Lettre d’un ami

J’ai reçu ce courrier qui m’a profondément bouleversé, avec l’autorisation de l’auteur j’ai voulu vous le partager. Depuis que j’ai décidé de m’exposer dans ce combat contre l’obscurantisme et pour la laïcité, ces témoignages d’amitiés, ces partages d’expériences, ces rencontres de destin à destin sont devenus la source de ma volonté.

Bonjour Ahmed.

Je suis fier de faire partie de tes “amis” FB.

J’espère te rencontrer un de ces jours de visu, mais j’ai l’impression de te connaître. De t’avoir toujours connu, apprécié et aimé comme un ami, comme un frère en humanité.

Ça c’est dit…

Laisse-moi si tu le veux bien te raconter mon histoire.

Je suis métisse, Karim Dubois est mon vrai nom et non pas un pseudo comme beaucoup le pensent … (à croire que le métissage n’est encore vraiment dans les mœurs …)
Ma grand-mère maternelle a fuit l’Algérie (la Kabylie pour être précis) avec ma mère (plus jeune qu’elle de 14 ans) sous le bras suite à un mariage forcé. Pour fuir l’islamisme qui arrivait à grand pas avec les “professeurs” égyptiens, pour fuir les oncles qui commençaient à tabasser ce qui ne rentrait pas dans le Moule.
Son époux alors l’avait suivi, elle avait eu de la chance dans son malheur l’homme qui lui avait été choisi s’est avéré être un homme bon. Mais fragile. Accident de la circulation.
Elle s’est alors retrouvée veuve avec deux enfants. Ma mère et son petit frère.
Aides de la Cimade, foyers, citées d’urgence, la galère …
Mais elle a fait le pari de la France. Elle a interdit à ses enfants de parler arabe. Les a poussé autant que faire se peut vers son nouveau pays. L’Algérie n’a dès lors plus été “le pays” comme tu le dis si bien dans ta “règle du jeu”.
Elle a néanmoins aussi été résistante car avait une conscience politique, a passé des armes dans le métro parisien destinées à la résistance du FFS.
Ma mère se souvient de réunions clandestines avec Aït Ahmed …
Elle vis aujourd’hui une retraite paisible avec ses deux chats en Province.

Ma mère s’est donc “naturellement” assimilée en tant que française, et a pris exclusivement comme siennes ses valeurs. Liberté, Égalité, Fraternité, Laïcité.
Et l’athéisme (aujourd’hui au crépuscule de leur vie elle dit agnosticisme) de surcroît …

Mai 68, les “communautés” baba-cool, Pink-Floyd, et la rencontre avec mon père.

Feu mon grand-père paternel paysan tourangeaux quant à lui est un rescapé des camps. Il a combattu les nazis et s’est fait prendre sur le front. Il a été sauvé à quelques jours près par l’armée rouge.
Ce qui l’a laissé redevable et donc communiste (pour simplifier)
Pas bouffeur de curé quand même car dans le village la vie (et la mort) est rythmée par les rassemblements à l’église mais quand même un peu …
Ma grand-mère elle était croyante mais pas bigotte.

Mon père est donc né les pieds dans la bouse, est monté à Paris avec son Certif, a commencé aux fonderies Citroën, a terminé sa carrière cadre sup’ dans une multinationale d’assurances. Une success story d’un self-made man comme on n’en fait plus.

Durant sa jeunesse il a été Trotskiste, a cotoyé bon nombre des pseudonymes connus encore à ce jour (Lambert, etc.)
Mai 68 sur les barricades, pas avec les étudiants mais avec les travailleurs immigrés des fonderies.

Rencontre avec ma mère. Un beau mariage laïc (7 confessions), une fille et un fils.

On a été élevés ma grande-sœur, et moi donc dans le triptyque républicain, le respect, et la culture.

On a hérité ma sœur et moi des vieux Hara-Kiri, des vieux Charlie, et des vieux albums de Reiser, Wolinski, Cabu, de notre papa.
Quel bonheur ! Quelle fraîcheur ! Quelle Liberté !

Alors on a repris le flambeau. Chacun dans son style.
Ma grande-sœur est devenu Capitaine de Police, alors qu’on était “allergiques” aux uniformes ! C’est l’une de nos plus grandes fiertés que lorsqu’elle a défilé sur les Champs le 14 Juillet.

Quant à moi je suis passé par de nombreuses cases, révolutionnaire (leader des manifs anti Juppé), artiste (15 années de piano au conservatoire), décadent (après le conservatoire, de nombreuses expériences de musiques actuelles avec comme leitmotiv : sex, drug & Rocknroll), repenti (suite à 24 heures en GAV), ascète (après mon départ à Paris pour bosser durant 5 ans de nuit dans la restauration dans le triangle d’Or Parisien), puis épanoui désormais avec ma fille pour seul phare.

Tout pourrait aller pour le mieux sauf qu’en Janvier 2015, ils ont décimé Charlie.

Je me souviendrai de ce jour comme du 11 Septembre. Tout, l’heure, ou je me trouvais, le costume que je portais, mon poids sur le fauteuil, la couleur du ciel, l’odeur de l’air, la nausée qui m’avait alors envahi.
Ils avaient tué Cabu, l’homme le plus gentil de la Terre, mon enfance, Récré A2.
Ils avaient tué Wolinski, un véritable génie; un grand-père.
Ils avaient tué Charb ! LE Charb ! Notre Charb …
Ils avaient tué Oncle B. L’un de mes “frères”.
Et tous les autres …

Et depuis cela ne s’arrange guère …

L’incompétence des politiques mise à nue, leur opportunisme et leur degueulasserie pour certains. La peste brune qui monte.
Des plus en plus de voiles, de barbes, comme autant de violences visuelles qui me giflent à chaque fois, comme une message subliminal “je vaux mieux que toi mécréant”, alors que mes ancêtres se sont battues pour l’enlever.

Mon épouse, d’origine noire Africaine mais dont les parents se sont moins intégrés … pas du tout la même histoire.
Me suis rendu compte en définitive qu’elle n’était pas du tout Charlie, son frère désormais complotiste assumé et fan de Dieudo. Sa mère qui désormais se recouvre la tête …
Ils avaient bien caché leur jeu en fait. Aujourd’hui les masques sont tombés et ils ont choisi leur camp. On va se séparer.
J’essaierai de sauver ma fille de ce cauchemar… par l’éducation, par la culture.

Alors je leur en veut à mort à tous ces fous de Dieu. Ils cherchent à détruire mon pays, ils ont tué mes héros, mon mariage peut-être le futur de mon enfant.

Et toi tu es là. Un bouffée de fraîcheur dans ce monde. Du courage à la pelle et une vision acerbe et forte.
Continue, ne lâche rien, fait gaffe aux cons.

Et encore merci. On a besoin de ton combat.

Karim

Lafif Lakhdar : Le révolté

Quand on évoque des sujets comme la modernisation des sociétés, la laïcité ou la réforme de l’Islam dans des pays majoritairement musulmans, la Tunisie est classée parmi les cas les plus pertinents car elle était toujours un exemple à suivre malgré plusieurs obstacles.

