Défense contre le djihad judiciaire

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En attaquant les défenseurs de la laïcité et les valeurs républicaines, le djihad judiciaire cherche à fragiliser ce qui nous tient. En cherchant à faire taire ces voix, c’est la République que l’on cherche à affaiblir.

C’est donc à chaque citoyen de prendre conscience de ce qui est en jeu. S’exprimer, utiliser la liberté d’expression devient un devoir ; celui de défendre cette liberté fondamentale en l’exerçant pleinement. Et sans subir les intimidations et les abus du droit d’ester en justice de ceux qui utilisent le recours aux tribunaux pour faire taire les démocrates et les républicains.

Houria Bouteldja invitée à l’Université de Limoges : simple objet d’études ou légitimation universitaire ?

Dans le cadre d’un Séminaire d’études décoloniales prévu le 24 novembre, l’Université de Limoges a invité Houria Bouteldja, essayiste, militante décoloniale et figure emblématique du Parti des Indigènes de la République (PIR).

Le lien de cet événement a été retiré du site universitaire suite aux pressions soulevées par cette information, puis la participation de Houria Bouteldja a été annulée par… crainte de trouble à l’ordre public.

Un séminaire « n’a pas vocation ni à servir de tribune à un parti politique, ni à s’ouvrir à un débat public ». C’est en ces termes que Alain Célérier a d’abord justifié le fait d’avoir retirer le lien du site de l’université tout en maintenant la présence de Houria Bouteldja. Implicitement, il reconnaissait donc que le PIR est un mouvement politique et que l’inviter à l’Université lui offre une tribune de choix…

Pour Alain Célérier, la présence de l’égérie du PIR était simplement une occasion «  de discuter sans préjugés de l’ensemble des idées aujourd’hui présentes dans notre société et, si elles sont contraires à nos valeurs, c’est aussi l’occasion de les combattre, mieux que par la censure ».

Nous pourrions suggérer à ce directeur humaniste d’inviter pour des séminaires d’éthique philosophique des militants pro-life opposés à l’avortement, en histoire, des négationnistes du génocide arménien et de la Shoah, ou pourquoi pas des sympathisants de l’idéologie nazie, ou bien encore des défenseurs de l’excision au nom du respect des traditions en séminaire d’ethnologie, sans oublier des djihadistes pour éclairer les étudiants sur l’histoire de la Syrie contemporaine. Finalement, tous sont les représentants d’idées qui circulent dans notre société !

Etudier les idéologies pour ce qu’elles sont, dans une démarche scientifique universitaire, est une chose. Leur offrir une tribune en est une autre. L’Université de Limoges a fait le choix de considérer qu’une pensée qui divise la république en ‘blancs’, juifs et descendants des anciennes colonies françaises, est une idée comme une autre.

Maintenant, elle va vraisemblablement crier à la censure et pointer du doigt les associations antiracistes, les universalistes, et les républicains de ce pays…

13 novembre 2017

En ce jour de la commémoration du massacre du Bataclan, des terrasses et du Stade de France, et à quelques mois de l’anniversaire des tueries perpétrées à Charlie Hebdo, à Montrouge et à l’Hypercasher, force est de constater que la lutte contre l’islamisme, l’idéologie qui a nourri les meurtriers, ne semble pas encore une priorité dans les consciences.
Ces derniers jours, les menaces de mort ont redoublé contre Charlie Hebdo.
Hier, 12 novembre, 130 personnalités ont signé une tribune où de grands noms de la culture, de la presse et de l’Université, prennent la défense d’Edwy Plenel, fondateur de Mediapart. Cette tribune induit une confusion inacceptable.
Que Mediapart n’ait pas été informé des accusations de viol émises par des femmes à l’encontre de Tariq Ramadan, soit. Que la réputation sulfureuse de l’homme n’ait pas intrigué les journalistes qui auraient pu souligner la contradiction entre le mode de vie prêché par le Tartuffe et sa vie privée, nous laisse déjà perplexes.
Mais à travers cette tribune, ces 130 personnalités sous-entendent que le double discours de Ramadan dénoncé depuis des années par une Caroline Fourest est pure élucubration.
Si tous ces signataires partagent la ‘justesse’ d’analyse de Jade Lindgaard, journaliste de Mediapart qui affirme, le 11 novembre dernier, que « l’islamisme, en tant que tel n’est pas une chose grave » et qu’il faut dénoncer « le racisme d’Etat » qui est « systémique dans ce pays », on comprend mieux…
Refuser de voir ce qui a conduit à tuer sur notre sol 249 personnes ou 200 000 en Algérie dans les années noires, est atterrant. Minimiser les double-discours qui favorisent l’entrisme de l’islam politique et la partition culturelle des territoires est consternant.
A quand un sursaut de la société civile pour forcer l’Etat à faire respecter les lois sur la laïcité et à mener la lutte idéologique contre l’islamisme, corollaire indispensable des actions de sécurité et de renseignement ?

