L’heure est grave, nous devons élever le niveau

Les extrémistes religieux ont choisi d’hystériser le débat des élections présidentielles afin d’accentuer les clivages jusqu’au point de rupture. C’est un piège mortel dont il est très difficile de s’extraire. Les identitaires de tous bords ne reculent devant aucune caricature ni outrance dans l’espoir de susciter des réactions au moins aussi excessives, et qui leur profiteront toujours. Cette tactique est payante parce qu’elle conduit beaucoup de nos concitoyens à choisir un camp, qui n’est plus politique mais identitaire. De plus le vacarme produit par ces vociférations, neutralise l’intelligence et empoisonne le débat d’idées. Il n’y a qu’une seule façon de déjouer la manœuvre, être capable d’une grande discipline intellectuelle, avoir une méthode et dans la mesure du possible un plan. L’absence de visibilité règle à mon sens la question du plan. La discipline intellectuelle nous engagera à éviter les procès d’intention, les extrapolations hasardeuses et à étayer nos argumentaires sur la base des programmes et des déclarations des candidats et candidates à la présidence de la République. Nous allons créer une base de documentation sur notre sujet principal : la laïcité. Il faudra, et c’est peut-être le plus important, coordonner nos efforts sur les réseaux sociaux, surtout Twitter, il nous faudra également être irréprochables, implacables, intransigeants et surtout audibles. Jamais le projet de l’extrême-droite n’a été aussi proche du pouvoir, l’heure est grave, nous devons élever le niveau. Si nous ne pouvons pas pour l’instant renouveler le personnel politique, nous inventons l’exercice de la citoyenneté du 21ème siècle.[wpeppsub id=”13700″ align=”center”]

«Détruire le fascisme islamique»

Quelle règle non écrite impose à celles et ceux qui ont quittés leur religion, comme Zineb El Rhazaoui, ou bien qu’ils critiquent seulement ses dérives comme Mohamed Sifaoui, une émancipation sous haute protection policière ? Comme quelqu’un qui vit sous une épée de Damoclès la journaliste ne prend pas de détour, elle débute un chapitre par « Les collaborationnistes français », oui ça pique. Elle cartographie les concepts surréalistes des islamistes, leurs idiots utiles, des collabos et des essentialistes, elle met en avant le tragicomique des islamologues de comptoir qui fleurissent sous les projecteurs des chaînes d’information. L’auteur expose également le racisme bienveillant de ceux qui, à coup de « C’est pas l’Islam », nous dessinent en creux l’archétype du bon, du vrai Musulman de France : un épicier moustachu, courageux, travailleur et toujours souriant. Zineb nous le répète, les producteurs d’amalgames, ce sont eux ! Ceux qui après chaque attentat nous parlent de la place des Musulmans en France plutôt que de combattre l’idéologie qui les massacre par centaines de milliers.

Et puis la chanson de l’islamophobie française, celle qui fait rire tous les intellectuels du monde arabe. Une manœuvre qui habille d’antiracisme l’émergence d’un délit de blasphème spécifique à l’Islam. Ne pas admettre cette escroquerie pour ce qu’elle est, ce n’est plus du déni, c’est de la démence. Et si la raison n’est plus l’affaire de l’intelligence mais de la puissance de l’audience, il nous reste encore la possibilité d’en offrir une à la résistance.

Ahmed Meguini

Non Marouane Mohamed n’est pas le “porte-voix des musulmans”.

Les deux plus grands meurtriers de masse de la fin du siècle dernier et de ce début de millénaire sont incontestablement la finance et l’islamisme, le premier s’en prend indistinctement à tous ceux qui ne sont pas milliardaires quand le second choisit prioritairement d’assassiner des Musulmans. Marwan Muhammad de son vrai nom Marouane Mohamed, à 38 ans, et sans aucun doute guidé par son « éthique » personnelle, aura été à la fois trader et islamiste. Des qualités rares qui offrent à celui qui a récemment été épinglé par le Canard Enchainé pour ses liens avec quelques-uns des imams les plus radicaux de l’hexagone, un portrait complaisant les colonnes du journal Le Monde.

