L’ islamisme et la laïcité : conflit éternel

Depuis des décennies, le problème de la relation entre l’islam politique et la laïcité s’est imposé et est devenu l’un des thèmes majeurs qu’on doit traiter à cause de l’ampleur des mouvements islamistes et l’importance des thèses de ses leaders. Il faut préciser, de prime abord, que l’idée de la laïcité est tout simplement la distinction et la séparation entre l’espace privé consacré à la religion et l’espace public partagé avec les autres concitoyens. En effet, l’idée d’une société laïque signifie qu’il y a une garantie pour les minorités et une protection de leurs droits et de ce fait, tous les citoyens seraient égaux devant la loi. On ne peut pas évoquer l’idée d’instaurer un Etat de droit sans la laïcité, ce sont deux concepts clés et nécessaires. Les éléments des discours religieux des mouvements islamistes sont toujours les mêmes que ce soit les frères musulmans dans les différents pays ou les mouvements djihadistes qui déclarent la guerre à tous leurs adversaires (à l’instar de Daesh ). On peut confirmer qu’il y a une diversité dans les mouvements islamistes, mais leurs désaccords sont toujours sur le plan méthodologique mais jamais sur la finalité de leurs démarches. Pour certains, la solution est avant tout le dialogue et le débat avant de recourir à la force. Mais pour d’autres, surtout les mouvements du salafisme djihadiste, il est hors de question de négocier avec les mécréants, leur stratégie consiste à tuer et à massacrer tous les opposants afin d’instaurer un Etat islamique légiféré par la loi divine. En témoigne, on a deux cas : l’exemple de la Tunisie : Il est vrai qu’en Tunisie, le mouvement islamiste Ennahda s’est déclaré comme un parti fervent de la séparation entre la religion et la politique, néanmoins la réaction de beaucoup de députés dans l’assemblée nationale peut donner une idée sur les réelles motivations de ce parti. ( Habib Ellouz et Sadok Chourou sont les deux pionniers de la véritable idéologie de Ennahda ). En étudiant le discours d’Ennahda depuis la révolution, on peut facilement constater que ce parti a le même but que les mouvements salafistes et que les discours modérés et les slogans ne sont que des moyens pour hypnotiser un peuple dont la majorité reste sensible face aux discours religieux. En outre, il n’y a pas une grande différence entre les mouvements salafistes et les frères musulmans, ce n’est qu’une question de stratégie mais ils ont les mêmes buts : témoin la fameuse conversation entre Abdelafattah Mourou, vice président d’Ennahda et Wajdi Ghoneim un cheikh extrémiste qui s’oppose publiquement à la laïcité. Ils considèrent tous deux les laïcs comme des mécréants. Et L’exemple de l’Egypte : C’est le pays des frères musulmans. En effet, cette organisation a été fondée en 1928 par Hassan Al Banna. Les islamistes étaient depuis leur fondation de farouches opposants de la laïcité en considérant que le modèle de la société égyptienne n’est pas conforme avec les fondements de l’Islam. C’est pour cela d’ailleurs qu’ils ont déclaré la guerre aux intellectuels et aux artistes. Avec des leaders comme Al Banna et Sayyed Qotb, les frères musulmans seront les ennemis de la laïcité. D’après leurs thèses, le peuple doit être gouverné par le coran et la Sunna du prophète de l’islam, et ceci, bien sûr, est devenu un problème pour tous les présidents de l’Egypte : Jamal Abdel Nasser, Anouar El-Sadate et Hosni