Ahmed Meguini : “Va, vis et deviens Français”

Je m’appelle Ahmed et je ne suis pas Musulman. Habituellement, comme tous les athées, je le tais. D’abord parce que c’est intime, l’athéisme est une solitude et la solitude ça ne se partage pas. Il y a une autre raison : j’ai souvent eu peur de froisser mes ex- coreligionnaires. Pour un grand nombre de Musulmans, je suis ce qu’il y a de pire : un apostat. Dans la plupart des pays musulmans, je risquerais la mort pour cela.
Je suis un citoyen français et je n’ai pas d’autre identité à défendre que celle qui a permis mon émancipation. Je suis libre de croire ou de ne pas croire et pourtant, pour ma sécurité, jusqu’à aujourd’hui, j’ai cru bon de ne pas exposer ma non–foi.
Cette lâcheté, que j’assume comme telle, n’est plus permise aujourd’hui. En nous attaquant et en nous tuant, les assassins on révélé une terrible faille sismique. Elle n’était pas nouvelle mais, comme vous, je me mentais à moi-même.
Je n’ai pas pu avoir la même rapidité d’analyse que ceux qui ne souhaitent « ni rire ni pleurer » et qui, en un temps record, ont mis sur pied un débat sur la place des jeunes Musulmans en France. Non je n’ai pas pu, et n’en déplaise à Spinoza, j’étais occupé à pleurer.

Dieu assigné à résidence

Je réponds à leur question : « l’Islam est-il compatible avec la République ? » en disant simplement que c’est la République qui ne sera jamais compatible avec l’Islam, comme avec n’importe quelle autre religion. C’est pourquoi il y a plus d’un siècle, nous avons assigné Dieu à résidence. Parce que c’est le concept même de Dieu qui n’a pas sa place dans la République. Je ne vois pas, je ne fréquente pas et je ne parle pas à des Musulmans, à des Catholiques et à des Juifs, et ça n’arrivera jamais. Je ne reconnais que mes concitoyens, et qu’ils croient aux extra-terrestres ou à un homme qui change l’eau en vin, cela ne m’intéresse absolument pas. À ceux qui en réponse aux actes de terrorisme souhaitent débattre de l’Islam, je les invites à entamer au plus vite un cursus en théologie islamique, mais laissez-moi ma France ! Celle où je dois pourvoir vivre sans Dieu et sans me faire insulter dans ma non-foi. Frappez la République à coups de tête pour y enter en tant que Musulman, Catholique, Protestant, Bouddhiste ou Juif. Frappez encore, frappez plus fort et nous verrons bien qui de votre tête ou de la République cèdera en premier. Même si nous, Républicains laïcs, étions demain pris de panique, terrorisés par nos ennemis et prêts à tout céder, nous ne le pourrions même pas. Cette idée de liberté et de justice qui s’est affutée à travers le temps ne nous appartient pas, elle nous dépasse, un peu comme votre Dieu. La laïcité, c’est ce que nous avons trouvé de mieux pour vous permettre de vivre vos croyances tout en admettant la primauté des lois de la République sur vos lois divines. D’autres pays n’ont pas laissé ce choix à leur population. Les uns interdisent la religion, d’autres la rendent obligatoire. Si vous ne comprenez pas en quoi la laïcité vous protège, je ne vous l’expliquerai pas, je vous opposerai la loi, parce qu’elle me protège moi aussi. Si vous voulez comprendre, je vous invite à vous rendre dans une bibliothèque.

Une barque et des rames

Je n’ai pas d’autre choix que d’engager un combat, que je promets féroce, contre ceux qui préfèrent s’adresser aux Musulmans plutôt qu’à leurs concitoyens. Comme d’autres, j’ai consacré toute ma vie d’adulte à devenir et à être admis en tant que Français. Je suis de la première génération à être né en France. Sur mon acte de naissance, il est écrit « père soudeur » et « mère femme de ménage », comprenez : « T’es plutôt mal barré dans la vie ». Aujourd’hui je suis père, chef d’entreprise et j’ai une vie relativement confortable. À l’école, j’ai fait le minimum, j’ai terminé mon parcours scolaire crashé dans une voie de garage au milieu d’un BEP grotesque. Cet enseignement minimum obligatoire m’a offert une barque et une paire de rames. Alors j’ai ramé, j’ai ramé la nuit et j’ai ramé le jour, scrutant inlassablement l’horizon à la recherche d’une terre, la France.
Mes parents parlaient mal le Français, avec des erreurs de syntaxe et un fort accent maghrébin. Ils étaient pauvres en France ; ils l’étaient d’avantage dans leur pays d’origine. Je me souviens qu’il arrivait que l’on me dise que j’avais de la chance d’avoir une double culture. Je ne comprenais pas ce que ça voulait dire, je me disais simplement que « deux » c’est mieux que « un ». Il a fallu que je découvre un peu de la culture française pour appréhender l’étendue de ma pauvreté, de ma faim aussi.
Cependant j’ai profité d’une intuition de ma mère qui m’a dit « Tu sais, nous, on ne comprend pas très bien comment ça marche en France, imite-les, toi tu finiras bien par comprendre. » Elle ne m’a pas dit ce que d’autres, dans le même cas que moi, pouvaient entendre de leur parent : « Nous ne sommes pas chez nous, nous sommes venus travailler et nous rentrerons au pays ». Le pensaient-il vraiment ? Se mentaient-ils à eux-mêmes ? Je ne sais pas, en revanche ce que j’ai vu, c’est qu’ils sont restés et qu’ils ont condamné leurs enfants à une vie de pérégrination, d’éternels étrangers, pas vraiment d’ici, et encore moins de là-bas.

Être Français

J’ai eu la chance de faire ce chemin tortueux vers la France. Je voulais devenir Français, parce que dans mon esprit, j’étais d’ici ; parce que contrairement à beaucoup de Français qui ont les mêmes origines que moi, mon père est enterré ici et c’est ici que je finirai ma vie. Mais je ne savais pas ce que ça voulait dire, être Français. J’ai dû inventer, me jeter loin de moi, de ce que je croyais savoir. J’ai par exemple porté l’uniforme, je me disais qu’ainsi on ne pouvait pas penser que j’étais autre chose qu’un Français. Si je ne savais toujours pas ce que ça voulait dire au moins j’en avais l’air. Adolescent, j’étais jeune sapeur pompier, je m’exerçais à des manœuvres incendie, au secourisme. À peine majeur, je suis devenu sapeur pompier volontaire. Et puis il y a eu l’armée, je voulais absolument partir en opération à Sarajevo. Je pensais qu’en servant la France dans un pays en guerre, j’aurais alors un argument de poids à opposer à ceux qui pouvaient douter de mon attachement à mon pays. Le seul moyen de partir en opération extérieure dans mon régiment était de s’engager, je me suis donc engagé. Un mois plus tard, j’étais en territoire bosniaque et je regardais fièrement l’écusson tricolore sur mon épaule. Je m’appliquais sans le savoir ce mot de Kennedy : « Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande-toi ce que tu peux faire pour ton pays ».

Ni victimes, ni bourreaux

Oui, il a été sinueux ce chemin vers la France qui me fit faire un détour par la case prison. Arrêté dans une manifestation et condamné à tort pour violence sur agent des forces publiques, j’ai été incarcéré trois mois dans une maison d’arrêt alsacienne. Ce que j’y ai vu m’a profondément bouleversé. La première fois que j’ai vu une promenade, j’ai été choqué de n’y voir que « des Arabes et Noirs ». Je les regardais tourner en rond, ils étaient là, rassemblés, les pérégrins pérégrinaient. J’ai été très en colère, j’aurais pu sortir de là fou de haine si je n’avais pas eu le soutien de milliers de militants, de Français qui avaient pris fait et cause pour moi. Ils m’ont aidé à comprendre que la France c’est aussi une ambition qui appartient à ceux qui la défendent et comme dans les mariages, il n’y a pas que des jours heureux. Eh oui, bien souvent j’ai eu l’impression d’aimer la France comme un mari cocu.
Souvent je repense à cette promenade de prison comme la manifestation la plus évidente de notre échec. L’échec d’un pays tout entier, où chacun a sa part de responsabilité. L’État, bien sûr, mais aussi certains employeurs qui quand ils ne pratiquent pas ouvertement la discrimination à l’embauche, font preuve de peu de créativité. De nos préjugés, à chacun de nous, d’avoir cru que la police et la prison étaient la réponse à tout, faisant semblant d’oublier que les détenus ont vocation à sortir, et souvent, plus en colère encore que quand ils y sont entrés. C’est aussi l’échec des familles de ces prisonniers, et des prisonniers eux-mêmes, qui doivent assumer leur part de responsabilité.

Lâcheté et paresse

Nous ne sortirons pas de cette impasse si chacun ne fait son autocritique. Si nous retombons dans ce débat stérile de la xénophobie à géométrie communautaire variable, l’auto-flagellation d’un coté et les revendications victimaires de l’autre. Nous serons condamnés à la guerre de tous contre tous. Alors je prends ma part en dénonçant ici une forme de duplicité chez beaucoup de Français qui ont les mêmes origines que moi. Je dénonce ceux qui n’ont jamais fait le choix de la France et qui réclament tous les droits ; bien que nés Français sur notre territoire, quand ils disent « le pays » ils ne parlent pas de la France. Ils ne souhaitent pas vivre dans les États totalitaires d’où sont venus leurs parents mais souhaitent bâillonner la liberté d’expression ici. Oui, la France a construit les conditions d’une ghettoïsation sociale et ethnique mais, avant cela, elle a construit des logements. Mais qui dénonce la complicité active de ces communautés qui se donnent tant mal pour se ghettoïser elles-mêmes, en cultivant cet entre- soi ethnique ? Si nous ne sommes pas allés vers eux, beaucoup ne sont pas venu vers nous non plus.
J’ai été accusé sur un réseau social d’être un « faux arabe » alors même que je m’affirme en tant que Français. On est accusé de « faux arabe » dès que l’on fait preuve d’un peu de sens critique publiquement. La règle, c’est la solidarité confessionnelle, on peut critiquer en privé, « entre nous », mais jamais en public. Accusation plus étrange encore : j’ai été dénoncé comme « Juif », « Sioniste », parce que je dénonce l’antisémitisme. Un schéma d’une incroyable absurdité et très largement répandu. En postulat, il faudrait imaginer que les Juifs et Israël c’est pareil. Donc si vous défendez un Juif c’est comme si vous attaquiez la Palestine. Si tous les Français issus de l’immigration ne pensent pas de cette manière, ils ne dénoncent quasiment jamais les prêcheurs de ces absurdités, par lâcheté, par paresse.