Les victimes de Tariq Ramadan…

La présomption d’innocence est un principe fondamental pour comprendre une démocratie et pour construire une justice. Sans elle, la Justice est inexistante puisque la peine populaire est déjà prononcée et la violence de l’injustice rend tous les débordements possibles. C’est parce que la présomption d’innocence existe que la peine prononcée a toute sa valeur et que sa charge symbolique permet de dire au Peuple que Justice a été rendue en son nom.
Ambivalente, la présomption d’innocence est à la fois un droit subjectif pour la personne à faire respecter son innocence présumée jusqu’à preuve et décision contraires, mais c’est aussi et surtout un droit procédural. La procédure est la forme et dit-on, la sœur des Libertés. Présumer de votre innocence, c’est vous mettre à l’abri de la moindre dénonciation malveillante et calomnieuse et c’est interdire à cette malveillance d’exercer la moindre influence sur la Justice.
Demain, chacun peut avoir à défendre son innocence et c’est pour ce motif que nous sommes égaux devant la Loi. Y déroger, c’est nier l’idée même qu’une Justice institutionnelle se substitue à un système de vengeances privées.
Cela étant dit, Il est un autre principe qu’est celui du droit des victimes à obtenir réparation. Ce principe est aussi au cœur de notre système juridique et s’il ne s’oppose pas à la présomption d’innocence, il interdit en revanche de transformer toute victime en menteuse, en calomniatrice ou en mythomane. Le respect et la décence que l’on doit à tout plaignant commence donc par la mise en œuvre stricte de la règle de droit. La correctionnalisation de nombreuses affaires criminelles, souvent au détriment des victimes et en violation de la Loi, est une marque d’irrespect qui abime l’idéal de justice.
C’est aussi la raison pour laquelle l’absence de condamnation d’un suspect ne signe pas, en droit, la condamnation de la victime. Ce n’est pas parce qu’une plaignante impute à X un crime et que ce crime n’est pas établi que pour autant la victime pourra être inquiétée et se voir reprocher un mensonge. Un délit de dénonciation calomnieuse est prévu et réprimé par la Loi. Mais ce dernier ne se définit certainement pas par la seule relaxe de la personne objet d’une dénonciation, fort heureusement.
Dans les deux affaires qui occupent l’actualité, c’est entre ces principes, notamment, que la justice travaillera. Et ce n’est certainement pas parce que des faits sont anciens ou même qu’il pourrait n’y avoir de poursuites que pour certains d’entre eux, que les victimes ne cesseront d’être présumées des victimes comme le justiciable Tariq Ramadan ne cessera d’être présumé innocent jusqu’à ce qu’une décision soit rendue en notre nom.
Il faut donc souhaiter bonne chance et apporter notre soutien aux victimes et nous n’avons pas besoin de violer nos propres règles pour le faire efficacement, par exemple en souscrivant aux appels à participation pour venir en soutien de Henda Ayari.
Il faut aussi et surtout continuer de dénoncer Tariq Ramadan sur le plan politique en rappelant sans cesse que l’idéologie des Frères Musulmans et l’islamisme en général sont des cancers de nos sociétés dont les femmes sont au premier titre les victimes.
Respecter la présomption d’innocence de Tariq Ramadan, cela n’empêche absolument pas et en toute légalité, de rappeler que le discours de cet individu engendre chez nombre de ses disciples la haine, les appels à la violence, à l’antisémitisme, au terrorisme et à la violence armée.
Et nous pèserons chacun de ces mots en vous invitant à consulter les kilomètres d’insanités qui bordent les réflexions de cet islamiste lorsque, par exemple, il s’exprimait un 3 mai 2016 au sujet de Charlie Hebdo et que jaillissaient toutes les cinq minutes des commentaires tels que ” la prochaine fois, il faudra les faire au lance roquette, la kalach, c’est pas suffisant”.
Nous ne l’oublierons jamais et il faut le faire savoir pour que nos citoyens comprennent ce que nous combattons sur le plan politique. À la justice maintenant de faire son œuvre en espérant du fond du cœur que les plaignantes seront épargnées des travers entourant trop souvent les enquêtes et la gestion des affaires de crimes sexuels.
Mais quelle que soit l’issue de ces affaires, n’oublions pas une chose qui importe: les victimes de l’idéologie que diffuse Ramadan ne seront jamais assez nombreuses pour que certains responsables politiques, médias réagissent et c’est heureux que depuis deux ans, des citoyens décident de le faire à leur place. Ce sont ces millions de femmes , d’hommes, d’enfants qui subissent l’islamisme, qui sont d’ores et déjà les victimes de Tariq Ramadan, de son discours qui encourage les partitions.
Le combat ne fait que commencer. Soyons aussi patients que les islamistes et travaillons sur le temps long et les forces structurantes de nos démocraties !

Communiqué de presse Annulation du colloque universitaire sur «l’islamophobie»

ANNULATION DU COLLOQUE UNIVERSITAIRE SUR « L’ISLAMOPHOBIE » :
LA RÉPONSE HALLUCINANTE DE LA PRÉSIDENCE DE L’UNIVERSITÉ LYON II

 

L’annulation du colloque de Lyon II sur « l’islamophobie » aurait pu être une bonne nouvelle, car c’est une victoire pas seulement pour les défenseurs de la laïcité mais pour tous les citoyens attachés au rôle fondamental que l’enseignement supérieur joue dans le développement d’une société libre, égalitaire et démocratique. … Mais l’absence de sérénité invoquée par la présidence de l’université Lyon II comme seul motif témoigne surtout de l’aveuglement et de la lâcheté de l’institution. Tout comme les couronnes de lauriers tressées aux organisateurs et aux participants témoignent de l’absence de prise de conscience des objectifs politiques poursuivis par les organisateurs de ce type de colloque. Devant un communiqué de presse aussi complaisant, les islamistes se frottent les mains, tandis que les laïques désespèrent de voir l’Université réagir enfin à la démarche d’entrisme islamiste dont elle est la cible. Un entrisme qui a pour but de faire passer pour une démarche scientifique, de la propagande politique et pour des experts, des militants racistes et islamistes.

 

« Les conditions n’étant pas réunies pour garantir la sérénité des échanges et le bon déroulement des débats autour de la question de l’islamophobie et de ses enjeux politiques, la Présidence de l’Université Lumière Lyon 2 a pris la décision d’annuler la tenue du colloque prévu le 14 octobre sur le thème “ Lutter contre l’islamophobie, un enjeu d’égalité ?” ».