Moubarak. L’organisation des frères musulmans est une organisation qui a beaucoup de sympathisants. Elle détient, justement, le pourvoir au sein des classes populaires de la société égyptienne. D’ailleurs, les Cheikhs ont une notoriété remarquable et peuvent manipuler des individus incultes pour agresser et assassiner leurs ennemis. En témoigne ce qui s’est passé après un débat entre Mohammed Al-Ghazali et Faraj Fouda. Ce dernier a été assassiné car il était un défenseur de la laïcité et des droits de l’Homme. Idem pour Naguib Mahfouz, prix Nobel de littérature, qui a été victime d’une tentative d’assassinat. D’après le témoignage du juge d’instruction, l’agresseur n’était qu’un jeune électricien de 21 ans qui n’a même pas lu les œuvres de Mahfouz. L’islam politique (frères musulmans ou salafistes ) n’est pas compatible avec la laïcité. Cela devient saillant après une analyse des discours religieux dans des pays différents. Peu importe la place/le pays on est toujours face aux mêmes projets et objectifs : détruire le modèle des pays laïcs et instaurer un Etat islamique.
Les caractéristiques des mouvements de l’Islam politique
1/ La nostalgie et la confusion entre l’historique et le sacré : ceci est l’un des éléments majeurs qu’on peut trouver chez tous les islamistes (des frères musulman jusqu’aux mouvements salafistes ). Le rêve d’instaurer un Etat islamique gouverné par la Charia (la loi divine) ce qui leur permet de refuser la démocratie et la laïcité car ils les considèrent comme une innovation humaine ( بدعة ) contre la parole de dieu. C’est une lecture qui néglige, bien évidemment, la rationalité. Ils défendent aussi l’innovation faite par les Cheikhs-savants ( العلماء ) d’où la confusion entre le texte sacré les interprétations ( تفاسير ) qui sont considérées comme des vérités indiscutables.
2/ L’absence de la rationalité et le recours à l’histoire des ancêtres ( السلف الصالح ) : l’idéologie islamiste se base essentiellement sur le refus de toute interprétation moderne du texte sacré. Pour eux, les versets du coran ne devraient être lus et interprétés que par les Ckeikhs/juristes et selon une lecture bien précise avec des règles instaurées depuis des centaines d’années. En somme, c’est le fait d’appliquer des règles archaïques et archaïsantes sur notre présent. On pourrait comprendre, en ce sens, que la guerre contre les mécréants est justifiée puisque le monde a été divisé en Dar al-Islam ( دار الإسلام ) – c’est à dire les territoires occupés par l’Islam, et qui est le domaine de la soumission à Dieu – et Dar al-Harb (دار الحرب أو دارالكفر). Sayyid Qutb a appliqué ce principe et il l’a également développé pour arriver à une conclusion effrayante : La société égyptienne est une société de Jâhilîya ( جاهِليّة ) ce qui signifie que les égyptiens sont des mécréants comme à la période préislamique. Cela a été considéré comme une déclaration de guerre contre la laïcité et la société moderne.
Le projet des mouvements de l’islam politique (frères musulmans, mouvements salafistes… ) est en contradiction avec la laïcité car il néglige les droits de l’Homme et la démocratie. Ce sont des mouvements qui refusent les acquis de la modernité et qui ne rêvent que d’un Etat islamique gouverné par un Califat. En conclusion, ils pensent que le retour en arrière est la vraie solution alors que l’avenir est pour les recherches et la création et n’a pas de places pour les illusions des islamistes.