Le xénophobe bienveillant

Il faut encourager la prise de parole à l’initiative de ceux qui adhèrent pleinement aux valeurs de la République et qui se taisent aujourd’hui. Il faut réduire la capacité de nuisance de ceux qui ont le génie de la division, qui nous accablent en nous faisant éternellement le coup de la victime. Pour cela nous devons savoir être nous-mêmes, apprendre à être sereins et implacables avec nos valeurs. Cessons cet auto-dénigrement permanent. À être trop vigilant quant à notre propre xénophobie, on en devient un xénophobe bienveillant. Je rencontre parfois des gens qui ne m’aiment pas parce qu’ils n’aiment pas les Arabes et je ne peux rien y faire. Mais le pire pour moi, c’est de rencontrer des gens qui m’aiment bien parce qu’ils aiment bien les Arabes. La xénophobie bienveillante, qui au nom de la tolérance me voit, comme les autres, comme un Arabe. Alors pour me faire plaisir, pour être gentil avec moi, ils veulent discuter de la place que l’Arabe, maintenant le Musulman, mérite. Je vous le dis ici : je n’ai pas besoin de vous, par pitié arrêtez de vouloir m’aider. Je me suis fait une belle place de Français dans mon pays, grâce à mon pays et grâce à ma brave mère qui m’a élevé du mieux qu’elle a pu avant de me laisser partir avec pour seule consigne : « Va, vis et deviens Français. »

Ahmed Meguini

Monsieur le Président consultez Mohamed Louizi

Mohamed Louizi ancien membre de la confrérie des frères musulmans à rompu en conscience avec une idéologie et un projet totalitaire et mortifère. Il est Musulman, de ceux qui admettent sans problème que je sois athée, et je suis convaincu qu’il est bien plus représentatif que tous ces groupuscules identitaires qui ont décidé de parler au nom de tous les Musulmans. Cet ingénieur de formation nous dévoile, preuve à l’appui la stratégie d’entrisme de l’Islam politique. Il a gagné 5 procès en diffamation et doit en affronter un 6e. Il entame une grève de la faim qui, je le crains, sera aussi rigoureuse que son travail.

Je propose publiquement à Mohamed Louizi de nous rassembler autour de lui et de tout faire pour qu’il soit reçu par le Président de la République. Un rassemblement de toutes et tous pour encourager l’exécutif à éclaircir sa position sur l’Islam politique et plus largement sur sa vision de l’avenir de la laïcité face au défi islamiste et aux questions légitimes qui se posent sur la place de l’Islam en France.

Nous sommes un peuple tolérant, hautement civilisé, et nous l’avons démontré ces dernières années en ne cédant pas au piège des terroristes. Les Français musulmans ont toute leur place dans un pays qui est non seulement le leur mais pour lequel ils ont massivement versé leur sang. Je suis adhérent d’En Marche ; réellement, je suis convaincu que, globalement, le pays ira mieux à la fin du mandat de E. Macron qu’au début. Il consulte, il tâtonne sur le sujet et il a raison. Mohamed Louizi fait partie des personnes à consulter. J’apprécie particulièrement le franc-parler de notre président et son style direct.

Il faut arrêter d’infantiliser les Français de confession musulmane qui, dans leur grande majorité, ne se reconnaissent pas dans ces revendications identitaires. Il n’y a pas de laïcité radicale :

quand je me suis dressé après Charlie, je n’ai fait que ce pourquoi on m’a programmé durant ma scolarité qui a fait de moi un républicain, un citoyen, un homme libre qui a des droits mais aussi des devoirs. Il n’y a que l’extrême-droite qui manipule habilement la laïcité en occupant le terrain abandonné. Il est temps de mettre les pieds dans le plat et de nous faire confiance. L’identité première de chaque être humain habitant notre territoire est citoyen, citoyenne ou en devenir. Le projet républicain est sans aucun doute le plus ambitieux au monde. Nous sommes provisoirement isolés par la vague populiste qui frappe le monde libre mais nous avons résisté et nous résisterons encore. Voilà venu le temps de la conquête des cœurs et des esprits. Nous avons proclamé que chaque être humain de cette planète naît libre et égal en droit. Nous avons fait cette promesse au monde, à défaut de gauloiserie, voilà l’héritage qui est le mien moi le fils d’immigrés. La laïcité est le ciment du triptyque républicain, la résolution de cette équation et si on l’accuse d’être une religion alors je suis un orthodoxe de la liberté de l’égalité et de la fraternité.

Ahmed Meguini

Laïcité : le danger d’une surenchère anxiogène

“Soyez le changement que vous voulez voir” lançait Malek Boutih citant Gandhi et enjoignant la vingtaine de personnes rassemblées dans un bistrot de la rive gauche à pacifier le combat pour la laïcité. Un banquet républicain remis au goût du jour et organisé par mes soins. Pour être tout à fait honnête, c’est sur une idée de Jean-Louis Bianco, président de l’Observatoire de la Laïcité, et dont l’imagination sans limites en matière d’adjectifs accolés au mot “laïcité”, nous a offert la semaine dernière le concept de “laïcité heureuse”. Une formule aussi géniale que de dire que mon aspirine n’a plus mal à la tête, mais qui m’a fortement inspiré.

Dans mon esprit activiste tout est allé très vite, et avant la fin de la journée j’invitai “ma bande”, celle qui, il y a peu, était “à” Manuel Valls, créée suite aux injures de Mélenchon, et avec les remerciements de l’ancien premier ministre, avant que quelques semaines plus tard ce dernier nous demande de ne plus associer son nom à ce groupe. Non sans modestie je l’ai donc appelé “La bande à Meguini” et en quelques heures j’invitai quelques parisiens des 1500 membres que compte aujourd’hui ce groupe Facebook à la première “soirée laïcité heureuse”, reprenant à notre compte la dernière trouvaille de Monsieur Bianco, avec une vidéo diffusée sur Facebook suscitant un peu moins de 8000 vues.

Malek Boutih, ancien député de l’Essonne et notamment ancien président de SOS racisme, ainsi que Mohamed Sifaoui, journaliste et essayiste, spécialiste des questions du terrorisme et de l’idéologie islamiste, ont immédiatement accepté l’invitation. Nous avons préféré aux grandes messes laïques bunkerisées celle des Folies Bergère où le Printemps Républicain avait réussi l’exploit de rassembler 1500 personnes, pour un moment aussi fort intellectuellement à l’intérieur que terrifiant à l’extérieur. Ainsi les fumeurs pouvait sortir en griller une, encadrés par une vingtaine de policiers équipés d’armes de guerre. Une vingtaine de personnes donc, un buffet, de quoi boire trois jours et deux nuits, et deux intellectuels qui ont eu le temps de discuter avec la salle. Après quelques brèves interventions, c’est autour du buffet un verre vin à la main que les convives ont pu engager des conversations en aparté et discuter avec ceux qui d’habitude sont à la tribune, inaccessibles.

Le nom de la soirée “Laïcité heureuse party” en était également le thème. En faisant un pas de côté, nous avons été obligés d’admettre que l’ensemble des mouvements laïques s’est laissé aller à une surenchère anxiogène, utilisant un vocable guerrier, inquiétant, de plus en plus clivant, et en notre défaveur. Le constat est sans appel : les “Je suis Charlie” sont de moins en moins nombreux et il nous faut envisager que le temps de l’alerte est terminé et qu’il nous faut à présent reconquérir les coeurs et l’esprit. Un mouvement qui doit trouver un second souffle plus positif et susciter le désir plutôt que d’agiter les peurs. Pour ceux qui ne veulent pas voir que la France est non seulement victime du terrorisme mais également un foyer de son idéologie, l’islamisme, une autruche est une autruche et ce n’est pas en lui foutant la trouille que nous réussirons à lui sortir la tête du sable et enfin avoir son attention. Deux autres événements de ce type sont en cours d’organisation, notamment à Paris et à Toulouse.

