Oklahoma : La Charia en plein cœur des États-Unis

Cette fois elle n’est pas d’inspiration coranique mais biblique, au cœur des États-Unis d’Amérique. L’Oklahoma n’a plus grand chose à envier à l’Arabie Saoudite même l’État Islamique ne pourrait qu’applaudir la dernière loi du parlement de cet état du centre-sud qui compte 3 600 000 habitants. Il était déjà le plus répressif en matière de lois anti-avortement, le plus meurtrier aussi avec le taux d’exécutions le plus élevé du pays devant le Texas (2,35 exécutions pour 100 000 habitants), son parlement veut maintenant d’interdire le mariage civil. Continuer la lecture de « Oklahoma : La Charia en plein cœur des États-Unis »

Sam Simon des Simpsons défenseur de l’athéisme

Sam Simon, co-auteur des Simpsons décédé dimanche dernier d’un cancer du colon était également connu pour dépenser des dizaines de millions de dollars dans des campagnes d’affichage pour l’organisation « American Atheist ». Aux Etats-Unis, les religions lancent régulièrement de grandes campagnes publicitaires plutôt agressives. C’est en réponse à ces campagnes que le co-auteur des Simpsons à financer en fonds propres cette contre-propagande avec le message suivant : « Vous savez que c’est un mythe, cette année célébrez la raison ».

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La veuve du blogueur athée assassiné reprend le combat pour la laïcité de son mari.

Dans une interview accordée à la BBC, Mme Rafida Bonya Ahmed déclare qu’elle continuera à défendre la laïcité. Présente lors de l’attaque, elle a été grièvement blessée par plusieurs coups de couteau à la tête et aux mains. Avant d’être assassiné, son mari, Avijit Roy, avait fait l’objet de plusieurs menaces sur Facebook après avoir défendu son athéisme sur ce même réseau social en ces termes : « Concept rationnel de s’opposer à toute croyance non scientifique et irrationnelle ».

Mme Ahmed explique que son mari était un intellectuel accompli et un grand défenseur de la laïcité. Le couple originaire du Bangladesh vivait aux États-Unis et s’était rendu à Dhaka pour un salon du livre. C’est à la sortie de l’université de Dhaka que le couple est pris dans une embuscade tendue par plusieurs individus armés.

AM

Photo profil FB de Mme Ahmed

Source BBC News Asia

Un athée est un blasphème

En moins d’un mois un blogueur Athée a été assassiné au Bangladesh, un étudiant égyptien athée condamné à trois ans de prison pour « atteinte aux valeurs religieuses », en Turquie, pays qui se revendique pourtant laïque, le site d’une organisation qui vient en aide aux Athées persécutés a été fermé par décision de justice pour « insulte aux valeurs religieuses ». Nous aurions tort de croire que ce sort est réservé au pays musulmans.

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Engagez-vous, combattez l’obscurantisme.

Nous ne sommes pas responsables individuellement de ce désastre, nous venons tous juste de devenir des adultes, pour certains des parents, pour d’autres il y a déjà une vie à protéger, une famille, ou simplement à essayer de vivre. Nous avons toutes les raisons d’être révoltés contre l’injustice qui nous est faite. Cet arbitraire de l’histoire qui engage subitement une génération au combat, pris par le destin du monde, notre choix se réduit à l’inaction et la lâcheté d’une part, et à l’engagement et l’héroïsme de l’autre. Nous serons tour à tour les deux, parce qu’ainsi va la guerre, parce qu’elle est faite par des hommes, éternels joueurs, capables de faire surgir des ténèbres que nous avons nous-mêmes créées, la lumière éclatante de la justice, de la vérité, de l’amour et de la liberté.

Passé le temps de la révolte, nous avons à admettre qu’elle ne résout rien, nous admettrons également que seul notre engagement déterminé pourra faire revivre les idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité. Le code source du peuple français, un peuple de citoyen, un peuple de seigneur, de souverain, frères et sœurs sans distinction de religion ou d’ethnie. Une nation où les écoles, les mairies, les palais de justices sont autant de monuments à la gloire de chacun de nous. Jamais des êtres humains ne s’étaient à ce point honorés et célébrés et c’est ici en France, qu’il a été décrété pour l’ensemble du monde que « les hommes naissent libres et égaux en droit », voilà l’ambition dont nous avons hérité. Voilà le choix simple et cruel qui s’impose à nous : faire vivre ses valeurs contre vents et marées, ou mourir noyés dans l’inaction, la paresse et la consommation en entraînant le monde avec nous.

