur père. Je devais donc le convaincre de nous laisser partir. J’ai tout essayé. J’ai demandé à ses parents de le convaincre, à son frère et ses sœurs aussi. Sans succès. Je l’ai littéralement supplié à genoux de ne pas m’enlever mes filles. Il n’a rien voulu entendre. J’ai même utilisé en dernier recours, et le pire c’est que ça a marché, mon corps pour le convaincre. On a baisé comme des animaux, c’était ignoble. J’avais déjà subi cela une fois en novembre, car il menaçait d’aller tuer mon supposé amant et je n’avais trouvé que ce moyen pour l’arrêter.
Le 7 janvier 2015 donc. Réveil difficile, je ne sais même pas si j’ai dormi. Il a sa tête des mauvais jours mais il décide de partir. Ouf. Vers 8 h, on monte tous les cinq dans le 4 x 4 de mon beau-père. Un premiers pas vers la France. La route vers l’aéroport me paraît interminable. J’observe en douce mon mari, pour essayer de savoir ce qu’il se passe dans son cerveau. Il est extrêmement tendu de nouveau. Nous arrivons enfin à l’aéroport. On descend les valises, mes filles, et nous nous préparons pour l’enregistrement des bagages. L’aéroport est immense, et vide. Nous attendons, et je bous intérieurement, car je suis pressée de partir, de quitter ce pays que j’ai adoré mais que je trouve hostile depuis hier soir. Enfin c’est à nous. Il dépose les bagages sur le tapis pour qu’ils soient enregistrés. Il tend les passeports à l’employé pour l’enregistrement. Et là il me regarde durement et ramène sa main vers lui en criant « non !!!!! ».
Comment ça non ? Et là je comprends, le ciel me tombe sur la tête. Je lui hurle dessus en lui disant qui’il n’a pas le droit de faire ça. Je regarde mon beau-père qui est sous le coup de la décision de son fils. Je l’implore de le raisonner.
Comme nous sommes arrivés largement en avance, je ne désespère pas de le convaincre avant que l’avion ne décolle. Il me propose que nous rentrions en laissant les filles à ses parents. Ce que je refuse bien entendu. Je préviens mes filles de 10, 8 et 5 ans que leur père ne veut pas que nous rentriions. Elles pleurent. Essaient de parler à leur père en vain. Qui rejette la faute sur moi en disant que je suis une salope avec mon chef (je travaillais effectivement avec mon supposé amant). Je hurle ma rage dans l’aéroport, les gens me prennent pour une dingue et ne comprennent pas ce qu’il se passe. Mes deux beaux-frères arrivent en catastrophe pour essayer de régler le problème, en vain. La sensation d’être prisonnière m’envahit lentement. Une employée de l’aéroport me propose de l’aide et me donne le numéro du consulat de France à Tunis. Je la remercie chaleureusement. Je la reverrai hélas quelques mois plus tard…
J’appelle ma mère, qui s’assoit de surprise et de dégoût. Je lui dit d’appeler le consulat de France pour savoir ce que je dois faire.
Notre avion a décollé, emportant avec lui tous mes espoirs.
Je n’ai pas d’autre choix que de retourner chez mes beaux-parents. Durant le voyage, je l’abreuve d’insultes pendant qu’il tente d’appeler certains de mes collègues pour leur dire à quel point je suis une pute car je couche avec mon chef. Tout cela bien sûr devant les enfants. Comme il appelle avec sa puce téléphonique française, il est vite bloqué pour cause de dépassement de forfait. De mon côté j’appelle ma DRH pour la prévenir que je ne serais pas rentrée le lendemain pour reprendre mon travail et que je ne sais pas quand je vais rentrer.
La route une fois de plus me parait interminable. On arrive « enfin ». Je suis dans une autre dimension, ce n’est pas possible que nous soyons retenues contre notre gré dans ce pays maudit. Je me sens prisonnière avec mes filles. Non en fait je suis une otage. Nous sommes les otages de mon mari, c’est hallucinant.
Heureusement, j’ai mon ordinateur, et une connexion internet qui me permettent de me sentir moins seule. Car oui, je suis toute seule dans un pays arabe, langue que je ne parle pas, entourée d’une belle famille hostile à l’idée que je divorce. Heureusement, j’ai mes bébées. Je ne leur cache pas la dureté de la situation. On se serre les coudes toutes les quatre.
Je ne peux plus utiliser mon téléphone pour cause de dépassement de forfait mais je suis joignable. Ma mère a réussi à avoir le consulat et la personne qui s’occupe de ce genre de cas. Les nouvelles ne sont pas bonnes. Nous n’avons aucun moyen de sortir mes filles de ce foutu pays sans l’autorisation de mon mari.
Je me connecte à Facebook pour prévenir mes amis en MP de la situation. Et là je commence à voir des statuts disant qu’il y a eu un attentat à la rédaction de Charlie Hebdo. Ca ne m’inquiète pas plus que ça, il y’a déjà eu des attentats contre eux hélas.
Charlie Hebdo… j’ai acheté le journal pour la 1ère fois en 1991,j’ai même un hors-série consacré au procès Papon dédicacé par Riss. Je n’ai pas loupé un numéro. Et ce malgré le désaccord manifeste de mon mari, jusqu’en 2006 et la parution des caricatures. A cette date, j’ai eu l’interdiction de l’acheter. Et comme je n’étais pas d’accord avec la parution de celles-ci, cela ne m’a pas dérangé sur le moment. Mais après oui, cela m’a manqué. J’ai été élevée par des parents extrême-gauchistes et libre-penseurs, biberonnée au Canard Enchaîné et à Fluide Glacial.
Puis au fur et à mesure que les nouvelles tombent, j’appréhende l’horreur de la situation. Les noms des victimes, oh non pas Cabu ! Charb mais non ce n’est pas possible ! Oncle Bernard ? quoi ? Mais non !!! Tignous oh là là et Wolinski et Honoré non non et non.
Et moi, je suis enfermée dans ce putain de pays. Toute seule à pleurer comme une gamine car ils sont morts. Et tout le monde s’en fout là où je suis. Ben oui, après tout ils l’ont bien cherché tous ces kouffars qui ont insulté le prophète. J’explique à mes filles ce qu’il se passe en France. Il nous parait si loin notre pays. Heureusement qu’il y’a Internet, qui me permet d’échanger. Particulièrement avec un de mes potes en France qui est dévasté par la mort de ses copains. Mais qui cherche à m’aider. Qui essaie de convaincre mon mari de nous laisser rentrer.
Ma mère veut venir, mais son passeport n’est plus valide. Elle va le faire en urgence pour arriver le lendemain. Elle veut aussi essayer de convaincre mon mari. J’ai réussi à installer une puce tunisienne dans mon téléphone et je peux communiquer avec la France.
Mon mari a exigé de joindre mon supposé amant au téléphone. La conversation a duré 20 mn, et malgré les dénégations de celui-ci, mon mari pense toujours que je l’ai trompé. J’appréhende mon retour au travail…
Je suis scotchée à Internet, je regarde en boucle FB, les infos, tout ce que je peux car je n’arrive pas à y croire. Ce n’est pas possible, c’est un double cauchemar, je vais me réveiller. Je n’arrive pas à imprimer que tous ces dessinateurs soient morts, de cette façon. Et cette catastrophe résonne tellement en moi avec ce que je subis. J’ai l’impression que nous sommes victimes de la même chose, une mauvaise application de la religion musulmane. Mais moi je ne suis que otage, pas morte, enfin pas encore. Toujours en contact avec mon pote qui arrive à établir un contact avec mon mari et donc commence à le convaincre.
Ma mère a aussi réussi à avoir son passeport. Elle a eu affaire à la même personne qui 15 jours auparavant m’avait délivré également mon passeport en urgence pour que je puisse rejoindre mes filles suite à un dysfonctionnement de la préfecture. Ma mère en a profité pour alerter la préfecture à propos de notre situation. Elle a en outre alerté le ministère des Affaires Etrangères pour signaler que nous étions retenues contre notre gré en Tunisie.
La journée se déroule ainsi, entre moments de réconforts, même par ma belle-famille qui fait ce qu’elle peut face à cette situation cauchemardesque , et bouffées de haine envers mon mari. Tout ça au milieu de la sidération générée par l’attentat. Je m’endors, littéralement épuisée, en serrant mes filles contre moi.
8 janvier 2015. Je me réveille comateuse. Heureusement mes filles sont là. Les enfants vivent l’instant présent. Ca fait du bien de les voir ainsi. Je limite au maximum les échanges avec mon mari pour ne pas passer mon temps à l’insulter. Et surtout, Je suis Charlie, et pas lui. Il condamne, mais du bout des lèvres. Je sens que la journée va être longue. Et je me dis que si je dois rester là-bas longtemps…. Non je ne vais pas y arriver… ne pas y penser surtout. Ma maman m’annonce qu’elle arrive ce soir. Un rayon de soleil dans mon abîme d’obscurité. Et nous mettons en place une stratégie avec mon pote pour faire céder mon mari, qui commence à vaciller sur ses positions.
Pendant ce temps, l’horreur continue chez moi. Des fous furieux sont en liberté et une policière a été assassinée. Quelle horreur. Tout le monde devient Charlie. J’ai l’impression d’avoir été une pionnière car je l’étais avant contrairement à beaucoup de personnes de mon entourage. Et j’ai honte de ne plus avoir eu l’esprit pendant quelques années, alors que eux se sont battus pour la liberté d’expression et qu’ils en sont morts.
La journée se passe dans la douceur tunisienne. J’ai tellement apprécié cette sensation… mais là je rêve de nuage gris, de froid et de pluie. Je suis impatiente d’aller chercher ma maman. J’essaie de me convaincre que nous allons arriver à le décider à partir ou à défaut à nous laisser partir si lui ne veut pas rentrer (j’en rêve). Je reste en contact permanent avec mes proches en France qui sont atterrés, en colère après mon mari. Certains essaient de parlementer avec lui. En vain. Pour eux aussi deux horreurs se télescopent.
J’ai toujours dans l’idée de ne pas être totalement à sa merci. Le téléphone et l’ordi sont mes bouées de sauvetage dans l’attente de l’arrivée de ma maman. Et une idée fixe me trotte dans la tête : je dois récupérer les pièces d’identité de mes filles. C’est lui qui les a depuis mercredi. Alors je profite de ses absences pour chercher, avec l’aide de mes filles. Je ne me souviens plus de l’endroit où il les avait cachés mais je les ai trouvés à ma grande joie. Mon idée était de les confier à ma maman à laquelle il ne s’attaquerait pas. Son heure d’arrivée était 21 h.