C‘est par ces mots que la présidence de l’université de Lyon II, par voie de communiqué de presse justifie l’annulation du colloque. On reste partagé entre franche envie de rire et énorme colère…

Le camp laïque, qui s’est mobilisé depuis plusieurs jours, n’a fait que mettre en évidence le profil douteux de certains intervenants. Abelaziz Chaambi, Président du CRI est fiché S. Avec la présence en plus de Souhail Chichah, individu qui a, de manière violente perturbé et de fait interrompu une conférence de Caroline Fourest à l’Université libre de Bruxelles, on a des experts parmi les intervenants en matière de troubles de la sérénité des débats !

Quant à la plupart des associations de lutte contre « l’islamophobie » présentes, le moins qu’on puisse dire est qu’elles ne se distinguent pas par leur humanisme, leur universalisme et leur respect de la dignité humaine. Plus connues pour leur proximité avec des partis racistes comme le Parti des indigènes de la République, les Frères musulmans ou d’autres mouvements tout aussi sectaires comme Al Adl Wal Ihsane (Justice et Bienfaisance) au Maroc ou du parti Parti Égalité Justice d’Erdogan en Turquie, ces associations se sont illustrées par leur obscurantisme : refus de l’égalité femmes/hommes, sexisme, rétablissement du délit de blasphème, refus de la loi de 2004 sur les signes religieux, défense de la foi vue comme supérieure à la loi, racisme, voire participation au jihad judiciaire…

Lorsque l’on sait que nombre de ces associations ne sont pas Charlie, laisser passer un texte d’introduction du colloque, qui évoque le massacre de janvier 2015 pour en faire le départ d’une vague « d’islamophobie » accréditant l’idée d’une France raciste est déjà une abjection qui aurait dû interpeller la conscience d’universitaires et que la présidence de l’Université aurait dû condamner. Car, encore une fois, faire du massacre des journalistes de Charlie la cause d’un climat antimusulman est non seulement de la désinformation mais une escroquerie intellectuelle. Surtout lorsque l’on élude les motifs de ces attentats. Enfin, c’est une insulte aux Français, croyants ou non et de toutes confessions, qui ne sont pas tombés dans le piège de la haine.

Nous sommes ici bien loin d’une condamnation claire, car la suite du communiqué persiste et signe. « La présidence apporte tout son soutien à la Chaire Egalités, Inégalités et Discriminations, à l’Institut Supérieur d’Étude des Religions et de la Laïcité (ISERL), ainsi qu’à l’ensemble des universitaires qui avaient accepté de participer à ce colloque. »  Pourquoi donc annuler ce colloque s’il ne réunissait que des gens formidables injustement calomniés ? Le recul de l’Université signe alors son irresponsabilité et son incapacité à défendre des principes de justice.

La vérité c’est que le profil d’une partie des intervenants pose de véritables problèmes et que la Présidence de l’université ne pouvait l’ignorer. La vérité c’est que tout le monde sait que derrière l’affaire de Lyon 2 c’est la question de l’entrisme islamiste à l’université qui est posé.

En attendant, la présidence envoie un très mauvais signal aux véritables laïques qui ne trouvent aucune réponse à leurs questions dans ce communiqué de presse. Il ne fait que renforcer le sentiment que le monde universitaire n’est plus le sanctuaire de la République laïque mais qu’au contraire il déroule aujourd’hui le tapis rouge aux idées les plus liberticides, réactionnaires et anti-démocratiques. Aveuglement ou lâcheté, l’avenir le dira.

C‘est donc bien la nature des participants et leur idéologie qui nuit d’emblée à la sérénité des débats et non l’action du camp laïque qui, rappelons-le, n’a que sa plume comme arme… Que la présidence de Lyon II se rassure, nous n’utilisons pas encore les méthodes de certains des enseignants qu’elle recrute et nous aurions aimé que cette interdiction soit issue d’une prise de conscience, et non l’énième lâcheté de ceux qui pourtant font tout pour accéder aux postes de pouvoir

Vi(v)re la République / Voir et dire ce que l’on voit/ LaïcArt / La France de Marianne /
Observatoire de la laïcité du 95 / Observatoire de la laïcité du 93 / Laïcité 06.

Ni racisme, ni islamisme

Ni racisme, ni islamisme. Nous ne pèserons pas dans la balance d’une couleur du fascisme quelle qu’elle soit.

Nous avons vocation à créer un cercle basé sur le respect et la bienveillance mutuelle. Notre ennemi est l’islam politique. Nous pouvons avoir des adversaires mais nous nous attachons à chercher les moyens de rétablir l’Etat de droit et la liberté d’expression qui, pour nous, ont volé en éclats au Bataclan.

Ce que nous avons en tête est partageable par tous les citoyens qui veulent conjurer la terreur et non pas participer à sa mécanique.

Nous vous invitons, croyants où non, à nous retrouver autour de la défense de notre République sociale. Notre corpus est le fruit de la réflexion et de l’action des générations qui nous ont précédés, et il nous revient de donner notre énergie pour prolonger et vivre leurs utopies dans notre réalité commune.

Il ne tient qu’à nous de démontrer à l’islamisme que ce territoire ne sera jamais le sien. Qu’athées, croyants de toutes confessions – musulmane comprise – trouveront les ressources nécessaires pour faire barrage.

L’appel citoyen ne tardera plus à être dans toutes les têtes.

Grâce à notre Fraternité, nous serons ensemble. Contre les longs couteaux.