Certains d’entre nous trouverons des réponses simples à un problème infiniment complexe. Les uns accuseront la finance, d’autres les étrangers, chacun de ceux-là se trouvera son bouc-émissaire, le groupe à haïr pour continuer à vivre sans agir. Mon message s’adresse aux autres, à vous qui êtes prêts à faire le choix de l’action et qui avez soif de victoire. Nous nous battrons pour un monde meilleur, pour nous, ici et maintenant. Au regard de ce que nous avons abandonné, exigeons tout de nous et tout de suite, c’est bien le minimum.

Nous avons à combattre des idées et à en faire triompher d’autres. Il y a d’abord cette idée folle et sidérante de nos ennemis déclarés qui nous combattent en nous tuant, parce que nous sommes Juifs, parce que nous sommes libres, parce que nous sommes Français. Ils s’attaquent à la culture, à la connaissance, à l’intelligence et aux femmes. Ils s’attaquent frontalement à tout ce qui fait de nous des humains. Leur chance de victoire est aussi nulle que leur détermination est violente. Il y a d’autres ennemis, moins mortels pour nous mais tout aussi dangereux pour la France. Ils vivent avec nous mais ne partagent pas nos principes. Plutôt que de changer le monde et le guider vers plus de justice, ils préfèrent changer la France en l’engageant à renoncer à son projet, à son ADN, la République. Ils ne veulent pas être des frères, ils ne veulent pas être nos concitoyens. Ils nous rêvent communautarisés et cohabitants. Comprennent-ils à quel point ce grand pays est aussi très fragile quand on s’attaque à ses fondations ? Quelles sont les finalités de leur projet ? Nous le découvrions en les combattant.

Nous allons combattre et vaincre des forces gigantesques avec audace et créativité. Nous ne nous contenterons pas de résister, nous mènerons des offensives et des contre-offensives, nous nous déploierons et nous redéploierons, sans cesse en mouvement nous serons insaisissables, nous brillerons la nuit et nous nous cacherons en plein jour. C’est dans ces mouvements que nous ferons naître une nouvelle réalité qui attirera à elle des forces toujours plus importantes, toujours plus créatrices. Ils veulent que nous ayons peur, nous ferons la fête. Ils veulent nous diviser, nous seront unis. Ils veulent que nous changions notre façon de voir le monde, nous affirmerons qui nous sommes.

Depuis le lancement du projet #LaïcArt, une plateforme laboratoire d’initiative citoyenne, culturelle et militante pour sortir de l’obscurité. Un lieu de mise en réseau de compétences, de collecte d’informations et de diffusions d’idées. Quelques personnes se sont déjà mises en relation pour commencer à agir. Des discussions ont lieu, des contacts s’échangent, des rendez-vous sont pris. Ce mouvement doit grandir ou disparaître, c’est la seule vérité d’un mouvement.

Je vous appelle, je vous demande de rejoindre cette armée sans autre arme que vos idées, votre créativité, votre intelligence et vos compétences. Une armée sans autre chef que votre engagement et votre détermination. #LaïcArt n’est pas une organisation, c’est un réseau horizontal. Un lieu de débat permanent mené dans l’action. #LaïcArt doit devenir le lieu de ceux qui osent, qui prennent le risque de se tromper, le risque d’être ridicules, parce que nous admettons qu’il y a un risque plus grand et plus mortel : le risque de ne rien faire.

Si vous souhaitez répondre à cet appel, abonnez vous à #LaïcArt, rejoignez les comptes Twitter et Facebook de #LaïcArt, écrivez-moi via le formulaire de contact, partagez cet appel le plus largement possible, engagez-vous, faites vivre l’esprit du 11 janvier.