Il faut préciser, de prime abord, que cette évolution est le résultat de tout un processus entamé par des progressistes avant l’indépendance et qui a été concrétisé sur le terrain par le président Habib Bourguiba qui s’inspirait directement de l’expérience de Kamel Attaturk et surtout du modèle français laïque ( la république, le parlement, la constitution … ). Il y avait des intellectuels qui ont essayé de continuer le chemin mais vu la montée de l’islamisation du pays et l’expansion de l’extrémisme religieux, ils ont été bannis et condamnés comme il était le cas avec leurs concitoyen Tahar Haddad au début du XXème siècle.

Lafif Lakhdar ( 1934 – 2013 ) est parmi ces penseurs libertaires et laïcs qui n’ont pas trouvé des conditions favorables dans leur pays. Cet intellectuel a fait des études à l’université de la Zitouna ( Al Azhar de la Tunisie ) après il a continué ses études de droit pour commencer une carrière d’avocat. Mais il a consacré tout son temps à sa passion pour les recherches surtout dans le domaine de la théologie. De Tunis à Beyrouth et enfin à Paris Lakhdar a eu beaucoup d’expériences ( Militant socialiste, journaliste, écrivain et chercheur … ) mais malheureusement il va passé toute sa vie loin de son pays et il va mourir à Paris. Ce révolté n’était pas un habitué des plateaux télévisés, ses apparitions sont rares ( deux fois sur Aljazeera lors d’un débat avec des représentants d’Al-Qaïda ) il se contentait d’écrire car il avait une conviction : L’écriture c’est la vie et c’est le seul moyen pour le changement.

En général, ses thèses suscitent jusqu’à nos jours la polémique, il appelle à la réforme du système éducatif dans tous les pays arabo-musulmans et il insiste également sur l’obligation de critiquer le discours religieux et de supprimer les textes ( versets coraniques et hadiths ) qui incitent à la violence et qui sont en contradiction avec les droits de l’Homme. Il a abandonné le communisme pour devenir libéral, ce changement radical montre sa lucidité et son courage. En effet, ses œuvres prouve qu’il ne reculait pas devant les vérités scientifiques et meme en cas de contradiction avec les textes ( Sunna, Coran ), avec Lakhdar, la priorité est toujours pour la science.

“Du Mahomet de la foi au Mahomet de l’Histoire”

Ce livre est une pièce maîtresse dans la pensée de Lafif Lakhdar. Avec un courage peu commun chez les intellectuel arabe, il abordait un sujet très délicat sans avoir peur des institutions religieuses qui détiennent le pouvoir dans les pays arabo-musulmans. Les longues années à l’université de la Zitouna, permettaient à Lafifi de s’approfondir dans l’étude de l’histoire de l’Islam et du coran ainsi que les méthodes d’interprétation des hadiths. Il a constaté que la Sunna contient des règles qui ne sont pas compatibles avec l’évolution de l’humanité et on peut citer les châtiments corporelles comme la lapidation par exemple. Ce n’était pas le cas seulement avec les textes de la Sunna, mais la critique de lakhdar a touché le texte sacré des musulmans avec ses contradictions et ses fautes graves ( historiques et scientifiques ). La décision est très importante : Traiter le texte comme s’il était un document médical avec les confessions de Mahomet. Plus précisément, ce penseur révolté va analyser le discours “mohamedien” afin d’établir une liste de ses troubles comportementaux et psychologiques. En lisant ce livre, on ne peut pas s’empêcher d’imaginer le prophète sur le divan du psychanalyste.

Pour Lafif Lakhdar, Mahomet était un chef de guerre et un psychopathe qui a eu l’idée de construire un empire avec une religion monothéiste et un texte fondateur inventé; c’était un choc pour plusieurs musulmans. Mais avec des arguments précis, ce voltaire des temps modernes nous présente des preuves sur le délire et les hallucinations du prophète de l’Islam. Pour lui, il n’y avait pas d’autres solutions, il faut choquer le lecteur pour le mettre face à face avec les réalités historiques.

Lafif Lakhdar était l’un des grands penseurs tunisiens oubliés et négligés par l’élite. Ses thèses et ses recherches n’étaient pas connues. On attend toujours des chercheurs qui auront l’audace de Lakhdar et qui seront prêts à continuer le long chemin vers la modernisation et la réforme de l’Islam.

Dhia Bousselmi

“Oups, je t’ai pris pour un morceau de viande qui bouge, jeune fille!”

Il m’a suivie tout au long de la route, toute la journée, du matin au soir. En allant au travail et en mangeant mon sandwich à midi, il était toujours là. Même la nuit je l’entendais encore me chuchoter à l’oreille: “zine manchoufouch”. Je n’arrivais pas à dormir à force d’y penser. Il est blanc ou noir, gros ou maigre, grand ou petit de taille. Je ne sais plus s’il est jeune ou vieux. Mais il est partout. Il me dégoûte. Je n’ai même pas besoin de te l’introduire jeune fille ou femme, tu le connais déjà, aussi bien que moi.

Cette ombre qui te traumatise, ce regard qui te met mal à l’aise en marchant dans la rue. Il ne te complimente pas mais te harcèle! J’ai peur qu’on me regarde, peur de mettre ma jolie robe bleue fleurie, ma jupe noire et mon nouveau jean. J’ai peur de me faire belle. Je ne sais plus quoi porter ni comment me comporter dans la rue. Il n’y a pas pire que de se sentir comme une chose.

Assis dans sa voiture, la cigarette à la main, il me regarde passer et descend sa vitre pour me faire un clin d’œil et m’inviter à monter. Il a l’âge de mon père, ou de mon grand-père, peut-être! J’ai envie de m’arrêter et de lui crier au visage: “Laisse-moi tranquille! N’as-tu pas de fille, de femme, de sœur ou de mère?” Je sais qu’il ne me trouve pas belle ni attirante. Je sais ce qu’il veut. Maintenant, ce que j’essaie de comprendre c’est “pourquoi?” et “que faire?”.

Pourquoi devrais-je me sentir ainsi mal à l’aise une fois dehors? Devrais-je rester chez moi et m’enfermer pour éviter ces remarques désobligeantes? Eh bien NON. Je refuse de céder, et si j’en parle aujourd’hui, c’est bien pour changer quelque chose. Je sais que je ne suis pas la seule à en souffrir, des centaines de filles éprouvent chaque jour le même sentiment, mais nous n’en parlons pas assez. Plusieurs sont malheureusement harcelées non verbalement mais physiquement. C’est si fréquent que c’est devenu presque normal alors que ça ne l’est pas.

Je l’ai réalisé en rentrant chez moi au Maroc après une année à l’étranger. Il suffit de quitter le pays pendant un temps pour réaliser à quel point les choses vont mal. Un patriarcat bien ancré qui ne permet, malheureusement, aucun épanouissement personnel, social ni même politique pour la femme marocaine.

Je n’en veux pas à cet enfant qui a ouvert les yeux dans cette société et à qui on n’a point expliqué ce qu’est une femme et ce qu’est le respect d’une femme. J’en veux plutôt à ses parents et son école qui sont passés à côté de l’une des valeurs les plus importantes à transmettre et enseigner: le respect.

“Si seulement j’étais un garçon!”, ai-je entendu dire, pas une fois, ni deux, ni trois. Beaucoup plus. Même moi je l’ai pensé un jour. Je ne croyais plus en la noblesse de la féminité pendant un moment, mais ce fut une erreur, un manque de confiance en soi et une faiblesse qu’ils veulent nous faire subir. Je sais à quel point la femme marocaine est forte et courageuse.