Nous sommes partis avec mon mari et mes filles à l’aéroport. Elles ne veulent pas être séparée de moi. Je bouillais d’impatience de voir ma maman, je me suis sentie si seule depuis 2 jours. Mon stress était intense car j’avais les pièces d’identité des filles dans mon sac. S’il les voit, je vais passer un sale quart d’heure. Et pus on approche de l’aéroport et plus le cafard m’envahit. Cette sensation d’être prise en otage est particulièrement difficile à supporter, et quand je suis à l’aéroport, j’ai la sensation d’être si près de la liberté que j’en pleure. L’avion de ma maman a du retard. Elle m’a expliqué après que c’était à cause de l’alerte attentat. Je la vois arriver et un grand soulagement m’envahit. Ma maman est avec moi. Je l’entraine le plus discrètement possible dans les toilettes pour lui donner les pièces d’identité des filles Il nous observe d’un air mauvais mais il se fait contrôler par un douanier donc ça nous laisse un peu de répit.
L’ambiance dans la voiture pendant le retour est lourde. Maman a beaucoup pleuré à l’aéroport à Paris, son compagnon n’a pas voulu l’accompagner par crainte de ne pas arriver à contrôler sa colère face à mon mari. Mes filles sont contentes et soulagées de la voir. Maman est déjà venue en Tunisie, les relations entre nos 2 familles sont bonnes.
Nous arrivons dans la maison familiale. Mon mari veut parler à ma maman. Il dit qu’il fait tout cela pour sauver sa famille, que c’est moi la méchante dans l’histoire puisque je l’ai trahi en parlant et en avouant des sentiments pour un autre homme. Bien entendu il oublie les brimades subies ces dernières années, l’obligation de vivre à la tunisienne et à la musulmane qui empêche toute vie sociale, qui interdit d’écouter de la musique autre que les mélopées en arabe et les psalmodies du Coran. Les propos haineux envers tout ce qui n’est pas arabe, sa façon d’éduquer qui ne prend pas du tout en compte le fait que je sois d’une culture différente. Oui c’est vrai, je me suis « convertie » à l’Islam. Donc j’ai plus ou moins consenti à cette vie. Mais c’était plus pour tenter d’avoir une communauté d’idées et de culture que par pure conviction. En fait j’ai mon idée de la religiosité qui ne souffre d’aucun dogme. Dire que quand on s’est connu il buvait de l’alcool et fumait du shit… Ma maman a tenté de trouver les mots pour comprendre sa souffrance et lui faire comprendre qu’il allait dans le mur.
La journée s’achève ainsi, avec toujours la boule au ventre mais réconfortée d’avoir ma maman à côté de moi.
9 janvier 2015
Une nouvelle journée en prison commence. Je n’en peux plus, je suis comme un lion en cage. En France, c’est la guerre. Les frères Kouachi, ces salauds, sont activement recherchés. Je suis en contact quasiment chaque heure avec mon pote, qui m’a proposé hier de mentir à mon mari. De lui dire que j’avais réfléchi et que je pensais lui donner une chance si on retournait en France, alors que sinon restait en Tunisie, plus rien ne serait possible. C’était vraiment une épreuve pour moi qui suis très mauvaise comédienne. Mais je n’avais pas le choix, surtout que la veille au soir il s’était rendu compte que j’avais récupéré les pièces d’identité de mes filles. Je me souviens de son air méprisant et triomphant quand il s’en est rendu compte, en me disant que ça ne changeait rien à la situation. Mais j’étais quand même contente d’avoir mis un tout petit caillou dans sa chaussure.
J’ai donc suivi les consignes de mon pote. J’ai promis de redonner une chance à notre couple, en ne garantissant pas le résultat mais que je ferai les efforts nécessaires. Ma mère étant au courant allait dans mon sens. Et ça a marché.
Il a cédé. Il a accepté que nous retournions tous en France. J’étais folle de joie, les filles aussi mais tout de même sur la réserve car je ne serai soulagée qu’au moment où l’avion atterrira en France. La première étape était d’acheter les billets pour mes filles et mo, mon mari et ma maman. Je voulais rentrer le plus vite possible. Que les filles puissent commencer leur semaine à l’école. Bref que nous puissions retrouver notre vie le plus vite possible. Mon beau-frère s’est occupé des billets. Il trouve un retour pour le 11 janvier. Non !!! Je veux rentrer maintenant !!!! Mais ce n’est pas possible. Il y a eu quelques difficultés pour obtenir tous les billets, mais je sens le vent de la liberté quand je vois les billets d’avion. Je dois jouer la comédie jusqu’à ce nous ayons atterri en France. Pour alléger le poids de cette attente pour mes filles, il y’avait l’accouchement de leur tante. On pourrait voir son bébé avant notre départ. Notre retour, enfin une bonne nouvelle dans ce long tunnel de désolation. Sauf que la litanie des mauvaises nouvelles a continué : prise d’otage par les frères Kouachi et autre prise d’otages dans un magasin casher. Mais bordel, il se passe quoi chez nous ? La joie du retour est diffuse à l’écoute des drames qui se déroulent en France. Et je n’en peux plus, je veux rentrer chez moi, dans mon pays libre et laïc. La journée se passe ponctuée des mauvaises nouvelles suite à la prise d’otage à l’hyper casher. Je n’en peux plus, trop de dureté depuis 3 jours. Heureusement ma maman est avec moi. On parle beaucoup, avec les filles aussi, de ce qui se passe si loin de nous. Je suis dans un état second, ça durera jusqu’à ce que je parte.
10 janvier 2015. La journée s’est déroulée sans encombre. Nous avons passé une grande partie de la journée à la clinique pour voir ma belle-sœur et son bébé. J’ai fermé ma valise en priant le ciel d’arriver en France sans encombres.
11 janvier 2015. Ca y’est. On y est presque. On doit être à l’aéroport à midi. Je n’en peux plus. Je ne supporte plus le soleil, les odeurs, rien. JE VEUX PARTIR ! Les filles sont impatientes et ma maman aussi. Et je rage de ne pouvoir participer aux manifs à cause de l’autre pourriture qui nous a retenues en otage. Je rage de ne pas avoir pu y emmener mes filles. Mais allez, sait-on jamais on pourra peut-être y aller quand même si l’avion n’a pas de retard. Euh en fait non, ça ne va pas être possible, je rêve. Mais je suis tellement frustrée de ne pas montrer au monde entier mon refus du terrorisme et ma douleur suite aux évènements qui se sont déroulés dans mon pays.
Nous prenons pour la 3ème fois en 5 jour la route de l’aéroport. Je me remémore mes sensations du 7 janvier. Je sais que lui aussi. Et j’ai peur. Peur qu’il décide au dernier moment de ne pas retourner en France. Peur qu’il devienne dingue. Le temps n’en finit pas. Le trajet dure seulement 1 heure pourtant. On arrive enfin à l’aéroport. On descend les valises. On va à l’enregistrement des bagages, je retiens mon souffle. Il donne les passeports et nos bagages sont enregistrés. Ouf, la première étape est franchie. Mais il y’a encore la douane à passer. Nous disons au revoir à la belle-famille. Je me dis que c’est peut-être la dernière fois que je les vois. Mais le moment de nostalgie passe à mesure qu’on s’approche de la douane. Il y’a beaucoup de monde qui attend. Merde, il va réfléchir pendant l’attente, il peut changer d’avis. Mais non. On avance, lentement. Une vraie torture. Et on passe la douane.
OUI !!!! Ca y’est, on a quitté le territoire tunisien. On y est presque ! On s’installe dans la salle d’attente. On devrait embarquer d’ici 1 h. On attend, mais l’heure passe et toujours pas d’avion. On voit les autres passagers embarquer, mais toujours rien pour nous. Au bout de deux heures, les passagers s’impatientent et exigent des informations. Les choses dégénèrent car certains passagers manifestent bruyamment leur mécontentement. On apprend enfin que notre avion est en panne et que la compagnie en cherche un autre pour nous emmener en France. Je n’y crois pas. Comment c’est possible ? Pourquoi ne pouvons-nous pas rentrer ? Ma crainte est que nous ne puissions pas partir ce soir, que nous soyons obligés de rentrer dans la maison familiale. Et que demain, il ait changé d’avis. Dire que j’avais imaginé pouvoir aller aux manifs… Je suis dégoûtée. Un cousin de mon mari d’une cinquantaine d’année patiente avec nous, mais lui a la chance de pouvoir prendre son avion. Il a d’abord discuté avec mon mari qui lui a demandé de me convaincre que le divorce c’est mal. J’ai eu droit à la leçon de morale habituelle depuis quelques mois : une musulmane ne divorce pas, il faut rester pour les enfants. Toujours dans mon rôle d’actrice, j’acquiesce sans conviction aucune. De toute façon, je suis bientôt libérée.
Nous avons pris l’avion à 19 h. Avec une escale à Tunis et une arrivée à Roissy au lieu d’Orly vu notre arrivée tardive. Ca y’est, je suis chez moi, je peux enfin être vraiment Charlie. Mais je suis arrivée à la fumée des cierges, et quand je vois le monde qui a manifesté, même des amis qui n’avaient rien de commun avec Charlie. J’en pleurerai de rage de n’avoir pas pu participer à cet évènement unique dans une vie. Mais je suis chez moi, en France. Enfin.
Nous rentrons chez nous en Normandie. Je suis soulagée de rentrer chez moi. Demain matin, je dois impérativement partir à Nantes. Les filles resteront avec leur père, nous sommes rentrées trop tard pour qu’elles aillent à l’école. Nous sommes arrivés à 3 h, et je suis repartie à 6 h. Ma vie recommençait. Pas comme avant car les morts me hanteraient longtemps, ainsi que le traumatisme de mon enfermement et de celui de mes filles. Je suis passée devant un tabac-presse. J’ai voulu acheter Charlie, mais plus rien. Tant pis, j’achèterai celui de la semaine prochaine, puis de la semaine d’après, et jusqu’à la fin.
Ils n’avaient pas gagné. Les islamistes n’avaient pas gagné. Nous avons plié un genou, mais nous ne sommes pas tombés.
Mon mari a tenté de détruire ma vie, il a presque réussi, mais je me suis battue et je suis rentrée.
J’avais tort.
Il y’a eu le 13 novembre.
Mon mari en fait est rentré en France car il n’avait pas assez préparé son arrivée en Tunisie. Il ne m’a pas crue quand je lui ai joué ma comédie. Il avait besoin de temps. Il est reparti en Tunisie le 9 février avec mes filles. Mon calvaire commençait.