 

Elles s’appelaient Laura et Mauranne

Elles avaient 20 ans. Elles étaient cousines. Elles sont mortes sous les coups de couteau d’un terroriste par un dimanche ensoleillé sur le parvis de la gare St Charles à Marseille.

Il faut regarder leur visage pour que la violence ne reste pas anonyme. Pour que l’on n’oublie pas que derrière le mot ‘victime’, il y a des êtres, des histoires. Et à Marseille, deux jeunes filles, belles, souriantes, qui avaient leur vie à écrire.

Les débuts de l’enquête révèlent un imbroglio et des failles juridico-judiciaires qu’il faudra éclaircir. Reste une idéologie qui a nourri et poussé un homme à s’attaquer à deux jeunes femmes pour les tuer parce qu’elles étaient femmes et mécréantes.

Face au terrorisme, nous savons qu’une politique de police et de renseignement est indispensable. Mais nous répétons inlassablement que son efficacité sera limitée si personne ne s’attaque à la diffusion de l’idéologie islamiste qui nourrit les tueurs.

“Bonsoir Ahmed, je vais déballer mon point de vue ici…”

Bonsoir Ahmed, je vais déballer mon point de vue ici, tu me diras ce que tu en penses et comment tu vois les choses.
Pour commencer, je vais te parler un peu de moi pour situer: j’ai quasi 40 piges, une femme et deux filles, je vis dans l’est de la France, une région que tu connais bien, actuellement. Je n’ai voté qu’une seule fois dans ma vie car je suis déçu de la politique depuis toujours. J’ai depuis tout petit beaucoup lu, beaucoup voyagé, rencontré énormément de monde et côtoyé nombre de cultures différentes.
J’ai vécu en Chine une année, passé du temps dans le Rif chez un ami il y a une quinzaine d’année de cela, bourlingué en Asie quelques années, pour le boulot il y a 10 ans de cela. Je pense être assez cultivé et ouvert, j’ai vécu des situations très complexes au contact de diverses cultures professionnellement notamment au contact de la communauté musulmane. J’ai rencontré et travaillé avec des membres de la famille royale de Barhein, avec d’anciens militaires et autres personnages quand j’étais gem-dealer, bref, je pense avoir une certaine expérience de la nature humaine et de ses travers.

J’ai été baptisé, fais ma communion etc.. mais j’ai toujours détesté cela, mes parents qui faisaient le catéchisme quand j’étais gamin ne m’ont pas laissé le choix. Ils ne pratiquaient pas vraiment et ne pratiquent d’ailleurs plus du tout. J’ai très tôt développé un anti-cléricalisme aigu au contact des croyants mais aussi au fil de mes lectures diverses et variées et suis devenu athée très tôt. Ayant toujours côtoyé des musulmans, dont certains étaient des amis proches, notamment celui chez qui j’ai vécu au Maroc, j’avais une vision très positive de l’islam par l’image de ce que les gens que je côtoyais me projetaient et leur accueil et gentillesse. Bref, j’avais une vision plutôt positive de cette religion.

Suite à l’attentat de Charlie Hebdo en 2015, j’ai commencé à voir des gens dire que ce n’était pas ça l’islam et que ces gens n’étaient pas musulmans. J’ai voulu comprendre et savoir enfin de compte précisément ce qu’est l’islam. J’ai un coran à la maison depuis longtemps, et j’ai décidé de le lire, de rejoindre des pages de débat sur des forums et sur FB et de suivre certains apostats pour connaitre les différents points de vue relatifs à cette religion, pour avoir plusieurs angles de réflexion. J’ai été pour le moins surpris, c’est peu dire, de la teneur de ces textes, de la sunna et des hadiths sahih que j’ai pu trouver. Mon point de vue a radicalement changé suite à ces recherches et ces échanges, j’ai suivi Waleed Al Husseini assez rapidement, j’ai eu l’occasion d’échanger brièvement avec lui et d’autres apostats qui m’ont fait comprendre que la vision gentillette de base judo-chrétienne d’une religion n’était pas applicable à l’islam et que nous étions bien trop conciliant de ce point de vue, considérant que ce ne pouvait être une menace.
En France, quand on parle de religion, c’est plutôt pour tourner en dérision une idéologie archaïque que pas grand monde ne prend au sérieux. J’ai pas mal échangé avec David Duquesne, dont j’apprécie la plume et l’esprit ainsi qu’avec David Vallat, pour sa connaissance de l’intérieur et son objectivité.

Pour en revenir au problème d’unité de lutte, j’ai gardé mes distances pendant un temps vis-à-vis de quelques personnes que je voyais intervenir sur divers supports, en gardant un certain retrait d’observation pour arriver à me faire mon idée quant à leurs interactions et aux diverses lignes défendues.
Je suis profondément anti-raciste, plutôt ouvert à la notion de spiritualité et politiquement plutôt à droite.
J’ai trouvé beaucoup de conflits d’égos, de querelles de clochers dénuées de sens la plupart du temps et de nombreuses personnes s’opposant sur des broutilles et des antécédents pour défendre le mouvement qu’ils ont créés ou qu’ils suivent plutôt que les idées qui nous sont chères. A savoir, de mon humble point de vue, un respect de la laïcité au pied de la lettre en application des textes de loi existants sans aucune tolérance ou compromission.