C’est bien à elle de changer la société et de transmettre ses valeurs les plus nobles à ses enfants. J’estime qu’elle est capable de mettre un terme à cette situation pitoyable avec toute l’élégance du monde. Une éducation réussie afin de changer le destin misérable d’une société. Nous sommes tous et toutes féministes. Si nous ne sommes pas une femme, nous avons certainement des femmes dans notre entourage que l’on aime et qu’on tient à protéger.

Respectons cette femme qui nous a donné la vie ou qui nous donnera des enfants. Il y a mille et une jolies manières de s’adresse à une fille, mais pas en l’insultant, ni en la collant.

Ghadir El Idrissi Raghni

Initialement publié sur le Huffpost Maghreb

Les mesures à prendre et les signaux à envoyer d’urgence

La classe politique est indiscutablement devenue le groupe le plus détesté juste après les terroristes. Comment demander à ceux qui nous inquiètent de nous protéger ? L’attentat de Nice a révélé de la façon la plus cruelle et la plus angoissante qui soit, la vacuité, l’impuissance, pire, une forme de dangerosité des responsables politiques du moment, toutes obédiences confondues. Leur panique aurait été risible si elle n’était pas mortelle. Je ne rentrerai pas plus dans le détail de cette critique qui ne produira rien pour me concentrer sur les mesures à prendre et les signaux à envoyer d’urgence. Sur les réseaux sociaux l’avant-garde progressiste, laïque et républicaine est unanime et dit en substance : La fête du slip c’est fini.

Ceux de nos concitoyens qui ne partagent aucune de nos valeurs républicaines, laïques et démocratiques de liberté, d’égalité et de fraternité n’ont que deux options. S’ils ont une autre nationalité à présenter, ils quittent définitivement notre territoire. Quant à ceux qui n’ont pas d’autres nationalité à présenter nous avons le devoir de faire en sorte qu’ils le regrettent. Les mosquées Salafistes et Wahhabites doivent être considérées comme les permanences d’un parti fasciste, armé, dangereux et traité en conséquence.

Nous devons le plus rapidement possible mettre en place le programme Apollo de l’environnement avec pour mission sortir du pétrole en 10 ans. Nos meilleurs spécialistes, chercheurs, écologistes et industriel dotés d’un budget illimité seront chargés de nous démontrer le génie français. Les pays voisins qui souhaitent s’associer à la plus grande aventure européenne depuis la révolution industrielle seront les bienvenus. Nous avons conquis l’espace, nous allons maintenant conquérir notre destin. Sortir du pétrole à court terme est un enjeu vital qui conditionne toutes les autres mesures.

Pour les générations à venir, nous instaurerons un service civique obligatoire d’un an dès 18 ans. Pas une connerie pour fournir du personnel gratuit aux associations, non un vrai service, on vit ensemble, on mange ensemble, on dort ensemble et le plus loin possible de la maison familiale. Ces conscrits apprendront les techniques de premiers secours, des différents sauvetages comme les inondations ou les tremblement de terre, la logistique humanitaire ou encore la gestion de projet. Le plus important : ils mangeront, dormiront et rêveront : République.

L’école doit reprendre de toute urgence sa mission propagandiste de la République, il n’est plus question d’éducation mais d’instruction, on fabrique prioritairement des citoyens et secondairement de la main d’œuvre qualifiée. Nous préférerons toujours côtoyer un chômeur républicain à un ingénieur d’Al-Qaïda.

Sortir de la question du chômage, comme le dit l’adage : « Il n’y a pas de problème que l’absence de solutions ne puisse résoudre. » L’homme a maitrisé le feu, l’eau, l’agriculture par curiosité et instinct de préservation, sans que ses efforts n’aient été conditionnés à un revenu et à un niveau de vie. Libérons-nous de la peur, sécurisons ce qui est possible et offrons-nous un revenu universel.

Ces quelques mesures sélectionnées parmi tant d’autres pour répondre à l’urgence sont déjà un profond bouleversement de la société française mais chacun comprend que si nous ne sommes pas les auteurs du changement, nous en serons les victimes.

Alors maintenant, comment faire pour porter ces mesures ? Faut-il faire pression ou doit-on s’organiser pour prendre le pouvoir ?