Monsieur le Président, il n’y a pas de risque de radicalisation de la laïcité.

Il n’y a pas de risque de radicalisation de la laïcité au sein de la société. Nous avons gagné il y a plus d’un siècle et si le bouclier sonne fort, ce n’est pas son fait mais bien des coups de boutoir de plus en plus violents qu’il reçoit. La République est laïque et en effet pas la société, la société elle est protégée par le bouclier laïcité (notion proposée par Caroline Fourest dans Génie de la laïcité). La laïcité, c’est une loi constitutionnelle qui a permis de créer une vertu républicaine, faisant passer ses valeurs de liberté d’égalité et de fraternité avant toutes autres considérations. Le divorce, voilà une question de société et qui et au nom de quoi s’en est mêlé ? L’avortement, le mariage ouvert à tous ne sont pas des questions de société ? Vous souvenez-vous de la violence de ces combats et surtout, des arguments ? Et qui nous protège des textes sacrés ? Un autre non moins sacré, celui qui fait primer nos lois sur les leur, ce texte gardé sous clé que nous vous avons confié, un texte qui offre encore aujourd’hui l’asile à ceux de par le monde qui sont persécutés parce qu’ils ne sont pas de la bonne religion ou simplement parce qu’ils l’ont quittée.

Je suis né musulman on ne m’a pas laissé le choix, j’ai eu une vie de musulman détente qui mange du porc et boit de l’alcool. Aujourd’hui je suis athée; alcoolique abstinent et végétarien : nos cochons n’ont plus rien à craindre de moi. Pratiquement, je suis un meilleur Musulman depuis que je suis athée. C’est le miracle de la libre pensée, le grand oublié de nos débats sur la laïcité, parce qu’il n’existe pas de représentant de la libre pensée qui vous écrit toutes les trois semaines pour vous dire à quel point il est inquiet pour sa communauté et pourtant elle est importante sa communauté, toutes les études montrent qu’en France la religion, on n’en a massivement rien à faire. Et pourtant quel bruit: nous disons laïcité et respect de la loi, ils nous répondent débats interconfessionnels mais j’ai envie de dire “get a room!”. En quoi les débats interconfessionnels intéresseraient-ils l’État, mieux par quelle étrangeté en serait-il l’initiateur ? Il y a un débat mondial sur la place de la religion, un débat que la religion gagne, par le sang parfois comme au Pakistan ou dans tant d’autres pays et par les urnes comme c’est le cas en Pologne, en Autriche ou aux États-Unis où le courant créationniste prend des proportions inquiétantes. Nous sommes le dernier îlot de résistance et il tiendra bon parce que face aux fanatiques s’est levée une génération spontanée qui n’a plus peur, qui a compris les enjeux d’occupation des territoires et des esprits. Dans certains quartiers, revendiquer son athéisme est à classer dans les comportements à risque. La laïcité n’est pas un salon de thé pour cardinaux, imams et rabbins, protégez-nous, levez haut le bouclier et tenez bon. Vos électeurs dont je fais partie, les startup-eurs dont je fais partie, je regarde autour de moi et je n’en connais pas de bigots. Lors de votre prochain discours sur la laïcité en janvier, parlez-nous moins de religion que de libre pensée, le joyau de la couronne. Notre héritage, notre émancipation, notre outil pour libérer l’humanité.

Ahmed Meguini

Défense contre le djihad judiciaire

Grace à vous nous avons déjà rassemblé plus 1700€ !

En attaquant les défenseurs de la laïcité et les valeurs républicaines, le djihad judiciaire cherche à fragiliser ce qui nous tient. En cherchant à faire taire ces voix, c’est la République que l’on cherche à affaiblir.

C’est donc à chaque citoyen de prendre conscience de ce qui est en jeu. S’exprimer, utiliser la liberté d’expression devient un devoir ; celui de défendre cette liberté fondamentale en l’exerçant pleinement. Et sans subir les intimidations et les abus du droit d’ester en justice de ceux qui utilisent le recours aux tribunaux pour faire taire les démocrates et les républicains.

Millî Görüs ou l’émanation de l’islamisme turc en France et en Allemagne

La Confédération Islamique Millî Görüs (CIMG) est l’émanation française du mouvement islamiste turc Millî Görüs, littéralement « vision nationale », fondé par l’ancien Premier ministre turc Necmettin Erbakan en 1969.

Ce mouvement est très présent en Allemagne où il affirme dans son bulletin interne que « la communauté est un moyen au service du but – le but étant d’islamiser la société ».

En mai 2013, le procureur de Cologne a accusé le Secrétaire général du mouvement de fraude fiscale et de fraude sur les dons. Le Secrétaire général aurait détourné, avec trois anciens responsables de la communauté, plus de onze millions d’euros de dons. Entre 2005 et 2009, les accusés auraient rassemblé quelques 377 000 dons d’un montant de 100 euros par fidèle, et en auraient détourné près d’un tiers[1]. Mais cela n’a jamais pu être prouvé.

Plus grande association musulmane d’Allemagne, pays qui compte 5,6 millions de fidèles se disant appartenir à l’islam, l’organisation Millî Görüs a été fondé dès les années 70. Ses érudits religieux répandent la bonne parole auprès de centaines de milliers de personnes qui fréquentent les quelque 500 mosquées et lieux de prière contrôlés par l’organisation. Les renseignements généraux allemands qualifient l’organisation de « islamiste fondamentaliste ». Elle compterait 26 500 membres, mais le nombre de ses sympathisants serait nettement plus élevé. Le journal allemand Die Zeit a retracé en 2014 l’histoire de cette association[2]. Le tribunal administratif de Berlin a donné son feu vert en 1998, confirmé par une décision de la Cour fédérale administrative en février 2000, pour qu’une association islamique puisse dispenser des cours de religion dans les établissements scolaires publics (voir Courrier International numéro 420 du 18 novembre 1998). Le but de l’association serait d’utiliser la démocratie pour imposer un Etat religieux comme le soulignait déjà Necmettin Erbakan. « Hasan Ozdogan, dirigeant de Milli Görüs souligne « nous ne sommes plus simplement une masse entre les mains des politiques : nous devenons un potentiel électoral ». Otto Schily, ministre de l’Intérieur, leur a d’ailleurs donné un nouveau coup de pouce en proposant de mettre les organisations islamiques sur un pied d’égalité avec les Eglises chrétiennes, via un statut de collectivité de droit public »[3].