Dhia Bousselmi

Qu’est-ce que la Taqiyya ?

Il y a un mot que l’on entend beaucoup répéter dans les milieux français et européens notamment après les attentats terroristes qui ont frappée Paris et Bruxelles et plus récemment Orlando et qui ont fait beaucoup de morts et de blessés innocents. Le mot en question revient souvent en parlant de l’offensive organisée par l’islam politique avec ses deux branches. La première : le salafisme jihadisme, la seconde : le mouvement de Frères Musulmans qui est plus tortueux. Cette offensive vise l’Europe en général et la France en particulier pour frapper son modèle républicain et laïque qui a été construit sur les ruines d’un autre plus ancien axé sur l’Eglise et le cléricalisme.

La Taqiyya est une notion très présente dans l’histoire musulmane et est liée à beaucoup de mouvements religieux et politiques, elle est maintenue et plébiscitée dans certains de ces mouvements jusqu’à nos jours. L’islam politique et en particulier la bande des Frères Musulmans l’ont très vu adopté dans leur méthode de travail dans le but d’arriver au pouvoir dans les pays majoritairement musulmans mais aussi dans les pays européens et occidentaux. La Taqiyya est synonyme de mensonge, d’hypocrisie et de double discours dans l’esprit de tous Français qui s’intéresse à l’islam politique et à ses protagonistes qui sont invités à tous les plateaux télévisés. Or, si cette définition n’est pas loin de la réalité, il faut savoir que le terme est plus profond sur le plan politique et conceptuel que l’idée de double discours que tous les hommes politiques arrivistes emploient, qu’ils soient de gauche ou de droite.

Beaucoup de citoyens ordinaires restent complètement ignorants de ce concept dangereux et de cette rhétorique encore nouvelle en France et en Europe. C’est pour cela qu’ils tombent facilement dans le piège de l’attitude modérée de certains membres des Frères Musulmans qui ont une forte présence médiatique car ils ignorent le style ondulant de la Taqiyya de la bande de Frères Musulmans et comment ils peuvent détourner le sens des mots et dire ce qu’ils ne pensent pas d’une façon machiavélique.
Par conséquent, cet article a pour objectif d’éclairer l’opinion publique au sujet de la Taqiyya à travers un exposé historique ; la naissance et l’évolution de cette notion et ses usages politiques modernes.

La Taqiyya, veut dire…

Le vocable « Taqiyya » vient du verbe arabe « yataqi » qui veut dire « craindre, être prudent » comme par exemple dans le proverbe arabe : Crains le mal de celui à qui tu as fait le bien ! En tant que terme religieux, elle signifie le fait de dissimuler une croyance par peur d’accuser une perte matérielle ou morale. Cette notion est liée dans l’histoire des religions aux périodes de persécution religieuse et de la discrimination basée sur le critère communautaire. L’islam et le judaïsme l’ont adopté d’une façon intégrale tandis que le christianisme n’a permis aucun comportement pareil incitant les croyants à patienter et/ou à mourir en martyre.
L’islam a autorisé la Taqiyya d’une façon générale afin de protéger les musulmans contre tout préjudice susceptible de le nuire dans sa vie ou dans sa foi. Le terme s’est élargi chez les branches minoritaires au fil de l’histoire au point de devenir un des piliers de la religion à cause de la grande persécution qui a touché ces branches. La notion de Taqiyya a été mentionnée dans le verset coranique suivant :
« Que les croyants ne prennent pas de dénégateurs comme alliés au lieu de croyants. Le faire, ce serait vous couper totalement de Dieu, à moins que ce ne soit dans le but de vous prémunir contre eux ; néanmoins Dieu vous met en garde contre Lui-même. Dieu est omniprésent »1
Ainsi, la Taqiyya est une forme de prudence qui autorise le musulman à dissimuler ses idées et ses croyances mais cela peut aller jusqu’à avoir des agissements et des paroles en harmonie avec ce que les non-musulmans disent pour se protéger d’eux. Dans ce cas, ses convictions réelles doivent rester intactes. Cette attitude peut aussi aller jusqu’à montrer l’impiété à l’égard de Dieu et de Mahomet tout en gardant la foi au tréfonds de son âme dans le cas où il craint l’affliction.1 Traduction de Jacques Berque (note du traducteur)