Ahmed Meguini

L’ islamisme et la laïcité : conflit éternel

Depuis des décennies, le problème de la relation entre l’islam politique et la laïcité s’est imposé et est devenu l’un des thèmes majeurs qu’on doit traiter à cause de l’ampleur des mouvements islamistes et l’importance des thèses de ses leaders. Il faut préciser, de prime abord, que l’idée de la laïcité est tout simplement la distinction et la séparation entre l’espace privé consacré à la religion et l’espace public partagé avec les autres concitoyens. En effet, l’idée d’une société laïque signifie qu’il y a une garantie pour les minorités et une protection de leurs droits et de ce fait, tous les citoyens seraient égaux devant la loi. On ne peut pas évoquer l’idée d’instaurer un Etat de droit sans la laïcité, ce sont deux concepts clés et nécessaires. Les éléments des discours religieux des mouvements islamistes sont toujours les mêmes que ce soit les frères musulmans dans les différents pays ou les mouvements djihadistes qui déclarent la guerre à tous leurs adversaires (à l’instar de Daesh ). On peut confirmer qu’il y a une diversité dans les mouvements islamistes, mais leurs désaccords sont toujours sur le plan méthodologique mais jamais sur la finalité de leurs démarches. Pour certains, la solution est avant tout le dialogue et le débat avant de recourir à la force. Mais pour d’autres, surtout les mouvements du salafisme djihadiste, il est hors de question de négocier avec les mécréants, leur stratégie consiste à tuer et à massacrer tous les opposants afin d’instaurer un Etat islamique légiféré par la loi divine. En témoigne, on a deux cas : l’exemple de la Tunisie : Il est vrai qu’en Tunisie, le mouvement islamiste Ennahda s’est déclaré comme un parti fervent de la séparation entre la religion et la politique, néanmoins la réaction de beaucoup de députés dans l’assemblée nationale peut donner une idée sur les réelles motivations de ce parti. ( Habib Ellouz et Sadok Chourou sont les deux pionniers de la véritable idéologie de Ennahda ). En étudiant le discours d’Ennahda depuis la révolution, on peut facilement constater que ce parti a le même but que les mouvements salafistes et que les discours modérés et les slogans ne sont que des moyens pour hypnotiser un peuple dont la majorité reste sensible face aux discours religieux. En outre, il n’y a pas une grande différence entre les mouvements salafistes et les frères musulmans, ce n’est qu’une question de stratégie mais ils ont les mêmes buts : témoin la fameuse conversation entre Abdelafattah Mourou, vice président d’Ennahda et Wajdi Ghoneim un cheikh extrémiste qui s’oppose publiquement à la laïcité. Ils considèrent tous deux les laïcs comme des mécréants. Et L’exemple de l’Egypte : C’est le pays des frères musulmans. En effet, cette organisation a été fondée en 1928 par Hassan Al Banna. Les islamistes étaient depuis leur fondation de farouches opposants de la laïcité en considérant que le modèle de la société égyptienne n’est pas conforme avec les fondements de l’Islam. C’est pour cela d’ailleurs qu’ils ont déclaré la guerre aux intellectuels et aux artistes. Avec des leaders comme Al Banna et Sayyed Qotb, les frères musulmans seront les ennemis de la laïcité. D’après leurs thèses, le peuple doit être gouverné par le coran et la Sunna du prophète de l’islam, et ceci, bien sûr, est devenu un problème pour tous les présidents de l’Egypte : Jamal Abdel Nasser, Anouar El-Sadate et Hosni Moubarak. L’organisation des frères musulmans est une organisation qui a beaucoup de sympathisants. Elle détient, justement, le pourvoir au sein des classes populaires de la société égyptienne. D’ailleurs, les Cheikhs ont une notoriété remarquable et peuvent manipuler des individus incultes pour agresser et assassiner leurs ennemis. En témoigne ce qui s’est passé après un débat entre Mohammed Al-Ghazali et Faraj Fouda. Ce dernier a été assassiné car il était un défenseur de la laïcité et des droits de l’Homme. Idem pour Naguib Mahfouz, prix Nobel de littérature, qui a été victime d’une tentative d’assassinat. D’après le témoignage du juge d’instruction, l’agresseur n’était qu’un jeune électricien de 21 ans qui n’a même pas lu les œuvres de Mahfouz. L’islam politique (frères musulmans ou salafistes ) n’est pas compatible avec la laïcité. Cela devient saillant après une analyse des discours religieux dans des pays différents. Peu importe la place/le pays on est toujours face aux mêmes projets et objectifs : détruire le modèle des pays laïcs et instaurer un Etat islamique.
Les caractéristiques des mouvements de l’Islam politique
1/ La nostalgie et la confusion entre l’historique et le sacré : ceci est l’un des éléments majeurs qu’on peut trouver chez tous les islamistes (des frères musulman jusqu’aux mouvements salafistes ). Le rêve d’instaurer un Etat islamique gouverné par la Charia (la loi divine) ce qui leur permet de refuser la démocratie et la laïcité car ils les considèrent comme une innovation humaine ( بدعة ) contre la parole de dieu. C’est une lecture qui néglige, bien évidemment, la rationalité. Ils défendent aussi l’innovation faite par les Cheikhs-savants ( العلماء ) d’où la confusion entre le texte sacré les interprétations ( تفاسير ) qui sont considérées comme des vérités indiscutables.
2/ L’absence de la rationalité et le recours à l’histoire des ancêtres ( السلف الصالح ) : l’idéologie islamiste se base essentiellement sur le refus de toute interprétation moderne du texte sacré. Pour eux, les versets du coran ne devraient être lus et interprétés que par les Ckeikhs/juristes et selon une lecture bien précise avec des règles instaurées depuis des centaines d’années. En somme, c’est le fait d’appliquer des règles archaïques et archaïsantes sur notre présent. On pourrait comprendre, en ce sens, que la guerre contre les mécréants est justifiée puisque le monde a été divisé en Dar al-Islam ( دار الإسلام ) – c’est à dire les territoires occupés par l’Islam, et qui est le domaine de la soumission à Dieu – et Dar al-Harb (دار الحرب أو دارالكفر). Sayyid Qutb a appliqué ce principe et il l’a également développé pour arriver à une conclusion effrayante : La société égyptienne est une société de Jâhilîya ( جاهِليّة ) ce qui signifie que les égyptiens sont des mécréants comme à la période préislamique. Cela a été considéré comme une déclaration de guerre contre la laïcité et la société moderne.
Le projet des mouvements de l’islam politique (frères musulmans, mouvements salafistes… ) est en contradiction avec la laïcité car il néglige les droits de l’Homme et la démocratie. Ce sont des mouvements qui refusent les acquis de la modernité et qui ne rêvent que d’un Etat islamique gouverné par un Califat. En conclusion, ils pensent que le retour en arrière est la vraie solution alors que l’avenir est pour les recherches et la création et n’a pas de places pour les illusions des islamistes.

Dhia Bousselmi

Nasr Hamid Abû Zayn : L’ennemi de l’obscurantisme

On ne peut pas parler de l’intelligentsia égyptienne qui a milité, entre autres, contre le fanatisme religieux, sans évoquer le parcours de l’un de ses pionniers, Nasr Hamid Abu Zayd.
Ce théologien était un grand défenseur de la laïcité en Égypte ainsi que dans tout les pays arabes. Ses articles et ses livres sont considérés comme une étape importante dans l’histoire de la lutte pour la liberté et la modernité.
Comme toutes les voix libres dans le monde musulman, Abu Zayd était la victime des menaces des extrémistes. Il avait également un problème avec Al Azhar ( l’institution religieuse qui représente l’Islam sunnite en Égypte ). En effet, ses idées ont provoqué un procès dans lequel Abu Zayd était accusé d’apostasie et le verdict était sans appel : l’annulation de son mariage et l’exil.
Pour Nasr Abu Zayd, la lecture des anciens théologiens est déphasée. Il insistait sur une lecture moderne du texte sacré. Le Coran doit être considéré comme une oeuvre soumise aux changements, c’est-à-dire que le texte évolue en fonction du temps. On peut constater facilement que Nasr était un grand lecteur du philosophe allemand Karl Marx, sa méthode d’analyse se basant ainsi sur la prise en considération du facteur du temps ainsi que l’étude de la sociologie de l’entourage du prophète et des faits historiques qui avaient un rôle lors de la révélation. Le but de Nasr Abu Zayd était la réforme de l’Islam et la critique du discours religieux. Il était l’ennemi des mouvements islamistes et de leur projet d’Etat religieux. C’est là la vraie raison de la condamnation de Abu Zayd : son engagement pour la liberté d’expression et pour une lecture moderne du Coran. La Critique du discours religieux chez Nasr Abu Zayd passe par une lecture rigoureuse des sciences du Coran et l’étude de l’histoire du texte. Il insiste également sur l’importance de la prise en considération des changements de la société moderne et des acquis de l’humanité. A contrario, la vision des extrémistes se base sur l’héritage de la pensée islamique classique et le Hadith avec bien sur l’élimination de la raison car le texte est sacré. Nasr, lui, avait une approche différente : C’est une lecture du Coran à l’aide de la linguistique et des sciences humaines. C’est pour cela qu’on ne peut pas négliger le facteur-temps dans l’analyse, la compréhension et l’interprétation du texte.
Abou Zayd se concentre sur la confusion du discours religieux entre la pensée et la religion, entre l’analyse et le sacré et c’est à cause de cela que les institutions religieuses et les mouvements islamistes ont pris le pouvoir dans les pays arabes. Abou Zayd dénonce la censure et l’oppression et il refuse d’être soumis à l’autorité religieuse. Il a présenté une nouvelle méthode pour l’interprétation du texte basée sur la rationalité car il était un grand lecteur des penseurs de l’école d’Al Motazila.
Parmi les livres de Nasr Hamid Abou Zayd on peut citer :
1/ Le rationalisme dans l’exégèse : une présentation de la méthode d’interprétation du texte chez Al Mooutazila c’est la pièce maîtresse dans la pensée de Abu Zayd, le retour à cette école qui revendique la raison dans la lecture du coran. Encore une fois et après des siècles, grâce à ce livre, la pensée de l’école Al Mu’tazila est au centre du débat. La philosophie et la logique sont coordonnées avec la théologie.
2/ Le concept du texte : Ce livre est consacré à une étude approfondie des sciences du coran. Il est souvent considéré comme une révolution dans ce domaine de réflexion. Nasr essayait de développer un point de vue critique en ce qui concerne les cinq sciences du Coran, il démontre que la prise en considération des sciences humaines et la présence d’une vision critique sont des éléments indispensables dans la lecture et la réforme des sciences du Coran.
3/ La problématique de la lecture et de la méthode d’interprétation : Dans ce livre, Abu Zayd analyse la relation entre le texte et l’interprétation. Il montre que le texte sacré ne peut être que le résultat d’un ensemble des faits historiques Il y a une distinction entre le texte de la révélation et le texte tel qu’il est écrit dans le Coran de nos jours. Nasr montre également que les métaphores dans le Coran nous impose une lecture et une interprétation sur des différents niveaux de profondeur ( C’est le contraire de la méthode des fondamentalistes qui comprennent le texte à la lettre )
4/ Critique du discours religieux : C’est un livre polémique dans lequel Nasr décortique dans un premier temps le discours des mouvements islamistes radicaux qui détiennent le pouvoir au sein de la société égyptienne et dans un second temps il expose les fondements de leur discours en insistant sur leur confusion entre le texte sacré ( la révélation ) d’une part et les interprétations des Cheikhs d’une autre part. Selon Nasr cette confusion est l’origine de la montée du radicalisme en Égypte.
Nasr Hamid Abou Zayd est l’un des plus grand penseurs arabes laïcs. Il a consacré toute sa vie à l’étude du Coran et à la réforme de l’Islam dans le but de faire évoluer les mentalités, d’exclure l’extrémisme et d’établir un Etat de droit où tous les citoyens sont égaux devant la loi.