La France nouveau territoire d’implantation de Millî Görüs

L’association a des antennes dans plusieurs villes de France selon son site internet : Paris, Lyon, Orléans, Fontenay-aux-Roses, Colmar, Annecy… Cette implantation ne va pas sans créer de conflits avec les habitants. A la Meinau (quartier de Strasbourg) le projet de construction d’une Mosquée par Millî Görüs a donné lieu à une plainte auprès du Tribunal administratif par le parti politique d’extrême-droite Alsace d’abord (ADA) lié au Bloc identitaire. L’Etat a donné raison à l’association islamiste turque qui construira l’une des plus grandes mosquées d’Europe à quelques kilomètres de la grande mosquée de Strasbourg.

La construction de mosquées n’est pas le seul but de cette association. Le 21 mai 2016, avec l’accord de la mairie de Bordeaux, le mouvement islamique Millî Görüş tenait un stand en plein centre-ville, devant le grand théâtre. Distribution de roses et de tracts étaient au programme à l’occasion de l’action européenne : « Permettez, je suis musulman ». Le maire de Montargis a interdit la même manifestation dans sa ville. En mai 2017, la confédération a organisé une journée portes ouvertes à la mosquée de Châteaudun où un nouvel imam en provenance de Turquie est attendu[4].

La dernière réunion date du 19 novembre à Annecy où Marwan Muhammad, ancien président du CCIF était invité pour parler de l’islamophobie en France. Le CCIF ne voit donc pas d’inconvénient à participer à une réunion au sein d’une association connue pour ses positions antisémites. En effet, en 2002, prêches contre la démocratie, attaques antisémites et incitations à la violence ont émaillé la rencontre européenne annuelle de l’organisation turque à Arnheim, aux Pays-Bas[5].

 

L’antenne de l’AKP dans l’Hexagone

Ce qui est le plus inquiétant, ce sont les liens avec Erdogan et l’AKP turc. Comme le souligne Libération[6], «dans la plupart des mosquées, il y a des cours de langue et de religion», remarque l’historien et politologue Samim Akgönül, qui y voit là le moyen de faire passer le discours nationaliste et islamique du parti au pouvoir à Ankara ».

Ahmet Ogras proche de l’association Millî Görüs  était à la tête du CCMTF (Comité de coordination des musulmans turcs de France) servant de bannière à l’islam officiel turc. Il est désormais à la tête du CFCM (Conseil français du culte musulman) depuis 2017, ce qui ne manque pas de questionner. Cet homme d’affaires inquiète de par ses liens avec Erdogan et sa faible connaissance religieuse. Ingénieur de formation, Ahmet Ogras a participé au milieu des années 2000 à la fondation de l’Union des démocrates turcs européens (UDTE), proche de l’AKP, ce qu’il réfute. Il s’agit “Seulement des liens d’amitié et une reconnaissance mutuelle avec Erdogan[7] qu’il voit comme un modèle de démocratie. C’est avec l’UDTE qu’Ahmed Ogras a participé à des manifestations en Allemagne contre la reconnaissance du génocide arménien et pour soutenir Erdogan après le putsch raté en juillet 2016.

Millî Görüs est désormais bien implanté en France et bénéficie du soutien du président du CFCM. Inquiétant non ?

 

 

 

[1] http://www.spiegel.de/spiegel/vorab/milli-goerues-generalsekretaer-wegen-verdacht-auf-spendenbetrug-angeklagt-a-899275.html

[2] https://www.courrierinternational.com/article/1999/05/20/milli-goerues-la-pieuvre-de-l-islamisme-allemand

[3] Idem

[4] http://www.lechorepublicain.fr/chateaudun/religion-spritualite/2017/04/27/la-communaute-islamique-du-milli-gorus-ouvre-ses-portes_12380937.html

[5] http://www.cafebabel.fr/societe/article/milli-gorus-le-loup-dans-la-bergerie.html

[6] http://www.liberation.fr/france/2016/06/21/ahmet-ogras-tete-de-pont-d-ankara-dans-l-islam-francais_1461027

[7] https://www.la-croix.com/Religion/Islam/Ahmet-Ogras-militant-franco-turc-tete-CFCM-2017-06-28-1200858856

 

Houria Bouteldja invitée à l’Université de Limoges : simple objet d’études ou légitimation universitaire ?

Dans le cadre d’un Séminaire d’études décoloniales prévu le 24 novembre, l’Université de Limoges a invité Houria Bouteldja, essayiste, militante décoloniale et figure emblématique du Parti des Indigènes de la République (PIR).

Le lien de cet événement a été retiré du site universitaire suite aux pressions soulevées par cette information, puis la participation de Houria Bouteldja a été annulée par… crainte de trouble à l’ordre public.

Un séminaire « n’a pas vocation ni à servir de tribune à un parti politique, ni à s’ouvrir à un débat public ». C’est en ces termes que Alain Célérier a d’abord justifié le fait d’avoir retirer le lien du site de l’université tout en maintenant la présence de Houria Bouteldja. Implicitement, il reconnaissait donc que le PIR est un mouvement politique et que l’inviter à l’Université lui offre une tribune de choix…

Pour Alain Célérier, la présence de l’égérie du PIR était simplement une occasion «  de discuter sans préjugés de l’ensemble des idées aujourd’hui présentes dans notre société et, si elles sont contraires à nos valeurs, c’est aussi l’occasion de les combattre, mieux que par la censure ».

Nous pourrions suggérer à ce directeur humaniste d’inviter pour des séminaires d’éthique philosophique des militants pro-life opposés à l’avortement, en histoire, des négationnistes du génocide arménien et de la Shoah, ou pourquoi pas des sympathisants de l’idéologie nazie, ou bien encore des défenseurs de l’excision au nom du respect des traditions en séminaire d’ethnologie, sans oublier des djihadistes pour éclairer les étudiants sur l’histoire de la Syrie contemporaine. Finalement, tous sont les représentants d’idées qui circulent dans notre société !

Etudier les idéologies pour ce qu’elles sont, dans une démarche scientifique universitaire, est une chose. Leur offrir une tribune en est une autre. L’Université de Limoges a fait le choix de considérer qu’une pensée qui divise la république en ‘blancs’, juifs et descendants des anciennes colonies françaises, est une idée comme une autre.

Maintenant, elle va vraisemblablement crier à la censure et pointer du doigt les associations antiracistes, les universalistes, et les républicains de ce pays…

13 novembre 2017

En ce jour de la commémoration du massacre du Bataclan, des terrasses et du Stade de France, et à quelques mois de l’anniversaire des tueries perpétrées à Charlie Hebdo, à Montrouge et à l’Hypercasher, force est de constater que la lutte contre l’islamisme, l’idéologie qui a nourri les meurtriers, ne semble pas encore une priorité dans les consciences.
Ces derniers jours, les menaces de mort ont redoublé contre Charlie Hebdo.
Hier, 12 novembre, 130 personnalités ont signé une tribune où de grands noms de la culture, de la presse et de l’Université, prennent la défense d’Edwy Plenel, fondateur de Mediapart. Cette tribune induit une confusion inacceptable.
Que Mediapart n’ait pas été informé des accusations de viol émises par des femmes à l’encontre de Tariq Ramadan, soit. Que la réputation sulfureuse de l’homme n’ait pas intrigué les journalistes qui auraient pu souligner la contradiction entre le mode de vie prêché par le Tartuffe et sa vie privée, nous laisse déjà perplexes.
Mais à travers cette tribune, ces 130 personnalités sous-entendent que le double discours de Ramadan dénoncé depuis des années par une Caroline Fourest est pure élucubration.
Si tous ces signataires partagent la ‘justesse’ d’analyse de Jade Lindgaard, journaliste de Mediapart qui affirme, le 11 novembre dernier, que « l’islamisme, en tant que tel n’est pas une chose grave » et qu’il faut dénoncer « le racisme d’Etat » qui est « systémique dans ce pays », on comprend mieux…
Refuser de voir ce qui a conduit à tuer sur notre sol 249 personnes ou 200 000 en Algérie dans les années noires, est atterrant. Minimiser les double-discours qui favorisent l’entrisme de l’islam politique et la partition culturelle des territoires est consternant.
A quand un sursaut de la société civile pour forcer l’Etat à faire respecter les lois sur la laïcité et à mener la lutte idéologique contre l’islamisme, corollaire indispensable des actions de sécurité et de renseignement ?