La Taqiyya à travers l’histoire musulmane
La Taqiyya a été pratiquée dès le premier jour du message mahométan par le biais d’inviter certaines personnes à rejoindre la nouvelle religion en secret. Mahomet incitait ses compagnons à cacher leur foi et à continuer leur vie d’avant la conversion à l’islam quitte à pratiquer le paganisme en attendant de pouvoir annoncer le message à tout le monde.
Les branches minoritaires, notamment chiites, ont donc accordé beaucoup d’importance à la Taqiyya en en faisant l’un des piliers de l’islam et en stipulant que celui qui abandonnerait cette pratique sera considéré comme celui qui abandonne la prière. Ceci est dû à l’importante persécution dont a souffert cette branche à travers son histoire. Jusqu’à aujourd’hui la Taqiyya reste une pratique importante chez certaines communautés islamiques comme les alaouites et les druzes. Ces derniers feignent de faire la prière comme les musulmans en Syrie et en Jordanie mais au Liban et en Israël ils se considèrent comme une religion à part entière.
La Taqiyya politico-religieuse
L’arrivée au pouvoir des Abbassides est considérée comme un exemple des plus réussis de la pratique de la Taqiyya politico-religieuse qui a eu pour conséquences un bouleversement capital du pouvoir politique qui a permis aux Abbassides de prendre le pouvoir des Omeyyades avec tout ce que cela a impliqué comme changements au niveau de la doctrine musulmane.
Les sources nous informent que les activités secrètes en faveur des Abbassides ont duré un demi-siècle. Pendant cette période, les prédicateurs abbassides demandaient aux gens de prêter allégeance au calife abbasside et de désavouer le calife omeyyade tout en gardant cela pour secret dans l’attente de renforcer les troupes pour pouvoir s’emparer du pouvoir.
Pendant un demi-siècle d’activité secrète, les omeyyades n’étaient pas au courant de ces préparatifs dangereux sauf dans les cinq dernières années de leur règne lorsqu’ils ont perdu le
contrôle de la région de Khorasan et de la Transoxiane. Auparavant, les adeptes des abbassides pratiquaient la Taqiyya avec habileté, faisaient la prière au nom du calife omeyyade en injuriant Ali. Cet exemple sert comme modèle réussi et complexe pour la pratique de la Taqiyya dans le sens où il a abouti à l’effacement d’un califat qui était très riche et puissant en le remplaçant par un nouveau califat et une nouvelle dynastie avec une nouvelle doctrine.
La Taqiyya politique à l’époque moderne
Dans le cadre d’un mouvement de revivification d’anciens concepts en les utilisant, soit dans sa signification historique, soit en lui donnant une nouvelle signification, beaucoup de mouvements de l’islam politique ont revivifié la notion de Taqiyya et l’ont pratiquée pour protéger leurs sympathisants et pour dissimuler leurs plan politiques.
Par exemple, ils peuvent nier le jihad comme obligation islamique devant les médias occidentaux, éviter de parler de châtiments corporels tels que la lapidation, les coups de fouet, l’amputation de main pour le voleur, tuer le converti, etc. Et tout ce qui n’est pas conforme à la Déclaration universelle des droits de l’homme et de toutes les autres conventions internationales. L’un des dirigeants de l’UOIF est allé jusqu’à affirmer que « la loi et la Constitution républicaine sont notre charia » et c’est exactement une pratique de la Taqiyya qui oblige d’afficher une forme de « mécréance » devant les « mécréants » tout en le condamnant par le cœur pour se défendre. Les groupes islamistes incitent leurs membres à se raser, faire la bise, ne pas jeuner pendant le ramadan et de boire de la bière s’ils risquent de perdre leur travail surtout dans une situation où ils sont minoritaires.
La Taqiyya est également pratiquée par les bandes de l’islam politique dans les sociétés majoritairement musulmanes. Les Frères Musulmans y déclarent qu’ils sont démocrates et qu’ils s’engagent à respecter les droits des minorités et ceux de la femme et qu’ils n’appliqueront pas la charia mais une fois au pouvoir ils oublient leurs promesses et reviennent sur leur parole et se mettent à appliquer leur vrai programme car, après tout, les promesses n’engagent que ceux qui y croient.
Cette méthode a porté ses fruits en Egypte et En Tunisie et a permis aux Frères Musulmans d’arriver au pouvoir avant qu’ils ne le quittent de différentes manières. Cependant, tout au long de leur règne, ils sapent toutes les règles démocratiques et toutes les valeurs
républicaines et portent atteinte au régime démocratique en créant des milices et en essayant de pénétrer l’Etat à travers son pouvoir exécutif, surtout les forces de l’ordre.
Rien de mieux que ce slogan scandé par les Egyptiens pour protester contre les Frères Musulmans : « Khan Ykhoun Ikhwan 2»
La trahison conjuguée à la Taqiyya avec tout ce que cela comporte de mensonges et d’hypocrisie représentent un fer de lance utilisé contre l’Etat-Nation pour essayer de le conquérir et de l’assujettir. C’est pour cela que la prudence s’impose. Il ne faut pas croire, naïvement, au discours de ceux qui disent ce qu’ils ne croient pas. Pour se prémunir contre ce cancer politico-religieux, il faut mettre au grand jour leur méthode de fonctionnement qui a réussi à détruire des pays tout entiers.
Haytham AbdelMoula
2 Slogan employé par les manifestants égyptiens contre Mohamed Morsi qui consiste en un jeu de mot. Le verbe khan qui signifie trahir a une consonance très proche de la racine akh qui veut dire frère ; le nom des Frères Musulmans se dit en arabe Ikhwan Moslimin. (note du traducteur)

