Monsieur le Président, il n’y a pas de risque de radicalisation de la laïcité.

Il n’y a pas de risque de radicalisation de la laïcité au sein de la société. Nous avons gagné il y a plus d’un siècle et si le bouclier sonne fort, ce n’est pas son fait mais bien des coups de boutoir de plus en plus violents qu’il reçoit. La République est laïque et en effet pas la société, la société elle est protégée par le bouclier laïcité (notion proposée par Caroline Fourest dans Génie de la laïcité). La laïcité, c’est une loi constitutionnelle qui a permis de créer une vertu républicaine, faisant passer ses valeurs de liberté d’égalité et de fraternité avant toutes autres considérations. Le divorce, voilà une question de société et qui et au nom de quoi s’en est mêlé ? L’avortement, le mariage ouvert à tous ne sont pas des questions de société ? Vous souvenez-vous de la violence de ces combats et surtout, des arguments ? Et qui nous protège des textes sacrés ? Un autre non moins sacré, celui qui fait primer nos lois sur les leur, ce texte gardé sous clé que nous vous avons confié, un texte qui offre encore aujourd’hui l’asile à ceux de par le monde qui sont persécutés parce qu’ils ne sont pas de la bonne religion ou simplement parce qu’ils l’ont quittée.

Je suis né musulman on ne m’a pas laissé le choix, j’ai eu une vie de musulman détente qui mange du porc et boit de l’alcool. Aujourd’hui je suis athée; alcoolique abstinent et végétarien : nos cochons n’ont plus rien à craindre de moi. Pratiquement, je suis un meilleur Musulman depuis que je suis athée. C’est le miracle de la libre pensée, le grand oublié de nos débats sur la laïcité, parce qu’il n’existe pas de représentant de la libre pensée qui vous écrit toutes les trois semaines pour vous dire à quel point il est inquiet pour sa communauté et pourtant elle est importante sa communauté, toutes les études montrent qu’en France la religion, on n’en a massivement rien à faire. Et pourtant quel bruit: nous disons laïcité et respect de la loi, ils nous répondent débats interconfessionnels mais j’ai envie de dire “get a room!”. En quoi les débats interconfessionnels intéresseraient-ils l’État, mieux par quelle étrangeté en serait-il l’initiateur ? Il y a un débat mondial sur la place de la religion, un débat que la religion gagne, par le sang parfois comme au Pakistan ou dans tant d’autres pays et par les urnes comme c’est le cas en Pologne, en Autriche ou aux États-Unis où le courant créationniste prend des proportions inquiétantes. Nous sommes le dernier îlot de résistance et il tiendra bon parce que face aux fanatiques s’est levée une génération spontanée qui n’a plus peur, qui a compris les enjeux d’occupation des territoires et des esprits. Dans certains quartiers, revendiquer son athéisme est à classer dans les comportements à risque. La laïcité n’est pas un salon de thé pour cardinaux, imams et rabbins, protégez-nous, levez haut le bouclier et tenez bon. Vos électeurs dont je fais partie, les startup-eurs dont je fais partie, je regarde autour de moi et je n’en connais pas de bigots. Lors de votre prochain discours sur la laïcité en janvier, parlez-nous moins de religion que de libre pensée, le joyau de la couronne. Notre héritage, notre émancipation, notre outil pour libérer l’humanité.

Ahmed Meguini

Caroline Fourest : Génie de la pédagogie

La loi de 1905 est la conclusion d’un divorce presque à l’amiable entre l’Église et l’État. Si l’on veut comprendre la loi, son équilibre, il faut connaître l’histoire et les raisons qui conduisent à cette séparation puis, à ce que l’on peut voir, comme une forme de traité de paix entre la religion et la démocratie. Le livre de Caroline Fourest, Génie de la laïcité, est de ce point de vue exhaustif et comme à son habitude d’une incroyable clarté. Lors d’un échange de textos au mois d’août dernier, où je proposais à Caro de venir à une réunion LaïcArt, j’apprenais qu’elle travaillait sur un texte qui, me disait-elle, serait utile au combat. Effectivement j’ai appris énormément de choses dans son livre qui devraient nous faire gagner énormément de temps.
Pour faire simple : tout ce que vous pouvez dire ou entendre sur la laïcité à la française a déjà été dit, et mieux, déjà expérimenté : toutes les combinaisons possibles, de l’anticléricalisme brutal à l’égalité entre les religions et la séparation avec l’État, en passant par le droit de culte réservant une place particulière au catholicisme, des progressions, des retours en arrière, des doutes, des combats, des morts pour revenir toujours au même endroit : quand les curés ne se mêlent pas de notre vie privée, c’est mieux.
Il y a une phrase que je lis souvent sur les réseaux sociaux et qui dit beaucoup de l’état de méconnaissance de l’histoire de cette loi que chacun admet pourtant si importante, elle commence par : « La laïcité de mon point de vue c’est… ». Comme s’il y avait autant de laïcités que de défenseurs de cette loi. Quand je dis « traité de paix » au sujet de cette loi, c’est parce qu’elle constitue un point d’équilibre entre deux forces radicalement opposée et d’une violence inouïe qui, par miracle si j’ose dire, ont réussi à arracher un accord après des débats qui promettaient pourtant d’être beaucoup plus défavorables à l’église catholique.

 

Il faut lire ce livre et l’offrir. Il faut impérativement que les croyants laïcs défendent leur acquis face à l’inconscience et à l’inconséquence des extrémistes qui souhaitent ouvrir une boîte qui ne se refermera que, comme l’histoire nous l’enseigne, dans des torrents de sang et de haine contre les religions.

Ahmed Meguini

Lettre d’un ami

J’ai reçu ce courrier qui m’a profondément bouleversé, avec l’autorisation de l’auteur j’ai voulu vous le partager. Depuis que j’ai décidé de m’exposer dans ce combat contre l’obscurantisme et pour la laïcité, ces témoignages d’amitiés, ces partages d’expériences, ces rencontres de destin à destin sont devenus la source de ma volonté.

Bonjour Ahmed.

Je suis fier de faire partie de tes “amis” FB.

J’espère te rencontrer un de ces jours de visu, mais j’ai l’impression de te connaître. De t’avoir toujours connu, apprécié et aimé comme un ami, comme un frère en humanité.

Ça c’est dit…

Laisse-moi si tu le veux bien te raconter mon histoire.

Je suis métisse, Karim Dubois est mon vrai nom et non pas un pseudo comme beaucoup le pensent … (à croire que le métissage n’est encore vraiment dans les mœurs …)
Ma grand-mère maternelle a fuit l’Algérie (la Kabylie pour être précis) avec ma mère (plus jeune qu’elle de 14 ans) sous le bras suite à un mariage forcé. Pour fuir l’islamisme qui arrivait à grand pas avec les “professeurs” égyptiens, pour fuir les oncles qui commençaient à tabasser ce qui ne rentrait pas dans le Moule.
Son époux alors l’avait suivi, elle avait eu de la chance dans son malheur l’homme qui lui avait été choisi s’est avéré être un homme bon. Mais fragile. Accident de la circulation.
Elle s’est alors retrouvée veuve avec deux enfants. Ma mère et son petit frère.
Aides de la Cimade, foyers, citées d’urgence, la galère …
Mais elle a fait le pari de la France. Elle a interdit à ses enfants de parler arabe. Les a poussé autant que faire se peut vers son nouveau pays. L’Algérie n’a dès lors plus été “le pays” comme tu le dis si bien dans ta “règle du jeu”.
Elle a néanmoins aussi été résistante car avait une conscience politique, a passé des armes dans le métro parisien destinées à la résistance du FFS.
Ma mère se souvient de réunions clandestines avec Aït Ahmed …
Elle vis aujourd’hui une retraite paisible avec ses deux chats en Province.

Ma mère s’est donc “naturellement” assimilée en tant que française, et a pris exclusivement comme siennes ses valeurs. Liberté, Égalité, Fraternité, Laïcité.
Et l’athéisme (aujourd’hui au crépuscule de leur vie elle dit agnosticisme) de surcroît …

Mai 68, les “communautés” baba-cool, Pink-Floyd, et la rencontre avec mon père.

Feu mon grand-père paternel paysan tourangeaux quant à lui est un rescapé des camps. Il a combattu les nazis et s’est fait prendre sur le front. Il a été sauvé à quelques jours près par l’armée rouge.
Ce qui l’a laissé redevable et donc communiste (pour simplifier)
Pas bouffeur de curé quand même car dans le village la vie (et la mort) est rythmée par les rassemblements à l’église mais quand même un peu …
Ma grand-mère elle était croyante mais pas bigotte.

Mon père est donc né les pieds dans la bouse, est monté à Paris avec son Certif, a commencé aux fonderies Citroën, a terminé sa carrière cadre sup’ dans une multinationale d’assurances. Une success story d’un self-made man comme on n’en fait plus.

Durant sa jeunesse il a été Trotskiste, a cotoyé bon nombre des pseudonymes connus encore à ce jour (Lambert, etc.)
Mai 68 sur les barricades, pas avec les étudiants mais avec les travailleurs immigrés des fonderies.

Rencontre avec ma mère. Un beau mariage laïc (7 confessions), une fille et un fils.

On a été élevés ma grande-sœur, et moi donc dans le triptyque républicain, le respect, et la culture.

On a hérité ma sœur et moi des vieux Hara-Kiri, des vieux Charlie, et des vieux albums de Reiser, Wolinski, Cabu, de notre papa.
Quel bonheur ! Quelle fraîcheur ! Quelle Liberté !

Alors on a repris le flambeau. Chacun dans son style.
Ma grande-sœur est devenu Capitaine de Police, alors qu’on était “allergiques” aux uniformes ! C’est l’une de nos plus grandes fiertés que lorsqu’elle a défilé sur les Champs le 14 Juillet.