Dhia Bousselmi

Qu’est-ce que la Taqiyya ?

Il y a un mot que l’on entend beaucoup répéter dans les milieux français et européens notamment après les attentats terroristes qui ont frappée Paris et Bruxelles et plus récemment Orlando et qui ont fait beaucoup de morts et de blessés innocents. Le mot en question revient souvent en parlant de l’offensive organisée par l’islam politique avec ses deux branches. La première : le salafisme jihadisme, la seconde : le mouvement de Frères Musulmans qui est plus tortueux. Cette offensive vise l’Europe en général et la France en particulier pour frapper son modèle républicain et laïque qui a été construit sur les ruines d’un autre plus ancien axé sur l’Eglise et le cléricalisme.

La Taqiyya est une notion très présente dans l’histoire musulmane et est liée à beaucoup de mouvements religieux et politiques, elle est maintenue et plébiscitée dans certains de ces mouvements jusqu’à nos jours. L’islam politique et en particulier la bande des Frères Musulmans l’ont très vu adopté dans leur méthode de travail dans le but d’arriver au pouvoir dans les pays majoritairement musulmans mais aussi dans les pays européens et occidentaux. La Taqiyya est synonyme de mensonge, d’hypocrisie et de double discours dans l’esprit de tous Français qui s’intéresse à l’islam politique et à ses protagonistes qui sont invités à tous les plateaux télévisés. Or, si cette définition n’est pas loin de la réalité, il faut savoir que le terme est plus profond sur le plan politique et conceptuel que l’idée de double discours que tous les hommes politiques arrivistes emploient, qu’ils soient de gauche ou de droite.

Beaucoup de citoyens ordinaires restent complètement ignorants de ce concept dangereux et de cette rhétorique encore nouvelle en France et en Europe. C’est pour cela qu’ils tombent facilement dans le piège de l’attitude modérée de certains membres des Frères Musulmans qui ont une forte présence médiatique car ils ignorent le style ondulant de la Taqiyya de la bande de Frères Musulmans et comment ils peuvent détourner le sens des mots et dire ce qu’ils ne pensent pas d’une façon machiavélique.
Par conséquent, cet article a pour objectif d’éclairer l’opinion publique au sujet de la Taqiyya à travers un exposé historique ; la naissance et l’évolution de cette notion et ses usages politiques modernes.

La Taqiyya, veut dire…

Le vocable « Taqiyya » vient du verbe arabe « yataqi » qui veut dire « craindre, être prudent » comme par exemple dans le proverbe arabe : Crains le mal de celui à qui tu as fait le bien ! En tant que terme religieux, elle signifie le fait de dissimuler une croyance par peur d’accuser une perte matérielle ou morale. Cette notion est liée dans l’histoire des religions aux périodes de persécution religieuse et de la discrimination basée sur le critère communautaire. L’islam et le judaïsme l’ont adopté d’une façon intégrale tandis que le christianisme n’a permis aucun comportement pareil incitant les croyants à patienter et/ou à mourir en martyre.
L’islam a autorisé la Taqiyya d’une façon générale afin de protéger les musulmans contre tout préjudice susceptible de le nuire dans sa vie ou dans sa foi. Le terme s’est élargi chez les branches minoritaires au fil de l’histoire au point de devenir un des piliers de la religion à cause de la grande persécution qui a touché ces branches. La notion de Taqiyya a été mentionnée dans le verset coranique suivant :
« Que les croyants ne prennent pas de dénégateurs comme alliés au lieu de croyants. Le faire, ce serait vous couper totalement de Dieu, à moins que ce ne soit dans le but de vous prémunir contre eux ; néanmoins Dieu vous met en garde contre Lui-même. Dieu est omniprésent »1
Ainsi, la Taqiyya est une forme de prudence qui autorise le musulman à dissimuler ses idées et ses croyances mais cela peut aller jusqu’à avoir des agissements et des paroles en harmonie avec ce que les non-musulmans disent pour se protéger d’eux. Dans ce cas, ses convictions réelles doivent rester intactes. Cette attitude peut aussi aller jusqu’à montrer l’impiété à l’égard de Dieu et de Mahomet tout en gardant la foi au tréfonds de son âme dans le cas où il craint l’affliction.1 Traduction de Jacques Berque (note du traducteur)