Haythem Abdelmoula

 

Le Préfet de la Moselle invite un imam homophobe et sexiste

Monsieur Amine NEJDI, Imam de la Grande Mosquée Assâlam de Nancy, Président du Conseil régional du Culte musulman de Lorraine, invité ce soir au Printemps des Religions par Préfet de la Moselle et Ville de Metz pour célébrer la “Fraternité” déclare sur son site internet :

Sur l’érotisation :
“La pornographie favorise directement ou indirectement la recrudescence des divorces, l’augmentation de l’homosexualité, de la bisexualité, de la sodomie, de la prostitution, du sida.”

Sur le rôle de la femme :
” Si la femme pouvait savoir qu’elle trouverait dans la prééminence masculine sa propre protection sociale, psychique, physique, culturelle, sa liberté et son individualité dans la société musulmane, elle se rendra compte que la non-musulmane n’a pas cette chance puisque dès la majorité, celle-ci doit se prendre en charge seule, se passer de protecteur et travailler sans relâche pour assurer son bien-être.”

Sur les menstruations :
“Ce sont les rapports complets (avec pénétration du vagin) qui sont prohibés, sinon, l’homme peut jouir de son épouse sur tout son corps, même entre les jambes s’il évite  l’endroit de l’écoulement du sang.”

Ce soir cet imam pourra délivré sa parole devant des lycéens

Liens : http://www.moselle.gouv.fr/Actualites/Printemps-des-religions-Mardi-10-mai-2016-Salons-de-l-hotel-de-Ville-A-partir-de-17h00

http://al-wassat.com/2012/07/20/lerotisation-de-la-societe/
http://al-wassat.com/2012/07/16/vie-genitale-feminine-34-menstrues-et-rapports-conjugaux-2/

“Allez vous faire foutre”

La colère d’Ahmed Aboutaleb, maire de Rotterdam, contre les djihadistes, le jour de l’attentat contre Charlie Hebdo, vidéo sous-titrée en Français par LaïcArt

Ahmed Aboutaleb, né le 29 août 1961 à Beni Sidel (Maroc), est un homme politique néerlandais, membre du Parti travailliste (PvdA). Secrétaire d’État aux Affaires sociales entre 2008 et 2009, il est maire de Rotterdam depuis 2009. Aboutaleb a été élu personnalité néerlandaise de l’année 2014, et meilleur dirigeant politique l’année suivante selon deux sondages

Ahmed Aboutaleb est né à Beni Sidel dans le Rif marocain. À la mort de son grand-père, avec sa mère et ses cinq frères et sœurs, il quitte le Maroc à 15 ans, en octobre 1976, pour rejoindre son père, ancien imam de son village et qui avait émigré à La Haye où il travaille comme agent d’entretien. « La migration c’est sans pitié, terriblement difficile ; cela exige un prix incroyablement élevé » dira-t-il lors d’une interview en 2005.

En 1987, il obtient un diplôme d’ingénieur électronicien.

