8 mars : journée de la femme de banlieue

Moi je dis : et les femmes, dans tout ça ?

C’est bientôt la Journée de la femme, alors parlons des femmes. Vous me direz : les femmes, on en parle tout le temps en ce moment. Après le grand débat sur Jacqueline Sauvage — est-ce qu’une femme victime de violence a le droit à une légitime défense face à son mari agresseur quand la loi ne la protège plus ?— il y a eu aussi le débat sur les viols et les agressions sexuelles à Cologne — est-ce que les femmes occidentales doivent se tenir à distance de bras des hommes musulmans ? Et maintenant, il y a un autre grand débat, sur Kamel Daoud : dans tous les journaux, des gens débattent pour savoir si en France il est permis de débattre sur les femmes et sur les Musulmans ? Moi je dis : et les femmes, dans tout ça ? J’aimerais être sûre que vos symboles ne sont pas des obstacles pour voir la réalité comme elle est. Vu de chez moi, de mon 4 pièces de Sevran, j’ai souvent l’impression que ces débats, comme ceux qui ont suivi les attentats contre Charlie, de l’Hyper Casher et ceux du 13 novembre, ne servent que ceux qui préfèrent parler des problèmes plutôt que les régler.

En France aujourd’hui, les femmes ne sont pas égales aux hommes. C’était vrai pour moi, quand je cherchais un travail alors que j’étais mère divorcée et qu’on me disait que je risquais d’être plus absente qu’un homme si mes enfants tombaient malades. C’est vrai pour ma voisine Souad quand elle appelle la police pour dire que son ex-mari tape à la porte et qu’elle a peur et qu’on lui répond : « on viendra dans deux jours, vous pourrez attendre ? ». C’est vrai pour les femmes qui appellent le 115 (le numéro des sans abri). C’est vrai pour les mamans qui pleurent parce que leur garçon est en Syrie et qu’on leur fait des reproches au lieu de les aider.

 La ville de banlieue, réservée aux hommes, nous est interdite

Il y a des lois en France, qui protègent tous les citoyens. Les droits des femmes méritent mieux que le 8 mars, ce serait bien de les appliquer toute l’année. La parité en politique c’est super, mais la parité dans la vraie vie ce serait super utile. Comme par exemple pouvoir aller à la terrasse d’un café quand on est une femme, quand aujourd’hui encore la ville de banlieue, réservée aux hommes, nous est interdite. Et aider les filles à s’en sortir par l ‘éducation pour qu’à leur tour elles éduquent bien leurs garçons et qu’elles se fassent respecter par leurs maris, c’est urgent. Pour les femmes, toutes les femmes, les Musulmanes voilées, et toutes les autres.

La réalité de nos jeunes qui sont morts en Syrie et des mères qui pleurent leurs enfants sans trouver d’aide

Il est temps d’agir, de parler de Jacqueline Sauvage, de Cologne, d’oublier de faire taire Kamel Daoud, et les débats qui excluent la réalité telle que je la vis, la réalité qui m’a poussée à créer la Brigade des Mères, la réalité de ma fille de 19 ans, de mon amie qui cherche un travail et un logement parce qu’elle a dû quitter son mari violent. La réalité de nos jeunes qui sont morts en Syrie et des mères qui pleurent leurs enfants sans trouver d’aide de l’Etat, pour ces vrais problèmes on fait comment ?

 Oui je veux la liberté pour les femmes

Les jeunes qui ne trouvent pas de stage dans leur branche. Les municipalités qui font du clientélisme. Les enfants qu’on arrache à leurs mamans quand elles sont expulsées sans relogement. Le 115 qui travaille avec des pourris, qui enrichit des voleurs de sommeil.
Les femmes battues tous les jours par des maris ivrognes. Les enfants qui ne trouvent pas d’écoles. Et ces élus complices de la montée de l’islamisme dans les banlieues. Les retraitées qui fouillent les poubelles pour manger. Des fillettes de 3 ans qui, aujourd’hui en France, portent le voile. Les mots tabous : laïcité, musulman, interdit de débat dans notre pays laïc. Oui je veux la liberté pour les femmes qui ne peuvent pas prendre un café tranquille dans certaines villes, là où les hommes ont pris toute la place, et même tous les budgets « loisirs » qui ne sont dépensés que pour les garçons dans les banlieues : stade de foot, salles de boxe, randonnées entre mecs.

Et maintenant on fait comment ?