Je souhaite adhérer à un ou même plusieurs mouvements (Laïcart et la France de Marianne pour ne pas les citer) mais je ne les connais pas tous, loin de là.
Je ne souhaite pas rentrer dans ce jeu qui me semble complètement puéril et qui nuit à la crédibilité de l’ensemble ainsi qu’à la portée de ces actes. Je pense qu’il faut que chacun soit prêt à faire des compromis sur ses petites envies ou nos idéaux divers, et de s’affranchir de toute attachement ou rapprochement politique ou religieux car cela fausse le débat et crée des clivages qui ne vont pas dans le bon sens. C’est d’autant plus inutile que ces combats me semblent bien moins pertinents actuellement au vu de la collusion de la classe politique dans son ensemble. Il sera toujours temps de faire une remise en cause de la politique quand nous aurons avancé sur la laïcité, c’est bien plus important maintenant.

Pour être une vraie force et un vecteur d’influence aujourd’hui, le nombre, mais surtout la cohésion dans le discours et les actions sont capitales. Nous avons face à nous une mécanique bien huilée, dont le discours est travaillé et soutenu, et c’est ce qui fait sa portée. Nous ne pourrons pas nous opposer à eux en ordre dispersé avec des idées disparates et pas cohérentes, trop de divergences qui seront autant de munitions pour nous faire taire. Nous ne serons pas crédibles et c’est perdu d’avance.
C’est capital de faire l’impasse sur certaines rivalités tenaces au sein de nos forces et d’être capable de faire des compromis pour se fédérer autour d’un projet, d’une seule voix, au détriment d’autres probablement mais c’est la seule solution. Les concours de kékettes puérils ne doivent plus avoir droit de citer car cela met en porte à faux l’ensemble des mouvements et donne le flanc à la critique à nos opposants qui n’en demandent pas tant. la meilleure solution pour moi et de faire une sorte de tri, de mettre les gens face à leurs responsabilités, et de créer un mouvement unique qui rassemble les divers courants en déléguant une ou deux personnes élues en internes et aptes à représenter leur mouvement au sein du mouvement global.
Soit par élection au sein de ceux- la ou autre. Suite à cela, faire une réunion global des représentants de tous ces mouvements et définir ensemble la ligne commune, quitte à passer par un vote, car d’unanimité il n’y aura pas. Et de mettre tout le monde au pli, pour le bien de cette lutte et pour espérer avancer. Une fois cela fait, il faudra trouver des entrées et ne pas hésiter à utiliser le principe du lobby et des influenceurs pour porter une parole commune décidée en amont et la faire aboutir. Donner de la visibilité aux idées et une crédibilité qui passe par les médias et autres vecteurs de communication numérique. Voila, pour faire court. C’est probablement un peu brouillon et demande à affiner certains points mais pour moi, l’axe de travail est là. Qu’en penses-tu?

Xavier Pupunat

Conférence internationale contre l’islamophobie, Bourse du travail de Saint-Denis le 18 décembre 2016

Faire son miel de la crise que traverse le pays pour distiller son idéologie n’est pas l’apanage de l’extrême-droite. Le PIR, CCIF et consort utilisent bien les mêmes ficelles. La discrimination, le chômage et la pauvreté sont utilisés jusqu’à la corde pour vendre une soupe complotiste, islamophobie-phobe, raciste, anti-laïque et mettre la République en accusation.

Ce dimanche, on a pu assister à une véritable OPA sur la détresse des réfugiés et migrants. Leur sort – problématique en France comme dans le reste de l’Europe, chacun le sait -, a d’abord été exposé de manière factuelle par l’ancienne présidente d’Amnesty International. Geneviève Garrigos (mais que venait-elle faire dans cette galère ?), a d’ailleurs apporté une note positive en soulignant la générosité et le dévouement des citoyens partout dans le pays. C’était oublier un peu vite le recadrage du collectif La chapelle Debout. Nous vivons dans un « état de guerre aux migrants », victimes de « rafles » et de « déportations » ! On appréciera les termes choisis.

A une jeune femme voilée du public qui se plaignait de ne pas entendre parler d’islamophobie mais de migrants, il a été répondu que le Musulman, le réfugié, le migrant, le Rom, le Noir, sont dans le même bateau. Tous appartiennent au camp de « l’Autre », tous sont victimes d’un Etat raciste et néo-colonial… Un Etat qui profite à fond de l’état d’urgence, « L’état d’urgence, c’est le 49.3 des Musulmans », un Etat qui ethnicise la question sociale et invente ses ennemis intérieurs… Les dominés sont d’ailleurs hiérarchisés en « haut lieu » (par qui ?), le racisme est légitimé par la peur du terrorisme…

Sachez aussi que pour Pierre Tatarkowsly de la LDH, on assiste en France à « un communautarisme majoritaire »… qui sera qualifié par Philippe Marlière (militant de Ensemble !) de « néo-républicanisme laïciste ».

L’après-midi, la salle était bien remplie. Effet des fans du directeur du CCIF, Marwan Muhammad, qui tel un showman est resté debout pour délivrer son message ?

Pas un mot bien sûr, sur l’islamisme et la radicalisation… Thomas Goutraud (Attac) a d’ailleurs rappelé que si de jeunes Français « issus d’un passé colonial » versent dans le terrorisme, ça n’a aucun rapport avec la religion.

 

Côté LaïcArt, nous pouvons être contents.

D’abord, la petite manifestation organisée par différents mouvements laïques devant le bâtiment, a eu son effet. Il a permis de ridiculiser Madjid Messaoudene, élu de Saint-Denis, qui a fait appel aux forces de l’ordre si souvent décriées dans l’enceinte-même de la Bourse du travail.

Ensuite, les propos de Siham Assbague, en fin de journée, récompense notre travail. Elle a égrené les barrières qui commencent à s’ériger autour de leur mouvance : plaintes en diffamation d’élus, censure des réseaux sociaux, pression pour faire annuler leurs réunions publiques…

Pour eux, c’est nouveau. Pour nous, c’est un début. Nous ne lâcherons pas !