La Taqiyya à travers l’histoire musulmane
La Taqiyya a été pratiquée dès le premier jour du message mahométan par le biais d’inviter certaines personnes à rejoindre la nouvelle religion en secret. Mahomet incitait ses compagnons à cacher leur foi et à continuer leur vie d’avant la conversion à l’islam quitte à pratiquer le paganisme en attendant de pouvoir annoncer le message à tout le monde.
Les branches minoritaires, notamment chiites, ont donc accordé beaucoup d’importance à la Taqiyya en en faisant l’un des piliers de l’islam et en stipulant que celui qui abandonnerait cette pratique sera considéré comme celui qui abandonne la prière. Ceci est dû à l’importante persécution dont a souffert cette branche à travers son histoire. Jusqu’à aujourd’hui la Taqiyya reste une pratique importante chez certaines communautés islamiques comme les alaouites et les druzes. Ces derniers feignent de faire la prière comme les musulmans en Syrie et en Jordanie mais au Liban et en Israël ils se considèrent comme une religion à part entière.
La Taqiyya politico-religieuse
L’arrivée au pouvoir des Abbassides est considérée comme un exemple des plus réussis de la pratique de la Taqiyya politico-religieuse qui a eu pour conséquences un bouleversement capital du pouvoir politique qui a permis aux Abbassides de prendre le pouvoir des Omeyyades avec tout ce que cela a impliqué comme changements au niveau de la doctrine musulmane.
Les sources nous informent que les activités secrètes en faveur des Abbassides ont duré un demi-siècle. Pendant cette période, les prédicateurs abbassides demandaient aux gens de prêter allégeance au calife abbasside et de désavouer le calife omeyyade tout en gardant cela pour secret dans l’attente de renforcer les troupes pour pouvoir s’emparer du pouvoir.
Pendant un demi-siècle d’activité secrète, les omeyyades n’étaient pas au courant de ces préparatifs dangereux sauf dans les cinq dernières années de leur règne lorsqu’ils ont perdu le
contrôle de la région de Khorasan et de la Transoxiane. Auparavant, les adeptes des abbassides pratiquaient la Taqiyya avec habileté, faisaient la prière au nom du calife omeyyade en injuriant Ali. Cet exemple sert comme modèle réussi et complexe pour la pratique de la Taqiyya dans le sens où il a abouti à l’effacement d’un califat qui était très riche et puissant en le remplaçant par un nouveau califat et une nouvelle dynastie avec une nouvelle doctrine.
La Taqiyya politique à l’époque moderne
Dans le cadre d’un mouvement de revivification d’anciens concepts en les utilisant, soit dans sa signification historique, soit en lui donnant une nouvelle signification, beaucoup de mouvements de l’islam politique ont revivifié la notion de Taqiyya et l’ont pratiquée pour protéger leurs sympathisants et pour dissimuler leurs plan politiques.
Par exemple, ils peuvent nier le jihad comme obligation islamique devant les médias occidentaux, éviter de parler de châtiments corporels tels que la lapidation, les coups de fouet, l’amputation de main pour le voleur, tuer le converti, etc. Et tout ce qui n’est pas conforme à la Déclaration universelle des droits de l’homme et de toutes les autres conventions internationales. L’un des dirigeants de l’UOIF est allé jusqu’à affirmer que « la loi et la Constitution républicaine sont notre charia » et c’est exactement une pratique de la Taqiyya qui oblige d’afficher une forme de « mécréance » devant les « mécréants » tout en le condamnant par le cœur pour se défendre. Les groupes islamistes incitent leurs membres à se raser, faire la bise, ne pas jeuner pendant le ramadan et de boire de la bière s’ils risquent de perdre leur travail surtout dans une situation où ils sont minoritaires.
La Taqiyya est également pratiquée par les bandes de l’islam politique dans les sociétés majoritairement musulmanes. Les Frères Musulmans y déclarent qu’ils sont démocrates et qu’ils s’engagent à respecter les droits des minorités et ceux de la femme et qu’ils n’appliqueront pas la charia mais une fois au pouvoir ils oublient leurs promesses et reviennent sur leur parole et se mettent à appliquer leur vrai programme car, après tout, les promesses n’engagent que ceux qui y croient.
Cette méthode a porté ses fruits en Egypte et En Tunisie et a permis aux Frères Musulmans d’arriver au pouvoir avant qu’ils ne le quittent de différentes manières. Cependant, tout au long de leur règne, ils sapent toutes les règles démocratiques et toutes les valeurs
républicaines et portent atteinte au régime démocratique en créant des milices et en essayant de pénétrer l’Etat à travers son pouvoir exécutif, surtout les forces de l’ordre.
Rien de mieux que ce slogan scandé par les Egyptiens pour protester contre les Frères Musulmans : « Khan Ykhoun Ikhwan 2»
La trahison conjuguée à la Taqiyya avec tout ce que cela comporte de mensonges et d’hypocrisie représentent un fer de lance utilisé contre l’Etat-Nation pour essayer de le conquérir et de l’assujettir. C’est pour cela que la prudence s’impose. Il ne faut pas croire, naïvement, au discours de ceux qui disent ce qu’ils ne croient pas. Pour se prémunir contre ce cancer politico-religieux, il faut mettre au grand jour leur méthode de fonctionnement qui a réussi à détruire des pays tout entiers.
Haytham AbdelMoula
2 Slogan employé par les manifestants égyptiens contre Mohamed Morsi qui consiste en un jeu de mot. Le verbe khan qui signifie trahir a une consonance très proche de la racine akh qui veut dire frère ; le nom des Frères Musulmans se dit en arabe Ikhwan Moslimin. (note du traducteur)

Haythem Abdelmoula

 

Rencontrer une ministre de la République sur le thème de la laïcité

Rencontrer une ministre de la République sur le thème de la laïcité, c’est d’abord échanger nos regards sur la situation. Laurence Rossignol, des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, partage toutes nos inquiétudes. Inquiétude face à une certaine jeunesse dont l’identité est devenue uniquement religieuse, inquiétude de la progression de la non-mixité dans les quartiers, inquiétude de l’emprise religieuse sur le milieu associatif sportif, inquiétude face aux difficultés rencontrées par le corps enseignant… Et face à ce diagnostic, la ministre considère que la laïcité à la française est la seule voix possible pour lutter contre l’islamisme. L’exemple du Royaume-Uni qui est maintenant confronté à la présence de tribunaux qui appliquent la charia en est la preuve manifeste.

Mais après le diagnostic, il y a les priorités, et la méthode.
Pour Laurence Rossignol, le pivot de la défense de la laïcité, ce sont les droits des femmes. Plutôt que défendre une loi qui chez beaucoup est associée confusément à l’athéisme ou à une guerre contre l’islam, c’est l’affirmation des droits des femmes qui permettra d’affirmer les valeurs républicaines.
Aider les associations, leur donner de la visibilité, c’est ce qu’un ministère comme le sien peut apporter dans la bataille. Et d’encourager toutes les petites associations qui oeuvrent sur le terrain à se regrouper, à se mobiliser ensemble.

Sur le plan politique, la marge de manœuvre est étroite. Peu de monde à gauche, peu de monde à droite. ‘Il faut laisser la radicalité aux adversaires’. Hors de question donc de s’allier avec des politiques pour qui la défense de la laïcité passe par la réaffirmation des racines chrétiennes de la France. Nous lui avons dit combien le silence du Parti socialiste sur ces questions, hormis la voix de Manuel Valls, était pour nous assourdissant… Laurence Rossignol pense que certains, tel Jean-Louis Bianco, ouvriront les yeux un jour…
A notre incompréhension quant à la non-interdiction du Rassemblement des Musulmans de France au Bourget en mai dernier, et à notre inquiétude face au sort des petites filles de filiation musulmane voilées dès deux ans, Laurence Rossignol nous a rappelé le droit. Rien juridiquement ne pouvait interdire une telle manifestation. Et la qualification de dérive sectaire à opposer à des parents qui voilent leurs fillettes est juridiquement périlleuse.
Comment donc ramener des individus vers des valeurs héritées de notre histoire et vers un art de vivre à la française ? Tout se jouera sur le plan culturel. Laurence Rossignol invite d’ailleurs LaïcArt à faire un ‘scan’ du programme des candidats aux primaires et à la Présidentielle sur les questions de la laïcité. Nous nous y engageons. Et nous veillerons attentivement aux moyens et aux orientations donnés au ministère de la Culture. L’imagination au pouvoir, culture et éducation versus islamo-fascisme ? A nous, citoyens et associations de nous mobiliser et d’inventer.