Quant à moi je suis passé par de nombreuses cases, révolutionnaire (leader des manifs anti Juppé), artiste (15 années de piano au conservatoire), décadent (après le conservatoire, de nombreuses expériences de musiques actuelles avec comme leitmotiv : sex, drug & Rocknroll), repenti (suite à 24 heures en GAV), ascète (après mon départ à Paris pour bosser durant 5 ans de nuit dans la restauration dans le triangle d’Or Parisien), puis épanoui désormais avec ma fille pour seul phare.

Tout pourrait aller pour le mieux sauf qu’en Janvier 2015, ils ont décimé Charlie.

Je me souviendrai de ce jour comme du 11 Septembre. Tout, l’heure, ou je me trouvais, le costume que je portais, mon poids sur le fauteuil, la couleur du ciel, l’odeur de l’air, la nausée qui m’avait alors envahi.
Ils avaient tué Cabu, l’homme le plus gentil de la Terre, mon enfance, Récré A2.
Ils avaient tué Wolinski, un véritable génie; un grand-père.
Ils avaient tué Charb ! LE Charb ! Notre Charb …
Ils avaient tué Oncle B. L’un de mes “frères”.
Et tous les autres …

Et depuis cela ne s’arrange guère …

L’incompétence des politiques mise à nue, leur opportunisme et leur degueulasserie pour certains. La peste brune qui monte.
Des plus en plus de voiles, de barbes, comme autant de violences visuelles qui me giflent à chaque fois, comme une message subliminal “je vaux mieux que toi mécréant”, alors que mes ancêtres se sont battues pour l’enlever.

Mon épouse, d’origine noire Africaine mais dont les parents se sont moins intégrés … pas du tout la même histoire.
Me suis rendu compte en définitive qu’elle n’était pas du tout Charlie, son frère désormais complotiste assumé et fan de Dieudo. Sa mère qui désormais se recouvre la tête …
Ils avaient bien caché leur jeu en fait. Aujourd’hui les masques sont tombés et ils ont choisi leur camp. On va se séparer.
J’essaierai de sauver ma fille de ce cauchemar… par l’éducation, par la culture.

Alors je leur en veut à mort à tous ces fous de Dieu. Ils cherchent à détruire mon pays, ils ont tué mes héros, mon mariage peut-être le futur de mon enfant.

Et toi tu es là. Un bouffée de fraîcheur dans ce monde. Du courage à la pelle et une vision acerbe et forte.
Continue, ne lâche rien, fait gaffe aux cons.

Et encore merci. On a besoin de ton combat.

Karim

“Oups, je t’ai pris pour un morceau de viande qui bouge, jeune fille!”

Il m’a suivie tout au long de la route, toute la journée, du matin au soir. En allant au travail et en mangeant mon sandwich à midi, il était toujours là. Même la nuit je l’entendais encore me chuchoter à l’oreille: “zine manchoufouch”. Je n’arrivais pas à dormir à force d’y penser. Il est blanc ou noir, gros ou maigre, grand ou petit de taille. Je ne sais plus s’il est jeune ou vieux. Mais il est partout. Il me dégoûte. Je n’ai même pas besoin de te l’introduire jeune fille ou femme, tu le connais déjà, aussi bien que moi.

Cette ombre qui te traumatise, ce regard qui te met mal à l’aise en marchant dans la rue. Il ne te complimente pas mais te harcèle! J’ai peur qu’on me regarde, peur de mettre ma jolie robe bleue fleurie, ma jupe noire et mon nouveau jean. J’ai peur de me faire belle. Je ne sais plus quoi porter ni comment me comporter dans la rue. Il n’y a pas pire que de se sentir comme une chose.

Assis dans sa voiture, la cigarette à la main, il me regarde passer et descend sa vitre pour me faire un clin d’œil et m’inviter à monter. Il a l’âge de mon père, ou de mon grand-père, peut-être! J’ai envie de m’arrêter et de lui crier au visage: “Laisse-moi tranquille! N’as-tu pas de fille, de femme, de sœur ou de mère?” Je sais qu’il ne me trouve pas belle ni attirante. Je sais ce qu’il veut. Maintenant, ce que j’essaie de comprendre c’est “pourquoi?” et “que faire?”.

Pourquoi devrais-je me sentir ainsi mal à l’aise une fois dehors? Devrais-je rester chez moi et m’enfermer pour éviter ces remarques désobligeantes? Eh bien NON. Je refuse de céder, et si j’en parle aujourd’hui, c’est bien pour changer quelque chose. Je sais que je ne suis pas la seule à en souffrir, des centaines de filles éprouvent chaque jour le même sentiment, mais nous n’en parlons pas assez. Plusieurs sont malheureusement harcelées non verbalement mais physiquement. C’est si fréquent que c’est devenu presque normal alors que ça ne l’est pas.

Je l’ai réalisé en rentrant chez moi au Maroc après une année à l’étranger. Il suffit de quitter le pays pendant un temps pour réaliser à quel point les choses vont mal. Un patriarcat bien ancré qui ne permet, malheureusement, aucun épanouissement personnel, social ni même politique pour la femme marocaine.

Je n’en veux pas à cet enfant qui a ouvert les yeux dans cette société et à qui on n’a point expliqué ce qu’est une femme et ce qu’est le respect d’une femme. J’en veux plutôt à ses parents et son école qui sont passés à côté de l’une des valeurs les plus importantes à transmettre et enseigner: le respect.

“Si seulement j’étais un garçon!”, ai-je entendu dire, pas une fois, ni deux, ni trois. Beaucoup plus. Même moi je l’ai pensé un jour. Je ne croyais plus en la noblesse de la féminité pendant un moment, mais ce fut une erreur, un manque de confiance en soi et une faiblesse qu’ils veulent nous faire subir. Je sais à quel point la femme marocaine est forte et courageuse.

C’est bien à elle de changer la société et de transmettre ses valeurs les plus nobles à ses enfants. J’estime qu’elle est capable de mettre un terme à cette situation pitoyable avec toute l’élégance du monde. Une éducation réussie afin de changer le destin misérable d’une société. Nous sommes tous et toutes féministes. Si nous ne sommes pas une femme, nous avons certainement des femmes dans notre entourage que l’on aime et qu’on tient à protéger.

Respectons cette femme qui nous a donné la vie ou qui nous donnera des enfants. Il y a mille et une jolies manières de s’adresse à une fille, mais pas en l’insultant, ni en la collant.

Ghadir El Idrissi Raghni

Initialement publié sur le Huffpost Maghreb

Les mesures à prendre et les signaux à envoyer d’urgence

La classe politique est indiscutablement devenue le groupe le plus détesté juste après les terroristes. Comment demander à ceux qui nous inquiètent de nous protéger ? L’attentat de Nice a révélé de la façon la plus cruelle et la plus angoissante qui soit, la vacuité, l’impuissance, pire, une forme de dangerosité des responsables politiques du moment, toutes obédiences confondues. Leur panique aurait été risible si elle n’était pas mortelle. Je ne rentrerai pas plus dans le détail de cette critique qui ne produira rien pour me concentrer sur les mesures à prendre et les signaux à envoyer d’urgence. Sur les réseaux sociaux l’avant-garde progressiste, laïque et républicaine est unanime et dit en substance : La fête du slip c’est fini.

Ceux de nos concitoyens qui ne partagent aucune de nos valeurs républicaines, laïques et démocratiques de liberté, d’égalité et de fraternité n’ont que deux options. S’ils ont une autre nationalité à présenter, ils quittent définitivement notre territoire. Quant à ceux qui n’ont pas d’autres nationalité à présenter nous avons le devoir de faire en sorte qu’ils le regrettent. Les mosquées Salafistes et Wahhabites doivent être considérées comme les permanences d’un parti fasciste, armé, dangereux et traité en conséquence.

Nous devons le plus rapidement possible mettre en place le programme Apollo de l’environnement avec pour mission sortir du pétrole en 10 ans. Nos meilleurs spécialistes, chercheurs, écologistes et industriel dotés d’un budget illimité seront chargés de nous démontrer le génie français. Les pays voisins qui souhaitent s’associer à la plus grande aventure européenne depuis la révolution industrielle seront les bienvenus. Nous avons conquis l’espace, nous allons maintenant conquérir notre destin. Sortir du pétrole à court terme est un enjeu vital qui conditionne toutes les autres mesures.

Pour les générations à venir, nous instaurerons un service civique obligatoire d’un an dès 18 ans. Pas une connerie pour fournir du personnel gratuit aux associations, non un vrai service, on vit ensemble, on mange ensemble, on dort ensemble et le plus loin possible de la maison familiale. Ces conscrits apprendront les techniques de premiers secours, des différents sauvetages comme les inondations ou les tremblement de terre, la logistique humanitaire ou encore la gestion de projet. Le plus important : ils mangeront, dormiront et rêveront : République.

L’école doit reprendre de toute urgence sa mission propagandiste de la République, il n’est plus question d’éducation mais d’instruction, on fabrique prioritairement des citoyens et secondairement de la main d’œuvre qualifiée. Nous préférerons toujours côtoyer un chômeur républicain à un ingénieur d’Al-Qaïda.

Sortir de la question du chômage, comme le dit l’adage : « Il n’y a pas de problème que l’absence de solutions ne puisse résoudre. » L’homme a maitrisé le feu, l’eau, l’agriculture par curiosité et instinct de préservation, sans que ses efforts n’aient été conditionnés à un revenu et à un niveau de vie. Libérons-nous de la peur, sécurisons ce qui est possible et offrons-nous un revenu universel.

Ces quelques mesures sélectionnées parmi tant d’autres pour répondre à l’urgence sont déjà un profond bouleversement de la société française mais chacun comprend que si nous ne sommes pas les auteurs du changement, nous en serons les victimes.