Les victimes de Tariq Ramadan…

La présomption d’innocence est un principe fondamental pour comprendre une démocratie et pour construire une justice. Sans elle, la Justice est inexistante puisque la peine populaire est déjà prononcée et la violence de l’injustice rend tous les débordements possibles. C’est parce que la présomption d’innocence existe que la peine prononcée a toute sa valeur et que sa charge symbolique permet de dire au Peuple que Justice a été rendue en son nom.
Ambivalente, la présomption d’innocence est à la fois un droit subjectif pour la personne à faire respecter son innocence présumée jusqu’à preuve et décision contraires, mais c’est aussi et surtout un droit procédural. La procédure est la forme et dit-on, la sœur des Libertés. Présumer de votre innocence, c’est vous mettre à l’abri de la moindre dénonciation malveillante et calomnieuse et c’est interdire à cette malveillance d’exercer la moindre influence sur la Justice.
Demain, chacun peut avoir à défendre son innocence et c’est pour ce motif que nous sommes égaux devant la Loi. Y déroger, c’est nier l’idée même qu’une Justice institutionnelle se substitue à un système de vengeances privées.
Cela étant dit, Il est un autre principe qu’est celui du droit des victimes à obtenir réparation. Ce principe est aussi au cœur de notre système juridique et s’il ne s’oppose pas à la présomption d’innocence, il interdit en revanche de transformer toute victime en menteuse, en calomniatrice ou en mythomane. Le respect et la décence que l’on doit à tout plaignant commence donc par la mise en œuvre stricte de la règle de droit. La correctionnalisation de nombreuses affaires criminelles, souvent au détriment des victimes et en violation de la Loi, est une marque d’irrespect qui abime l’idéal de justice.
C’est aussi la raison pour laquelle l’absence de condamnation d’un suspect ne signe pas, en droit, la condamnation de la victime. Ce n’est pas parce qu’une plaignante impute à X un crime et que ce crime n’est pas établi que pour autant la victime pourra être inquiétée et se voir reprocher un mensonge. Un délit de dénonciation calomnieuse est prévu et réprimé par la Loi. Mais ce dernier ne se définit certainement pas par la seule relaxe de la personne objet d’une dénonciation, fort heureusement.
Dans les deux affaires qui occupent l’actualité, c’est entre ces principes, notamment, que la justice travaillera. Et ce n’est certainement pas parce que des faits sont anciens ou même qu’il pourrait n’y avoir de poursuites que pour certains d’entre eux, que les victimes ne cesseront d’être présumées des victimes comme le justiciable Tariq Ramadan ne cessera d’être présumé innocent jusqu’à ce qu’une décision soit rendue en notre nom.
Il faut donc souhaiter bonne chance et apporter notre soutien aux victimes et nous n’avons pas besoin de violer nos propres règles pour le faire efficacement, par exemple en souscrivant aux appels à participation pour venir en soutien de Henda Ayari.
Il faut aussi et surtout continuer de dénoncer Tariq Ramadan sur le plan politique en rappelant sans cesse que l’idéologie des Frères Musulmans et l’islamisme en général sont des cancers de nos sociétés dont les femmes sont au premier titre les victimes.
Respecter la présomption d’innocence de Tariq Ramadan, cela n’empêche absolument pas et en toute légalité, de rappeler que le discours de cet individu engendre chez nombre de ses disciples la haine, les appels à la violence, à l’antisémitisme, au terrorisme et à la violence armée.
Et nous pèserons chacun de ces mots en vous invitant à consulter les kilomètres d’insanités qui bordent les réflexions de cet islamiste lorsque, par exemple, il s’exprimait un 3 mai 2016 au sujet de Charlie Hebdo et que jaillissaient toutes les cinq minutes des commentaires tels que ” la prochaine fois, il faudra les faire au lance roquette, la kalach, c’est pas suffisant”.
Nous ne l’oublierons jamais et il faut le faire savoir pour que nos citoyens comprennent ce que nous combattons sur le plan politique. À la justice maintenant de faire son œuvre en espérant du fond du cœur que les plaignantes seront épargnées des travers entourant trop souvent les enquêtes et la gestion des affaires de crimes sexuels.
Mais quelle que soit l’issue de ces affaires, n’oublions pas une chose qui importe: les victimes de l’idéologie que diffuse Ramadan ne seront jamais assez nombreuses pour que certains responsables politiques, médias réagissent et c’est heureux que depuis deux ans, des citoyens décident de le faire à leur place. Ce sont ces millions de femmes , d’hommes, d’enfants qui subissent l’islamisme, qui sont d’ores et déjà les victimes de Tariq Ramadan, de son discours qui encourage les partitions.
Le combat ne fait que commencer. Soyons aussi patients que les islamistes et travaillons sur le temps long et les forces structurantes de nos démocraties !

Un après-midi au procès Merah…

Abdelghani Merah à l’arrivée de sa marche contre l’intégrisme. Paris, 19/03/17 @DR

Lundi 16 octobre, salle d’assises spéciales Voltaire, tribunal de Paris.
Moment fort en émotion au procès Mérah lorsque Abelghani Merah – qui était entendu en qualité de témoin, a commencé par dire le nom et l’âge de chaque victime tuée ou blessée par son frère… Abdelghani a ensuite évoqué dans quel climat de violence, de haine de la France et des juifs, sa fratrie a été élevée. Puis il a répondu aux questions du président, des avocats des parties civiles et de la défense. Saluons ici son courage et disons-lui bravo pour sa grande dignité.
Mais avant ce témoignage, celui de Christian Balle-Andui, l’ancien directeur régional du renseignement intérieur toulousain était édifiant pour d’autres raisons.
Outre le point capital où il a révélé avoir transmis une note toujours classée « secret défense » qui donnait une douzaine de noms susceptibles de correspondre au profil du « tueur au scooter » (note qui aurait pu permettre d’arrêter le terroriste avant ses meurtres de l’école Ozar Hatorah si la piste djihadiste avait été privilégiée) – quelques petites phrases ont montré combien la lutte contre la propagation de l’islamisme laisse à désirer dans notre pays.
Quand on entend “j’ai peu de moyens techniques, monsieur le Président”, quand est dénoncée la diffusion de l’islamisme et du djihadisme “sur notre territoire, dans nos villes”, et ce dès les années 2000, on est en droit de se poser quelques questions. L’extrémisme islamiste est connu par les services de renseignement, son idéologie parfaitement identifiée, les diffuseurs sont repérés. Comment se fait-il donc que cinq ans plus tard, après quelques 240 victimes, la lutte contre cette idéologie mortifère n’est pas une priorité ? Quand prendrons-nous conscience qu’en tarissant l’offre idéologique, le basculement dans la radicalité sera entravé ? Pourquoi par exemple la ville du Havre a accueilli le 14 octobre dernier, pour la 6e année consécutive, la manifestation le Havre De Savoir que LaïcArt a dénoncée parce qu’elle invite la crème des islamistes ? Pourquoi faut-il une mobilisation associative et citoyenne pour que l’on interdise un raout islamiste au sein de l’Université de Lyon2 ? En évoquant l’art de la dissimulation des propagateurs, Abdelghani a averti le procureur : “le jour où vous verrez leur vrai visage, vous serez aux portes de la mort”. Si nos autorités pouvaient enfin ouvrir leurs oreilles…

Communiqué de presse Annulation du colloque universitaire sur «l’islamophobie»

ANNULATION DU COLLOQUE UNIVERSITAIRE SUR « L’ISLAMOPHOBIE » :
LA RÉPONSE HALLUCINANTE DE LA PRÉSIDENCE DE L’UNIVERSITÉ LYON II

 

L’annulation du colloque de Lyon II sur « l’islamophobie » aurait pu être une bonne nouvelle, car c’est une victoire pas seulement pour les défenseurs de la laïcité mais pour tous les citoyens attachés au rôle fondamental que l’enseignement supérieur joue dans le développement d’une société libre, égalitaire et démocratique. … Mais l’absence de sérénité invoquée par la présidence de l’université Lyon II comme seul motif témoigne surtout de l’aveuglement et de la lâcheté de l’institution. Tout comme les couronnes de lauriers tressées aux organisateurs et aux participants témoignent de l’absence de prise de conscience des objectifs politiques poursuivis par les organisateurs de ce type de colloque. Devant un communiqué de presse aussi complaisant, les islamistes se frottent les mains, tandis que les laïques désespèrent de voir l’Université réagir enfin à la démarche d’entrisme islamiste dont elle est la cible. Un entrisme qui a pour but de faire passer pour une démarche scientifique, de la propagande politique et pour des experts, des militants racistes et islamistes.

 

« Les conditions n’étant pas réunies pour garantir la sérénité des échanges et le bon déroulement des débats autour de la question de l’islamophobie et de ses enjeux politiques, la Présidence de l’Université Lumière Lyon 2 a pris la décision d’annuler la tenue du colloque prévu le 14 octobre sur le thème “ Lutter contre l’islamophobie, un enjeu d’égalité ?” ».

C‘est par ces mots que la présidence de l’université de Lyon II, par voie de communiqué de presse justifie l’annulation du colloque. On reste partagé entre franche envie de rire et énorme colère…

Le camp laïque, qui s’est mobilisé depuis plusieurs jours, n’a fait que mettre en évidence le profil douteux de certains intervenants. Abelaziz Chaambi, Président du CRI est fiché S. Avec la présence en plus de Souhail Chichah, individu qui a, de manière violente perturbé et de fait interrompu une conférence de Caroline Fourest à l’Université libre de Bruxelles, on a des experts parmi les intervenants en matière de troubles de la sérénité des débats !