Ahmed Meguini

Le combat d’une mère pour arracher ses enfants à un islamiste

7 janvier 2015. Je me réveille après une nuit terrible. Si j’avais su ce qui m’attendait… ce qui nous attendait…
Je suis en Tunisie. Ca fait 2 mois que je vis un enfer. J’ai dit à mon mari en novembre dernier que je ne l’aimais plus, après 13 ans de mariage. Sans dire vraiment que je voulais divorcer. Tout est tellement compliqué dans ces situations. Moi j’imaginais qu’il accepterait la situation, qu’il irait se prendre un appart ou une petite maison et que nos filles pourraient aller chez l’un chez l’autre à leur convenance. Mon coté idéaliste…
Ca ne s’est pas du tout passé comme ça. Chantage au suicide, au départ définitif et irrémédiable. Et ça a empiré quand il a cru que je le trompais. Oui certes, j’ai eu des échanges avec un autre homme, pour qui j’ai eu un coup de cœur, mais rien de plus. Mais quand il l’a su (en fouillant dans mon téléphone et mon ordi), il est devenu fou. Et là ça a tourné au cauchemar, menaces physiques sur mon prétendu amant, mensonges, menaces et j’en passe…
Il est parti avec mes filles en Tunisie pour les vacances de Noël. Je les ai laissées partir sans craintes car je les rejoignais le 2 janvier. Et je savais que ce seraient nos dernières vacances ensemble en Tunisie. De plus sa sœur devait accoucher début janvier donc nous avions pris les billets d’avion dès le mois de septembre, avant le chaos.
J’ai été soulagée d’être seule quelques jours. J’ai fêté le Nouvel An en famille, c’était chouette, ça faisait longtemps que j’avais fêté le nouvel An.
J’ai pris l’avion a contre-cœur mais je voulais être avec mes filles. Je continuais mes relations épistolaires malgré tout car cela me faisait du bien dans cette ambiance délétère. Et je ne voyais pas le danger. Bien entendu je niais toute relation avec lui devant mon mari.
Les vacances se sont relativement bien passées, nous étions avec sa famille. Il était calme et presque gentil avec moi, essayant de raviver une flamme qui malheureusement était éteinte. Le départ était prévu le 7 janvier. Le seul bémol était que ma belle-sœur devait subir une césarienne et que celle-ci était prévue le 10 janvier. Nous allions donc repartir sans voir son bébé.
Le soir du 6 janvier, les valises sont faites, la soirée se passe tranquillement. Mais au moment d’aller se coucher, je trouve mon mari un peu tendu. Je me suis couchée malgré tout l’esprit tranquille à coté de mes filles. Vers minuit, je me réveille et trouve mon mari extrêmement tendu, en train de regarder l’ordinateur. Et là il me demande si j’ai toujours des contacts avec mon prétendu amant. Bien sûr je nie et là il me montre sur l’ordi une lettre que j’ai écrite, dans laquelle j’avouais certains sentiments. Il avait réussi à endormir mon attention pour me piéger. Pourtant je l’avais supprimée cette foutue lettre, mais lui, alors même qu’il détestait se servir d’un ordinateur, avait réussi à la retrouver.
A partir de ce moment, j’ai vécu un cauchemar qui a duré jusqu’au 11 janvier. En effet, dès le moment où j’ai été réveillée, il m’a dit que mes filles ne rentreraient pas en France. Il faut savoir que mes filles sont nées en France, mais comme leur papa est tunisien, elles ont d’office la double nationalité. Et en Tunisie, elles sont tunisiennes, et c’est donc la loi de ce pays qui s’applique en ce qui concerne l’autorité parentale. En 2015, c’est l’autorité paternelle qui prévaut. Mes filles ne peuvent donc pas quitter le territoire tunisien sans l’autorisation de leur père. Je devais donc le convaincre de nous laisser partir. J’ai tout essayé. J’ai demandé à ses parents de le convaincre, à son frère et ses sœurs aussi. Sans succès. Je l’ai littéralement supplié à genoux de ne pas m’enlever mes filles. Il n’a rien voulu entendre. J’ai même utilisé en dernier recours, et le pire c’est que ça a marché, mon corps pour le convaincre. On a baisé comme des animaux, c’était ignoble. J’avais déjà subi cela une fois en novembre, car il menaçait d’aller tuer mon supposé amant et je n’avais trouvé que ce moyen pour l’arrêter.
Le 7 janvier 2015 donc. Réveil difficile, je ne sais même pas si j’ai dormi. Il a sa tête des mauvais jours mais il décide de partir. Ouf. Vers 8 h, on monte tous les cinq dans le 4 x 4 de mon beau-père. Un premiers pas vers la France. La route vers l’aéroport me paraît interminable. J’observe en douce mon mari, pour essayer de savoir ce qu’il se passe dans son cerveau. Il est extrêmement tendu de nouveau. Nous arrivons enfin à l’aéroport. On descend les valises, mes filles, et nous nous préparons pour l’enregistrement des bagages. L’aéroport est immense, et vide. Nous attendons, et je bous intérieurement, car je suis pressée de partir, de quitter ce pays que j’ai adoré mais que je trouve hostile depuis hier soir. Enfin c’est à nous. Il dépose les bagages sur le tapis pour qu’ils soient enregistrés. Il tend les passeports à l’employé pour l’enregistrement. Et là il me regarde durement et ramène sa main vers lui en criant « non !!!!! ».
Comment ça non ? Et là je comprends, le ciel me tombe sur la tête. Je lui hurle dessus en lui disant qui’il n’a pas le droit de faire ça. Je regarde mon beau-père qui est sous le coup de la décision de son fils. Je l’implore de le raisonner.
Comme nous sommes arrivés largement en avance, je ne désespère pas de le convaincre avant que l’avion ne décolle. Il me propose que nous rentrions en laissant les filles à ses parents. Ce que je refuse bien entendu. Je préviens mes filles de 10, 8 et 5 ans que leur père ne veut pas que nous rentriions. Elles pleurent. Essaient de parler à leur père en vain. Qui rejette la faute sur moi en disant que je suis une salope avec mon chef (je travaillais effectivement avec mon supposé amant). Je hurle ma rage dans l’aéroport, les gens me prennent pour une dingue et ne comprennent pas ce qu’il se passe. Mes deux beaux-frères arrivent en catastrophe pour essayer de régler le problème, en vain. La sensation d’être prisonnière m’envahit lentement. Une employée de l’aéroport me propose de l’aide et me donne le numéro du consulat de France à Tunis. Je la remercie chaleureusement. Je la reverrai hélas quelques mois plus tard…
J’appelle ma mère, qui s’assoit de surprise et de dégoût. Je lui dit d’appeler le consulat de France pour savoir ce que je dois faire.
Notre avion a décollé, emportant avec lui tous mes espoirs.
Je n’ai pas d’autre choix que de retourner chez mes beaux-parents. Durant le voyage, je l’abreuve d’insultes pendant qu’il tente d’appeler certains de mes collègues pour leur dire à quel point je suis une pute car je couche avec mon chef. Tout cela bien sûr devant les enfants. Comme il appelle avec sa puce téléphonique française, il est vite bloqué pour cause de dépassement de forfait. De mon côté j’appelle ma DRH pour la prévenir que je ne serais pas rentrée le lendemain pour reprendre mon travail et que je ne sais pas quand je vais rentrer.
La route une fois de plus me parait interminable. On arrive « enfin ». Je suis dans une autre dimension, ce n’est pas possible que nous soyons retenues contre notre gré dans ce pays maudit. Je me sens prisonnière avec mes filles. Non en fait je suis une otage. Nous sommes les otages de mon mari, c’est hallucinant.
Heureusement, j’ai mon ordinateur, et une connexion internet qui me permettent de me sentir moins seule. Car oui, je suis toute seule dans un pays arabe, langue que je ne parle pas, entourée d’une belle famille hostile à l’idée que je divorce. Heureusement, j’ai mes bébées. Je ne leur cache pas la dureté de la situation. On se serre les coudes toutes les quatre.
Je ne peux plus utiliser mon téléphone pour cause de dépassement de forfait mais je suis joignable. Ma mère a réussi à avoir le consulat et la personne qui s’occupe de ce genre de cas. Les nouvelles ne sont pas bonnes. Nous n’avons aucun moyen de sortir mes filles de ce foutu pays sans l’autorisation de mon mari.
Je me connecte à Facebook pour prévenir mes amis en MP de la situation. Et là je commence à voir des statuts disant qu’il y a eu un attentat à la rédaction de Charlie Hebdo. Ca ne m’inquiète pas plus que ça, il y’a déjà eu des attentats contre eux hélas.
Charlie Hebdo… j’ai acheté le journal pour la 1ère fois en 1991,j’ai même un hors-série consacré au procès Papon dédicacé par Riss. Je n’ai pas loupé un numéro. Et ce malgré le désaccord manifeste de mon mari, jusqu’en 2006 et la parution des caricatures. A cette date, j’ai eu l’interdiction de l’acheter. Et comme je n’étais pas d’accord avec la parution de celles-ci, cela ne m’a pas dérangé sur le moment. Mais après oui, cela m’a manqué. J’ai été élevée par des parents extrême-gauchistes et libre-penseurs, biberonnée au Canard Enchaîné et à Fluide Glacial.
Puis au fur et à mesure que les nouvelles tombent, j’appréhende l’horreur de la situation. Les noms des victimes, oh non pas Cabu ! Charb mais non ce n’est pas possible ! Oncle Bernard ? quoi ? Mais non !!! Tignous oh là là et Wolinski et Honoré non non et non.
Et moi, je suis enfermée dans ce putain de pays. Toute seule à pleurer comme une gamine car ils sont morts. Et tout le monde s’en fout là où je suis. Ben oui, après tout ils l’ont bien cherché tous ces kouffars qui ont insulté le prophète. J’explique à mes filles ce qu’il se passe en France. Il nous parait si loin notre pays. Heureusement qu’il y’a Internet, qui me permet d’échanger. Particulièrement avec un de mes potes en France qui est dévasté par la mort de ses copains. Mais qui cherche à m’aider. Qui essaie de convaincre mon mari de nous laisser rentrer.
Ma mère veut venir, mais son passeport n’est plus valide. Elle va le faire en urgence pour arriver le lendemain. Elle veut aussi essayer de convaincre mon mari. J’ai réussi à installer une puce tunisienne dans mon téléphone et je peux communiquer avec la France.
Mon mari a exigé de joindre mon supposé amant au téléphone. La conversation a duré 20 mn, et malgré les dénégations de celui-ci, mon mari pense toujours que je l’ai trompé. J’appréhende mon retour au travail…
Je suis scotchée à Internet, je regarde en boucle FB, les infos, tout ce que je peux car je n’arrive pas à y croire. Ce n’est pas possible, c’est un double cauchemar, je vais me réveiller. Je n’arrive pas à imprimer que tous ces dessinateurs soient morts, de cette façon. Et cette catastrophe résonne tellement en moi avec ce que je subis. J’ai l’impression que nous sommes victimes de la même chose, une mauvaise application de la religion musulmane. Mais moi je ne suis que otage, pas morte, enfin pas encore. Toujours en contact avec mon pote qui arrive à établir un contact avec mon mari et donc commence à le convaincre.
Ma mère a aussi réussi à avoir son passeport. Elle a eu affaire à la même personne qui 15 jours auparavant m’avait délivré également mon passeport en urgence pour que je puisse rejoindre mes filles suite à un dysfonctionnement de la préfecture. Ma mère en a profité pour alerter la préfecture à propos de notre situation. Elle a en outre alerté le ministère des Affaires Etrangères pour signaler que nous étions retenues contre notre gré en Tunisie.
La journée se déroule ainsi, entre moments de réconforts, même par ma belle-famille qui fait ce qu’elle peut face à cette situation cauchemardesque , et bouffées de haine envers mon mari. Tout ça au milieu de la sidération générée par l’attentat. Je m’endors, littéralement épuisée, en serrant mes filles contre moi.
8 janvier 2015. Je me réveille comateuse. Heureusement mes filles sont là. Les enfants vivent l’instant présent. Ca fait du bien de les voir ainsi. Je limite au maximum les échanges avec mon mari pour ne pas passer mon temps à l’insulter. Et surtout, Je suis Charlie, et pas lui. Il condamne, mais du bout des lèvres. Je sens que la journée va être longue. Et je me dis que si je dois rester là-bas longtemps…. Non je ne vais pas y arriver… ne pas y penser surtout. Ma maman m’annonce qu’elle arrive ce soir. Un rayon de soleil dans mon abîme d’obscurité. Et nous mettons en place une stratégie avec mon pote pour faire céder mon mari, qui commence à vaciller sur ses positions.