Alors maintenant, comment faire pour porter ces mesures ? Faut-il faire pression ou doit-on s’organiser pour prendre le pouvoir ?

Ahmed Meguini

L’ islamisme et la laïcité : conflit éternel

Depuis des décennies, le problème de la relation entre l’islam politique et la laïcité s’est imposé et est devenu l’un des thèmes majeurs qu’on doit traiter à cause de l’ampleur des mouvements islamistes et l’importance des thèses de ses leaders. Il faut préciser, de prime abord, que l’idée de la laïcité est tout simplement la distinction et la séparation entre l’espace privé consacré à la religion et l’espace public partagé avec les autres concitoyens. En effet, l’idée d’une société laïque signifie qu’il y a une garantie pour les minorités et une protection de leurs droits et de ce fait, tous les citoyens seraient égaux devant la loi. On ne peut pas évoquer l’idée d’instaurer un Etat de droit sans la laïcité, ce sont deux concepts clés et nécessaires. Les éléments des discours religieux des mouvements islamistes sont toujours les mêmes que ce soit les frères musulmans dans les différents pays ou les mouvements djihadistes qui déclarent la guerre à tous leurs adversaires (à l’instar de Daesh ). On peut confirmer qu’il y a une diversité dans les mouvements islamistes, mais leurs désaccords sont toujours sur le plan méthodologique mais jamais sur la finalité de leurs démarches. Pour certains, la solution est avant tout le dialogue et le débat avant de recourir à la force. Mais pour d’autres, surtout les mouvements du salafisme djihadiste, il est hors de question de négocier avec les mécréants, leur stratégie consiste à tuer et à massacrer tous les opposants afin d’instaurer un Etat islamique légiféré par la loi divine. En témoigne, on a deux cas : l’exemple de la Tunisie : Il est vrai qu’en Tunisie, le mouvement islamiste Ennahda s’est déclaré comme un parti fervent de la séparation entre la religion et la politique, néanmoins la réaction de beaucoup de députés dans l’assemblée nationale peut donner une idée sur les réelles motivations de ce parti. ( Habib Ellouz et Sadok Chourou sont les deux pionniers de la véritable idéologie de Ennahda ). En étudiant le discours d’Ennahda depuis la révolution, on peut facilement constater que ce parti a le même but que les mouvements salafistes et que les discours modérés et les slogans ne sont que des moyens pour hypnotiser un peuple dont la majorité reste sensible face aux discours religieux. En outre, il n’y a pas une grande différence entre les mouvements salafistes et les frères musulmans, ce n’est qu’une question de stratégie mais ils ont les mêmes buts : témoin la fameuse conversation entre Abdelafattah Mourou, vice président d’Ennahda et Wajdi Ghoneim un cheikh extrémiste qui s’oppose publiquement à la laïcité. Ils considèrent tous deux les laïcs comme des mécréants. Et L’exemple de l’Egypte : C’est le pays des frères musulmans. En effet, cette organisation a été fondée en 1928 par Hassan Al Banna. Les islamistes étaient depuis leur fondation de farouches opposants de la laïcité en considérant que le modèle de la société égyptienne n’est pas conforme avec les fondements de l’Islam. C’est pour cela d’ailleurs qu’ils ont déclaré la guerre aux intellectuels et aux artistes. Avec des leaders comme Al Banna et Sayyed Qotb, les frères musulmans seront les ennemis de la laïcité. D’après leurs thèses, le peuple doit être gouverné par le coran et la Sunna du prophète de l’islam, et ceci, bien sûr, est devenu un problème pour tous les présidents de l’Egypte : Jamal Abdel Nasser, Anouar El-Sadate et Hosni Moubarak. L’organisation des frères musulmans est une organisation qui a beaucoup de sympathisants. Elle détient, justement, le pourvoir au sein des classes populaires de la société égyptienne. D’ailleurs, les Cheikhs ont une notoriété remarquable et peuvent manipuler des individus incultes pour agresser et assassiner leurs ennemis. En témoigne ce qui s’est passé après un débat entre Mohammed Al-Ghazali et Faraj Fouda. Ce dernier a été assassiné car il était un défenseur de la laïcité et des droits de l’Homme. Idem pour Naguib Mahfouz, prix Nobel de littérature, qui a été victime d’une tentative d’assassinat. D’après le témoignage du juge d’instruction, l’agresseur n’était qu’un jeune électricien de 21 ans qui n’a même pas lu les œuvres de Mahfouz. L’islam politique (frères musulmans ou salafistes ) n’est pas compatible avec la laïcité. Cela devient saillant après une analyse des discours religieux dans des pays différents. Peu importe la place/le pays on est toujours face aux mêmes projets et objectifs : détruire le modèle des pays laïcs et instaurer un Etat islamique.
Les caractéristiques des mouvements de l’Islam politique
1/ La nostalgie et la confusion entre l’historique et le sacré : ceci est l’un des éléments majeurs qu’on peut trouver chez tous les islamistes (des frères musulman jusqu’aux mouvements salafistes ). Le rêve d’instaurer un Etat islamique gouverné par la Charia (la loi divine) ce qui leur permet de refuser la démocratie et la laïcité car ils les considèrent comme une innovation humaine ( بدعة ) contre la parole de dieu. C’est une lecture qui néglige, bien évidemment, la rationalité. Ils défendent aussi l’innovation faite par les Cheikhs-savants ( العلماء ) d’où la confusion entre le texte sacré les interprétations ( تفاسير ) qui sont considérées comme des vérités indiscutables.
2/ L’absence de la rationalité et le recours à l’histoire des ancêtres ( السلف الصالح ) : l’idéologie islamiste se base essentiellement sur le refus de toute interprétation moderne du texte sacré. Pour eux, les versets du coran ne devraient être lus et interprétés que par les Ckeikhs/juristes et selon une lecture bien précise avec des règles instaurées depuis des centaines d’années. En somme, c’est le fait d’appliquer des règles archaïques et archaïsantes sur notre présent. On pourrait comprendre, en ce sens, que la guerre contre les mécréants est justifiée puisque le monde a été divisé en Dar al-Islam ( دار الإسلام ) – c’est à dire les territoires occupés par l’Islam, et qui est le domaine de la soumission à Dieu – et Dar al-Harb (دار الحرب أو دارالكفر). Sayyid Qutb a appliqué ce principe et il l’a également développé pour arriver à une conclusion effrayante : La société égyptienne est une société de Jâhilîya ( جاهِليّة ) ce qui signifie que les égyptiens sont des mécréants comme à la période préislamique. Cela a été considéré comme une déclaration de guerre contre la laïcité et la société moderne.
Le projet des mouvements de l’islam politique (frères musulmans, mouvements salafistes… ) est en contradiction avec la laïcité car il néglige les droits de l’Homme et la démocratie. Ce sont des mouvements qui refusent les acquis de la modernité et qui ne rêvent que d’un Etat islamique gouverné par un Califat. En conclusion, ils pensent que le retour en arrière est la vraie solution alors que l’avenir est pour les recherches et la création et n’a pas de places pour les illusions des islamistes.

Dhia Bousselmi

Rencontrer une ministre de la République sur le thème de la laïcité

Rencontrer une ministre de la République sur le thème de la laïcité, c’est d’abord échanger nos regards sur la situation. Laurence Rossignol, des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, partage toutes nos inquiétudes. Inquiétude face à une certaine jeunesse dont l’identité est devenue uniquement religieuse, inquiétude de la progression de la non-mixité dans les quartiers, inquiétude de l’emprise religieuse sur le milieu associatif sportif, inquiétude face aux difficultés rencontrées par le corps enseignant… Et face à ce diagnostic, la ministre considère que la laïcité à la française est la seule voix possible pour lutter contre l’islamisme. L’exemple du Royaume-Uni qui est maintenant confronté à la présence de tribunaux qui appliquent la charia en est la preuve manifeste.

Mais après le diagnostic, il y a les priorités, et la méthode.
Pour Laurence Rossignol, le pivot de la défense de la laïcité, ce sont les droits des femmes. Plutôt que défendre une loi qui chez beaucoup est associée confusément à l’athéisme ou à une guerre contre l’islam, c’est l’affirmation des droits des femmes qui permettra d’affirmer les valeurs républicaines.
Aider les associations, leur donner de la visibilité, c’est ce qu’un ministère comme le sien peut apporter dans la bataille. Et d’encourager toutes les petites associations qui oeuvrent sur le terrain à se regrouper, à se mobiliser ensemble.

Sur le plan politique, la marge de manœuvre est étroite. Peu de monde à gauche, peu de monde à droite. ‘Il faut laisser la radicalité aux adversaires’. Hors de question donc de s’allier avec des politiques pour qui la défense de la laïcité passe par la réaffirmation des racines chrétiennes de la France. Nous lui avons dit combien le silence du Parti socialiste sur ces questions, hormis la voix de Manuel Valls, était pour nous assourdissant… Laurence Rossignol pense que certains, tel Jean-Louis Bianco, ouvriront les yeux un jour…
A notre incompréhension quant à la non-interdiction du Rassemblement des Musulmans de France au Bourget en mai dernier, et à notre inquiétude face au sort des petites filles de filiation musulmane voilées dès deux ans, Laurence Rossignol nous a rappelé le droit. Rien juridiquement ne pouvait interdire une telle manifestation. Et la qualification de dérive sectaire à opposer à des parents qui voilent leurs fillettes est juridiquement périlleuse.
Comment donc ramener des individus vers des valeurs héritées de notre histoire et vers un art de vivre à la française ? Tout se jouera sur le plan culturel. Laurence Rossignol invite d’ailleurs LaïcArt à faire un ‘scan’ du programme des candidats aux primaires et à la Présidentielle sur les questions de la laïcité. Nous nous y engageons. Et nous veillerons attentivement aux moyens et aux orientations donnés au ministère de la Culture. L’imagination au pouvoir, culture et éducation versus islamo-fascisme ? A nous, citoyens et associations de nous mobiliser et d’inventer.