Quant à la plupart des associations de lutte contre « l’islamophobie » présentes, le moins qu’on puisse dire est qu’elles ne se distinguent pas par leur humanisme, leur universalisme et leur respect de la dignité humaine. Plus connues pour leur proximité avec des partis racistes comme le Parti des indigènes de la République, les Frères musulmans ou d’autres mouvements tout aussi sectaires comme Al Adl Wal Ihsane (Justice et Bienfaisance) au Maroc ou du parti Parti Égalité Justice d’Erdogan en Turquie, ces associations se sont illustrées par leur obscurantisme : refus de l’égalité femmes/hommes, sexisme, rétablissement du délit de blasphème, refus de la loi de 2004 sur les signes religieux, défense de la foi vue comme supérieure à la loi, racisme, voire participation au jihad judiciaire…

Lorsque l’on sait que nombre de ces associations ne sont pas Charlie, laisser passer un texte d’introduction du colloque, qui évoque le massacre de janvier 2015 pour en faire le départ d’une vague « d’islamophobie » accréditant l’idée d’une France raciste est déjà une abjection qui aurait dû interpeller la conscience d’universitaires et que la présidence de l’Université aurait dû condamner. Car, encore une fois, faire du massacre des journalistes de Charlie la cause d’un climat antimusulman est non seulement de la désinformation mais une escroquerie intellectuelle. Surtout lorsque l’on élude les motifs de ces attentats. Enfin, c’est une insulte aux Français, croyants ou non et de toutes confessions, qui ne sont pas tombés dans le piège de la haine.

Nous sommes ici bien loin d’une condamnation claire, car la suite du communiqué persiste et signe. « La présidence apporte tout son soutien à la Chaire Egalités, Inégalités et Discriminations, à l’Institut Supérieur d’Étude des Religions et de la Laïcité (ISERL), ainsi qu’à l’ensemble des universitaires qui avaient accepté de participer à ce colloque. »  Pourquoi donc annuler ce colloque s’il ne réunissait que des gens formidables injustement calomniés ? Le recul de l’Université signe alors son irresponsabilité et son incapacité à défendre des principes de justice.

La vérité c’est que le profil d’une partie des intervenants pose de véritables problèmes et que la Présidence de l’université ne pouvait l’ignorer. La vérité c’est que tout le monde sait que derrière l’affaire de Lyon 2 c’est la question de l’entrisme islamiste à l’université qui est posé.

En attendant, la présidence envoie un très mauvais signal aux véritables laïques qui ne trouvent aucune réponse à leurs questions dans ce communiqué de presse. Il ne fait que renforcer le sentiment que le monde universitaire n’est plus le sanctuaire de la République laïque mais qu’au contraire il déroule aujourd’hui le tapis rouge aux idées les plus liberticides, réactionnaires et anti-démocratiques. Aveuglement ou lâcheté, l’avenir le dira.

C‘est donc bien la nature des participants et leur idéologie qui nuit d’emblée à la sérénité des débats et non l’action du camp laïque qui, rappelons-le, n’a que sa plume comme arme… Que la présidence de Lyon II se rassure, nous n’utilisons pas encore les méthodes de certains des enseignants qu’elle recrute et nous aurions aimé que cette interdiction soit issue d’une prise de conscience, et non l’énième lâcheté de ceux qui pourtant font tout pour accéder aux postes de pouvoir

Vi(v)re la République / Voir et dire ce que l’on voit/ LaïcArt / La France de Marianne /
Observatoire de la laïcité du 95 / Observatoire de la laïcité du 93 / Laïcité 06.

Ni racisme, ni islamisme

Ni racisme, ni islamisme. Nous ne pèserons pas dans la balance d’une couleur du fascisme quelle qu’elle soit.

Nous avons vocation à créer un cercle basé sur le respect et la bienveillance mutuelle. Notre ennemi est l’islam politique. Nous pouvons avoir des adversaires mais nous nous attachons à chercher les moyens de rétablir l’Etat de droit et la liberté d’expression qui, pour nous, ont volé en éclats au Bataclan.

Ce que nous avons en tête est partageable par tous les citoyens qui veulent conjurer la terreur et non pas participer à sa mécanique.

Nous vous invitons, croyants où non, à nous retrouver autour de la défense de notre République sociale. Notre corpus est le fruit de la réflexion et de l’action des générations qui nous ont précédés, et il nous revient de donner notre énergie pour prolonger et vivre leurs utopies dans notre réalité commune.

Il ne tient qu’à nous de démontrer à l’islamisme que ce territoire ne sera jamais le sien. Qu’athées, croyants de toutes confessions – musulmane comprise – trouveront les ressources nécessaires pour faire barrage.

L’appel citoyen ne tardera plus à être dans toutes les têtes.

Grâce à notre Fraternité, nous serons ensemble. Contre les longs couteaux.

 

Elles s’appelaient Laura et Mauranne

Elles avaient 20 ans. Elles étaient cousines. Elles sont mortes sous les coups de couteau d’un terroriste par un dimanche ensoleillé sur le parvis de la gare St Charles à Marseille.

Il faut regarder leur visage pour que la violence ne reste pas anonyme. Pour que l’on n’oublie pas que derrière le mot ‘victime’, il y a des êtres, des histoires. Et à Marseille, deux jeunes filles, belles, souriantes, qui avaient leur vie à écrire.

Les débuts de l’enquête révèlent un imbroglio et des failles juridico-judiciaires qu’il faudra éclaircir. Reste une idéologie qui a nourri et poussé un homme à s’attaquer à deux jeunes femmes pour les tuer parce qu’elles étaient femmes et mécréantes.

Face au terrorisme, nous savons qu’une politique de police et de renseignement est indispensable. Mais nous répétons inlassablement que son efficacité sera limitée si personne ne s’attaque à la diffusion de l’idéologie islamiste qui nourrit les tueurs.

“Bonsoir Ahmed, je vais déballer mon point de vue ici…”

Bonsoir Ahmed, je vais déballer mon point de vue ici, tu me diras ce que tu en penses et comment tu vois les choses.
Pour commencer, je vais te parler un peu de moi pour situer: j’ai quasi 40 piges, une femme et deux filles, je vis dans l’est de la France, une région que tu connais bien, actuellement. Je n’ai voté qu’une seule fois dans ma vie car je suis déçu de la politique depuis toujours. J’ai depuis tout petit beaucoup lu, beaucoup voyagé, rencontré énormément de monde et côtoyé nombre de cultures différentes.
J’ai vécu en Chine une année, passé du temps dans le Rif chez un ami il y a une quinzaine d’année de cela, bourlingué en Asie quelques années, pour le boulot il y a 10 ans de cela. Je pense être assez cultivé et ouvert, j’ai vécu des situations très complexes au contact de diverses cultures professionnellement notamment au contact de la communauté musulmane. J’ai rencontré et travaillé avec des membres de la famille royale de Barhein, avec d’anciens militaires et autres personnages quand j’étais gem-dealer, bref, je pense avoir une certaine expérience de la nature humaine et de ses travers.

J’ai été baptisé, fais ma communion etc.. mais j’ai toujours détesté cela, mes parents qui faisaient le catéchisme quand j’étais gamin ne m’ont pas laissé le choix. Ils ne pratiquaient pas vraiment et ne pratiquent d’ailleurs plus du tout. J’ai très tôt développé un anti-cléricalisme aigu au contact des croyants mais aussi au fil de mes lectures diverses et variées et suis devenu athée très tôt. Ayant toujours côtoyé des musulmans, dont certains étaient des amis proches, notamment celui chez qui j’ai vécu au Maroc, j’avais une vision très positive de l’islam par l’image de ce que les gens que je côtoyais me projetaient et leur accueil et gentillesse. Bref, j’avais une vision plutôt positive de cette religion.

Suite à l’attentat de Charlie Hebdo en 2015, j’ai commencé à voir des gens dire que ce n’était pas ça l’islam et que ces gens n’étaient pas musulmans. J’ai voulu comprendre et savoir enfin de compte précisément ce qu’est l’islam. J’ai un coran à la maison depuis longtemps, et j’ai décidé de le lire, de rejoindre des pages de débat sur des forums et sur FB et de suivre certains apostats pour connaitre les différents points de vue relatifs à cette religion, pour avoir plusieurs angles de réflexion. J’ai été pour le moins surpris, c’est peu dire, de la teneur de ces textes, de la sunna et des hadiths sahih que j’ai pu trouver. Mon point de vue a radicalement changé suite à ces recherches et ces échanges, j’ai suivi Waleed Al Husseini assez rapidement, j’ai eu l’occasion d’échanger brièvement avec lui et d’autres apostats qui m’ont fait comprendre que la vision gentillette de base judo-chrétienne d’une religion n’était pas applicable à l’islam et que nous étions bien trop conciliant de ce point de vue, considérant que ce ne pouvait être une menace.
En France, quand on parle de religion, c’est plutôt pour tourner en dérision une idéologie archaïque que pas grand monde ne prend au sérieux. J’ai pas mal échangé avec David Duquesne, dont j’apprécie la plume et l’esprit ainsi qu’avec David Vallat, pour sa connaissance de l’intérieur et son objectivité.