Rassemblement Républicain du 18 juin

Sous les tonnelles que nous avions installées Place du Châtelet, une vingtaine de personnes s’était rassemblée pour célébrer, en cette date anniversaire du 18 juin, l’esprit de résistance, de combat et du refus de la capitulation. Vingt personnes, ça peut paraître peu mais avec ces vingt personnes là, on peut tout. Une journaliste me demande si c’est un début, si nous espérons rassembler davantage de citoyens aux prochains évènements, la réponse est oui bien entendu même si nous serons toujours une minorité agissante, par nature, ceux qui agissent sont minoritaires, c’est ainsi. Quelques prises de parole énergiques compensaient largement la fin de vie des piles du mégaphone. Ainsi Nadia Remadna a rappelé l’importance de la laïcité dans le combat des femmes et plus précisément en banlieue. Puis Roland Castro d’insister sur le péril obscurantiste, sur la République et la laïcité, en danger comme rarement dans son histoire. J’ai pour ma part insisté sur l’esprit de combat qui doit nous animer, aussi vrai que nous sommes minoritaires dans l’action, nous sommes majoritaires dans l’opinion et nous triompherons. Nous avons ensuite passé quelques heures à échanger nos points de vue autour d’un buffet, un espace de convivialité et de fraternisation, creuset des résistances et des révolutions.

Une laïcité spéciale Saint-Denis ?

L’intitulé lui-même de la rencontre était incongru : quelle laïcité pour Saint Denis ?

La laïcité est inscrite dans l’article un de la constitution de 1958 : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale”. Pour les organisateurs de cette rencontre, Saint Denis doit donc adapter la constitution de la France (qui est UNE République) à des territoires? Voilà une compréhension pour le moins innovante de “l’indivisibilté” de la France, sans parler de l’unité du people français. La même loi pour tous, ça avait pourtant de la gueule.

Les parents ont manifesté d’autres préoccupations que le seul voile, sans aucune réponse. En effets, dans le public on avait conscience que le problème est celui de l’accès à la culture, l’apprentissage de la citoyenneté qui passe par la lecture et le savoir. On ne peut que s’interroger sur ce silence quant aux problèmes citoyens, qui fut celui des intervenants de la rencontre. Doit-on comprendre que la clé des problèmes de Saint Denis, y compris pour des enseignants, ne passe pas par l’école et la culture, mais par le voile ?

saint-denis

Les raisonnements exposés par les intervenants allaient dans le sens d’une victimisation des femmes portant le voile. Car ce thème en revanche était accepté par les intervenants. Ce qui ne l’était pas, c’était les avis discordants.

Du côté des intervenants, Edwy Plenel a comparé la bataille pour l’acceptation du voile aux batailles des homosexuels, les uns et les autres subissant d’après lui le même rejet.

Est-ce à dire que la bataille pour l’acceptation d’une orientation sexuelle (qui est, sauf information inconnue de nous, de l’ordre du privé et de l’intime) et une bataille pour accepter l’affirmation d’une lecture particulière d’une religion (ce qui est une affirmation religieuse dans l’espace public), c’est la même chose ? Une étudiante en Philo a ainsi raconté sa souffrance face au rejet dont elle était victime, en tant que femme voilée.
L’idée directrice était que le voile était le signe d’un vivre ensemble réussi. Est-ce à dire que la religion n’est plus affaire privée, mais qu’elle peut être revendiquée dès lors qu’elle est religion ? Les mêmes viendront-ils nous dire bientôt que ne pas serrer la main des femmes est « compréhensible » si c’est contraire aux croyances de certains, qu’il est normal qu’une femme ne puisse être soignée, dans nos hôpitaux publics, par un médecin homme ? Peut-on raisonnablement soutenir qu’une pratique religieuse comme le voile, qui sépare les sexes et instaure un rapport de méfiance entre eux est le signe « d’une vivre ensemble réussi », « d’une laïcité ouverte » ?
Certaines voix discordantes dans l’assemblée furent sommées de se taire ou accusées d’islamophobie. Un conseiller municipal s’est offusqué qu’une dame compare le voile à la situation en Algérie dans les années 90. C’était forcément de l’incompétence voire de la bêtise, ou encore une volonté de stigmatiser une population (on croyait que porter le voile était une décision personnelle, donc individuelle ?). En gros comme en détail, les détracteurs sont forcément islamophobes, et non des défenseurs de la République.

En conclusion, cette rencontre ne fut pas marquée par l’ouverture au débat et le respect des intervenants qui n’allaient pas dans le bon sens. Et on nous prétend que c’est nous qui sommes sectaires. La laïcité permet à chacun d’être l’égal de l’autre. Elle impose, contre les pressions de certains courants religieux, de traiter tout le monde de manière égale. Ça semble bien le minimum. Elle est, au contraire de ce qui fut si « brillamment » démontré, ce qui nous permettra de tous nous retrouver, fraternellement. Car la fraternité n’est pas la division en communautés méfiantes les unes des autres.

Stéphanie Valade

Donnez pour les orphelins de la police

Je me suis rendu dans les locaux de l’œuvre des orphelins de la préfecture de police pour voir si je pouvais les aider à installer une solution de paiement en ligne. Pour des raisons administratives ça n’a pas été possible. Je voulais agir, par instinct, pour éviter le piège de la haine. C’est dans ces locaux qu’une policière m’a parlé d’un précédent ou une personne avait créé une cagnotte Leetchi à destination des orphelins de la police. Créer cette cagnotte ce n’est pas seulement pour donner de l’argent, c’est aussi un moyen de manifester collectivement et de façon visible notre solidarité et la reconnaissance d’un peuple pour le sacrifice de sa police. Nous sommes la France, nous formons la communauté nationale et nous n’abandonnerons jamais personne. Ce petit garçon a perdu ses parents et on ne pourra jamais changer ça. Ce petit garçon est notre fils à tous à présent, des millions de parrains et de marraines pour lui et pour tous les autres orphelins, donnons de l’amour pour résister à la haine

Participer à la cagnotte en ligne

Ahmed Meguini

Bienvenue à LaïcArt

Ces dernières semaines le réseau LaïcArt a franchi une nouvelle étape de son développement : outre la création de l’association, l’ouverture d’une boite postale et d’un compte bancaire nous entamons une campagne d’adhésion avec un démarrage plutôt satisfaisant, vous êtes 50 à avoir franchi le pas la première semaine quand le site compte, lui, 440 abonnés. Lors de la dernière réunion, Waleed Al-Husseini a intégré le bureau de LaïcArt, il sera en charge du développement international avec Haythem Abdelmoula. Le bureau n’est pas encore entièrement composé, je privilégie pour ce premier mandat la constitution d’une équipe capable de travailler rapidement et efficacement à la construction du réseau. Vous avez rejoint une organisation qui a pour mission de défendre la laïcité là où elle existe et de la propager partout ailleurs. LaïcArt existe depuis 6 mois, un travail considérable a été fait pour dégager certains modes d’action, nous avons jusqu’à présent avancé en tâtonnant, en travaillant par exemple à l’organisation du pique-nique républicain à Sevran, en rédigeant des articles sur la laïcité, en nous rendant à des conférences, en créant des vidéos, en rencontrant tous ceux qui se battent contre l’obscurantisme comme Malek Bouthi ou Céline Pina hier, deux personnes avec qui nous serons amenés à travailler régulièrement. Depuis le début de cette aventure, nous assumons de penser en marchant, d’avancer en attendant de savoir où l’on va : risquer l’action, risquer l’erreur plutôt que de ne rien faire. En 6 mois LaïcArt s’est imposé comme un acteur incontournable de la laïcité de combat et tout indique que les 6 prochains mois seront tout aussi bons. Nous avons tous des rôles à jouer dans la construction de ce réseau, la priorité est de faire connaître LaïcArt et de faire adhérer, chacun d’entre vous doit se fixer pour objectif de faire adhérer au moins une personne par semaine. Je vous enverrais bientôt un courrier pour vous demander vos comptes FB et Twitter, l’objectif étant de créer une force de réaction rapide et de contre-propagande sur les réseaux sociaux. Un premier groupe s’est créé, il rassemble les adhérents parisiens qui se sont déjà rencontrés lors d’une réunion. N’hésitez pas à créer vos groupes affinitaires. Si vous avez un projet qui est sur la ligne défense de la laïcité et des valeurs universalistes, que vous avez réuni suffisamment de personnes et de moyens alors LaïcArt mettra également tous ses moyens à votre disposition pour faire aboutir le projet. Sentez-vous libres d’apporter vos projets, réalisez-les à 50% nous apporterons les 50% restants. Les prochaines dates sont :