Sayyed Al-Qimni : Le Voltaire du Moyen-Orient

Dimanche 22 mai, ce Voltaire des temps modernes, figure du monde intellectuel au Moyen-Orient, plusieurs fois condamné à mort et menacé pour oser défendre la laïcité est venu à Bruxelles à notre rencontre.

Il est très difficile pour moi, jeune Tunisien laïque et progressiste, de rester objectif en parlant de Dr. Sayyed Al-Qimni.

La lecture de ses livres représente un commun et une étape primordiale chez les jeunes progressistes du monde arabe dans leur long chemin vers la modernité et l’émancipation.

Malgré cette haute estime et un très fort sentiment de reconnaissance en Tunisie et plus largement dans le monde arabe, ce grand professeur égyptien est ignoré des lecteurs français pour n’avoir pu dépasser la barrière de la traduction.

Il m’a dit le 22 mai, à la conférence organisée par ADHOC à Bruxelles, qu’il pense que le combat pour les Lumières est achevé en Europe et en Occident, et qu’il écrit ses livres en arabe pour les arabophones qui ont un sérieux problème d’intégration dans la modernité et les valeurs universelles.

Le public français connait bien un Égyptien rétrograde qui s’appelle Tariq Ramadan. Les maisons d’éditions se bousculent pour publier ses livres contrairement à Sayyed Al-Qimni qui n’est jamais traduit.

J’ai donc souhaité présenter aux laïcs francophones ce grand monsieur, aujourd’hui septuagénaire, et dont l’héritage est déjà inestimable. En conscience, je sais qu’il est l’héritier des Lumières et un espoir, du Caire à Paris.

Ses oeuvres et sa méthode

Sayyed Al-Qimni a consacré sa vie à l’étude des sources de la religion musulmane et des religions monothéistes.

Son travail s’appuie de manière étonnante et en première intention sur des outils d’analyse inspirés du marxisme en analysant les moyens de production, les rapports de production, l’influence des conditions naturelles sur la pensée humaine et la sociologie dans la société arabe préislamique.

Il maitrise les outils de la religion comparée et il effectue littéralement une archéologie des textes arabes et islamiques.

Sayyed Al-Qimni utilise exclusivement des sources anciennes certifiées et acceptées par Al-Azhar, l’université islamique d’Égypte.
C’est sa technique pour se protéger des fatwas qui se sont succédées contre lui y compris celles d’Al-Qaïda en Mésopotamie en 2005. Le sort tragique de son collègue Faraj Fouda http://bit.ly/271DZmY, assassiné par des sympathisants des Frères musulmans l’a marqué.

Il a vu aussi le grand mufti de la mosquée Al-Azhar témoigner devant la justice et affirmer que Faraj Fouda mérite la mort, car il a quitté l’islam, légitimant le geste des assassins qui n’auraient en vérité fait qu’appliquer le verdict d’Allah, ce que selon lui, l’Etat égyptien aurait pu faire lui-même (Huit des treize accusés ont été acquittés. Plusieurs autres ont été relâchés en 2012 sur l’ordre du président membre des Frères musulmans Mohamed Morsi).

Sayyed Al-Qimni analyse donc l’islam par des paradigmes originaux, marxiste et laïque, en utilisant exclusivement les sources islamiques certifiées par al-Azhar (ce qui signifie qu’il n’a pas utilisé les sources islamiques chiites par exemple, et les contributions des orientalistes). Il a écrit plusieurs livres polémiques comme :

Les guerres de l’Etat du prophète [Mahomet], 1996

Il s’agit d’un livre écrit pendant la guerre de l’Etat égyptien contre le groupe terroriste Gamaa al-Islamiya (issue des Frères musulmans http://bit.ly/1OT0xQT). Il présente une étude historique des guerres faites par le prophète Mahomet après l’établissement de son Etat à Médine suite à son émigration de la Mecque après son échec face aux païens qui refusaient totalement la conversion à l’islam. Il analyse les causes, la fréquence des guerres (67 batailles au bout de 10 ans), l’intensité (extermination des juifs de Banu Qurayza http://bit.ly/21btR8g), les moyens, le discours guerrier, les techniques, les éléments de motivation… Son livre explique sans la moindre ambiguïté la genèse guerrière de l’islam à Médine après l’échec des méthodes pacifiques de conversion à la Mecque.

Cette œuvre s’intègre parfaitement dans la pensée de Sayyed Al-Qimni qui préconise un dépassement des dogmes religieux islamiques pour la création d’un Etat laïque, et d’un peuple capable d’agir de manière créative dans le monde, bien loin de ses actions sanguinaires actuelles.

Par ce livre, Sayyed Al-Qimni voulait profiter de l’état de choc général provoqué par les attentats barbares subis par le peuple égyptien, pour faire émerger une prise de conscience des origines du mal.

Il voulait mettre fin à l’enfumage exercé par Al-Azhar (représentant de l’islam officiel) en disant qu’il ne s’agit pas de l’islam et que ces terroristes n’ont pas compris les valeurs de la religion.

Le parti Hachimide, 1994

Un livre majeur de Dr. Sayyed Al-Qimni (vendu à 40.000 exemplaire avant le tirage ! )

Ce livre analyse la genèse de l’islam en donnant une réponse à la question suivante : est-ce que l’émergence de l’islam en Arabie était un évènement spontané ou un très long processus d’unification des tribus arabes dans un projet politique basé sur des fondements religieux ?

Al-Qimni commence par y analyser la structure sociale de l’Arabie avant l’islam, les conditions climatiques, les coutumes, la diversité religieuse, la structure tribale liée à un dieu, un ancêtre mythique ou un totem animal (d’où le tribut arabe Kalb (chien).

Il montre qu’un courant monothéiste a émergé bien avant l’islam par un arrière-grand-père de Mahomet lui-même et par l’effet des influences chrétiennes et juives. Et que certaines alliances commerciales entre tribus arabes ont commencé à émerger juste avant l’islam.

Le livre montre que la mentalité tribale des Arabes a bien façonné l’islam et que l’expansion de l’islam a permis à cette mentalité de s’exporter dans le monde entier.

Il démontre que l’islam n’était pour les Arabes qu’une sur-tribu, plus noble, qui a mis fin aux guerres entre les tribus pour le contrôle des ressources naturelles extrêmement rares.

Mais cette structure religieuse, la Oumma, ignore la notion de territoire et l’attachement à la terre, car les nomades n’ont pas de limites géographiques.

Ils ont une autre limite, Al Hima, qui signifie l’ensemble des terres protégés et contrôlées (sans présence physique) par la grande tribu. L’islam, cette nouvelle sur-tribu, a fait de la terre entière son Hima accordée par Allah, le nouveau chef tribal, aux membres de sa tribu, les croyants.

Il montre ensuite comment les branches de la tribu de Qoraych (la grande tribu de Mahomet) se sont comportées par rapport à l’action politico-religieuse de Mahomet.

Il démontre que subséquemment, la famille de Mahomet, les Hachimides, n’a pas pu garder le pouvoir après la mort de Mahomet car ses membres n’ont pas pu maitriser les anciennes structures tribales que leurs cousins les Omeyades avaient exploitées, pour créer leur premier royaume impérial.

Son combat

Sayyed Al-Qimni est le dernier à tenir un discours emprunt d’esprit populaire et social en Égypte.

Avec son style ironique inimitable, il dit les choses telles qu’elles sont, sans la moindre peur, et sans aucune complaisance avec la foule.

Ses difficultés ont commencé quand Al-Azhar a contraint l’Etat égyptien d’interdire son livre Dieu de ce temps (1997), car il présentait selon cette mouvance des idées blasphématoires.

Il a été interrogé par le Procureur de la haute sécurité d’Etat (نيابة أمن الدولة العليا) à la suite de ces accusations, dans le cadre d’une forme d’atteinte à la sécurité de l’Etat.

Il a malgré tout continué à dénoncer l’islamisation de l’Égypte, la montée en puissance du voile islamique et de la Burqa (il compare les femmes musulmanes voilées aux soldats de l’armée en uniforme), l’hystérie religieuse islamique qui touche tous les domaines de la vie (les banques, les médias, les films, le marketing…), et le terrorisme.

Sayyed Al-Qimni appelle à une révision complète du système et des manuels scolaires qui endoctrinent les jeunes et les transforment en bombes à retardement.

Il démontre que les illettrés égyptiens sont beaucoup plus rationnels et aptes à s’intégrer dans la modernité que les éduqués fanatisés par un système scolaire contrôlé par Al-Azhar.
Mais son ultime combat prend naissance après les attentats terroristes contre les hôtels à Taba en 2004.

Ce combat prend tout son sens dans un article intitulé C’est notre Égypte oh chiens de l’enfer, dans lequel il mène une charge impitoyable contre les terroristes, les spécialistes du blanchiment du terrorisme, et Al-Azhar.

Depuis, une fatwa universelle commande à tous les musulmans sur terre d’appliquer le jugement d’Allah et les commandements de Mahomet en égorgeant Sayyed Al-Qimni sur la place publique.

Al-Qaida en Irak a publié un communiqué qui indique que cinq de ses combattants vont le poursuivre pour le tuer jusqu’à la fin du monde.
Il a reçu en 2009 une récompense de l’Etat égyptien (20.000 €) grâce à l’appui du ministre de la Culture, Farouq Hosni (qui a subi lui-aussi des attaques farouches des islamistes après ses positions contre le voile, islamistes qui l’ont appelé le chien de la culture).