Source Wikipedia

L’islamisme est un fascisme

Par HAYTHEM ABDELMOULA

Michel Winock dans « Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France » (2004) a montré que l’extrême droite en France, en Europe et au monde repose sur 9 principes. Dans ce texte, je démontre que l’idéologie islamiste repose sur les mêmes principes de l’extrême droite européenne définis par Winock.

  1. « la haine du présent », considéré comme une période de décadenceLes islamistes, dans leur communication, montrent une haine viscérale à notre présent. Ils parlent de la fin des temps et des signes de l’approche de l’apocalypse (علامات الساعة). En insistant sur la fin très proche du monde, ils entraînent les gens dans des cycles de peur et de panique pour mieux les endoctriner. Leur propagande repose sur des textes religieux: Coran et Hadith qui parlent de cette apocalypse. Ce qui facilite leur prosélytisme dans la communauté musulmane.
  2. « La nostalgie d’un âge d’or »C’est l’âge de la Khilafa islamique, l’islam des conquêtes guerrières qui ont détruit deux grands empires: Byzantin et Perse. Ils insistent sur le fait que quelques Arabes bédouins ont détruit des armées régulières immenses: c’est un miracle ! Pendant cet âge d’or, ils avaient toutes les richesses et la gloire du monde. Dans les débats, les islamistes montrent que les premiers musulmans ont conquis le monde “ce qui prouve que leur religion est la vraie religion”. Cela repose certainement sur une erreur logique classique: l’argumentation par la conséquence. Mais cette démagogie populiste trouve une audience chez les gens sans le moindre esprit critique.
  3. « l’éloge de l’immobilité », conséquence du refus du changement ;Dans l’orthodoxie musulmane, il existe un concept très clair et très hais: Al bidaa (http://bit.ly/1s1FtOn) ce qui signifie la nouveauté. Pour une personne, “mobtadia مبتدع” qui signifie novateur, est un statut dangereux qui fait sortir le musulman de la tradition du bon Salaf السلف (http://bit.ly/1We4m5j) (signifie littéralement les bons ancêtres), c’est à-dire, la tradition mise en place par le prophète et ses compagnons. Cette tendance s’appelle le Salafisme et signifie le retour à cette tradition et le refus du changement et de la vie moderne.
  4. « l’anti-individualisme », conséquence des libertés individuelles et du suffrage universelDans l’idéologie islamiste, l’individu n’a pas de valeur en tant qu’individu mais en tant que membre d’un groupe de musulmans croyants: Al Jamaa الجماعة. La tendance individuelle est farouchement combattue et les avis qui sortent du cadre du consensus du groupe sont systématiquement réprimés par tous les moyens (bannissement, refus de mariage, assassinats…). Le droit à la différence n’existe pas car la différence mène à la discorde ce qui détruit le groupe des croyants. La logique derrière l’établissement de la charia est simple : la protection des méfaits (d’un point de vue religieux) est prioritaire par rapport à la réalisation des intérêts (دفع المفاسد مقدم على جلب المصالح). Cette approche réprime les besoins naturels de l’individu: amour, sex, liberté de pensée… au profit de la protection du groupe.
  5. « l’apologie des sociétés élitaires », l’absence d’élites étant considérée comme une décadence. Il est vrai que l’islamisme trouve un terrain favorable dans la classe moyenne citadine mais, comme toute idéologie fasciste, il cherche à établir une élite qui lui est favorable. En France, l’extrême droite a utilisé la lutte des classes pour réduire la bourgeoisie au capital juif et ses collaborateurs. Dans les sociétés arabo-musulmanes, l’islamisme cherche à anéantir les élites modernistes pour placer une élite islamisée. En Turquie, la bourgeoisie kémalite a été combattus par Erdoghane en la privant des marchés publics. En Tunisie, le chef des islamistes Rached Ghanouchi a dit explicitement: “Dieu aime les riches”. Une déclaration qui vise le rapprochement entre les islamistes et la bourgeoisie francophone. Le modèle économique proposé lors des élections législatives est trop libéral et ouvre le pays aux investissements venus des pays du golfe Persique. L’une des exigences de Salah Kamel, un milliardaire saoudien fils d’un leader historique des frères musulmans, pour développer la zone autour du lac de Tunis est d’y interdire la vente de l’alcool pendant 20 ans. La tradition musulmane dans le hadith accorde une forte importance aux origines sociales. Ainsi, il est très commode en Arabie Saoudite (pays gouverné par la charia) qu’un cousin porte plainte et demande