Pendant ce temps, l’horreur continue chez moi. Des fous furieux sont en liberté et une policière a été assassinée. Quelle horreur. Tout le monde devient Charlie. J’ai l’impression d’avoir été une pionnière car je l’étais avant contrairement à beaucoup de personnes de mon entourage. Et j’ai honte de ne plus avoir eu l’esprit pendant quelques années, alors que eux se sont battus pour la liberté d’expression et qu’ils en sont morts.
La journée se passe dans la douceur tunisienne. J’ai tellement apprécié cette sensation… mais là je rêve de nuage gris, de froid et de pluie. Je suis impatiente d’aller chercher ma maman. J’essaie de me convaincre que nous allons arriver à le décider à partir ou à défaut à nous laisser partir si lui ne veut pas rentrer (j’en rêve). Je reste en contact permanent avec mes proches en France qui sont atterrés, en colère après mon mari. Certains essaient de parlementer avec lui. En vain. Pour eux aussi deux horreurs se télescopent.
J’ai toujours dans l’idée de ne pas être totalement à sa merci. Le téléphone et l’ordi sont mes bouées de sauvetage dans l’attente de l’arrivée de ma maman. Et une idée fixe me trotte dans la tête : je dois récupérer les pièces d’identité de mes filles. C’est lui qui les a depuis mercredi. Alors je profite de ses absences pour chercher, avec l’aide de mes filles. Je ne me souviens plus de l’endroit où il les avait cachés mais je les ai trouvés à ma grande joie. Mon idée était de les confier à ma maman à laquelle il ne s’attaquerait pas. Son heure d’arrivée était 21 h.
Nous sommes partis avec mon mari et mes filles à l’aéroport. Elles ne veulent pas être séparée de moi. Je bouillais d’impatience de voir ma maman, je me suis sentie si seule depuis 2 jours. Mon stress était intense car j’avais les pièces d’identité des filles dans mon sac. S’il les voit, je vais passer un sale quart d’heure. Et pus on approche de l’aéroport et plus le cafard m’envahit. Cette sensation d’être prise en otage est particulièrement difficile à supporter, et quand je suis à l’aéroport, j’ai la sensation d’être si près de la liberté que j’en pleure. L’avion de ma maman a du retard. Elle m’a expliqué après que c’était à cause de l’alerte attentat. Je la vois arriver et un grand soulagement m’envahit. Ma maman est avec moi. Je l’entraine le plus discrètement possible dans les toilettes pour lui donner les pièces d’identité des filles Il nous observe d’un air mauvais mais il se fait contrôler par un douanier donc ça nous laisse un peu de répit.
L’ambiance dans la voiture pendant le retour est lourde. Maman a beaucoup pleuré à l’aéroport à Paris, son compagnon n’a pas voulu l’accompagner par crainte de ne pas arriver à contrôler sa colère face à mon mari. Mes filles sont contentes et soulagées de la voir. Maman est déjà venue en Tunisie, les relations entre nos 2 familles sont bonnes.
Nous arrivons dans la maison familiale. Mon mari veut parler à ma maman. Il dit qu’il fait tout cela pour sauver sa famille, que c’est moi la méchante dans l’histoire puisque je l’ai trahi en parlant et en avouant des sentiments pour un autre homme. Bien entendu il oublie les brimades subies ces dernières années, l’obligation de vivre à la tunisienne et à la musulmane qui empêche toute vie sociale, qui interdit d’écouter de la musique autre que les mélopées en arabe et les psalmodies du Coran. Les propos haineux envers tout ce qui n’est pas arabe, sa façon d’éduquer qui ne prend pas du tout en compte le fait que je sois d’une culture différente. Oui c’est vrai, je me suis « convertie » à l’Islam. Donc j’ai plus ou moins consenti à cette vie. Mais c’était plus pour tenter d’avoir une communauté d’idées et de culture que par pure conviction. En fait j’ai mon idée de la religiosité qui ne souffre d’aucun dogme. Dire que quand on s’est connu il buvait de l’alcool et fumait du shit… Ma maman a tenté de trouver les mots pour comprendre sa souffrance et lui faire comprendre qu’il allait dans le mur.
La journée s’achève ainsi, avec toujours la boule au ventre mais réconfortée d’avoir ma maman à côté de moi.
9 janvier 2015
Une nouvelle journée en prison commence. Je n’en peux plus, je suis comme un lion en cage. En France, c’est la guerre. Les frères Kouachi, ces salauds, sont activement recherchés. Je suis en contact quasiment chaque heure avec mon pote, qui m’a proposé hier de mentir à mon mari. De lui dire que j’avais réfléchi et que je pensais lui donner une chance si on retournait en France, alors que sinon restait en Tunisie, plus rien ne serait possible. C’était vraiment une épreuve pour moi qui suis très mauvaise comédienne. Mais je n’avais pas le choix, surtout que la veille au soir il s’était rendu compte que j’avais récupéré les pièces d’identité de mes filles. Je me souviens de son air méprisant et triomphant quand il s’en est rendu compte, en me disant que ça ne changeait rien à la situation. Mais j’étais quand même contente d’avoir mis un tout petit caillou dans sa chaussure.
J’ai donc suivi les consignes de mon pote. J’ai promis de redonner une chance à notre couple, en ne garantissant pas le résultat mais que je ferai les efforts nécessaires. Ma mère étant au courant allait dans mon sens. Et ça a marché.
Il a cédé. Il a accepté que nous retournions tous en France. J’étais folle de joie, les filles aussi mais tout de même sur la réserve car je ne serai soulagée qu’au moment où l’avion atterrira en France. La première étape était d’acheter les billets pour mes filles et mo, mon mari et ma maman. Je voulais rentrer le plus vite possible. Que les filles puissent commencer leur semaine à l’école. Bref que nous puissions retrouver notre vie le plus vite possible. Mon beau-frère s’est occupé des billets. Il trouve un retour pour le 11 janvier. Non !!! Je veux rentrer maintenant !!!! Mais ce n’est pas possible. Il y a eu quelques difficultés pour obtenir tous les billets, mais je sens le vent de la liberté quand je vois les billets d’avion. Je dois jouer la comédie jusqu’à ce nous ayons atterri en France. Pour alléger le poids de cette attente pour mes filles, il y’avait l’accouchement de leur tante. On pourrait voir son bébé avant notre départ. Notre retour, enfin une bonne nouvelle dans ce long tunnel de désolation. Sauf que la litanie des mauvaises nouvelles a continué : prise d’otage par les frères Kouachi et autre prise d’otages dans un magasin casher. Mais bordel, il se passe quoi chez nous ? La joie du retour est diffuse à l’écoute des drames qui se déroulent en France. Et je n’en peux plus, je veux rentrer chez moi, dans mon pays libre et laïc. La journée se passe ponctuée des mauvaises nouvelles suite à la prise d’otage à l’hyper casher. Je n’en peux plus, trop de dureté depuis 3 jours. Heureusement ma maman est avec moi. On parle beaucoup, avec les filles aussi, de ce qui se passe si loin de nous. Je suis dans un état second, ça durera jusqu’à ce que je parte.
10 janvier 2015. La journée s’est déroulée sans encombre. Nous avons passé une grande partie de la journée à la clinique pour voir ma belle-sœur et son bébé. J’ai fermé ma valise en priant le ciel d’arriver en France sans encombres.
11 janvier 2015. Ca y’est. On y est presque. On doit être à l’aéroport à midi. Je n’en peux plus. Je ne supporte plus le soleil, les odeurs, rien. JE VEUX PARTIR ! Les filles sont impatientes et ma maman aussi. Et je rage de ne pouvoir participer aux manifs à cause de l’autre pourriture qui nous a retenues en otage. Je rage de ne pas avoir pu y emmener mes filles. Mais allez, sait-on jamais on pourra peut-être y aller quand même si l’avion n’a pas de retard. Euh en fait non, ça ne va pas être possible, je rêve. Mais je suis tellement frustrée de ne pas montrer au monde entier mon refus du terrorisme et ma douleur suite aux évènements qui se sont déroulés dans mon pays.
Nous prenons pour la 3ème fois en 5 jour la route de l’aéroport. Je me remémore mes sensations du 7 janvier. Je sais que lui aussi. Et j’ai peur. Peur qu’il décide au dernier moment de ne pas retourner en France. Peur qu’il devienne dingue. Le temps n’en finit pas. Le trajet dure seulement 1 heure pourtant. On arrive enfin à l’aéroport. On descend les valises. On va à l’enregistrement des bagages, je retiens mon souffle. Il donne les passeports et nos bagages sont enregistrés. Ouf, la première étape est franchie. Mais il y’a encore la douane à passer. Nous disons au revoir à la belle-famille. Je me dis que c’est peut-être la dernière fois que je les vois. Mais le moment de nostalgie passe à mesure qu’on s’approche de la douane. Il y’a beaucoup de monde qui attend. Merde, il va réfléchir pendant l’attente, il peut changer d’avis. Mais non. On avance, lentement. Une vraie torture. Et on passe la douane.
OUI !!!! Ca y’est, on a quitté le territoire tunisien. On y est presque ! On s’installe dans la salle d’attente. On devrait embarquer d’ici 1 h. On attend, mais l’heure passe et toujours pas d’avion. On voit les autres passagers embarquer, mais toujours rien pour nous. Au bout de deux heures, les passagers s’impatientent et exigent des informations. Les choses dégénèrent car certains passagers manifestent bruyamment leur mécontentement. On apprend enfin que notre avion est en panne et que la compagnie en cherche un autre pour nous emmener en France. Je n’y crois pas. Comment c’est possible ? Pourquoi ne pouvons-nous pas rentrer ? Ma crainte est que nous ne puissions pas partir ce soir, que nous soyons obligés de rentrer dans la maison familiale. Et que demain, il ait changé d’avis. Dire que j’avais imaginé pouvoir aller aux manifs… Je suis dégoûtée. Un cousin de mon mari d’une cinquantaine d’année patiente avec nous, mais lui a la chance de pouvoir prendre son avion. Il a d’abord discuté avec mon mari qui lui a demandé de me convaincre que le divorce c’est mal. J’ai eu droit à la leçon de morale habituelle depuis quelques mois : une musulmane ne divorce pas, il faut rester pour les enfants. Toujours dans mon rôle d’actrice, j’acquiesce sans conviction aucune. De toute façon, je suis bientôt libérée.
Nous avons pris l’avion à 19 h. Avec une escale à Tunis et une arrivée à Roissy au lieu d’Orly vu notre arrivée tardive. Ca y’est, je suis chez moi, je peux enfin être vraiment Charlie. Mais je suis arrivée à la fumée des cierges, et quand je vois le monde qui a manifesté, même des amis qui n’avaient rien de commun avec Charlie. J’en pleurerai de rage de n’avoir pas pu participer à cet évènement unique dans une vie. Mais je suis chez moi, en France. Enfin.
Nous rentrons chez nous en Normandie. Je suis soulagée de rentrer chez moi. Demain matin, je dois impérativement partir à Nantes. Les filles resteront avec leur père, nous sommes rentrées trop tard pour qu’elles aillent à l’école. Nous sommes arrivés à 3 h, et je suis repartie à 6 h. Ma vie recommençait. Pas comme avant car les morts me hanteraient longtemps, ainsi que le traumatisme de mon enfermement et de celui de mes filles. Je suis passée devant un tabac-presse. J’ai voulu acheter Charlie, mais plus rien. Tant pis, j’achèterai celui de la semaine prochaine, puis de la semaine d’après, et jusqu’à la fin.
Ils n’avaient pas gagné. Les islamistes n’avaient pas gagné. Nous avons plié un genou, mais nous ne sommes pas tombés.
Mon mari a tenté de détruire ma vie, il a presque réussi, mais je me suis battue et je suis rentrée.
J’avais tort.
Il y’a eu le 13 novembre.
Mon mari en fait est rentré en France car il n’avait pas assez préparé son arrivée en Tunisie. Il ne m’a pas crue quand je lui ai joué ma comédie. Il avait besoin de temps. Il est reparti en Tunisie le 9 février avec mes filles. Mon calvaire commençait.