Mais c’était sans compter sur le prédicateur islamique Youssef Al-Badri, qui a déposé une plainte contre le ministre de la Culture en l’accusant de détournement de l’argent des musulmans pour le donner à un apostat.

Pour ne pas conclure

Sayyed Al-Qimni demeure l’homme de la polémique, le progressiste laïque intransigeant dans une société galvanisée par l’hystérie religieuse qui a détruit sa culture et sa beauté, et qui menace le monde entier par la terreur et la violence.

J’appelle l’Institut du monde arabe à traduire ses œuvres au lieu de gaspiller notre argent en aidant des organisations infiltrées par des islamistes. Ce serait si utile en Égypte… Comme en France !

Haythem Abdelmoula

La République en procès à Saint-Denis

Un ordre moral et nauséabond que personne n’avait jusqu’alors songé à déranger est en marche et tiendra demain le procès de trop.

Un procès fait de simulacres, dans lequel les tenants du communautarisme le plus pervers et le plus dangereux joueront leur propre rôle et celui de leurs accusateurs.

Nous dénonçons ce racisme épouvantable sous couvert d’antiracisme et cette transgression des valeurs républicaines. Nous dénonçons cette rencontre abjecte qui se tiendra tranquillement pour y diffuser des haines à la bourse du travail de Saint-Denis , ce 25 mai dès 18h30

Nacira Guénif-Soulamas y tiendra le rôle du juge. Le procureur général sera Omar Slaouti. Les accusés seront Houria Bouteldja, Sihame Assabague, Wiam Berhouma, mais aussi Eric Fassin et Alain Gresh ou la fondatrice du collectif « Urgence notre police assassine ».

Ils plaideront coupables. Coupables d’avoir créé des camps d’été interdits aux Blancs. Coupables d’antisémitisme, de racisme. Coupables de représenter un danger pour la Démocratie. Coupables d’homophobie.

Un procès dans lequel on est juge et partie est une insulte aux libertés et à la Démocratie.

Un procès dans lequel celui qui accuse est celui qui répond n’est pas un procès. C’est une insulte à tout forme de Justice. Un procès dans le cadre duquel on y commet sciemment l’irréparable ne peut pas être un procès. C’est un crime contre la République qui se prépare.

Nous, républicains de tous bords, appelons les autorités à la plus grande fermeté et à la vigilance devant l’émergence de groupuscules dont le pouvoir de nuisance sur nos valeurs ne cesse d’augmenter à mesure que la République recule.

Nous dénonçons ce simulacre de procès comme le prétexte d’une manifestation anti républicaine et anti sociale.

Nous refusons la récupération que tentent ces mouvances sur le mouvement social et appelons les syndicats et partis engagés dans ce mouvement à leurs responsabilités républicaines.

Nous disons aux républicains que depuis longtemps, la France n’a sans doute pas connu pareil essor de la contestation d’une République où la Liberté, l’Egalité, la Fraternité et la Laïcité prévalent sur la couleur de peau, la religion, l’orientation sexuelle ou les origines.

Nous affirmons qu’à l’heure où nos élus, à l’Assemblée Nationale, prétendent dénoncer la tenue de tels événements à et que le gouvernement, par la voix d’une ministre, condamne l’abjection de ces mouvances, il est grand temps d’agir et de tenir le vrai procès politique et républicain que nous devons tous instruire à l’endroit de nos vrais ennemis.

La laïcité, Saint -Denis et Edwy Plenel…

Une conférence sur la Laïcité animée par Eddy Plenel, c’est un peu comme l’absolution d’une Femen : on ne raterait ça pour rien au monde.

LaïcArt n’a pas pu résister à la curiosité et s’est rendue sur place pour témoigner.

D’emblée, nos intervenants insistent pour expliquer que la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat est parfaitement claire. Malaise: pourquoi donc un débat ? Nous nous rendons compte petit à petit que ce débat serait rendu nécessaire, pour nos chers conférenciers, par le soi- disant dévoiement de la laïcité.

Edwy Plenel nous fait un cours d’histoire, en omettant des points essentiels. Pour lui les histoires courtes sont sans doute les meilleures. Surtout quand elles parlent de laïcité.

Quand les femmes turques obtiennent le droit de vote 20 ans avant les Françaises, il oublie qu’elles ont été également émancipées de ,obligation de porter le voile. Eddy Plenel n’en n’a cure. Il ne veut pas révéler à son auditoire que la Turquie a donné le droit de vote aux femmes précisément parce qu’elle a su s’émanciper de l’islam.

Avec une sélectivité sans nulle autre pareille, il fait l’éloge de certains acquis en France : mariage homosexuel, égalités, minorités. Tout y passe. Sans la moindre cohérence avec l’éloge qui est la sienne d’un islam politique.

Au fond, Pelen nous régale d’une illusion de tolérance en creux des interdits religieux de ses amis.

Plenel ne voit aucun inconvénient à l’islam politique des Frères Musulmans (dont l’équivalent pourrait être les Mormons), qu’il considère sérieusement comme l’islam moderniste qui n’a de moderne que les capacités intellectuelles de ses membres pour pouvoir accéder au pouvoir pour, au moment venu, faire un rétropédalage de plusieurs siècles à l’instar de la grande Égypte.

A la fin de la conférence une ravissante jeune femme d’environ 25 ans, étudiante en philosophie, voilée, fait part de son expérience lorsque la loi de 2004 est passée et du “traumatisme” qu’elle a alors subi : elle avait 14 ans et on la regardait de travers à cause de son foulard.

Elle regrette d’ailleurs que nous n’ayons pas eu de témoignages de ce que subit une femme voilée à Saint-Denis. J’ai cru tomber de ma chaise. Il faut que je précise que lorsque je suis arrivée, en attendant mon amie qui venait assister à la conférence, je me suis installée et j’ai commandé un demi en terrasse. Les propriétaires ont été charmants. En revanche, j’ai été regardée de travers par ceux qui se disent discriminés. Et sur la place de la Basilique, les femmes voilées ainsi que certaines petites filles de moins de dix ans également voilées, ainsi que des hommes en djellaba, y circulaient tout à fait l’aise…
Je n’ai rien contre le voile, c’est l’idéologie rétrograde qu’il représente avec laquelle je ne suis pas du tout d’accord. La religion musulmane a bien entendu toute sa place en France ; un islam des Lumières, pas un islam obscurantiste qui a déjà noirci la quasi totalité de tous les pays musulmans et où la libre pensée peut parfois coûter la vie.

Malek Boutih : « Il faut créer une colonne républicaine »

L’entretien avec Monsieur le député Malek Boutih a duré près de deux heures. Un échange amical, franc et direct où nous sommes allés à l’essentiel : Comment combattre et vaincre l’ennemi ? Bien sûr, nous avons échangé nos analyses sur les origines de la catastrophe, nos réflexions étaient concordantes sinon complémentaires. Nous ne parlons pas du même endroit mais nous arrivons à la même conclusion, exprimée en ces termes par le député de l’Essonne : « Il faut créer une colonne républicaine ». Monsieur Boutih animera un cercle de parlementaires nommé : « Défense de la République » quand, de son côté, LaïcArt fera grandir son réseau citoyen de défense de la laïcité et des valeurs de la République. Le cercle « Défense de la République » est éminemment politique, au sens le plus noble du terme, il offrira les conditions d’un débat citoyen entre les élus de la nation et les acteurs de la société civile. Le député prévient : « Certains ne viendront dans ce cercle que pour m’emmerder mais j’assume le débat démocratique ». J’ai demandé au député, pour le réseau LaïcArt, un soutien moral, intellectuel et financier auquel il a répondu favorablement. Nous nous sommes quittés en nous donnant rendez-vous début juin pour une première rencontre avec le cercle « Défense de la République ».

Ahmed Meguini
Responsable national du réseau LaïcArt

Le Préfet de la Moselle invite un imam homophobe et sexiste

Monsieur Amine NEJDI, Imam de la Grande Mosquée Assâlam de Nancy, Président du Conseil régional du Culte musulman de Lorraine, invité ce soir au Printemps des Religions par Préfet de la Moselle et Ville de Metz pour célébrer la “Fraternité” déclare sur son site internet :

Sur l’érotisation :
“La pornographie favorise directement ou indirectement la recrudescence des divorces, l’augmentation de l’homosexualité, de la bisexualité, de la sodomie, de la prostitution, du sida.”

Sur le rôle de la femme :
” Si la femme pouvait savoir qu’elle trouverait dans la prééminence masculine sa propre protection sociale, psychique, physique, culturelle, sa liberté et son individualité dans la société musulmane, elle se rendra compte que la non-musulmane n’a pas cette chance puisque dès la majorité, celle-ci doit se prendre en charge seule, se passer de protecteur et travailler sans relâche pour assurer son bien-être.”

Sur les menstruations :
“Ce sont les rapports complets (avec pénétration du vagin) qui sont prohibés, sinon, l’homme peut jouir de son épouse sur tout son corps, même entre les jambes s’il évite  l’endroit de l’écoulement du sang.”

Ce soir cet imam pourra délivré sa parole devant des lycéens

Liens : http://www.moselle.gouv.fr/Actualites/Printemps-des-religions-Mardi-10-mai-2016-Salons-de-l-hotel-de-Ville-A-partir-de-17h00

http://al-wassat.com/2012/07/20/lerotisation-de-la-societe/
http://al-wassat.com/2012/07/16/vie-genitale-feminine-34-menstrues-et-rapports-conjugaux-2/

Projet 10 millions : l’audace d’être le peuple providentiel

Nous sommes nombreux à penser que ce n’est pas la richesse qui produit du vivre ensemble mais bien l’inverse. Nous sommes nombreux à penser que la laïcité est l’une des plus belles et plus généreuses inventions de l’histoire des sociétés modernes. Nous sommes nombreux à admettre que l’intransigeance sur nos valeurs universalistes n’est pas de l’extrémisme mais une véritable générosité : ce qui est bon pour nous est bon pour les autres. Nous sommes nombreux à dénoncer et combattre l’islamisme sans accuser l’ensemble des Musulmans, à être fermes sur notre identité sans s’y retrancher.