 

Manifestation devant la Bourse du travail organisée avec le soutien de :

Observatoire de la Laïcité de Saint Denis (OLSD)

Brigade des Mères : Nadia Remadna

Egale : Martine Cerf

Femmes sans voile d’Aubervilliers : Nadia Benmissi

Forces Laïques : Laurence Marchand-Taillade et les présidents des OLvo 92 (Thierry Gibert), 31 (Philippe Bapt) et la section jeunes de Paris (Sabine et Samy).

Libres MarianneS : Laure Caille

Djemilla Benhabib, essayiste, militante laïque

Marie-Laure Brossier, élue de Bagnolet

Membres de LaïcArt

 

Organisateurs, signataires et programme de la journée du 18 décembre à Saint-Denis : http://www.islamophobie.net/articles/2016/12/14/«-islamophobie-et-xenophobie-l’heure-de-la-presidentielle-»-meeting-saint-denis-

Éloge du racisme à Saint-Denis

Ces derniers jours, être membre du réseau LaïcArt, c’est comme les montagnes russes.

Le 22 mai à Bruxelles, invité par Waleed Al-Husseini, nous avons écouté deux des plus grandes voix du monde arabo-musulman, le poète syrien Adonis, et le grand intellectuel Sayyed Al-Qimni. Et le 25 mai à Saint-Denis, nous avons subi le discours de l’antirascisme politique français, avec les représentants des Indigènes de la République, du comité anti-Négrophobie, les Indivisibles, Camp décolonial, etc.

A Bruxelles, la rencontre était organisée pour le lancement de ADHOC, une association dédiée à la lutte pour la laïcité et contre le fondamentalisme dans le monde islamique. Ce lancement historique avait pour thème : les racines et les causes de la violence islamique ? La laïcité est la solution. LaïcArt vous fera un compte rendu de cette journée dans les jours qui viennent. Il faut du temps pour retranscrire la richesse des débats…

Mercredi 25, à la Bourse du travail de Saint-Denis, la chute fut donc vertigineuse.

Culture et érudition le dimanche, mascarade, inculture et ricanements le mercredi.

A Saint-Denis était donc organisé un simulacre de procès public intitulé l’antiracisme politique face aux inquisiteurs.

Des intervenants[1] se sont succédé et ont plaidé coupables devant un juge, (rôle tenu par Nacira Guénif-Souilamas, professeur en Sciences de l’Education à Paris VIII), pour répondre des accusations de communautarisme, de manque de respect à Finkielkraut, de racisme anti-blanc, de dénonciation d’universalisme blanc, de camp d’été décolonial, d’antisémitisme etc.

Nous avons donc écouté des petites plaidoiries d’une dizaine de minutes sur chacun de ces thèmes. Toutes ces plaidoiries, destinées à dénoncer l’universalisme blanc, étaient assorties de brèves démonstrations où les inepties et l’indigence historique le disputaient à une logique victimaire et essentialiste. Vous retrouverez dans quelques jours certainement les vidéos de la soirée sur la toile. Voici un bref aperçu des insanités auxquelles nous avons eu droit.

Je vous passe les ‘vous êtes sur le blanc des accusés’, montrer patte blanche est impossible pour un Nègre’ qui ont suscité les rires gras du public.

Sachez donc qu’il existe un “racisme d’Etat” français qui serait d’abord “négrophobe”.

Qu’il existerait une hiérarchie de l’art avec l’art blanc au-dessus de tous les autres, et la musique classique serait au sommet de la pyramide des arts, versus l’art primitif. Une hiérarchie qui suivrait l’échelle des races inventées par les Européens…

Quelle France ont dessiné les participants de cette soirée ?

Une France coloniale, suprémaciste blanche où le racisme et l’islamophobie sont institutionnalisés, et où l’universalisme blanc ne serait qu’un communautarisme blanc.

Pour Franco Diolla, l’Etat français prétend défendre les droits de l’homme, mais nous sommes la preuve vivante qu’il défend les droits de l’homme blanc…

D’abord, un scoop. Il se pourrait bien que le Code noir soit toujours d’actualité ! Faudrait-il en déduire que les Français noirs (c’est quoi d’ailleurs un Français noir ? ndlr), sont toujours considérés comme des biens meubles dans notre droit. Vrai ? Faux ? Peu importe ! Le fait même que ce Code ait existé ‘remet profondément en cause les fondements de la question de l’égalité entre les Noirs et les Blancs.’ Ça vous paraît logique ? Pas moi…

Je vous annonce aussi que notre ‘police est raciste, les crimes policiers le sont. Et qu’elle a été créée pour maintenir un ordre social, politique, économique par l’usage de la violence et elle est traversée par l’histoire coloniale. La BAC a pour origine la Brigade nord-africaine qui quadrillait les quartiers musulmans de Paris et opérait des rafles et alimentait des fiches de surveillance régulièrement.[2]

Peut-on affirmer que la BAC a aujourd’hui un lien avec cette Brigade Nord-Africaine dissoute à la Libération et qui s’est prolongée via la BAV, Brigade anti violence, durant la guerre d’Algérie ? La BAC viserait donc aujourd’hui une population particulière ? Peu importe. Celle qui est au micro dit la vérité.