Pour en revenir au problème d’unité de lutte, j’ai gardé mes distances pendant un temps vis-à-vis de quelques personnes que je voyais intervenir sur divers supports, en gardant un certain retrait d’observation pour arriver à me faire mon idée quant à leurs interactions et aux diverses lignes défendues.
Je suis profondément anti-raciste, plutôt ouvert à la notion de spiritualité et politiquement plutôt à droite.
J’ai trouvé beaucoup de conflits d’égos, de querelles de clochers dénuées de sens la plupart du temps et de nombreuses personnes s’opposant sur des broutilles et des antécédents pour défendre le mouvement qu’ils ont créés ou qu’ils suivent plutôt que les idées qui nous sont chères. A savoir, de mon humble point de vue, un respect de la laïcité au pied de la lettre en application des textes de loi existants sans aucune tolérance ou compromission.

Je souhaite adhérer à un ou même plusieurs mouvements (Laïcart et la France de Marianne pour ne pas les citer) mais je ne les connais pas tous, loin de là.
Je ne souhaite pas rentrer dans ce jeu qui me semble complètement puéril et qui nuit à la crédibilité de l’ensemble ainsi qu’à la portée de ces actes. Je pense qu’il faut que chacun soit prêt à faire des compromis sur ses petites envies ou nos idéaux divers, et de s’affranchir de toute attachement ou rapprochement politique ou religieux car cela fausse le débat et crée des clivages qui ne vont pas dans le bon sens. C’est d’autant plus inutile que ces combats me semblent bien moins pertinents actuellement au vu de la collusion de la classe politique dans son ensemble. Il sera toujours temps de faire une remise en cause de la politique quand nous aurons avancé sur la laïcité, c’est bien plus important maintenant.

Pour être une vraie force et un vecteur d’influence aujourd’hui, le nombre, mais surtout la cohésion dans le discours et les actions sont capitales. Nous avons face à nous une mécanique bien huilée, dont le discours est travaillé et soutenu, et c’est ce qui fait sa portée. Nous ne pourrons pas nous opposer à eux en ordre dispersé avec des idées disparates et pas cohérentes, trop de divergences qui seront autant de munitions pour nous faire taire. Nous ne serons pas crédibles et c’est perdu d’avance.
C’est capital de faire l’impasse sur certaines rivalités tenaces au sein de nos forces et d’être capable de faire des compromis pour se fédérer autour d’un projet, d’une seule voix, au détriment d’autres probablement mais c’est la seule solution. Les concours de kékettes puérils ne doivent plus avoir droit de citer car cela met en porte à faux l’ensemble des mouvements et donne le flanc à la critique à nos opposants qui n’en demandent pas tant. la meilleure solution pour moi et de faire une sorte de tri, de mettre les gens face à leurs responsabilités, et de créer un mouvement unique qui rassemble les divers courants en déléguant une ou deux personnes élues en internes et aptes à représenter leur mouvement au sein du mouvement global.
Soit par élection au sein de ceux- la ou autre. Suite à cela, faire une réunion global des représentants de tous ces mouvements et définir ensemble la ligne commune, quitte à passer par un vote, car d’unanimité il n’y aura pas. Et de mettre tout le monde au pli, pour le bien de cette lutte et pour espérer avancer. Une fois cela fait, il faudra trouver des entrées et ne pas hésiter à utiliser le principe du lobby et des influenceurs pour porter une parole commune décidée en amont et la faire aboutir. Donner de la visibilité aux idées et une crédibilité qui passe par les médias et autres vecteurs de communication numérique. Voila, pour faire court. C’est probablement un peu brouillon et demande à affiner certains points mais pour moi, l’axe de travail est là. Qu’en penses-tu?

Xavier Pupunat

Guerre d’Algérie : Ces musulmans patriotes que l’on a préféré mort.

Je voulais rendre ici un hommage à tous ces courageux officiers qui ont désobéis à leurs chefs par loyauté pour leurs hommes, dont était le caporal Abdel Ouahab Meguini, mon père. Peu avant sa mort je lui ai demandé de me raconter comment il a malgré tout pu rejoindre Paris. J'ai par exemple découvert que mon père, du fait de la présence massive de militant FLN était sous protection policière.

L’idéologie qui vient de tuer 14 innocents à Barcelone se nomme l’islamisme

L'idéologie qui vient de tuer 14 innocents à Barcelone se nomme l'islamisme. C'est l'idéologie défendue par les Frères Musulmans, c'est l'idéologie dont se prévalent les frères Ramadan tout comme Marwan Muhamad et l'ensemble des islamistes. C'est l'idéologie dont se font les complices plus ou moins serviles et coupables, des Edwy Plenel, des Raphaël Liogier, des Assbague, des Bauberot, des Bariza Khiairi, des Obono. Cette idéologie, tout comme le nazisme autrefois, s'accommode de ses idiots utiles, possède des relais non violents mais pas moins redoutables dans une Société démocratique et des relais violents, à l'image des cerveaux malades qui ont agi ce soir. Il faut le dire et ne jamais hésiter à dénoncer l'islamisme, sous toutes ses formes. Emmanuel Macron peut bien afficher sa détermination ou son unité, il n'en n'a pas moins dîné avec ceux-là mêmes qui fondent l'idéologie islamiste qui est substantiellement la cause première et déterminante de ces meurtres de masse. Comme l'un de ses premiers gestes en qualité de Président. Avec des islamistes. Il n'est pas le seul mais perpétue encore et encore les mêmes fautes que ses prédécesseurs. Tant que des présidents de la République , des ministres de l'intérieur ou des des élus, des chefs d'état collaboreront avec des islamistes, même non violents, nous ne serons pas en guerre dans une guerre qui nous est tout simplement déclarée, livrée et imposée par les armes, la propagande, le financement sans précédent et une stratégie d'ensemble qui repose avant toute chose sur nos lâchetés et nos faiblesses, à commencer par celles d'élus qui interdisent la tenue d'une pièce de théâtre ou d'une œuvre inspirée par Charb. Oui, tout cela est lié et à chaque attentat reculent encore un peu plus nos marges de manœuvres à mesure que les revendications ubuesques du communautarisme aident les islamistes dans leur projet d'ensemble. Réagir et résister ce n'est pas devenir expert en camionnettes ou en djihadisme alors que personne n'est expert de rien pas même les djihadistes. Ce n'est pas allumer ou éteindre inlassablement la Tour Eiffel. C'est se prendre en main en s'attaquant à l'idéologie qui travaille à notre mort, qu'elle soit individuelle dans le malheur d'un attentat, ou collective dans la réalisation des revendications islamistes.

Renaud

J’hadère à LaïcArt

“Quelques grammes de laïcité dans un monde de radicalité”

Sur l’impulsion du Comité Laïcité République un collectif d’association “(Viv(r)e La République, Forces Laïques, l’Observatoire de la Laïcité de Saint Denis” à imaginé cette série d’interviews d’actrices bien souvent et d’acteur de la laïcité. Le réseau laïcart y a fait sens en réalisant et montant les videos avec du matériel que vous avez financé. Une mission, des moyens, un réseau.

Ahmed Meguini : J’appelle à un sursaut républicain !

Les électeurs Front National ne sont coupables de rien. Ils exercent leurs droits civiques au même titre que n’importe quel citoyen dans notre démocratie. Les électeurs Front National sont les plus nombreux à être sûrs de leur choix. Ils votent pour Marine Le Pen et contre personne, ou alors contre le système politique, comme les autres, à cette différence près que le FN est pionnier en matière de populisme. Ce qui est coupable en revanche, c’est le cynisme et la misère de ceux qui rêvent ouvertement de se retrouver face à Marine Le Pen au second tour. Il y a 15 ans, après le 21 avril 2002, nous étions des centaines de milliers à descendre dans la rue pour protester contre la présence de l’extrême droite au second tour, un peu moins – quelques dizaines – à porter une banderole où l’on pouvait lire « Il ne suffit pas d’être contre ». Quelques jours plus tard, le Président de la République Française était réélu à 82%, dès lors extrême droite ne cessera de dénoncer « le système UMPS ». Une rhétorique anti-système reprise aujourd’hui par tous, sans exception. Rarement un parti n’aura été aussi influent : il y a 15 ans le FN perdait dans les urnes et, comme nous le pressentions, il avait gagné dans les têtes.

 

J’appelle à un sursaut républicain !

 

Quel que soit notre candidat, nous avons le devoir d’agir là où nous sommes contre la résignation et le renoncement, là où demeure le fascisme véritable. Ne permettons plus à nos amis de s’arranger avec cette réalité et préservons nos divergences en nous rassemblant autour de nos valeurs d’humanisme, de Liberté, d’Égalité et de Fraternité. Avant le barrage au Front National doit précéder le combat contre ses idées. Levez-vous et combattez.

Ahmed Meguini

Président de LaïcArt

‘La laïcité garantit-elle l’égalité femmes-hommes ?’