Voici le plan :

Nous allons transformer la volonté politique sur cette question précise par le nombre : Objectif 10 millions. Nous sommes de droite, nous sommes de gauche et sur la question de la laïcité nous sommes républicains, nous sommes la France, éternelle et généreuse dans le respect de ses valeurs. 10 millions de citoyens, autant d’identités et un lien commun : une laïcité, non négociable et indiscutable, qui plus est sous la menace d’un extrémisme religieux.

L’audace d’être le peuple providentiel

Devenons une force politique majeure et inventons une autre offre, un nouveau possible en partant de notre plus grand dénominateur : la laïcité. Il n’y pas un homme ou une femme ; pour une mondialisation heureuse, ayons l’audace d’être le peuple providentiel.

Offrons-nous au monde unis et indivisibles, et nos ennemis se lasseront et nos adversaires comprendront, qu’ensemble nous sommes invincibles.

Faites circuler ce message sur vos réseaux, épinglez-le sur votre page FB et Twitter et rejoignez le projet 10 millions.

Ahmed Meguini
Encore 635 adhésions pour atteindre les 1000

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Un enseignant islamiste à l’université

Un compte Twitter garni de tweets dignes des pires trolls djihadistes qui sévissent sur le réseau, attention ça pique !

Le 17 novembre 2015, la France est sous le choc, nous pleurons nos morts, Paris est transformée en zone de guerre et une lourde tristesse envahit les cœurs. Pas tous : Hamid Belakhdar enseignant de comptabilité à l’IUT de Saint-Denis, n’est manifestement pas très affecté à en croire ce tweet :

De l’humour noir, me dira-t-on ? J’entends déjà au loin les bénéficiaires de notre malheur crier « Charlie, Charlie ! », mais Charlie ne relaie pas les tweet d’un d’islamiste tel que Alkanz et Ils savent d'où vient la violence quand on parle de djihadistes :

Il faut le dénoncer, me direz vous ? Comment cet homme peut-il enseigner dans une université de la Seine-Saint-Denis, un département choisi pour lieu de résidence privilégié par les terroristes ?

Eh bien il a été dénoncé avec d’autres, et bien avant tous ces faits, par le directeur de l’IUT M. Samuel Mayol auprès du président de ce même IUT. Monsieur Mayol avait notamment dénoncé les prières collectives au sein de l’établissement.

À l’IUT de Saint-Denis, il n’y a pas de problème d’islamisme, circulez y a rien à voir ! Samuel Mayol est suspendu pour des motifs mineurs qui n’ont rien à avoir avec l’histoire, et l’islamiste Hamid Belakhdar qui s’amuse de la tuerie du Bataclan est toujours enseignant.

Cette gestion de crise reflète parfaitement le décalage entre les déclarations d’intention du Premier Ministre Manuel Valls et la réalité vécue par les défenseurs de la laïcité sur le terrain. Des belles paroles à l’Assemblée et des islamistes qui distillent leur poison et se débarrassent , en un claquement de doigts de résistants qui se croyaient soutenus par l’État.

Ahmed Meguini

Soutenez le combat pour la laïcité

Oui nous devons écarter Tariq Ramadan du chemin de notre avenir

Monsieur le Premier Ministre, il est (encore) temps de nous passer de Tariq Ramadan

Pourquoi ?

Je me pose depuis plusieurs mois une question: sommes-nous obligés de composer avec ce personnage ?

Médiatisé, adulé par un public de plus en plus nombreux et hétéroclite, j’observe, comme vous, en silence, son habile conquête de l’espace politique et médiatique.

L’ascension de Tariq Ramadan, à l’image des plus efficaces, est l’aboutissement de nombreuses années de travail.

Sur sa route, Ramadan aura connu des échecs, des victoires, mais aussi et surtout, il aura bénéficié, pour le moment principalement à l’étranger, de l’inconscience de quelques intellectuels, de la complicité de plusieurs universitaires, de la lâcheté de certains politiques et enfin, du soutien d’Etats dont le Peuple français réprouve en masse la politique.

Comme vous, je m’effraye de la montée en puissance d’un homme dont les discours, à mesure que passent les mois, ressemblent, à s’y méprendre, à des meetings politiques car, je sais, comme vous, que Tariq Ramadan fait de l’islam une politique et de cette politique, un instrument de pouvoir pour l’avilissement de nos valeurs.

Je redoute que cette ascension ne soit aussi la dernière arme qui manquait encore au Front National, pour déstabiliser définitivement notre Démocratie, en créant les conditions du chaos.

Oui, j’ai peur de l’idéologie mortifère que propage Monsieur Ramadan et de la dangerosité de son discours.

Je la redoute d’autant plus, que je sais à quel point Tariq Ramadan a su diluer le poison de cette dangerosité dans les veines de notre Démocratie, animée d’une immense tolérance et d’une infinie soif de Liberté.

Aujourd’hui, des centaines de milliers de nos concitoyens ignorent qui est véritablement Tariq Ramadan, tandis que d’autres l’encensent.

Au point qu’ils en oublient que, s’il est un peu facile de vous accuser d’instrumentaliser ce prédicateur, il est beaucoup moins facile, pourtant, d’entendre ce qu’en 2010, la Cour Européenne des Droits de l’homme a elle-même considéré :

” La Cour est d’avis que les nombreux documents contenus dans l’offre de preuve et produits devant la Cour, même s’ils ne vont pas jusqu’à évoquer directement un rôle de « recruteur », font clairement état du danger que représentent les discours de Tariq Ramadan”.

Comme vous, il m’arrive de me remémorer quelques uns des discours dans lesquels on l’entend réclamer la construction de piscines islamiques ici, encourager le djihad par là, afin d’essayer, en conscience, de comprendre pourquoi, des millions de français ne réagissent pas, tandis que d’autres encouragent l’émergence politique et médiatique d’une idéologie qui a si tristement fait ses preuves partout dans le monde.

Oui, nous devons écarter Tariq Ramadan du chemin de notre avenir.

Il y a quelques semaines, Tariq Ramadan a affirmé entamer des démarches dans le but d’acquérir la nationalité française et présenté cette initiative comme, je le cite, sa “réponse à la classe politique”.

L’acquisition par Tariq ramadan d’une nationalité, en guise de réponse politique, identifie donc parfaitement l’objet et le dessein de cet homme: faire, à sa manière, de la politique.

A n’en pas douter, Tariq Ramadan ne souhaite pas obtenir la nationalité française pour regarder passer les trains. Mais bien pour peser davantage dans nos débats. Pour y jouir de tous les droits civiques qui se rattachent à son état.

Pour, s’il le souhaite, devenir le candidat “des damnés de la terre”, dont rêvent si bruyamment les Plenel ou les Liogier et avec eux, une partie de notre jeunesse qui se perd depuis des années et croit retrouver le chemin du bonheur, alors qu’elle s’apprête à devenir, malgré elle, le marchepied d’un nouveau totalitarisme politique, dont les habits sont cousus avec les fils de la morale, de l’éthique et de la croyance.

Tariq Ramadan souhaite parachever l’oeuvre qui a toujours été la sienne et qui met si durement en péril nos valeurs, en commençant par diviser les français, sous couvert d’un discours qui prétendrait le contraire.

Une idéologie de plus en plus alimentée par une forme d’ exaspération presque sidérante, devant l’affirmation de nos valeurs, au premier rang desquelles, la laïcité.

Tariq Ramadan n’a pas besoin d’agir dans la violence. Il lui suffit, pour mettre à terre nos valeurs, de continuer comme il l’a fait, à clamer avec ferveur, à l’endroit d’ un public conquis:

” on en a marre de la laïcité”

Comme le Front national et son illustre fondateur l’ont fait avant lui, il donne le change par le respect des lois, au prix d’une ambiguïté assumée, dans la condamnation de ce que la Nation peut connaître de pire.

A ce respect des lois en creux d’une idéologie qui nous menace, je vous demande, Monsieur le Premier Ministre, conscient des responsabilités qui sont les vôtres, devant le Pays et devant l’Histoire, d’opposer une fin de non-recevoir salvatrice.

Par un seul geste, par un acte fort, il vous est possible de rattraper des années de retard dans la lutte contre un islam politique et d’effacer les erreurs ou les fautes que d’autres avant vous ont pu commettre.

Pour la France

Comment ?

Vous détenez seul, Gouvernement de la République Française, le pouvoir de nous assurer que Tariq Ramadan ne pourra pas nuire davantage à nos valeurs, en ne devenant pas français.

Ce moyen est juridique

On dit que Tariq Ramadan souhaiterait se prévaloir de la nationalité française de son épouse et revendiquer le bénéfice des dispositions de l’article 21-2 du Code civil, qui permet, effectivement, d’acquérir notre belle nationalité, lorsque l’on justifie d’une communauté de vie effective ” tant affective que matérielle”, dont la durée varie en fonction du lieu de résidence respectif des époux.

Cet article conditionne également l’acquisition de la nationalité française à la justification d’une “connaissance suffisante de la langue française”.

Sauf à remettre en cause l’effectivité de la communauté de vie “affective” et “matérielle” qu’entretient Monsieur Ramadan avec son épouse, ce que je ne m’autoriserai pas, les conditions d’acquisition de notre nationalité, qui sont énumérées par cet article, paraissent réunies et Monsieur Ramadan deviendrait donc un citoyen français, par “déclaration”.

