Caroline Fourest : Génie de la pédagogie

La loi de 1905 est la conclusion d’un divorce presque à l’amiable entre l’Église et l’État. Si l’on veut comprendre la loi, son équilibre, il faut connaître l’histoire et les raisons qui conduisent à cette séparation puis, à ce que l’on peut voir, comme une forme de traité de paix entre la religion et la démocratie. Le livre de Caroline Fourest, Génie de la laïcité, est de ce point de vue exhaustif et comme à son habitude d’une incroyable clarté. Lors d’un échange de textos au mois d’août dernier, où je proposais à Caro de venir à une réunion LaïcArt, j’apprenais qu’elle travaillait sur un texte qui, me disait-elle, serait utile au combat. Effectivement j’ai appris énormément de choses dans son livre qui devraient nous faire gagner énormément de temps.
Pour faire simple : tout ce que vous pouvez dire ou entendre sur la laïcité à la française a déjà été dit, et mieux, déjà expérimenté : toutes les combinaisons possibles, de l’anticléricalisme brutal à l’égalité entre les religions et la séparation avec l’État, en passant par le droit de culte réservant une place particulière au catholicisme, des progressions, des retours en arrière, des doutes, des combats, des morts pour revenir toujours au même endroit : quand les curés ne se mêlent pas de notre vie privée, c’est mieux.
Il y a une phrase que je lis souvent sur les réseaux sociaux et qui dit beaucoup de l’état de méconnaissance de l’histoire de cette loi que chacun admet pourtant si importante, elle commence par : « La laïcité de mon point de vue c’est… ». Comme s’il y avait autant de laïcités que de défenseurs de cette loi. Quand je dis « traité de paix » au sujet de cette loi, c’est parce qu’elle constitue un point d’équilibre entre deux forces radicalement opposée et d’une violence inouïe qui, par miracle si j’ose dire, ont réussi à arracher un accord après des débats qui promettaient pourtant d’être beaucoup plus défavorables à l’église catholique.

 

Il faut lire ce livre et l’offrir. Il faut impérativement que les croyants laïcs défendent leur acquis face à l’inconscience et à l’inconséquence des extrémistes qui souhaitent ouvrir une boîte qui ne se refermera que, comme l’histoire nous l’enseigne, dans des torrents de sang et de haine contre les religions.

Ahmed Meguini