Au sujet de sa participation au « Camp d’été décolonial » la journaliste préfèrera citer celui que le journal Le Monde a choisi modestement d’introniser « Porte-voix combatif des Musulmans » et d’évoquer ce camp interdit aux Blancs par un : « Réservé au personne victime du racisme d’État en contexte français ». Cécile Chambraud aura également courageusement évoqué des « synergies » entre Marouane et l’association Barakacity en omettant préciser que cette dernière est une association islamiste dans le viseur des renseignements pour notamment des mouvements financiers faramineux, qui ont provoqué un signalement TRACFIN.

L’article relève tout de même les statistiques bidon du statisticien de métier au sujet de prétendus actes islamophobes. Et le clou de ce triste spectacle d’une presse en déliquescence morale et intellectuelle intervient quand Marouane se compare à Malcom X, un militant de la cause noire, ouvertement raciste contre les Blancs, sans que ça n’interroge sa portraitiste.

Cécile Chambraud aura réussi l’exploit de faire un portrait de Marouane Mohamed en le comparant à Tariq Ramadan sans faire une seule fois référence à la confrérie islamiste des Frères Musulmans, confrérie qui compte les deux hommes parmi ses membres.

Le danger n’est plus seulement pour notre laïcité mais c’est bien tout un modèle de société qui s’est construit dans le temps et dans le sang pour parvenir à un équilibre qui est aujourd’hui menacé. Un équilibre mis en péril par quelques influenceurs des réseaux sociaux appuyés par quelques grands quotidiens de la presse nationale et certains journalistes qui ont décidé de prendre une part active dans la balkanisation de notre République.

LaïcArt luttera sans relâche contre ces paroles racistes, sexistes et homophobes, contre ces ennemis déclarés de la République. Nous n’admettrons jamais que quelques personnes utilisent la caution de « porte parole des Musulmans » pour répandre la haine. Nous avons vécu en paix avec les Musulmans avant que ces semeurs de division ne décident d’empoisonner notre pays. Nous avons déjà réussi à faire annuler plusieurs meetings de la haine à travers le pays. Nous avons entre autres collé des affiches pour prévenir les Havrais d’un meeting islamiste, mené des campagnes de mailing et de courriers recommandés auprès de collectivités locales, comme récemment à Nice à l’occasion de la venue de Hani Ramadan.

Nous continuerons très prochainement à faire barrage à un cycle de formation à la lutte islamiste, organisé par une autre organisation de Marouane Mohamed : « Foul Express ». Une association fondée par et pour Marouane Mohamed qui est le théoricien et le maitre d’œuvre de cette victimisation indécente qui accuse les victimes d’attentats d’actes islamophobes, avec pour seul objectif de dresser les français les uns contre les autres.

La prochaine action d’information et de correction d’identité aura lieu pour une Formation de Marouane à Clermont-Ferrand très prochainement puis à Lyon. Partout nos activistes se mobilisent pour combattre cette idéologie totalitaire qui a pris notre pays pour cible.

Ahmed Meguini

Lettre d’un ami

J’ai reçu ce courrier qui m’a profondément bouleversé, avec l’autorisation de l’auteur j’ai voulu vous le partager. Depuis que j’ai décidé de m’exposer dans ce combat contre l’obscurantisme et pour la laïcité, ces témoignages d’amitiés, ces partages d’expériences, ces rencontres de destin à destin sont devenus la source de ma volonté.

Bonjour Ahmed.

Je suis fier de faire partie de tes “amis” FB.

J’espère te rencontrer un de ces jours de visu, mais j’ai l’impression de te connaître. De t’avoir toujours connu, apprécié et aimé comme un ami, comme un frère en humanité.

Ça c’est dit…

Laisse-moi si tu le veux bien te raconter mon histoire.

Je suis métisse, Karim Dubois est mon vrai nom et non pas un pseudo comme beaucoup le pensent … (à croire que le métissage n’est encore vraiment dans les mœurs …)
Ma grand-mère maternelle a fuit l’Algérie (la Kabylie pour être précis) avec ma mère (plus jeune qu’elle de 14 ans) sous le bras suite à un mariage forcé. Pour fuir l’islamisme qui arrivait à grand pas avec les “professeurs” égyptiens, pour fuir les oncles qui commençaient à tabasser ce qui ne rentrait pas dans le Moule.
Son époux alors l’avait suivi, elle avait eu de la chance dans son malheur l’homme qui lui avait été choisi s’est avéré être un homme bon. Mais fragile. Accident de la circulation.
Elle s’est alors retrouvée veuve avec deux enfants. Ma mère et son petit frère.
Aides de la Cimade, foyers, citées d’urgence, la galère …
Mais elle a fait le pari de la France. Elle a interdit à ses enfants de parler arabe. Les a poussé autant que faire se peut vers son nouveau pays. L’Algérie n’a dès lors plus été “le pays” comme tu le dis si bien dans ta “règle du jeu”.
Elle a néanmoins aussi été résistante car avait une conscience politique, a passé des armes dans le métro parisien destinées à la résistance du FFS.
Ma mère se souvient de réunions clandestines avec Aït Ahmed …
Elle vis aujourd’hui une retraite paisible avec ses deux chats en Province.