D’autres ‘imprécisions’ ou arguments historiques ne manquent vraiment pas de sel. On va par exemple chercher les Conquistadors pour dénoncer le sionisme et démontrer que l’antisionisme n’est pas antisémite. Puisque le sionisme utilise l’argument religieux de la judéité pour couvrir son vrai visage, celui du colonialisme, on établit donc un parallèle avec la conquête de l’Amérique… Pour dissimuler leur volonté colonisatrice, les Européens auraient massacré les Indiens en invoquant la défense de la chrétienté blanche. Si j’extrapole, les Palestiniens seraient donc les Cheyennes et les Sioux du XXIe siècle. Fallait y penser. Et on insinue donc que les sionistes seraient des ‘colonialistes, génocidaires et esclavagistes’ ?[3] Les faits historiques et les arguments ne vous semblent pas satisfaisants ? Pas grave, la salle a applaudi et scandé ‘Palestine vaincra, Palestine vivra’.

Restons en Palestine. Pourquoi cette proximité de cœur avec la Palestine ?

L’inégalité, en Palestine comme ici, est un choix stratégique. Quand on vit dans un Etat où on est pris pour cible par les forces de l’ordre car coupable d’être arabe, noir ou musulman, quand on subit humiliations et discriminations à chaque étape de nos vies… c’est pour ça que la Palestine, ça nous parle autant[4]. Et de demander dans la foulée la libération de George Ibrahim Abdallah, condamné à perpétuité dans notre pays pour terrorisme…

Vous en voulez encore ?

A l’applaudimètre, ce sont les allusions à Alain Finkielkraut qui ont remporté le plus vif succès. Des ‘Taisez-vous’ et ‘gnagnagnagnagna’ ont d’ailleurs fusé dans le public. Derrière moi, des jeunes ont rigolé de leur trouvaille, ‘académichien’… Caroline Fourest, elle, s’est fait qualifier par la juge, de ‘pucelle germano pratine’…

Nous n’avons pas eu la force de rester jusqu’au bout de la soirée et n’avons pas écouté la plaidoirie d’Alain Gresh qui venait défendre son amour pour Tariq Ramadan, ni le réquisitoire du procureur ni l’énoncé du verdict. Mais nous ne nous faisons guère d’illusion…

Il existe du racisme et de la discrimination dans notre pays, personne ne le nie et il faut les combattre avec fermeté. Mais affirmer que ce racisme est un racisme d’Etat qui s’appuie sur sa police est abject et insulte ceux qui en Afrique du sud ont connu les horreurs de l’Apartheid. Mettre la couleur de la peau au centre de tous les rapports sociaux, économiques, politiques, et en faire sa grille de lecture pour tout, la culture, l’art, les institutions, etc. , c’est faire l’éloge du racisme que ces “antiracistes” prétendent dénoncer.

Face à autant de haine, de distorsions de l’histoire, de volonté de désunir, de cliver, de détruire un modèle républicain et laïque qui malgré ses imperfections reste, pour nombre de peuples opprimés, un modèle, quelles réponses apporter ?

Dimanche dernier à Bruxelles, Sayyed AlQimni, solennellement, nous a chargé d’une mission. Il a demandé à chaque personne présente d’être un messager pour l’humanité, pour protéger la civilisation. Pour lui, seuls la laïcité et le pluralisme pourront vaincre le monstre de l’islamisme. La laïcité est un enjeu international, et sa défense, une garantie de la paix.

Vous l’avez compris, entre les voix d’Adonis et de Sayyed Al-Qimni, et celles que nous avons entendues à Saint-Denis, le fossé est vertigineux.

[1] Franco Lollia, Brigade Anti-Négrophobie, Wiam Berhouma, participante d’une émission avec A. Finkielkraut, Nargesse Bibimoune, membre du Fuiqp et de la Mafed, Amadou Ka, président des Indivisibles, Houria Bouteldja, porte-parole des Indigènes de la République, Fania Noël, co-organisatrice du Camp d’été décolonial, Amal Bentounsi, fondatrice de Urgence Notre Police Assassine, Siham Assbague, militante antiraciste politique, Eric Fassin sociologue (professeur au Département de Science politique de Paris VIII), Alain Gresh, journaliste.

[2] Nargesse Bibimoune, membre du FUIQP et de la MAFED

[3] L’extermination des Natifs des Amériques a été amplement justifiée par le fait que leur résistance était définie comme une lutte raciale et dogmatique contre l’Eglise chrétienne blanche. Les desseins colonialistes, génocidaires esclavagistes de ces Conquistadors sont pourtant connus de tous, et sont le fondement même de notre système capitaliste actuel. Leyla Larbi, Génération Palestine & Labo Décolonial
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[4] Leyla Larbi, Génération Palestine & Labo Décolonial

La République en procès à Saint-Denis

Un ordre moral et nauséabond que personne n’avait jusqu’alors songé à déranger est en marche et tiendra demain le procès de trop.

Un procès fait de simulacres, dans lequel les tenants du communautarisme le plus pervers et le plus dangereux joueront leur propre rôle et celui de leurs accusateurs.

Nous dénonçons ce racisme épouvantable sous couvert d’antiracisme et cette transgression des valeurs républicaines. Nous dénonçons cette rencontre abjecte qui se tiendra tranquillement pour y diffuser des haines à la bourse du travail de Saint-Denis , ce 25 mai dès 18h30

Nacira Guénif-Soulamas y tiendra le rôle du juge. Le procureur général sera Omar Slaouti. Les accusés seront Houria Bouteldja, Sihame Assabague, Wiam Berhouma, mais aussi Eric Fassin et Alain Gresh ou la fondatrice du collectif « Urgence notre police assassine ».

Ils plaideront coupables. Coupables d’avoir créé des camps d’été interdits aux Blancs. Coupables d’antisémitisme, de racisme. Coupables de représenter un danger pour la Démocratie. Coupables d’homophobie.

Un procès dans lequel on est juge et partie est une insulte aux libertés et à la Démocratie.