Monsieur le Président, il n’y a pas de risque de radicalisation de la laïcité.

Il n’y a pas de risque de radicalisation de la laïcité au sein de la société. Nous avons gagné il y a plus d’un siècle et si le bouclier sonne fort, ce n’est pas son fait mais bien des coups de boutoir de plus en plus violents qu’il reçoit. La République est laïque et en effet pas la société, la société elle est protégée par le bouclier laïcité (notion proposée par Caroline Fourest dans Génie de la laïcité). La laïcité, c’est une loi constitutionnelle qui a permis de créer une vertu républicaine, faisant passer ses valeurs de liberté d’égalité et de fraternité avant toutes autres considérations. Le divorce, voilà une question de société et qui et au nom de quoi s’en est mêlé ? L’avortement, le mariage ouvert à tous ne sont pas des questions de société ? Vous souvenez-vous de la violence de ces combats et surtout, des arguments ? Et qui nous protège des textes sacrés ? Un autre non moins sacré, celui qui fait primer nos lois sur les leur, ce texte gardé sous clé que nous vous avons confié, un texte qui offre encore aujourd’hui l’asile à ceux de par le monde qui sont persécutés parce qu’ils ne sont pas de la bonne religion ou simplement parce qu’ils l’ont quittée.

Je suis né musulman on ne m’a pas laissé le choix, j’ai eu une vie de musulman détente qui mange du porc et boit de l’alcool. Aujourd’hui je suis athée; alcoolique abstinent et végétarien : nos cochons n’ont plus rien à craindre de moi. Pratiquement, je suis un meilleur Musulman depuis que je suis athée. C’est le miracle de la libre pensée, le grand oublié de nos débats sur la laïcité, parce qu’il n’existe pas de représentant de la libre pensée qui vous écrit toutes les trois semaines pour vous dire à quel point il est inquiet pour sa communauté et pourtant elle est importante sa communauté, toutes les études montrent qu’en France la religion, on n’en a massivement rien à faire. Et pourtant quel bruit: nous disons laïcité et respect de la loi, ils nous répondent débats interconfessionnels mais j’ai envie de dire “get a room!”. En quoi les débats interconfessionnels intéresseraient-ils l’État, mieux par quelle étrangeté en serait-il l’initiateur ? Il y a un débat mondial sur la place de la religion, un débat que la religion gagne, par le sang parfois comme au Pakistan ou dans tant d’autres pays et par les urnes comme c’est le cas en Pologne, en Autriche ou aux États-Unis où le courant créationniste prend des proportions inquiétantes. Nous sommes le dernier îlot de résistance et il tiendra bon parce que face aux fanatiques s’est levée une génération spontanée qui n’a plus peur, qui a compris les enjeux d’occupation des territoires et des esprits. Dans certains quartiers, revendiquer son athéisme est à classer dans les comportements à risque. La laïcité n’est pas un salon de thé pour cardinaux, imams et rabbins, protégez-nous, levez haut le bouclier et tenez bon. Vos électeurs dont je fais partie, les startup-eurs dont je fais partie, je regarde autour de moi et je n’en connais pas de bigots. Lors de votre prochain discours sur la laïcité en janvier, parlez-nous moins de religion que de libre pensée, le joyau de la couronne. Notre héritage, notre émancipation, notre outil pour libérer l’humanité.

Ahmed Meguini

Guerre d’Algérie : Ces musulmans patriotes que l’on a préféré mort.

Je voulais rendre ici un hommage à tous ces courageux officiers qui ont désobéis à leurs chefs par loyauté pour leurs hommes, dont était le caporal Abdel Ouahab Meguini, mon père. Peu avant sa mort je lui ai demandé de me raconter comment il a malgré tout pu rejoindre Paris. J'ai par exemple découvert que mon père, du fait de la présence massive de militant FLN était sous protection policière.

“Quelques grammes de laïcité dans un monde de radicalité”

Sur l’impulsion du Comité Laïcité République un collectif d’association “(Viv(r)e La République, Forces Laïques, l’Observatoire de la Laïcité de Saint Denis” à imaginé cette série d’interviews d’actrices bien souvent et d’acteur de la laïcité. Le réseau laïcart y a fait sens en réalisant et montant les videos avec du matériel que vous avez financé. Une mission, des moyens, un réseau.

Ahmed Meguini : J’appelle à un sursaut républicain !

Les électeurs Front National ne sont coupables de rien. Ils exercent leurs droits civiques au même titre que n’importe quel citoyen dans notre démocratie. Les électeurs Front National sont les plus nombreux à être sûrs de leur choix. Ils votent pour Marine Le Pen et contre personne, ou alors contre le système politique, comme les autres, à cette différence près que le FN est pionnier en matière de populisme. Ce qui est coupable en revanche, c’est le cynisme et la misère de ceux qui rêvent ouvertement de se retrouver face à Marine Le Pen au second tour. Il y a 15 ans, après le 21 avril 2002, nous étions des centaines de milliers à descendre dans la rue pour protester contre la présence de l’extrême droite au second tour, un peu moins – quelques dizaines – à porter une banderole où l’on pouvait lire « Il ne suffit pas d’être contre ». Quelques jours plus tard, le Président de la République Française était réélu à 82%, dès lors extrême droite ne cessera de dénoncer « le système UMPS ». Une rhétorique anti-système reprise aujourd’hui par tous, sans exception. Rarement un parti n’aura été aussi influent : il y a 15 ans le FN perdait dans les urnes et, comme nous le pressentions, il avait gagné dans les têtes.

 

J’appelle à un sursaut républicain !

 

Quel que soit notre candidat, nous avons le devoir d’agir là où nous sommes contre la résignation et le renoncement, là où demeure le fascisme véritable. Ne permettons plus à nos amis de s’arranger avec cette réalité et préservons nos divergences en nous rassemblant autour de nos valeurs d’humanisme, de Liberté, d’Égalité et de Fraternité. Avant le barrage au Front National doit précéder le combat contre ses idées. Levez-vous et combattez.