Matinée paradoxale au Sénat ce jeudi 12 janvier.

Présidée par la sénatrice Chantal Jouanno, la délégation pour les droits des femmes présentait son rapport intitulé ‘La laïcité garantit-elle l’égalité femmes-hommes’.

Les conclusions de ce travail, réunies sous forme de propositions de loi au législateur et de recommandations au gouvernement, sont extrêmement précieuses et constituent de vraies avancées.

Parmi les quatre propositions de lois, l’une est majeure : inscrire l’égalité femmes-hommes à l’article 1er de notre constitution, ce qui aurait un effet domino sur l’ensemble des lois qui devraient en respecter le principe. Autres propositions : sanctionner les associations appelant à la discrimination, à la haine ou à la violence en raison du sexe ; ou bien encore, étendre l’obligation de neutralité à de nouvelles catégories (notamment les élèves-fonctionnaires et fonctionnaires stagiaires ou les étudiants des ESPE se destinant à l’enseignement).

L’hôpital, l’école, le sport, les partis politiques, les communes, les associations… La délégation a bien cerné les inégalités femmes-hommes et les atteintes à la laïcité qui minent notre pays. Quant au voile, burkini et autre vêtement à caractère religieux ostentatoire, elle a écarté toute réglementation. Chantal Jouanno a néammoins reconnu que le problème du voilement des petites filles n’avait pas été abordé…

Si les propositions de la délégation sont à saluer, en revanche, son angle d’approche du sujet tout comme certaines interventions à la table ronde ont suscité quelque perplexité.

Pour une matinée dédiée à la laïcité, on entendit beaucoup parler de religion. Et pour cause. Dans ses travaux préparatoires, la délégation a interrogé des spécialistes du fait religieux sur la place de la femme dans les trois religions monothéistes. Le rapport comprend d’ailleurs des recommandations destinées aux instances religieuses du pays pour favoriser en leur sein l’égalité femmes-hommes. Comme la volonté de promouvoir des femmes chez les aumôniers… Une jeune aumonière musulmane et une aumonière juive sont d’ailleurs intervenues…

Frédéric Mion, directeur de Sciences-Po Paris a présenté le tout nouveau cursus Emouna l’Amphi des religions. Destiné à former des ministres du culte de différentes communautés religieuses, ce cursus est sensé « réenchanter la laïcité »… Pour lui, l’université se devait de « se saisir du fait religieux parce qu’il structure notre société »

L’intervention de Hanane Karimi a suscité de franches protestations du public. Opposée à la loi sur l’interdiction des signes religieux à l’école, celle qui se présente comme doctorante en sociologie et membre du collectif Les Femmes dans la Mosquée, est une proche du PIR (Parti des Indigènes de la République) et collabore à un centre de recherche membre de la Faculté des études islamiques du Qatar, créé par Tariq Ramadan et Youssef Al Qaradawi. A l’heure où l’islamisme politique est à l’offensive dans notre pays et où le PIR exprime sa haine de la République, comment expliquer qu’elle puisse être invitée et consultée par une délégation sénatoriale ?

Malaise également de découvrir la présence dans le public de Yacine Hilmi, figure bien connue à Sevran, jeune traducteur de prêches, qui n’a de cesse de relativiser dans les médias et sur les réseaux sociaux la gravité de la situation dans la ville. Sa présence contrastait avec le cri d’alarme lancé par Nadia Ould Kaci de Femmes sans voile d’Aubervilliers et Nadia Remadna de la Brigade des Mères, sur les femmes des banlieues qui subissent de plein fouet la pression de l’islamisme.

Impossible de résumer ici toute la richesse et la qualité des allocutions des nombreuses intervenantes comme Houria Abdelouahed, Marie-Thérèse Bisson, Elisabeth Dufourcq, Martine Cerf , Anne Soupa ou Annie Sugier. A propos de la candidature de Paris aux JO 2024, elle a proposé de boycotter l’Iran et l’Arabie saoudite, seuls pays qui interdisent l’accès des femmes au stade. Elle a d’ailleurs souligné que la participation de sportives voilées contrevient à la règle 50 de la Charte olympique qui proscrit toute propagande religieuse ou politique.

Djemila Benhabib a conclu la matinée en rappelant que les attaques contre la laïcité et le droit des femmes par les religions ne sont pas des actes religieux mais des actes politiques, destinés à contrôler et les têtes et les corps. Elle a également rappelé que lorsque l’on débat, la moindre des choses serait que les intervenants précisent quelle cause ils défendent pour lever toute ambiguïté…

Espérons que ce rapport ne finisse pas aux oubliettes et que le prochain gouvernement et la prochaine assemblée s’en saisissent.

La laïcité et la loi de 1905 sont insuffisantes pour garantir l’égalité femmes-hommes. Mais finalement, cette exigence d’égalité est un bon bouclier pour renforcer la laïcité. Lutter pour les droits des femmes et l’égalité femmes-hommes, c’est s’opposer à l’islamisme politique et à tous les extrémismes religieux.

http://www.senat.fr/notice-rapport/2016/r16-101-notice.html

Conférence internationale contre l’islamophobie, Bourse du travail de Saint-Denis le 18 décembre 2016

Faire son miel de la crise que traverse le pays pour distiller son idéologie n’est pas l’apanage de l’extrême-droite. Le PIR, CCIF et consort utilisent bien les mêmes ficelles. La discrimination, le chômage et la pauvreté sont utilisés jusqu’à la corde pour vendre une soupe complotiste, islamophobie-phobe, raciste, anti-laïque et mettre la République en accusation.

Ce dimanche, on a pu assister à une véritable OPA sur la détresse des réfugiés et migrants. Leur sort – problématique en France comme dans le reste de l’Europe, chacun le sait -, a d’abord été exposé de manière factuelle par l’ancienne présidente d’Amnesty International. Geneviève Garrigos (mais que venait-elle faire dans cette galère ?), a d’ailleurs apporté une note positive en soulignant la générosité et le dévouement des citoyens partout dans le pays. C’était oublier un peu vite le recadrage du collectif La chapelle Debout. Nous vivons dans un « état de guerre aux migrants », victimes de « rafles » et de « déportations » ! On appréciera les termes choisis.

A une jeune femme voilée du public qui se plaignait de ne pas entendre parler d’islamophobie mais de migrants, il a été répondu que le Musulman, le réfugié, le migrant, le Rom, le Noir, sont dans le même bateau. Tous appartiennent au camp de « l’Autre », tous sont victimes d’un Etat raciste et néo-colonial… Un Etat qui profite à fond de l’état d’urgence, « L’état d’urgence, c’est le 49.3 des Musulmans », un Etat qui ethnicise la question sociale et invente ses ennemis intérieurs… Les dominés sont d’ailleurs hiérarchisés en « haut lieu » (par qui ?), le racisme est légitimé par la peur du terrorisme…

Sachez aussi que pour Pierre Tatarkowsly de la LDH, on assiste en France à « un communautarisme majoritaire »… qui sera qualifié par Philippe Marlière (militant de Ensemble !) de « néo-républicanisme laïciste ».

L’après-midi, la salle était bien remplie. Effet des fans du directeur du CCIF, Marwan Muhammad, qui tel un showman est resté debout pour délivrer son message ?

Pas un mot bien sûr, sur l’islamisme et la radicalisation… Thomas Goutraud (Attac) a d’ailleurs rappelé que si de jeunes Français « issus d’un passé colonial » versent dans le terrorisme, ça n’a aucun rapport avec la religion.

 

Côté LaïcArt, nous pouvons être contents.

D’abord, la petite manifestation organisée par différents mouvements laïques devant le bâtiment, a eu son effet. Il a permis de ridiculiser Madjid Messaoudene, élu de Saint-Denis, qui a fait appel aux forces de l’ordre si souvent décriées dans l’enceinte-même de la Bourse du travail.

Ensuite, les propos de Siham Assbague, en fin de journée, récompense notre travail. Elle a égrené les barrières qui commencent à s’ériger autour de leur mouvance : plaintes en diffamation d’élus, censure des réseaux sociaux, pression pour faire annuler leurs réunions publiques…

Pour eux, c’est nouveau. Pour nous, c’est un début. Nous ne lâcherons pas !

 

Manifestation devant la Bourse du travail organisée avec le soutien de :

Observatoire de la Laïcité de Saint Denis (OLSD)

Brigade des Mères : Nadia Remadna

Egale : Martine Cerf

Femmes sans voile d’Aubervilliers : Nadia Benmissi

Forces Laïques : Laurence Marchand-Taillade et les présidents des OLvo 92 (Thierry Gibert), 31 (Philippe Bapt) et la section jeunes de Paris (Sabine et Samy).

Libres MarianneS : Laure Caille

Djemilla Benhabib, essayiste, militante laïque

Marie-Laure Brossier, élue de Bagnolet

Membres de LaïcArt

 

Organisateurs, signataires et programme de la journée du 18 décembre à Saint-Denis : http://www.islamophobie.net/articles/2016/12/14/«-islamophobie-et-xenophobie-l’heure-de-la-presidentielle-»-meeting-saint-denis-