Un procès dans lequel celui qui accuse est celui qui répond n’est pas un procès. C’est une insulte à tout forme de Justice. Un procès dans le cadre duquel on y commet sciemment l’irréparable ne peut pas être un procès. C’est un crime contre la République qui se prépare.

Nous, républicains de tous bords, appelons les autorités à la plus grande fermeté et à la vigilance devant l’émergence de groupuscules dont le pouvoir de nuisance sur nos valeurs ne cesse d’augmenter à mesure que la République recule.

Nous dénonçons ce simulacre de procès comme le prétexte d’une manifestation anti républicaine et anti sociale.

Nous refusons la récupération que tentent ces mouvances sur le mouvement social et appelons les syndicats et partis engagés dans ce mouvement à leurs responsabilités républicaines.

Nous disons aux républicains que depuis longtemps, la France n’a sans doute pas connu pareil essor de la contestation d’une République où la Liberté, l’Egalité, la Fraternité et la Laïcité prévalent sur la couleur de peau, la religion, l’orientation sexuelle ou les origines.

Nous affirmons qu’à l’heure où nos élus, à l’Assemblée Nationale, prétendent dénoncer la tenue de tels événements à et que le gouvernement, par la voix d’une ministre, condamne l’abjection de ces mouvances, il est grand temps d’agir et de tenir le vrai procès politique et républicain que nous devons tous instruire à l’endroit de nos vrais ennemis.

La laïcité, Saint -Denis et Edwy Plenel…

Une conférence sur la Laïcité animée par Eddy Plenel, c’est un peu comme l’absolution d’une Femen : on ne raterait ça pour rien au monde.

LaïcArt n’a pas pu résister à la curiosité et s’est rendue sur place pour témoigner.

D’emblée, nos intervenants insistent pour expliquer que la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat est parfaitement claire. Malaise: pourquoi donc un débat ? Nous nous rendons compte petit à petit que ce débat serait rendu nécessaire, pour nos chers conférenciers, par le soi- disant dévoiement de la laïcité.

Edwy Plenel nous fait un cours d’histoire, en omettant des points essentiels. Pour lui les histoires courtes sont sans doute les meilleures. Surtout quand elles parlent de laïcité.

Quand les femmes turques obtiennent le droit de vote 20 ans avant les Françaises, il oublie qu’elles ont été également émancipées de ,obligation de porter le voile. Eddy Plenel n’en n’a cure. Il ne veut pas révéler à son auditoire que la Turquie a donné le droit de vote aux femmes précisément parce qu’elle a su s’émanciper de l’islam.

Avec une sélectivité sans nulle autre pareille, il fait l’éloge de certains acquis en France : mariage homosexuel, égalités, minorités. Tout y passe. Sans la moindre cohérence avec l’éloge qui est la sienne d’un islam politique.

Au fond, Pelen nous régale d’une illusion de tolérance en creux des interdits religieux de ses amis.

Plenel ne voit aucun inconvénient à l’islam politique des Frères Musulmans (dont l’équivalent pourrait être les Mormons), qu’il considère sérieusement comme l’islam moderniste qui n’a de moderne que les capacités intellectuelles de ses membres pour pouvoir accéder au pouvoir pour, au moment venu, faire un rétropédalage de plusieurs siècles à l’instar de la grande Égypte.

A la fin de la conférence une ravissante jeune femme d’environ 25 ans, étudiante en philosophie, voilée, fait part de son expérience lorsque la loi de 2004 est passée et du “traumatisme” qu’elle a alors subi : elle avait 14 ans et on la regardait de travers à cause de son foulard.

Elle regrette d’ailleurs que nous n’ayons pas eu de témoignages de ce que subit une femme voilée à Saint-Denis. J’ai cru tomber de ma chaise. Il faut que je précise que lorsque je suis arrivée, en attendant mon amie qui venait assister à la conférence, je me suis installée et j’ai commandé un demi en terrasse. Les propriétaires ont été charmants. En revanche, j’ai été regardée de travers par ceux qui se disent discriminés. Et sur la place de la Basilique, les femmes voilées ainsi que certaines petites filles de moins de dix ans également voilées, ainsi que des hommes en djellaba, y circulaient tout à fait l’aise…
Je n’ai rien contre le voile, c’est l’idéologie rétrograde qu’il représente avec laquelle je ne suis pas du tout d’accord. La religion musulmane a bien entendu toute sa place en France ; un islam des Lumières, pas un islam obscurantiste qui a déjà noirci la quasi totalité de tous les pays musulmans et où la libre pensée peut parfois coûter la vie.

LaïcArt : nous sommes l’offensive, la pointe du fer de lance

Nous sommes la laïcité vivante, parmi nous des personnes issues de tous horizons, de toutes confessions, des athées aussi. Nous sommes la République vivante, nous sommes l’offensive, la pointe du fer de lance. Le projet LaïcArt a été fondé le 15 décembre 2015 pour engager le combat face aux forces obscurantistes qui nous ont déclaré une guerre totale. Le réseau de combat LaïcArt est composé aujourd’hui de 150 membres déterminés, venant de tout le pays et d’ailleurs et d’un millier de sympathisants. Par définition, un réseau de combat n’a pas vocation à devenir un mouvement de masse. Ce qui nous rassemble, c’est la volonté d’agir, notre capacité à dominer nos peurs et une relation charnelle à notre histoire, à notre pays et à nos valeurs universalistes. Nous sommes les Français qui arrivent à l’heure au rendez-vous. Pour en savoir plus sur qui nous sommes, il n’y a pas d’autre moyen que de nous rejoindre et d’agir.

LaïcArt s’est constitué en association Loi 1901 le 11 avril 2016.
Sémira Tlili en assure la présidence depuis juin 2017.