A vélo par les chemins de traverse de la laïcité

Avec toutes ces commémorations, l’émotion est là, le passé remonte.

Mon cheminement professionnel a fait que dans les années 2000, j’étais en poste dans des communes de  “gauche” sur le secteur  “enfance” (services à la population des  0 à 15 ans).

De la politique “d’achat” des caïds de la cité qui, par exemple, partaient au ski pour trois poignées de pétards et qui, avançant en âge (c’est à dire plus de 15 ans), continuaient d’en bénéficier. De la politique des “grands frères” que j’ai stoppé mais avec de grands moments de solitude, de la mixité que j’ai imposée (ré-imposée) dans le service des 11/15 ans, dans l’équipe et la fréquentation. Solitude aussi, face à un jeune de ce service que je n’ai pas titularisé, face à ses attitudes sexistes, puritaines, de revendication de lieu de prière et d’aménagements divers. Solitude encore, face à des animateurs réclamant un frigo différents des autres, en clair sans alcool ni charcuterie. Solitude enfin, lors d’un entretien de recrutement avec une candidate recommandée par un maire-adjoint, se présentant à l’entretien voilée et me demandant s’il était possible qu’elle travaille auprès des enfants, au sien d’une école, ainsi vêtue, par chance je sais rester clair et elle a parfaitement compris que cela n’était pas négociable. Solitude aussi pour recomposer des équipes multiculturelles dans les équipes d’entretien des écoles, et non pas des équipes regroupées par affinités ? (je ne sais même pas comment qualifier se laisser faire de regroupement !). Solitude aussi quand j’ai pris un homme pour être responsable d’une Halte-garderie.

Le sommet, en 2005, lorsque j’ai proposé de décliner sur l’ensemble de l’année , le centenaire de la Loi de 1905, démission complète du premier magistrat et d’une partie de élus, mais aussi des déceptions internes à mon équipe proche.

Aujourd’hui, et depuis 2007, je suis dans l’hospitalier, et c’est essentiellement à cause de tout cela.

Petit à petit, là encore je suis rattrapé par ces défaillances favorisant les revendications d'”accommodements raisonnables”, l’article de Patrick PELLOUX “les djihadistes sur le front de la santé” dans le Charlie des un an, tout autant que les prières de rue anti-avortement devant l’hôpital Tenon où la Maternité de Port Royal) que je ressens comme autant d’atteintes à un vivre ensemble apaisé. La vie est une expérience unique et non renouvelable, ce n’est pas de moi, mais j’aime bien, alors ne nous laissons par pourrir la vie !

Didier

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