Ahmed Meguini

Président de LaïcArt

Caroline Fourest : Génie de la pédagogie

La loi de 1905 est la conclusion d’un divorce presque à l’amiable entre l’Église et l’État. Si l’on veut comprendre la loi, son équilibre, il faut connaître l’histoire et les raisons qui conduisent à cette séparation puis, à ce que l’on peut voir, comme une forme de traité de paix entre la religion et la démocratie. Le livre de Caroline Fourest, Génie de la laïcité, est de ce point de vue exhaustif et comme à son habitude d’une incroyable clarté. Lors d’un échange de textos au mois d’août dernier, où je proposais à Caro de venir à une réunion LaïcArt, j’apprenais qu’elle travaillait sur un texte qui, me disait-elle, serait utile au combat. Effectivement j’ai appris énormément de choses dans son livre qui devraient nous faire gagner énormément de temps.
Pour faire simple : tout ce que vous pouvez dire ou entendre sur la laïcité à la française a déjà été dit, et mieux, déjà expérimenté : toutes les combinaisons possibles, de l’anticléricalisme brutal à l’égalité entre les religions et la séparation avec l’État, en passant par le droit de culte réservant une place particulière au catholicisme, des progressions, des retours en arrière, des doutes, des combats, des morts pour revenir toujours au même endroit : quand les curés ne se mêlent pas de notre vie privée, c’est mieux.
Il y a une phrase que je lis souvent sur les réseaux sociaux et qui dit beaucoup de l’état de méconnaissance de l’histoire de cette loi que chacun admet pourtant si importante, elle commence par : « La laïcité de mon point de vue c’est… ». Comme s’il y avait autant de laïcités que de défenseurs de cette loi. Quand je dis « traité de paix » au sujet de cette loi, c’est parce qu’elle constitue un point d’équilibre entre deux forces radicalement opposée et d’une violence inouïe qui, par miracle si j’ose dire, ont réussi à arracher un accord après des débats qui promettaient pourtant d’être beaucoup plus défavorables à l’église catholique.

 

Il faut lire ce livre et l’offrir. Il faut impérativement que les croyants laïcs défendent leur acquis face à l’inconscience et à l’inconséquence des extrémistes qui souhaitent ouvrir une boîte qui ne se refermera que, comme l’histoire nous l’enseigne, dans des torrents de sang et de haine contre les religions.

Ahmed Meguini

L’heure est grave, nous devons élever le niveau

Les extrémistes religieux ont choisi d’hystériser le débat des élections présidentielles afin d’accentuer les clivages jusqu’au point de rupture. C’est un piège mortel dont il est très difficile de s’extraire. Les identitaires de tous bords ne reculent devant aucune caricature ni outrance dans l’espoir de susciter des réactions au moins aussi excessives, et qui leur profiteront toujours. Cette tactique est payante parce qu’elle conduit beaucoup de nos concitoyens à choisir un camp, qui n’est plus politique mais identitaire. De plus le vacarme produit par ces vociférations, neutralise l’intelligence et empoisonne le débat d’idées. Il n’y a qu’une seule façon de déjouer la manœuvre, être capable d’une grande discipline intellectuelle, avoir une méthode et dans la mesure du possible un plan. L’absence de visibilité règle à mon sens la question du plan. La discipline intellectuelle nous engagera à éviter les procès d’intention, les extrapolations hasardeuses et à étayer nos argumentaires sur la base des programmes et des déclarations des candidats et candidates à la présidence de la République. Nous allons créer une base de documentation sur notre sujet principal : la laïcité. Il faudra, et c’est peut-être le plus important, coordonner nos efforts sur les réseaux sociaux, surtout Twitter, il nous faudra également être irréprochables, implacables, intransigeants et surtout audibles. Jamais le projet de l’extrême-droite n’a été aussi proche du pouvoir, l’heure est grave, nous devons élever le niveau. Si nous ne pouvons pas pour l’instant renouveler le personnel politique, nous inventons l’exercice de la citoyenneté du 21ème siècle.[wpeppsub id=”13700″ align=”center”]

«Détruire le fascisme islamique»

Quelle règle non écrite impose à celles et ceux qui ont quittés leur religion, comme Zineb El Rhazaoui, ou bien qu’ils critiquent seulement ses dérives comme Mohamed Sifaoui, une émancipation sous haute protection policière ? Comme quelqu’un qui vit sous une épée de Damoclès la journaliste ne prend pas de détour, elle débute un chapitre par « Les collaborationnistes français », oui ça pique. Elle cartographie les concepts surréalistes des islamistes, leurs idiots utiles, des collabos et des essentialistes, elle met en avant le tragicomique des islamologues de comptoir qui fleurissent sous les projecteurs des chaînes d’information. L’auteur expose également le racisme bienveillant de ceux qui, à coup de « C’est pas l’Islam », nous dessinent en creux l’archétype du bon, du vrai Musulman de France : un épicier moustachu, courageux, travailleur et toujours souriant. Zineb nous le répète, les producteurs d’amalgames, ce sont eux ! Ceux qui après chaque attentat nous parlent de la place des Musulmans en France plutôt que de combattre l’idéologie qui les massacre par centaines de milliers.

Et puis la chanson de l’islamophobie française, celle qui fait rire tous les intellectuels du monde arabe. Une manœuvre qui habille d’antiracisme l’émergence d’un délit de blasphème spécifique à l’Islam. Ne pas admettre cette escroquerie pour ce qu’elle est, ce n’est plus du déni, c’est de la démence. Et si la raison n’est plus l’affaire de l’intelligence mais de la puissance de l’audience, il nous reste encore la possibilité d’en offrir une à la résistance.

Ahmed Meguini

Non Marouane Mohamed n’est pas le “porte-voix des musulmans”.

Les deux plus grands meurtriers de masse de la fin du siècle dernier et de ce début de millénaire sont incontestablement la finance et l’islamisme, le premier s’en prend indistinctement à tous ceux qui ne sont pas milliardaires quand le second choisit prioritairement d’assassiner des Musulmans. Marwan Muhammad de son vrai nom Marouane Mohamed, à 38 ans, et sans aucun doute guidé par son « éthique » personnelle, aura été à la fois trader et islamiste. Des qualités rares qui offrent à celui qui a récemment été épinglé par le Canard Enchainé pour ses liens avec quelques-uns des imams les plus radicaux de l’hexagone, un portrait complaisant les colonnes du journal Le Monde.

Au sujet de sa participation au « Camp d’été décolonial » la journaliste préfèrera citer celui que le journal Le Monde a choisi modestement d’introniser « Porte-voix combatif des Musulmans » et d’évoquer ce camp interdit aux Blancs par un : « Réservé au personne victime du racisme d’État en contexte français ». Cécile Chambraud aura également courageusement évoqué des « synergies » entre Marouane et l’association Barakacity en omettant préciser que cette dernière est une association islamiste dans le viseur des renseignements pour notamment des mouvements financiers faramineux, qui ont provoqué un signalement TRACFIN.

L’article relève tout de même les statistiques bidon du statisticien de métier au sujet de prétendus actes islamophobes. Et le clou de ce triste spectacle d’une presse en déliquescence morale et intellectuelle intervient quand Marouane se compare à Malcom X, un militant de la cause noire, ouvertement raciste contre les Blancs, sans que ça n’interroge sa portraitiste.

Cécile Chambraud aura réussi l’exploit de faire un portrait de Marouane Mohamed en le comparant à Tariq Ramadan sans faire une seule fois référence à la confrérie islamiste des Frères Musulmans, confrérie qui compte les deux hommes parmi ses membres.

Le danger n’est plus seulement pour notre laïcité mais c’est bien tout un modèle de société qui s’est construit dans le temps et dans le sang pour parvenir à un équilibre qui est aujourd’hui menacé. Un équilibre mis en péril par quelques influenceurs des réseaux sociaux appuyés par quelques grands quotidiens de la presse nationale et certains journalistes qui ont décidé de prendre une part active dans la balkanisation de notre République.

LaïcArt luttera sans relâche contre ces paroles racistes, sexistes et homophobes, contre ces ennemis déclarés de la République. Nous n’admettrons jamais que quelques personnes utilisent la caution de « porte parole des Musulmans » pour répandre la haine. Nous avons vécu en paix avec les Musulmans avant que ces semeurs de division ne décident d’empoisonner notre pays. Nous avons déjà réussi à faire annuler plusieurs meetings de la haine à travers le pays. Nous avons entre autres collé des affiches pour prévenir les Havrais d’un meeting islamiste, mené des campagnes de mailing et de courriers recommandés auprès de collectivités locales, comme récemment à Nice à l’occasion de la venue de Hani Ramadan.

Nous continuerons très prochainement à faire barrage à un cycle de formation à la lutte islamiste, organisé par une autre organisation de Marouane Mohamed : « Foul Express ». Une association fondée par et pour Marouane Mohamed qui est le théoricien et le maitre d’œuvre de cette victimisation indécente qui accuse les victimes d’attentats d’actes islamophobes, avec pour seul objectif de dresser les français les uns contre les autres.

La prochaine action d’information et de correction d’identité aura lieu pour une Formation de Marouane à Clermont-Ferrand très prochainement puis à Lyon. Partout nos activistes se mobilisent pour combattre cette idéologie totalitaire qui a pris notre pays pour cible.

Ahmed Meguini

Lettre d’un ami

J’ai reçu ce courrier qui m’a profondément bouleversé, avec l’autorisation de l’auteur j’ai voulu vous le partager. Depuis que j’ai décidé de m’exposer dans ce combat contre l’obscurantisme et pour la laïcité, ces témoignages d’amitiés, ces partages d’expériences, ces rencontres de destin à destin sont devenus la source de ma volonté.

Bonjour Ahmed.

Je suis fier de faire partie de tes “amis” FB.

J’espère te rencontrer un de ces jours de visu, mais j’ai l’impression de te connaître. De t’avoir toujours connu, apprécié et aimé comme un ami, comme un frère en humanité.

Ça c’est dit…

Laisse-moi si tu le veux bien te raconter mon histoire.

Je suis métisse, Karim Dubois est mon vrai nom et non pas un pseudo comme beaucoup le pensent … (à croire que le métissage n’est encore vraiment dans les mœurs …)
Ma grand-mère maternelle a fuit l’Algérie (la Kabylie pour être précis) avec ma mère (plus jeune qu’elle de 14 ans) sous le bras suite à un mariage forcé. Pour fuir l’islamisme qui arrivait à grand pas avec les “professeurs” égyptiens, pour fuir les oncles qui commençaient à tabasser ce qui ne rentrait pas dans le Moule.
Son époux alors l’avait suivi, elle avait eu de la chance dans son malheur l’homme qui lui avait été choisi s’est avéré être un homme bon. Mais fragile. Accident de la circulation.
Elle s’est alors retrouvée veuve avec deux enfants. Ma mère et son petit frère.
Aides de la Cimade, foyers, citées d’urgence, la galère …
Mais elle a fait le pari de la France. Elle a interdit à ses enfants de parler arabe. Les a poussé autant que faire se peut vers son nouveau pays. L’Algérie n’a dès lors plus été “le pays” comme tu le dis si bien dans ta “règle du jeu”.
Elle a néanmoins aussi été résistante car avait une conscience politique, a passé des armes dans le métro parisien destinées à la résistance du FFS.
Ma mère se souvient de réunions clandestines avec Aït Ahmed …
Elle vis aujourd’hui une retraite paisible avec ses deux chats en Province.

