Un après-midi au procès Merah…

Abdelghani Merah à l’arrivée de sa marche contre l’intégrisme. Paris, 19/03/17 @DR

Lundi 16 octobre, salle d’assises spéciales Voltaire, tribunal de Paris.
Moment fort en émotion au procès Mérah lorsque Abelghani Merah – qui était entendu en qualité de témoin, a commencé par dire le nom et l’âge de chaque victime tuée ou blessée par son frère… Abdelghani a ensuite évoqué dans quel climat de violence, de haine de la France et des juifs, sa fratrie a été élevée. Puis il a répondu aux questions du président, des avocats des parties civiles et de la défense. Saluons ici son courage et disons-lui bravo pour sa grande dignité.
Mais avant ce témoignage, celui de Christian Balle-Andui, l’ancien directeur régional du renseignement intérieur toulousain était édifiant pour d’autres raisons.
Outre le point capital où il a révélé avoir transmis une note toujours classée « secret défense » qui donnait une douzaine de noms susceptibles de correspondre au profil du « tueur au scooter » (note qui aurait pu permettre d’arrêter le terroriste avant ses meurtres de l’école Ozar Hatorah si la piste djihadiste avait été privilégiée) – quelques petites phrases ont montré combien la lutte contre la propagation de l’islamisme laisse à désirer dans notre pays.
Quand on entend “j’ai peu de moyens techniques, monsieur le Président”, quand est dénoncée la diffusion de l’islamisme et du djihadisme “sur notre territoire, dans nos villes”, et ce dès les années 2000, on est en droit de se poser quelques questions. L’extrémisme islamiste est connu par les services de renseignement, son idéologie parfaitement identifiée, les diffuseurs sont repérés. Comment se fait-il donc que cinq ans plus tard, après quelques 240 victimes, la lutte contre cette idéologie mortifère n’est pas une priorité ? Quand prendrons-nous conscience qu’en tarissant l’offre idéologique, le basculement dans la radicalité sera entravé ? Pourquoi par exemple la ville du Havre a accueilli le 14 octobre dernier, pour la 6e année consécutive, la manifestation le Havre De Savoir que LaïcArt a dénoncée parce qu’elle invite la crème des islamistes ? Pourquoi faut-il une mobilisation associative et citoyenne pour que l’on interdise un raout islamiste au sein de l’Université de Lyon2 ? En évoquant l’art de la dissimulation des propagateurs, Abdelghani a averti le procureur : “le jour où vous verrez leur vrai visage, vous serez aux portes de la mort”. Si nos autorités pouvaient enfin ouvrir leurs oreilles…