devant un tribunal islamique que sa cousine divorce d’avec son mari car il appartient à une tribu moins noble que la sienne. L’islamisme cherche finalement à avoir une élite riche et loyale et il la considère comme primordiale dans la stabilisation de son projet. Les pays où les islamistes ont pris le pouvoir comme le Sudan, l’Iran, le Pakistan sont parmi les plus inégalitaires au monde. Pour établir cette bourgeoisie islamiste et cette élite profondément religieuse, l’islamisme mène un combat farouche contre la bourgeoisie éclairée et les intellectuels qui gravitent autour. Les islamistes modernes et leurs ancêtres (l’orthodoxie sunnite) considèrent les élites (philosophe comme Averroès (http://bit.ly/1T3qZ94), intellectuel comme Faraj Fouda assassiné en 1992 (http://bit.ly/271DZmY) comme des apostats qu’il faut tuer. L’orthodoxie sunnite a massacré massivement des intellectuels, des philosophes et des libres-penseurs et a réussi à étouffer le combat pour les lumières en terre d’islam pendant le 11-12e siècles. Les islamistes (leurs descendants légitimes) l’ont massivement pratiqué en Égypte (Faraj fouda, intellectuel égyptien progressiste qui avait voulu instaurer la laïcité en Égypte), en Algérie (des centaines de journalistes et d’universitaires), en Syrie (des universitaires, des ingénieurs…), au Liban (Hussein Marwa, intellectuel communiste athée) … Les islamistes en Tunisie (d’où je viens) expriment ouvertement leur haine envers l’élite moderniste en la qualifiant de ” la racaille francophone” الحثالة الفرنكوفونية
  6. « la nostalgie du sacré », qu’il soit religieux ou moral ;Il s’agit de l’idéal religieux pour les islamistes. La religion sort du cadre personnel et envahi littéralement tous les aspects de la vie en organisant les rapports avec les autres et ce qu’il faut faire et ce qu’il faut éviter. Cela annule le libre arbitre et transforme l’individu à un robot
  7. « la peur du métissage génétique et l’effondrement démographique »C’est l’effondrement démographique qui affole les islamistes. Ils appellent à la polygamie, la suppression du droit à l’avortement, le mariage dès le jeune âge … En Tunisie, les médias islamistes sortent souvent des statistiques sur les femmes non mariées et présente ce fait comme un terrible problème qu’il faut résoudre en réinstaurant la polygamie annulée en 1956. Ils expriment aussi une méfiance des mariages avec des personnes d’autres confessions. Mais ils incitent le mari à inviter sa femme non musulmane à se convertir. Il est inutile de rappeler qu’il est interdit à la femme musulmane de se marier avec un non-musulman par la charia et par la loi dans tous les pays à majorité musulmane (56 pays)
  8. « la censure des mœurs », notamment la licence sexuelle et l’homosexualité L’homosexualité est un délit dans la majorité écrasante des pays musulmans.Les islamistes s’opposent farouchement en Tunisie par exemple à toute révision de la loi 226 du code pénal qui inflige une peine de 3 ans aux homosexuels (l’une des peines les plus clémentes dans le monde musulman). L’adultère, lui aussi, est un délit dans tous les pays à majorité musulmane. Les islamistes s’opposent au cinéma et à l’expression artistique en général. L’influence grandissante de leur idéologie dans le monde arabe a conduit à la censure systématique des films et des animes Japonais. De plus, la promotion du voile, voile intégrale et du niqab s’intègre dans cette haine envers le corps humain en général et le corps de la femme en particulier. La démagogie islamiste, en Tunisie par exemple, établit un lien magique entre le mini-jupe et la sécheresse. Ils vous expliquent que “c’est à cause de l’indécence de nos femmes que dieu nous a privé de la pluie” ! Ainsi, voiler les femmes signifie, pour eux, le retour de la grâce divine et une protection contre son châtiment dans la vie et dans le jour du jugement dernier.
  9. « l’anti-intellectualisme », les intellectuels n’ayant « aucun contact avec le monde réel » (Pierre Poujade)L’intellectuel représente tout ce que l’islamiste déteste: la liberté de pensée, l’esprit critique, l’interrogation, l’auto-critique … La technique qu’ils utilisent pour les combattre depuis 1400 ans est la décrédibilisation devant la population. Ainsi, l’intellectuel est l’apostat méchant qui a une haine contre l’islam. On peut lui inventer aussi des origines juives. Cette pratique était appliquée à Ibn Alrawandi (un septique athée très connu au 8e siècle). Aujourd’hui, l’intellectuel laïque arabe est taxé d’application d’un agenda sioniste…

