Conférence internationale contre l’islamophobie, Bourse du travail de Saint-Denis le 18 décembre 2016

Faire son miel de la crise que traverse le pays pour distiller son idéologie n’est pas l’apanage de l’extrême-droite. Le PIR, CCIF et consort utilisent bien les mêmes ficelles. La discrimination, le chômage et la pauvreté sont utilisés jusqu’à la corde pour vendre une soupe complotiste, islamophobie-phobe, raciste, anti-laïque et mettre la République en accusation.

Ce dimanche, on a pu assister à une véritable OPA sur la détresse des réfugiés et migrants. Leur sort – problématique en France comme dans le reste de l’Europe, chacun le sait -, a d’abord été exposé de manière factuelle par l’ancienne présidente d’Amnesty International. Geneviève Garrigos (mais que venait-elle faire dans cette galère ?), a d’ailleurs apporté une note positive en soulignant la générosité et le dévouement des citoyens partout dans le pays. C’était oublier un peu vite le recadrage du collectif La chapelle Debout. Nous vivons dans un « état de guerre aux migrants », victimes de « rafles » et de « déportations » ! On appréciera les termes choisis.

A une jeune femme voilée du public qui se plaignait de ne pas entendre parler d’islamophobie mais de migrants, il a été répondu que le Musulman, le réfugié, le migrant, le Rom, le Noir, sont dans le même bateau. Tous appartiennent au camp de « l’Autre », tous sont victimes d’un Etat raciste et néo-colonial… Un Etat qui profite à fond de l’état d’urgence, « L’état d’urgence, c’est le 49.3 des Musulmans », un Etat qui ethnicise la question sociale et invente ses ennemis intérieurs… Les dominés sont d’ailleurs hiérarchisés en « haut lieu » (par qui ?), le racisme est légitimé par la peur du terrorisme…

Sachez aussi que pour Pierre Tatarkowsly de la LDH, on assiste en France à « un communautarisme majoritaire »… qui sera qualifié par Philippe Marlière (militant de Ensemble !) de « néo-républicanisme laïciste ».

L’après-midi, la salle était bien remplie. Effet des fans du directeur du CCIF, Marwan Muhammad, qui tel un showman est resté debout pour délivrer son message ?

Pas un mot bien sûr, sur l’islamisme et la radicalisation… Thomas Goutraud (Attac) a d’ailleurs rappelé que si de jeunes Français « issus d’un passé colonial » versent dans le terrorisme, ça n’a aucun rapport avec la religion.

 

Côté LaïcArt, nous pouvons être contents.

D’abord, la petite manifestation organisée par différents mouvements laïques devant le bâtiment, a eu son effet. Il a permis de ridiculiser Madjid Messaoudene, élu de Saint-Denis, qui a fait appel aux forces de l’ordre si souvent décriées dans l’enceinte-même de la Bourse du travail.

Ensuite, les propos de Siham Assbague, en fin de journée, récompense notre travail. Elle a égrené les barrières qui commencent à s’ériger autour de leur mouvance : plaintes en diffamation d’élus, censure des réseaux sociaux, pression pour faire annuler leurs réunions publiques…

Pour eux, c’est nouveau. Pour nous, c’est un début. Nous ne lâcherons pas !

 

Manifestation devant la Bourse du travail organisée avec le soutien de :

Observatoire de la Laïcité de Saint Denis (OLSD)

Brigade des Mères : Nadia Remadna

Egale : Martine Cerf

Femmes sans voile d’Aubervilliers : Nadia Benmissi

Forces Laïques : Laurence Marchand-Taillade et les présidents des OLvo 92 (Thierry Gibert), 31 (Philippe Bapt) et la section jeunes de Paris (Sabine et Samy).

Libres MarianneS : Laure Caille

Djemilla Benhabib, essayiste, militante laïque

Marie-Laure Brossier, élue de Bagnolet

Membres de LaïcArt

 

Organisateurs, signataires et programme de la journée du 18 décembre à Saint-Denis : http://www.islamophobie.net/articles/2016/12/14/«-islamophobie-et-xenophobie-l’heure-de-la-presidentielle-»-meeting-saint-denis-