Ma mère s’est donc “naturellement” assimilée en tant que française, et a pris exclusivement comme siennes ses valeurs. Liberté, Égalité, Fraternité, Laïcité.
Et l’athéisme (aujourd’hui au crépuscule de leur vie elle dit agnosticisme) de surcroît …

Mai 68, les “communautés” baba-cool, Pink-Floyd, et la rencontre avec mon père.

Feu mon grand-père paternel paysan tourangeaux quant à lui est un rescapé des camps. Il a combattu les nazis et s’est fait prendre sur le front. Il a été sauvé à quelques jours près par l’armée rouge.
Ce qui l’a laissé redevable et donc communiste (pour simplifier)
Pas bouffeur de curé quand même car dans le village la vie (et la mort) est rythmée par les rassemblements à l’église mais quand même un peu …
Ma grand-mère elle était croyante mais pas bigotte.

Mon père est donc né les pieds dans la bouse, est monté à Paris avec son Certif, a commencé aux fonderies Citroën, a terminé sa carrière cadre sup’ dans une multinationale d’assurances. Une success story d’un self-made man comme on n’en fait plus.

Durant sa jeunesse il a été Trotskiste, a cotoyé bon nombre des pseudonymes connus encore à ce jour (Lambert, etc.)
Mai 68 sur les barricades, pas avec les étudiants mais avec les travailleurs immigrés des fonderies.

Rencontre avec ma mère. Un beau mariage laïc (7 confessions), une fille et un fils.

On a été élevés ma grande-sœur, et moi donc dans le triptyque républicain, le respect, et la culture.

On a hérité ma sœur et moi des vieux Hara-Kiri, des vieux Charlie, et des vieux albums de Reiser, Wolinski, Cabu, de notre papa.
Quel bonheur ! Quelle fraîcheur ! Quelle Liberté !

Alors on a repris le flambeau. Chacun dans son style.
Ma grande-sœur est devenu Capitaine de Police, alors qu’on était “allergiques” aux uniformes ! C’est l’une de nos plus grandes fiertés que lorsqu’elle a défilé sur les Champs le 14 Juillet.

Quant à moi je suis passé par de nombreuses cases, révolutionnaire (leader des manifs anti Juppé), artiste (15 années de piano au conservatoire), décadent (après le conservatoire, de nombreuses expériences de musiques actuelles avec comme leitmotiv : sex, drug & Rocknroll), repenti (suite à 24 heures en GAV), ascète (après mon départ à Paris pour bosser durant 5 ans de nuit dans la restauration dans le triangle d’Or Parisien), puis épanoui désormais avec ma fille pour seul phare.

Tout pourrait aller pour le mieux sauf qu’en Janvier 2015, ils ont décimé Charlie.

Je me souviendrai de ce jour comme du 11 Septembre. Tout, l’heure, ou je me trouvais, le costume que je portais, mon poids sur le fauteuil, la couleur du ciel, l’odeur de l’air, la nausée qui m’avait alors envahi.
Ils avaient tué Cabu, l’homme le plus gentil de la Terre, mon enfance, Récré A2.
Ils avaient tué Wolinski, un véritable génie; un grand-père.
Ils avaient tué Charb ! LE Charb ! Notre Charb …
Ils avaient tué Oncle B. L’un de mes “frères”.
Et tous les autres …

Et depuis cela ne s’arrange guère …

L’incompétence des politiques mise à nue, leur opportunisme et leur degueulasserie pour certains. La peste brune qui monte.
Des plus en plus de voiles, de barbes, comme autant de violences visuelles qui me giflent à chaque fois, comme une message subliminal “je vaux mieux que toi mécréant”, alors que mes ancêtres se sont battues pour l’enlever.

Mon épouse, d’origine noire Africaine mais dont les parents se sont moins intégrés … pas du tout la même histoire.
Me suis rendu compte en définitive qu’elle n’était pas du tout Charlie, son frère désormais complotiste assumé et fan de Dieudo. Sa mère qui désormais se recouvre la tête …
Ils avaient bien caché leur jeu en fait. Aujourd’hui les masques sont tombés et ils ont choisi leur camp. On va se séparer.
J’essaierai de sauver ma fille de ce cauchemar… par l’éducation, par la culture.

Alors je leur en veut à mort à tous ces fous de Dieu. Ils cherchent à détruire mon pays, ils ont tué mes héros, mon mariage peut-être le futur de mon enfant.

Et toi tu es là. Un bouffée de fraîcheur dans ce monde. Du courage à la pelle et une vision acerbe et forte.
Continue, ne lâche rien, fait gaffe aux cons.

Et encore merci. On a besoin de ton combat.

Karim

Les mesures à prendre et les signaux à envoyer d’urgence

La classe politique est indiscutablement devenue le groupe le plus détesté juste après les terroristes. Comment demander à ceux qui nous inquiètent de nous protéger ? L’attentat de Nice a révélé de la façon la plus cruelle et la plus angoissante qui soit, la vacuité, l’impuissance, pire, une forme de dangerosité des responsables politiques du moment, toutes obédiences confondues. Leur panique aurait été risible si elle n’était pas mortelle. Je ne rentrerai pas plus dans le détail de cette critique qui ne produira rien pour me concentrer sur les mesures à prendre et les signaux à envoyer d’urgence. Sur les réseaux sociaux l’avant-garde progressiste, laïque et républicaine est unanime et dit en substance : La fête du slip c’est fini.

Ceux de nos concitoyens qui ne partagent aucune de nos valeurs républicaines, laïques et démocratiques de liberté, d’égalité et de fraternité n’ont que deux options. S’ils ont une autre nationalité à présenter, ils quittent définitivement notre territoire. Quant à ceux qui n’ont pas d’autres nationalité à présenter nous avons le devoir de faire en sorte qu’ils le regrettent. Les mosquées Salafistes et Wahhabites doivent être considérées comme les permanences d’un parti fasciste, armé, dangereux et traité en conséquence.

Nous devons le plus rapidement possible mettre en place le programme Apollo de l’environnement avec pour mission sortir du pétrole en 10 ans. Nos meilleurs spécialistes, chercheurs, écologistes et industriel dotés d’un budget illimité seront chargés de nous démontrer le génie français. Les pays voisins qui souhaitent s’associer à la plus grande aventure européenne depuis la révolution industrielle seront les bienvenus. Nous avons conquis l’espace, nous allons maintenant conquérir notre destin. Sortir du pétrole à court terme est un enjeu vital qui conditionne toutes les autres mesures.

Pour les générations à venir, nous instaurerons un service civique obligatoire d’un an dès 18 ans. Pas une connerie pour fournir du personnel gratuit aux associations, non un vrai service, on vit ensemble, on mange ensemble, on dort ensemble et le plus loin possible de la maison familiale. Ces conscrits apprendront les techniques de premiers secours, des différents sauvetages comme les inondations ou les tremblement de terre, la logistique humanitaire ou encore la gestion de projet. Le plus important : ils mangeront, dormiront et rêveront : République.

L’école doit reprendre de toute urgence sa mission propagandiste de la République, il n’est plus question d’éducation mais d’instruction, on fabrique prioritairement des citoyens et secondairement de la main d’œuvre qualifiée. Nous préférerons toujours côtoyer un chômeur républicain à un ingénieur d’Al-Qaïda.

Sortir de la question du chômage, comme le dit l’adage : « Il n’y a pas de problème que l’absence de solutions ne puisse résoudre. » L’homme a maitrisé le feu, l’eau, l’agriculture par curiosité et instinct de préservation, sans que ses efforts n’aient été conditionnés à un revenu et à un niveau de vie. Libérons-nous de la peur, sécurisons ce qui est possible et offrons-nous un revenu universel.

Ces quelques mesures sélectionnées parmi tant d’autres pour répondre à l’urgence sont déjà un profond bouleversement de la société française mais chacun comprend que si nous ne sommes pas les auteurs du changement, nous en serons les victimes.

Alors maintenant, comment faire pour porter ces mesures ? Faut-il faire pression ou doit-on s’organiser pour prendre le pouvoir ?

Ahmed Meguini

Rassemblement Républicain du 18 juin

Sous les tonnelles que nous avions installées Place du Châtelet, une vingtaine de personnes s’était rassemblée pour célébrer, en cette date anniversaire du 18 juin, l’esprit de résistance, de combat et du refus de la capitulation. Vingt personnes, ça peut paraître peu mais avec ces vingt personnes là, on peut tout. Une journaliste me demande si c’est un début, si nous espérons rassembler davantage de citoyens aux prochains évènements, la réponse est oui bien entendu même si nous serons toujours une minorité agissante, par nature, ceux qui agissent sont minoritaires, c’est ainsi. Quelques prises de parole énergiques compensaient largement la fin de vie des piles du mégaphone. Ainsi Nadia Remadna a rappelé l’importance de la laïcité dans le combat des femmes et plus précisément en banlieue. Puis Roland Castro d’insister sur le péril obscurantiste, sur la République et la laïcité, en danger comme rarement dans son histoire. J’ai pour ma part insisté sur l’esprit de combat qui doit nous animer, aussi vrai que nous sommes minoritaires dans l’action, nous sommes majoritaires dans l’opinion et nous triompherons. Nous avons ensuite passé quelques heures à échanger nos points de vue autour d’un buffet, un espace de convivialité et de fraternisation, creuset des résistances et des révolutions.