Ahmed Meguini

 

Charlie: Les premiers nous tuent, les seconds pissent sur nos tombes

Comment en vouloir à ceux qui, pris par la terreur, se sont mis à ramper devant leur nouveau maître ? Une terreur qui m’envahit également et contre laquelle je tente péniblement de lutter. Tout comme les prêcheurs et prédicateurs de la bonne parole trotsko-journalistique, je suis convaincu que le seul moyen de combattre cette peur est de comprendre. Mais comprendre quoi ou qui ? Nos bourreaux de janvier, l’Islam, la laïcité, la République, le djihad, les banlieues, tous ça à la fois ? Fallait-il comprendre les Nazis pour les combattre ? Un monde bien étrange où l’on peut imaginer qu’aujourd’hui, Adolphe Hitler en personne, irait s’assoir dans le fauteuil d’un grand talk show du soir ; là, des chroniqueurs acerbes et pointus s’en prendraient sans complaisance au style littéraire de l’Autrichien tandis que l’animateur présenterait Mein Kampf à la caméra, ajoutant ces quelques mot pour l’histoire : « En tous cas si vous voulez comprendre, achetez-le ». Le temps du passage d’Adolphe à Paris, un journaliste-réalisateur, (qui a ses entrées) souriant, connivant, mettant toute sa bonhomie mielleuse au service de la vérité, le suivrait partout, caméra à la main, pour nous donner à voir l’homme secret dans son intimité, pour mieux comprendre. Un patron de presse en ligne organiserait des tables rondes diffusées en streaming payant sur son site internet. Interrogé sur cette invitation qui fait polémique, le journaliste répondrait alors : « J’ai des désaccords politique avec M. Hitler et je le lui ai dit ». Pour finir, il citerait Spinoza : « Ni rire, ni pleurer, mais comprendre ». Peut-être même qu’il y aurait des voyages à gagner selon sa religion, à la Mecque, au Vatican, ou…

Ce qu’il faut comprendre, c’est la peur elle-même et ce qu’elle nous fait faire de plus absurde. Il est naturel d’avoir peur de l’inconnu, de ce nouveau réel dont nous ne savons rien et dont nous pressentons que ses contours se dessineront dans la violence.

La violence des armes bien sûr mais également, et dans une autre mesure, la violence des capitulards, qui, au premier coup de fusil cédèrent tout à l’ennemi, l’encombrant même de ce qu’il n’avait pas demandé.

La violence de ceux qui parlent de responsabilité pour maquiller leur lâcheté, qui essaient de mettre du sens là où il n’y en a pas et où il n’y en aura jamais, qui transforment la victime en coupable, croyant comme on croit en Dieu, se préserver ainsi de la violence, que l’on sait pourtant aveugle, par nature.

Plus féroce encore, une violence, qui, si je considère l’effroi et la colère qu’elle suscite en moi, rivalise avec le terrorisme, la cruauté faite de foi, elle aussi aveugle, elle aussi par nature, de quelques-uns de mes concitoyens qui ont cru voir dans cette barbarie, une opportunité. Ils assument donc s’être trouvé des alliés de circonstance en saisissant l’occasion de rouvrir le débat sur un délit de blasphème qu’ils appellent de leurs vœux.

Les assassins ne se sont pas seulement attaqués à liberté d’expression, aux Juifs et à la police symbole de l’Etat. Ils se sont aussi attaqués aux athées et aux laïcs, avec les « oui mais » et les « Je ne suis pas Charlie » approbateurs de ceux qui posent leur Livre Saint sur le Dalloz. Les premiers nous tuent, les seconds pissent sur nos tombes.

Qui sont-ils ? Demandons-nous plutôt qui ne sont-ils pas ? Ils ne sont pas la police (l’État), ils ne sont pas les athées et les laïcs (Charlie Hebdo), ils ne sont pas les Juifs de France (le Grand Sanhédrin).

Que reste-il ? Des intégristes islamistes défenseurs du port du voile par les femmes en toutes circonstances, mais aussi des fanatiques catholiques que l’on connaît tout aussi bien et depuis plus longtemps. On les retrouve dans les rangs des « Manifs pour tous », ils militent contre l’avortement, contre l’euthanasie et pour la peine de mort. Les deux ont autant de raison de se faire la guerre que de s’allier, au moins temporairement, sur quelques bases communes telles que la primauté des lois divines sur n’importe quelles autres, la lutte contre la laïcité, l’antisémitisme. Ils ne sont pas policiers, ils ne sont pas Juifs, ils ne sont pas Charlie – ils sont les soldats de leur Dieu.

Ahmed Meguini