Sans doute, l’enquête administrative – diligentée par le Préfet ou le représentant consulaire (si Monsieur Ramadan réside à l’étranger, ce qui semble être le cas), lesquels procèdent “à une enquête destinée à vérifier la continuité de la communauté de vie tant affective que matérielle entre les époux depuis le mariage”(D. 30 déc. 1993, art. 15, al. 1er) al. 2)- , ne permettra pas de justifier un refus.

S’il ne peut être opposé à Monsieur Ramadan, l’un des trois motifs visés par l’article 21-27 du Code civil, à savoir l’existence d’une condamnation pénale au titre d’infractions particulièrement graves, d’un arrêté d’expulsion non expressément rapporté ou abrogé ou d’une interdiction du territoire français “non entièrement exécutée”, il ne pourra lui être signifié de quelconque refus, d’autant qu’il n’a jamais, par ailleurs, été condamné.

Gageons, en outre, que pendant les douze mois qui suivent l’enregistrement de sa démarche, nulle cessation de la vie commune de Monsieur Ramadan avec son épouse, ne constituera une présomption de fraude, susceptible de remettre en cause sa nouvelle nationalité (C. civ., art. 26-4, al. 3.).

L’ultime pouvoir que vous accorde la loi de la République vient ensuite

Car, malgré tout ce qui précède, l’article 21-4 du Code civil prévoit que :

” Le Gouvernement peut s’opposer par décret en Conseil d’Etat, pour indignité ou défaut d’assimilation, autre que linguistique, à l’acquisition de la nationalité française par le conjoint étranger dans un délai de deux ans à compter de la date du récépissé prévu au deuxième alinéa de l’article 26 ou, si l’enregistrement a été refusé, à compter du jour où la décision judiciaire admettant la régularité de la déclaration est passée en force de chose jugée (…)
En cas d’opposition du Gouvernement, l’intéressé est réputé n’avoir jamais acquis la nationalité française.
Toutefois, la validité des actes passés entre la déclaration et le décret d’opposition ne pourra être contestée pour le motif que l’auteur n’a pu acquérir la nationalité française”.

Qu’entendre par défaut d’assimilation ou indignité ?

Le Conseil d’Etat a répondu à cette question.

Dans un arrêt du 20 décembre 2000 (M. Youssef X, req. n° 203987) ou dans un autre du 31 janvier 2001, (M. Abdellatif X, req. n° 209577), il a notamment pu reconnaître la légalité d’un décret s’opposant à l’acquisition de la nationalité d’un requérant, du seul fait qu’il a été établi que celui-ci fut en lien avec une organisation prônant le rejet de la laïcité et encourageant la violence:

” M. X (…) , s’est signalé par les liens étroits qu’il a noués et entretenus avec des dirigeants d’un mouvement extrémiste islamique ; par suite le décret attaqué s’opposant, pour défaut d’assimilation, à ce qu’il acquière la nationalité française, n’est pas fondé sur des faits matériellement inexacts ; en estimant que l’adhésion de M. X… aux valeurs d’un mouvement prônant le rejet des principes de laïcité et de tolérance et recourant à la violence et au terrorisme, ne permet pas de le regarder comme assimilé à la communauté française, l’auteur du décret attaqué n’a pas entaché sa décision d’une erreur d’appréciation”.

Dans d’autres espèces , le Conseil d’Etat a été tout aussi clair, s’agissant d’individus qui entretient des liens des organisations extrémistes prônant le rejet de « valeurs essentielles de la société française » (CE, 13 nov. 2006 : JurisData n° 2006-071061. – CE, 23 mai 2007 : JurisData n° 2007-071992).

Mais au fait, quels sont les liens de Tariq Ramadan ?

En tant que de besoin et s’il ne fallait pas se pencher sur les fréquentations, déjà anciennes, de Monsieur Ramadan et les motifs ayant conduit, par le passé, à son interdiction de territoire français en 1994/95, Tariq Ramadan a reconnu, très récemment, avoir rejoint l’Union mondiale des savants musulmans (UMSM).

Cette organisation figure sur la liste des organisations terroristes des Emirats Arabes Unis.

A la tête de l’Union mondiale des savants musulmans, se trouve Youssef Al Qaradawi

Comme vous, j’ai appris que Youssef Al Qaradawi est recherché par Interpol, qu’il serait un « savant » antisémite, homophobe. Qu’il est l’auteur d’une fatwa, autorisant à mener des attentats suicide, dont les observateurs les plus aguerris ont décelé des traces sur les sites du Hamas.

Comme vous, j’ai écouté Tariq Ramadan, lui-même, tenir des discours bien éloignés de ce que prônent les “valeurs essentielles de la société française”.

Cette faculté d’opposition à la démarche de Monsieur Ramadan est réglementaire: ce qui signifie qu’ elle n’appartient qu’au pouvoir exécutif seul. Ni les parlementaires, ni la justice, ne peuvent le mettre en oeuvre.

Monsieur le Premier Ministre, agissez avant qu’il ne soit trop tard.

Ce pouvoir est le vôtre.

Peu importe les stratégies de victimisation.

A la victimisation d’un homme politique français, je préfère, de loin, celle d’un Conférencier Suisse.

Agissez, pour être fier d’avoir contribué à la survie, puis à l’essor de nos valeurs, de notre République et de la Démocratie.

Ce n’est pas rien …

Renaud GAUDILLAT

L’équipe LaïcArt à Science Po : le Hijab Day fait un flop

20 avril, journée Hijab Day à Sciences Po Paris. Rue St Guillaume, 10 heures du matin. Tous les acteurs sont en place. Beaucoup de journalistes, quelques étudiants : deux filles bien voilées qui répondent aux interviews, le président FN Sciences Po, et Maxime De Luca qui a lancé la veille le Bikini/Jupe/robe/Whatever Day. L’étudiant FN nous tient un discours parfaitement huilé et républicain sur la laïcité… Maxime, lui, perché sur ses escarpins de 10 cm nous rassure : à l’intérieur, le Hijab Day fait un flop. Les voiles proposés aux étudiantes ne trouvent pas preneuses et les étudiants débattent. Echange de numéros de téléphone. L’humour et la fantaisie sont des ingrédients que LaïcArt partage !
Bilan de cette journée ? Quelques jeunes filles ont réussi à créer un beau buzz médiatique depuis l’un des fleurons de nos grandes écoles. Le symbole est fort et consternant. Quid de la direction de Sciences-Po qui a autorisé la tenue de cette manifestation ? L’écho médiatique ouvrira-t-il les yeux et les consciences ?
Comment répondre à un tel prosélytisme ?
LaïcArt rêve d’un BrushingDay ! Une journée où cheveux aux vent et coiffures débridées clameront la liberté, la fantaisie, l’humour, le désir… la vie quoi ! Pour marcher en rêvant (…), les cheveux et la pensée au vent. (Verlaine)

Sophie Valles

#BrushingDay

Une action destinée à combattre l’offensive culturelle du salafisme qui propage son idéologie mortifère en utilisant les femmes comme support. La banalisation de l’usage du Hijab qui tend à faire admettre que le corps des femmes serait impudique et qu’il faudrait le cacher n’est pas acceptable.

Le Brushing Day est une opération de correction d’identité, si une femme est libre de porter le Hijab, il n’est en aucun cas une liberté pour les femmes mais bien un instrument d’aliénation qui s’inscrit dans une idéologie raciste, sexiste et homophobe. Des femmes venant de tous horizons ont décidé de passer à l’offensive en réaffirmant nos valeurs laïques en partie héritées du long combat féministe de réappropriation du corps des femmes par les femmes

Nous mettons ces deux vidéos à disposition pour les partager dans vos réseaux sociaux :

Bouge-toi le cul et rejoins-nous
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Une fête de la Fraternité

Une fête de la Fraternité comme on l’avait rêvée, une fête qui donne envie de recommencer, une fraternité qui donne envie d’espérer. L’espoir incarné en quelques amoureux qui dansent et qui chantent et qui s’aiment, des Français simplement, contre le vent ils s’avancent, imprudemment ils s’élancent, un reste d’enfance, une ressemblance, un air familier, nous étions une centaine, nous serons des milliers, c’était la fête de la Fraternité.

Ahmed

Une « Guerre médiatique » contre les croisées.

*Un visuel très travaillé où se côtoient une souris d’ordinateur et une kalachnikov avec le message suivant : « Participez à la guerre médiatique contre les croisés, 50% de la guerre se fait médiatiquement, téléchargez, uploadez et partagez un maximum en utilisant le hashtag #KhiafahFR »

Aujourd’hui le réseau LaïcArt et la  Katiba des Narvalos sont les seuls à participer avec des moyens dérisoires à la contre-guérilla médiatique sur les réseaux sociaux. Le gouvernement a lui choisi une communication institutionnelle globale à destination de la jeunesse. Un choix absolument inefficace et qui confine au grotesque si l’on considère la défiance intrinsèque de la jeunesse envers l’autorité, qui est comme chacun le sait, particulièrement exacerbée en ce moment.

Nous appelons tous les élus qui à la fois comprennent l’importance d’une réponse adaptée à cette guerre de communication et qui admettent que l’État ne peux pas y répondre efficacement, à se mettre en relation avec nous afin de nous donner les moyens d’agir. J’en appelle également aux patriotes, aux amoureux de la liberté qui pourraient nous aider par leur mécénat.