Donnez pour les orphelins de la police

Je me suis rendu dans les locaux de l’œuvre des orphelins de la préfecture de police pour voir si je pouvais les aider à installer une solution de paiement en ligne. Pour des raisons administratives ça n’a pas été possible. Je voulais agir, par instinct, pour éviter le piège de la haine. C’est dans ces locaux qu’une policière m’a parlé d’un précédent ou une personne avait créé une cagnotte Leetchi à destination des orphelins de la police. Créer cette cagnotte ce n’est pas seulement pour donner de l’argent, c’est aussi un moyen de manifester collectivement et de façon visible notre solidarité et la reconnaissance d’un peuple pour le sacrifice de sa police. Nous sommes la France, nous formons la communauté nationale et nous n’abandonnerons jamais personne. Ce petit garçon a perdu ses parents et on ne pourra jamais changer ça. Ce petit garçon est notre fils à tous à présent, des millions de parrains et de marraines pour lui et pour tous les autres orphelins, donnons de l’amour pour résister à la haine

Participer à la cagnotte en ligne

Ahmed Meguini

Bienvenue à LaïcArt

Ces dernières semaines le réseau LaïcArt a franchi une nouvelle étape de son développement : outre la création de l’association, l’ouverture d’une boite postale et d’un compte bancaire nous entamons une campagne d’adhésion avec un démarrage plutôt satisfaisant, vous êtes 50 à avoir franchi le pas la première semaine quand le site compte, lui, 440 abonnés. Lors de la dernière réunion, Waleed Al-Husseini a intégré le bureau de LaïcArt, il sera en charge du développement international avec Haythem Abdelmoula. Le bureau n’est pas encore entièrement composé, je privilégie pour ce premier mandat la constitution d’une équipe capable de travailler rapidement et efficacement à la construction du réseau. Vous avez rejoint une organisation qui a pour mission de défendre la laïcité là où elle existe et de la propager partout ailleurs. LaïcArt existe depuis 6 mois, un travail considérable a été fait pour dégager certains modes d’action, nous avons jusqu’à présent avancé en tâtonnant, en travaillant par exemple à l’organisation du pique-nique républicain à Sevran, en rédigeant des articles sur la laïcité, en nous rendant à des conférences, en créant des vidéos, en rencontrant tous ceux qui se battent contre l’obscurantisme comme Malek Bouthi ou Céline Pina hier, deux personnes avec qui nous serons amenés à travailler régulièrement. Depuis le début de cette aventure, nous assumons de penser en marchant, d’avancer en attendant de savoir où l’on va : risquer l’action, risquer l’erreur plutôt que de ne rien faire. En 6 mois LaïcArt s’est imposé comme un acteur incontournable de la laïcité de combat et tout indique que les 6 prochains mois seront tout aussi bons. Nous avons tous des rôles à jouer dans la construction de ce réseau, la priorité est de faire connaître LaïcArt et de faire adhérer, chacun d’entre vous doit se fixer pour objectif de faire adhérer au moins une personne par semaine. Je vous enverrais bientôt un courrier pour vous demander vos comptes FB et Twitter, l’objectif étant de créer une force de réaction rapide et de contre-propagande sur les réseaux sociaux. Un premier groupe s’est créé, il rassemble les adhérents parisiens qui se sont déjà rencontrés lors d’une réunion. N’hésitez pas à créer vos groupes affinitaires. Si vous avez un projet qui est sur la ligne défense de la laïcité et des valeurs universalistes, que vous avez réuni suffisamment de personnes et de moyens alors LaïcArt mettra également tous ses moyens à votre disposition pour faire aboutir le projet. Sentez-vous libres d’apporter vos projets, réalisez-les à 50% nous apporterons les 50% restants. Les prochaines dates sont :

Lundi 13 : Réunion à Paris
Samedi 18 : Rassemblement Républicain Paris
Mardi 21 : Rencontre avec Mme la Ministre Laurence Rossignol
Lundi 27 : Dîner-débat avec Renée Frégosi, Céline Pina et Roland Castro
(Sur inscription uniquement)

« permis d’être racistes »

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Initialement publié dans le FigaroVox

« L’ordre moral nauséabond », c’est quand dans cette fausse bienveillance, on réduit un rappeur français qui jouit de tous ses privilèges de citoyen à sa couleur de peau et à sa religion de naissance et faire un procès en racisme à l’ensemble des Français. « L’ordre moral nauséabond », c’est quand on nous divise en piétinant notre désir de faire peuple à nouveau autour d’un de nos plus sanglants symboles.

Quand on croit détenir une autorité morale capable de fléchir le réel et de distribuer des « permis d’être racistes » en fonction de sa couleur de peau ou de sa religion, quand on fait passer pour art l’empilement de propos haineux sur une musique qui usurpe cette qualité, ou faire croire que la jeunesse est incapable de se recueillir dans la dignité sans faire l’économie d’un divertissement, tenir le patriotisme en laisse courte et confisquer notre drapeaux au gré des aléas de la politique politicienne et servir quelques ambitions personnelles, voilà « l’ordre moral nauséabond ».

Ont-ils oublié ? Ou font-ils semblant de croire que les 4 millions du 11 janvier n’étaient qu’une séquence politique ? Ne voient-ils pas que tous leurs efforts de ces trente dernières années à morceler un peuple ont été réduits en une après-midi. Oui « l’ordre moral nauséabond », c’est cette farce politico-médiatique qui présume de son pouvoir en s’imaginant encore faiseuse d’opinion.

Depuis janvier 2015, une majorité de Français est engagée dans un processus de transfiguration, nous étions des populations, nous voilà redevenir un peuple et les chroniqueurs et les organisateurs du temps qui passe s’accrochent à leur pinceau quand la révolution numérique citoyenne leur ôte l’échelle. Cette crise n’est pas l’affaire d’un rappeur mais un Verdun politique qui éclabousse les tacticiens et les faiseurs de buzz. Nous savions que rien ne serait plus comme avant, en voilà la démonstration.

Ahmed Meguini

Erratum : “la liste des pensionnés de guerre n’est pas une liste complète”

Contrairement à ce que j’ai écrit la liste des pensionnés de guerre n’est pas une liste complète des combattants de la seconde guerre mondiale. Et contrairement à ce qui à été écrit dans libération, cette article n’a jamais conclut que le Grand-Père de Black M n’avait pas participé à cette guerre mais que la presse n’avait fait aucune vérification, ce qui semble aujourd’hui être démontré. Merci au journal Le Monde qui a eu la délicatesse d’apporter cette correction en faisant l’économie d’un jugement de valeur en ne me classant pas dans la “FachoSphère” comme l’ont fait leurs confrères de Libération, un journal qui dans un autre temps m’avait consacré une 4ème de couverture pour mon engagement anti raciste.

Suite à l’annulation de son concert à Verdun, Black M avait communiqué sur sa page Facebook : “Une terre pour laquelle mon grand-père Alpha Mamoudou Diallo, d’origine guinéenne, a combattu lors de la guerre 39-45 au sein des Tirailleurs Sénégalais” avant de dénoncer “une polémique incompréhensible et inquiétante”.

Contacté par téléphone Pascal Guy est formel : historien et spécialiste du Ier Empire, qui a en sa qualité de chercheur a une carte d’accès aux archives militaires de Vincennes : « Il n’y a pas d’Alpha Mamoudou Diallo guinéen incorporé dans les troupes coloniales ».

Le chercheur ajoute qu’après avoir fait des recherches minutieuses avec toutes les orthographes possibles, et en supprimant le prénom « Alpha Mamoudou », seuls deux Guinéens (qui donc n’ont pas “Alpha” dans leur prénom) figurent dans les archives militaire l’un est trop agé née 1888, quand l’autre né en 1905 à été démobilisé en 1941 et n’a donc pas participé à la libération de la France.

Le chercheur explique que ces archives sont publiques et qu’il est possible pour chacun de faire la recherche soi-même.

Les médias auraient-ils pris le post Facebook de Black M pour argent comptant sans la moindre vérification ? Partout, dans presque tous les médias, des journalistes annonçaient sans aucune précaution la qualité d’ancien combattant du grand-père de Black M comme argument pour démontrer l’injustice qui était faite au rappeur.

Voici un lien vers un pdf de la liste complète des combattants des Troupes coloniales et indigènes (1850-1950) du Service historique de la Défense :

http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/sites/default/files/SHDGR_REP_13YF.pdf

Ahmed Meguini

Agenda LaïcArt : De Gaulle, Laurence Rossignol, Bruxelles

Le 22 mai : une délégation de 7 membres de LaïcArt se rendra à Bruxelles pour assister à la première conférence de l’ONG ADHOC, une organisation qui rassemble des intellectuels et des artistes du monde arabe luttant en faveur de la laïcité et du progrès.

Le 7 juin : le responsable national du réseau LaïcArt sera reçu par Madame la ministre Laurence Rossignol, Ministre des familles, de l’enfance et des droits femmes. Nous présenterons nos travaux et projets, notamment sur la question des droits des femmes et de la laïcité.

Le 18 juin : nous invitons les Franciliens à 14h pour un rassemblement fraternel place Clémenceau au pied de la statue du Général de Gaulle pour commémorer l’appel à la résistance du Général. Le programme de cette après-midi sera communiqué dans quelques jours.

Des contacts sont également pris avec quelques parlementaires pour des entrevues qui devraient avoir lieu avant les vacances parlementaires.

18 juin 2016 : Rassemblement Républicain

Le réseau LaïcArt organise un rassemblement républicain le 18 juin 2016, place Clémenceau au pied de la statue du Général de Gaulle. Nous invitons tous les républicains à venir célébrer l’esprit de résistance, le sens de l’honneur et de la Patrie qui ont animé un général de brigade qui refusa la capitulation pour ouvrir un territoire qui n’existait que dans les cœurs de ceux qui ont entendu son appel : La France Libre, républicaine généreuse et éternelle. Quelle que soit votre sensibilité politique, si la République Française est votre patrie, vous ne rencontrerez que des soeurs et des frères.