Ainsi, l’islamisme est incontestablement une extrême droite fasciste et ultra rétrograde. Cette idéologie représente l’obscurantisme religieux à l’état pur. Qu’ils soient combattus par l’extrême droite nationaliste en Europe ne leur donne pas un statut progressiste. Finalement, Soral a bien compris la forte proximité entre ces deux extrêmes.

Je suis ta mère

Inspiré de faits réels

Je suis ta mère et toi, ma fille, tu n’es morte qu’aux yeux du monde, dissimulée sous ton long voile.
Ils disent qu’ « Allah te voit », ils ne disent que « bises interdites, fornication, tu privilégies ta famille à ta religion ».
Je dis, moi, que ceux qui nous infligent cela mènent un combat qui n’a pas de sens. Leur dieu ne peut pas aimer ça. Il ne peut pas faire naître les enfants du ventre des mères pour les abandonner comme ça. Leur dieu se joue de toi et moi.

Et moi, je ne peux plus faire comme si c’était avant.
Avant, c’était le bon temps, le temps où l’on ne s’appliquait plus à se dire au revoir le matin parce qu’on était sûres de se retrouver le soir.
Avant, c’était le temps où je croyais qu’il suffisait que je t’aime de toutes mes forces pour que rien de mal ne t’arrive.
Avant, c’était le temps où j’avais peur des gros bobos, où j’imaginais, sereine, le temps lointain où tu serais grande, assez pour partir « faire » ta vie.
Le jour où tu es née, je savais que tu étais quelqu’un d’autre, tu sais, différente de moi, mais liée à moi au-delà de l’espace, vers l’infini et au-delà comme dirait l’autre naïf…

Aujourd’hui c’est le temps où tu es partie.
Aujourd’hui c’est le temps où je te pleure alors même que tu es là, toute proche et dans une autre galaxie.
Aujourd’hui c’est le temps où j’ai une fille qui n’a plus de mère, c’est le temps de l’Interdit. C’est le temps volé à ton dieu qui me laisse comme morte, punie la mécréante qui ne croit pas en lui.
Tu parles de tes choix et j’entends ses tabous.
Tu parles de pudeur et ton ostentation me choque.
Tu me parles de ton dieu quand je ne pense qu’à nous.
Tu parles de la vie d’après quand j’ai précisément peur de tes lendemains qui ne chanteront plus.
Tu parles de paradis et c’est l’enfer que je reçois en partage.
Moi je veux mon bébé. Je veux ta peau, la soie de tes cheveux, tes rires, pouvoir t’admirer et être libre de te le dire… te faire rougir, en rire ensemble.

Elle revient parfois cette enfant, me consoler, quand toute de noir vêtue tu retournes à tes prières, à tes interdits, à tes putains d’absolues certitudes qui prennent en fait la place de toutes les questions que tu ne poseras plus.
Elle s’assied là, à mes côtés, pelotonnée, rêveuse et douce, et ensemble, à nouveau réunies, nous te pleurons ma fille.

Stephane