Nadia Remadna

Marche de la Brigade des Mères à Paris le 13 mars 2016 11h à Sevran, 14h à République

Retrouvez toutes les informations sur la brigades des mères :

sur le site BrigadeDesMeres.org
sur le compte Twitter @BDM_FRANCE

Pour contacter Nadia Remadna

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Rien ne peut justifier le port du voile dans une école

Où commence et où s’arrête la neutralité de l’espace public ? Sur le cas concret de l’école et des interventions de cette femme admirable qui a perdu son fils dans la folie barbare d’un djihadiste sans foi ni loi. Ce crime sordide fait à l’humanité tout entière avec le facteur aggravant que ses auteurs croient s’absoudre par une absurdité morbide qu’ils inventent logique, ils tuent des enfants juifs en faisant référence au conflit israélo-palestinien et en assassinent lâchement des soldats français sur leur propre territoire.

Les paroles de paix de la mère d’une des victimes de Mohamed Merah sont importantes, son message est capital, il porte en lui le pardon et la possibilité pour les égarés d’une rédemption, je crois comme elle que les hommes peuvent changer.

Je m’identifie beaucoup à cette famille : comme leur fils, j’ai été soldat de métier, comme leur fils, j’ai un prénom musulman, comme leur fils j’étais fier de servir la France partout où on me l’a ordonné sans question ni état d’âme, comme leur fils j’ai servi dans les prestigieuses Troupes de Marine. Lui était dans l’aéroportée et moi dans l’infanterie.

Dans l’armée, c’est du sang vert kaki qui coule dans nos veines, un état d’esprit qui laisse les viles considérations politiques aux civils et à nous la souffrance, le sens de l’honneur et la gloire de peut-être mourir au service de la patrie, et de nos valeurs humanistes qui m’ont conduit à traverser les champs de mines serbes et bosniaques dans les années 90. Quelques camarades ont été tués, d’autres sont revenus amputés, comme moi ils avaient une vingtaine d’années.

Je veux redire que je vois le chagrin d’une mère, que je le ressens en tant que fils et en tant que père. Son chagrin et celui des autres famille touchées par la barbarie de quelques fanatiques, et partagé par tout un peuple, une nation et bien au delà encore, cette souffrance est partagée par tous ceux qui gardent un cœur tendre et disponible aux nombreux malheurs de ce monde.

Les valeurs pour lesquelles j’ai accepté l’idée du sacrifice ultime portent en elles la laïcité et la neutralité du service public ; une neutralité poussée à l’extrême dans l’armée. L’uniforme, les codes, l’interdiction de participer à tout évènement politique, l’interdiction d’être membre d’une association, de faire grève ou simplement de contester l’autorité.

Dans notre conception de la laïcité, l’école est un temple de la République : au même titre que je n’irais pas chaussé fouler les tapis de prière d’une mosquée, rien ne peut justifier que quelqu’un intervienne dans ces temples laïcs en arborant ostensiblement un signe religieux, prétendument musulman, qu’est le voile.

Afin d’éviter une énième loi, j’aimerais que cette mère éplorée comprenne l’importance de retirer ce foulard (hérité des dérives sectaires et fanatiques de l’Islam), pour donner un autre bel exemple, celui de la Laïcité quand elle pénètre dans une école, que dévoiler sa chevelure dans l’enceinte d’un établissement scolaire n’est non seulement pas un crime mais qu’il est apprécié comme une marque de respect des valeurs pour lesquelles des soldats, comme son fils, meurent régulièrement dans tous les théâtres d’opération où la France est engagée pour combattre et détruire les islamistes et leur idéologie.

Ahmed Meguini

Débat : Le retour de l’uniforme à l’école ?

Une mesure simple à imposer puisqu’elle existe déjà, à la seule différence que l’uniforme change chaque saison et que ça coûte une fortune aux parents. La dernière paire de baskets, le dernier pantalon et « le haut » dernier cri qu’ils achètent tous dans les mêmes magasins. Enfin un écolier ressemblera à un écolier et ce sera plus difficile de le confondre avec un adulte et de lui vendre des cigarettes ou des jeux à gratter à la sortie des cours. Et il sera également moins tentant de racketter les pompes du mec qui a les mêmes que toi. Évidemment cela abolit également les marqueurs de classe que peuvent être les vêtements. Enfin, et c’est peut-être le plus important, le soulagement des parents qui gagneraient un bon quart d’heure tous les matins. En Grande-Bretagne, où cette pratique a encore cours, elle n’ôte rien de la créativité ou de l’indépendance d’esprit de ces enfants une fois qu’ils deviennent adultes.

Ahmed Meguini

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