Nous agirons quoi qu’il en coûte et nous trouverons les moyens qui manquent à l’efficacité de notre action. Et comme le dit la chanson : « S’il le faut, nous emploierons des moyens légaux »

Alors à votre tour, camarades républicains : « Partagez un maximum en utilisant le hashtag : #JeSoutiensLaïcArt »

Ahmed Meguini

*Information de David Thomson via son compte Twitter

Soutenez le combat pour la laïcité

Nous prenons le risque, donnez-nous les moyens

Un pèlerinage organisé à la mairie de Ferney-Voltaire

Depuis 2015 nous n’avons plus d’ambassadeur de France au Vatican au motif que ce micro état religieux a refusé, en raison de son homosexualité, Laurent Stefanini proposé par la France. Une discrimination qui va à l’encontre des valeurs de notre pays et qui est un des éléments de la crise diplomatique entre les deux états. Le Vatican s’est engagé contre le mariage pour tous, outre les curés en soutane dans les cortèges homophobes parisiens et les paroisses qui ont servi de base-arrière à l’organisation de ces manifestations, les leaders de ce mouvement réactionnaire était reçu au Vatican par le Pape lui-même. Le Vatican semble lui disposer d’autant d’ambassadeurs que de curés, en témoigne ce courrier de l’Evêque de Belley-Ars Pascal Roland qui, pour le compte du Pape, invite les élus chrétiens de Ferney-Voltaire à un pèlerinage à Rome.

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Ne pouvant probablement pas mettre en péril le salut de son âme, le maire de Ferney-Voltaire s’est empressé de s’asseoir sur la laïcité en diffusant immédiatement l’invitation avec les moyens de la municipalité. L’Observatoire de la laïcité a été alertée et ce dernier n’a pas hésité à s’indigner avant de rappeler que sa mission se limitait à rédiger des guides et que l’institution ne servait pas à grand-chose d’autre.

PJ1

C’est au tour du tribunal administratif de Lyon de trancher sur l’utilisation de moyens municipaux à des fins religieuses.

Merci aux lanceurs(-es) d’alerte de la République pour les documents reçus.

Ahmed Meguini

L’espoir que nous arrachons de haute lutte à la fatalité

Dévier la trajectoire d’une partie de l’élite politique, culturelle et intellectuelle française qui provisoirement se fait l’allié des bourreaux de Galilée. Hier, à la réunion du Sursaut, tout était beau et cela faisait écho à une conférence de Cédric Villani, mathématicien, quelques jours plutôt à la Bellevilloise, salle de spectacle du 20ème arrondissement de Paris, le lauréat de la médaille Fields 2010, expliquait qu’une équation élégante est souvent une piste à suivre : « Quand c’est beau, c’est bon ».

Bon comme Amine Elbahi que j’ai découvert suite à son billet de blog dénonçant la venue de l’imam de Brest chez lui, à Roubaix, ville martyre du terrorisme international qui depuis 20 ans : de l’assaut contre le gang de Roubaix à la douzaine de combattants de l’EI d’aujourd’hui, Roubaix n’aura connu que quelques accalmies entre deux batailles. De Ben Laden à Bagdadhi, de quelle faute cette ville se serait-elle rendue coupable pour que les joueurs de flûte de l’islamisme lui enlèvent deux générations d’enfants ?

Amine a vu partir sa sœur de 20 ans, un matin d’août « je vais au marché » lui a-t-elle dit. Il ne l’a plus revue, elle est aujourd’hui en Syrie où elle a épousé un combattant dont elle a eu un enfant. Amine a un an d’écart avec sa sœur, une relation fusionnelle qui a été brutalement interrompue, la résilience vitale et fascinante d’un jeune homme de 19 ans et qui a dû se poser sincèrement la question de la « radicalisation », plus sincèrement que tout ce que j’ai pu entendre jusque-là. Une profonde douleur, compensée par une colère contenue, des études de droit lui ont sans doute permis de poser des mots qu’il a soigneusement choisis, d’établir un diagnostic qui rejoint celui des spécialistes les plus avertis que j’ai pu rencontrer, il propose des pistes, des idées, aussi peu spectaculaires que pertinentes pour lutter efficacement contre la radicalisation.

C’est une amie sympathisante de LaïcArt sur Facebook qui m’a alerté sur le billet de blog d’Amine, son 2ème article qui allait cinq jours plus tard lui permettre de discuter avec le Premier ministre Manuel Valls. J’ai envoyé un message au jeune homme en commentaire de son blog, il m’a immédiatement répondu en me donnant son numéro de téléphone. Au bout d’une heure et demie de conversation, je lui achetais un billet de train pour Paris : « Manuel Valls sera à la réunion du Sursaut, je ferai de mon mieux pour faire en sorte que tu lui parles ». À ma surprise, il n’a pas eu la moindre hésitation.

Amine est allé de lui-même vers les organisateurs de l’événement « Le Sursaut » pour leur raconter son histoire et leur expliquer pourquoi il « devait rencontrer le Premier ministre ». Des organisateurs parfois à peine plus vieux que lui et qui ont été touchés par son récit, ils lui ont imprimé un badge invité pour qu’il puisse être présent au cocktail de clôture en présence de Manuel Valls. Et quand Amine dit : « Asseyez-vous monsieur le Premier ministre, j’ai quelque chose d’important à vous dire », ce dernier fut instantanément encouragé par les mêmes organisateurs à prêter une oreille attentive à ses propos. Rendez-vous a été pris et le jeune homme sera prochainement contacté par le chef de cabinet du Premier ministre.

Puis le soir, nous sommes allés dîner à la Taverne, Place de la République, avec des gens que je ne connais que depuis 4 mois pour les plus « anciens ». Des personnes que je vois aujourd’hui une fois par semaine, et avec qui je discute tous les jours. C’est Mohamed qui nous a offert le déjeuner et Assia qui a héberge Amine et payé le dîner, ensuite nous nous sommes baladés au milieu de « La Nuit Debout », place de la République, avec Sémira, Assia, Haythem, Amine et moi. Puis ce matin notre nouveau camarade roubaisien a repris le train vers son terrain de combat et il sait maintenant qu’il peut compter sur nous : à Marseille, Nice, Aix-en-Provence, Lyon, Nîmes, Paris, Toulouse.

Le réseau LaïcArt a 4 mois et il fonctionne, il est opérant. Cette histoire, comme celle qui me lie à tous ces nouveaux compagnons aujourd’hui, c’est un peu d’espoir que nous arrachons de haute lutte à la fatalité.

Ahmed Meguini

Lettre ouverte à Madame Laurence Rossignol

LaïcArt se joint au Communiqué commun de :
Ligue du Droit International des Femmes, Comité Laïcité République, Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes, EGALE Egalité Laïcité Europe, Femmes sans voile d’Aubervilliers, Femmes Solidaires, Féminisme et géopolitique, Les Libres Mariannes, Regards de femmes, Réseau Féministe « Ruptures »

LETTRE OUVERTE A MADAME LAURENCE ROSSIGNOL

Le 31 mars 2016

Merci Madame la Ministre pour votre colère à propos de la mode islamique !
Les associations signataires se réjouissent que vous ayez réagi avec force et indignation face à la banalisation du port du voile islamique, qui veut se faire beau et élégant à travers des défilés de mode visant un immense et juteux marché mondial.
L’image qui vous est venue à l’esprit est celle de l’esclavage, car c’est bien ce que symbolise le voile, par l’invisibilité, paradoxalement voyante, du corps des femmes dans l’espace public. Une sorte de rappel humiliant de la claustration des femmes, une façon d’afficher la ségrégation entre les sexes.
Ni l’élégance, ni la couleur, ni la taille, ni la richesse des tissus, ni leur texture, ne sauraient changer le sens de ce symbole..
Les sociétés humaines sont construites sur des symboles : le drapeau, l’hymne, le patronyme, la grammaire, …Le système patriarcal se reproduit à travers certains d’entre eux. Nous devons savoir les reconnaitre. Ce combat-là n’est pas secondaire. Hélas, les opprimé.e.s, sont souvent les complices de cette perpétuation.
Vous avez eu raison, en tant que Ministre des droits des femmes, de vous indigner.
On vous reproche d’avoir utilisé le mot « nègre » en parlant de l’esclavage, vous vous en êtes expliquée. Quant à nous, nous n’avons pas douté un instant que vous rappeliez par ce mot le mépris dont les esclaves faisaient l’objet avant que les consciences ne se réveillent.
C’est un mauvais procès que l’on vous fait là, notamment par ceux qui vous interpellent en qualifiant de « faux débat », la question de la « mode islamique ».

L’imam de Brest invité dans une mosquée Roubaisienne

Depuis hier, je n’ai pas trouvé les mots pour qualifier la venue de l’imam de Brest, dans une mosquée Roubaisienne, afin de prêcher en toute impunité la haine et le mépris de l’autre dans une conférence, dont le thème était, pour l’ironie de l’histoire, la lutte contre la haine. Même s’il s’agit, ici, de la haine permanente entre les différents courants de l’islam.
Aujourd’hui, je vous l’accorde, je n’ai toujours pas trouvé les mots pour qualifier les faits mais il est nécessairement temps de se rendre à l’évidence. Temps de se rendre à l’évidence :
Parce que l’imam de Brest, connu de la sphère médiatique et dont le discours divise la communauté musulmane, prêche librement depuis plusieurs années et en toute impunité la parole de la haine, véhiculant ainsi l’image d’un islam de France incompatible avec les valeurs de la République.
Parce que l’imam controversé et le thème de la conférence ont été volontairement choisi par la mosquée Roubaisienne Arrahma, située dans le quartier des Trois-Ponts.
Parce qu’une autre mosquée Roubaisienne Abou Bakr a appelé ses fidèles croyant à ne pas participer à cette conférence non pas pour dénoncer la violence des propos mais parce qu’elle se juge plus salafiste que la première. La même mosquée qui, en mai 2015, avait invité un cheikh et prédicateur salafiste saoudien interdit de séjour en France.
Parce qu’une demi-douzaine de Roubaisiens sont morts, en Syrie, à cause de l’islam radical.
Jusqu’à combien de jeunes victimes de la radicalisation, de la propagande djihadiste et salafiste pour un message clair, un message d’unité et de fermeté dans la lutte contre l’islam radical ?

Amine Elbahi

Initialement publié sur le blog d’Amine Elbahi