Ma mère s’est donc “naturellement” assimilée en tant que française, et a pris exclusivement comme siennes ses valeurs. Liberté, Égalité, Fraternité, Laïcité.
Et l’athéisme (aujourd’hui au crépuscule de leur vie elle dit agnosticisme) de surcroît …

Mai 68, les “communautés” baba-cool, Pink-Floyd, et la rencontre avec mon père.

Feu mon grand-père paternel paysan tourangeaux quant à lui est un rescapé des camps. Il a combattu les nazis et s’est fait prendre sur le front. Il a été sauvé à quelques jours près par l’armée rouge.
Ce qui l’a laissé redevable et donc communiste (pour simplifier)
Pas bouffeur de curé quand même car dans le village la vie (et la mort) est rythmée par les rassemblements à l’église mais quand même un peu …
Ma grand-mère elle était croyante mais pas bigotte.

Mon père est donc né les pieds dans la bouse, est monté à Paris avec son Certif, a commencé aux fonderies Citroën, a terminé sa carrière cadre sup’ dans une multinationale d’assurances. Une success story d’un self-made man comme on n’en fait plus.

Durant sa jeunesse il a été Trotskiste, a cotoyé bon nombre des pseudonymes connus encore à ce jour (Lambert, etc.)
Mai 68 sur les barricades, pas avec les étudiants mais avec les travailleurs immigrés des fonderies.

Rencontre avec ma mère. Un beau mariage laïc (7 confessions), une fille et un fils.

On a été élevés ma grande-sœur, et moi donc dans le triptyque républicain, le respect, et la culture.

On a hérité ma sœur et moi des vieux Hara-Kiri, des vieux Charlie, et des vieux albums de Reiser, Wolinski, Cabu, de notre papa.
Quel bonheur ! Quelle fraîcheur ! Quelle Liberté !

Alors on a repris le flambeau. Chacun dans son style.
Ma grande-sœur est devenu Capitaine de Police, alors qu’on était “allergiques” aux uniformes ! C’est l’une de nos plus grandes fiertés que lorsqu’elle a défilé sur les Champs le 14 Juillet.

Quant à moi je suis passé par de nombreuses cases, révolutionnaire (leader des manifs anti Juppé), artiste (15 années de piano au conservatoire), décadent (après le conservatoire, de nombreuses expériences de musiques actuelles avec comme leitmotiv : sex, drug & Rocknroll), repenti (suite à 24 heures en GAV), ascète (après mon départ à Paris pour bosser durant 5 ans de nuit dans la restauration dans le triangle d’Or Parisien), puis épanoui désormais avec ma fille pour seul phare.

Tout pourrait aller pour le mieux sauf qu’en Janvier 2015, ils ont décimé Charlie.

Je me souviendrai de ce jour comme du 11 Septembre. Tout, l’heure, ou je me trouvais, le costume que je portais, mon poids sur le fauteuil, la couleur du ciel, l’odeur de l’air, la nausée qui m’avait alors envahi.
Ils avaient tué Cabu, l’homme le plus gentil de la Terre, mon enfance, Récré A2.
Ils avaient tué Wolinski, un véritable génie; un grand-père.
Ils avaient tué Charb ! LE Charb ! Notre Charb …
Ils avaient tué Oncle B. L’un de mes “frères”.
Et tous les autres …

Et depuis cela ne s’arrange guère …

L’incompétence des politiques mise à nue, leur opportunisme et leur degueulasserie pour certains. La peste brune qui monte.
Des plus en plus de voiles, de barbes, comme autant de violences visuelles qui me giflent à chaque fois, comme une message subliminal “je vaux mieux que toi mécréant”, alors que mes ancêtres se sont battues pour l’enlever.

Mon épouse, d’origine noire Africaine mais dont les parents se sont moins intégrés … pas du tout la même histoire.
Me suis rendu compte en définitive qu’elle n’était pas du tout Charlie, son frère désormais complotiste assumé et fan de Dieudo. Sa mère qui désormais se recouvre la tête …
Ils avaient bien caché leur jeu en fait. Aujourd’hui les masques sont tombés et ils ont choisi leur camp. On va se séparer.
J’essaierai de sauver ma fille de ce cauchemar… par l’éducation, par la culture.

Alors je leur en veut à mort à tous ces fous de Dieu. Ils cherchent à détruire mon pays, ils ont tué mes héros, mon mariage peut-être le futur de mon enfant.

Et toi tu es là. Un bouffée de fraîcheur dans ce monde. Du courage à la pelle et une vision acerbe et forte.
Continue, ne lâche rien, fait gaffe aux cons.

Et encore merci. On a besoin de ton combat.

Karim

Les mesures à prendre et les signaux à envoyer d’urgence

La classe politique est indiscutablement devenue le groupe le plus détesté juste après les terroristes. Comment demander à ceux qui nous inquiètent de nous protéger ? L’attentat de Nice a révélé de la façon la plus cruelle et la plus angoissante qui soit, la vacuité, l’impuissance, pire, une forme de dangerosité des responsables politiques du moment, toutes obédiences confondues. Leur panique aurait été risible si elle n’était pas mortelle. Je ne rentrerai pas plus dans le détail de cette critique qui ne produira rien pour me concentrer sur les mesures à prendre et les signaux à envoyer d’urgence. Sur les réseaux sociaux l’avant-garde progressiste, laïque et républicaine est unanime et dit en substance : La fête du slip c’est fini.

Ceux de nos concitoyens qui ne partagent aucune de nos valeurs républicaines, laïques et démocratiques de liberté, d’égalité et de fraternité n’ont que deux options. S’ils ont une autre nationalité à présenter, ils quittent définitivement notre territoire. Quant à ceux qui n’ont pas d’autres nationalité à présenter nous avons le devoir de faire en sorte qu’ils le regrettent. Les mosquées Salafistes et Wahhabites doivent être considérées comme les permanences d’un parti fasciste, armé, dangereux et traité en conséquence.

Nous devons le plus rapidement possible mettre en place le programme Apollo de l’environnement avec pour mission sortir du pétrole en 10 ans. Nos meilleurs spécialistes, chercheurs, écologistes et industriel dotés d’un budget illimité seront chargés de nous démontrer le génie français. Les pays voisins qui souhaitent s’associer à la plus grande aventure européenne depuis la révolution industrielle seront les bienvenus. Nous avons conquis l’espace, nous allons maintenant conquérir notre destin. Sortir du pétrole à court terme est un enjeu vital qui conditionne toutes les autres mesures.

Pour les générations à venir, nous instaurerons un service civique obligatoire d’un an dès 18 ans. Pas une connerie pour fournir du personnel gratuit aux associations, non un vrai service, on vit ensemble, on mange ensemble, on dort ensemble et le plus loin possible de la maison familiale. Ces conscrits apprendront les techniques de premiers secours, des différents sauvetages comme les inondations ou les tremblement de terre, la logistique humanitaire ou encore la gestion de projet. Le plus important : ils mangeront, dormiront et rêveront : République.

L’école doit reprendre de toute urgence sa mission propagandiste de la République, il n’est plus question d’éducation mais d’instruction, on fabrique prioritairement des citoyens et secondairement de la main d’œuvre qualifiée. Nous préférerons toujours côtoyer un chômeur républicain à un ingénieur d’Al-Qaïda.

Sortir de la question du chômage, comme le dit l’adage : « Il n’y a pas de problème que l’absence de solutions ne puisse résoudre. » L’homme a maitrisé le feu, l’eau, l’agriculture par curiosité et instinct de préservation, sans que ses efforts n’aient été conditionnés à un revenu et à un niveau de vie. Libérons-nous de la peur, sécurisons ce qui est possible et offrons-nous un revenu universel.

Ces quelques mesures sélectionnées parmi tant d’autres pour répondre à l’urgence sont déjà un profond bouleversement de la société française mais chacun comprend que si nous ne sommes pas les auteurs du changement, nous en serons les victimes.

Alors maintenant, comment faire pour porter ces mesures ? Faut-il faire pression ou doit-on s’organiser pour prendre le pouvoir ?

Ahmed Meguini