Lundi 13 : Réunion à Paris
Samedi 18 : Rassemblement Républicain Paris
Mardi 21 : Rencontre avec Mme la Ministre Laurence Rossignol
Lundi 27 : Dîner-débat avec Renée Frégosi, Céline Pina et Roland Castro
(Sur inscription uniquement)

Éloge du racisme à Saint-Denis

Ces derniers jours, être membre du réseau LaïcArt, c’est comme les montagnes russes.

Le 22 mai à Bruxelles, invité par Waleed Al-Husseini, nous avons écouté deux des plus grandes voix du monde arabo-musulman, le poète syrien Adonis, et le grand intellectuel Sayyed Al-Qimni. Et le 25 mai à Saint-Denis, nous avons subi le discours de l’antirascisme politique français, avec les représentants des Indigènes de la République, du comité anti-Négrophobie, les Indivisibles, Camp décolonial, etc.

A Bruxelles, la rencontre était organisée pour le lancement de ADHOC, une association dédiée à la lutte pour la laïcité et contre le fondamentalisme dans le monde islamique. Ce lancement historique avait pour thème : les racines et les causes de la violence islamique ? La laïcité est la solution. LaïcArt vous fera un compte rendu de cette journée dans les jours qui viennent. Il faut du temps pour retranscrire la richesse des débats…

Mercredi 25, à la Bourse du travail de Saint-Denis, la chute fut donc vertigineuse.

Culture et érudition le dimanche, mascarade, inculture et ricanements le mercredi.

A Saint-Denis était donc organisé un simulacre de procès public intitulé l’antiracisme politique face aux inquisiteurs.

Des intervenants[1] se sont succédé et ont plaidé coupables devant un juge, (rôle tenu par Nacira Guénif-Souilamas, professeur en Sciences de l’Education à Paris VIII), pour répondre des accusations de communautarisme, de manque de respect à Finkielkraut, de racisme anti-blanc, de dénonciation d’universalisme blanc, de camp d’été décolonial, d’antisémitisme etc.

Nous avons donc écouté des petites plaidoiries d’une dizaine de minutes sur chacun de ces thèmes. Toutes ces plaidoiries, destinées à dénoncer l’universalisme blanc, étaient assorties de brèves démonstrations où les inepties et l’indigence historique le disputaient à une logique victimaire et essentialiste. Vous retrouverez dans quelques jours certainement les vidéos de la soirée sur la toile. Voici un bref aperçu des insanités auxquelles nous avons eu droit.

Je vous passe les ‘vous êtes sur le blanc des accusés’, montrer patte blanche est impossible pour un Nègre’ qui ont suscité les rires gras du public.

Sachez donc qu’il existe un “racisme d’Etat” français qui serait d’abord “négrophobe”.

Qu’il existerait une hiérarchie de l’art avec l’art blanc au-dessus de tous les autres, et la musique classique serait au sommet de la pyramide des arts, versus l’art primitif. Une hiérarchie qui suivrait l’échelle des races inventées par les Européens…

Quelle France ont dessiné les participants de cette soirée ?

Une France coloniale, suprémaciste blanche où le racisme et l’islamophobie sont institutionnalisés, et où l’universalisme blanc ne serait qu’un communautarisme blanc.

Pour Franco Diolla, l’Etat français prétend défendre les droits de l’homme, mais nous sommes la preuve vivante qu’il défend les droits de l’homme blanc…

D’abord, un scoop. Il se pourrait bien que le Code noir soit toujours d’actualité ! Faudrait-il en déduire que les Français noirs (c’est quoi d’ailleurs un Français noir ? ndlr), sont toujours considérés comme des biens meubles dans notre droit. Vrai ? Faux ? Peu importe ! Le fait même que ce Code ait existé ‘remet profondément en cause les fondements de la question de l’égalité entre les Noirs et les Blancs.’ Ça vous paraît logique ? Pas moi…

Je vous annonce aussi que notre ‘police est raciste, les crimes policiers le sont. Et qu’elle a été créée pour maintenir un ordre social, politique, économique par l’usage de la violence et elle est traversée par l’histoire coloniale. La BAC a pour origine la Brigade nord-africaine qui quadrillait les quartiers musulmans de Paris et opérait des rafles et alimentait des fiches de surveillance régulièrement.[2]

Peut-on affirmer que la BAC a aujourd’hui un lien avec cette Brigade Nord-Africaine dissoute à la Libération et qui s’est prolongée via la BAV, Brigade anti violence, durant la guerre d’Algérie ? La BAC viserait donc aujourd’hui une population particulière ? Peu importe. Celle qui est au micro dit la vérité.

D’autres ‘imprécisions’ ou arguments historiques ne manquent vraiment pas de sel. On va par exemple chercher les Conquistadors pour dénoncer le sionisme et démontrer que l’antisionisme n’est pas antisémite. Puisque le sionisme utilise l’argument religieux de la judéité pour couvrir son vrai visage, celui du colonialisme, on établit donc un parallèle avec la conquête de l’Amérique… Pour dissimuler leur volonté colonisatrice, les Européens auraient massacré les Indiens en invoquant la défense de la chrétienté blanche. Si j’extrapole, les Palestiniens seraient donc les Cheyennes et les Sioux du XXIe siècle. Fallait y penser. Et on insinue donc que les sionistes seraient des ‘colonialistes, génocidaires et esclavagistes’ ?[3] Les faits historiques et les arguments ne vous semblent pas satisfaisants ? Pas grave, la salle a applaudi et scandé ‘Palestine vaincra, Palestine vivra’.

Restons en Palestine. Pourquoi cette proximité de cœur avec la Palestine ?

L’inégalité, en Palestine comme ici, est un choix stratégique. Quand on vit dans un Etat où on est pris pour cible par les forces de l’ordre car coupable d’être arabe, noir ou musulman, quand on subit humiliations et discriminations à chaque étape de nos vies… c’est pour ça que la Palestine, ça nous parle autant[4]. Et de demander dans la foulée la libération de George Ibrahim Abdallah, condamné à perpétuité dans notre pays pour terrorisme…

Vous en voulez encore ?

A l’applaudimètre, ce sont les allusions à Alain Finkielkraut qui ont remporté le plus vif succès. Des ‘Taisez-vous’ et ‘gnagnagnagnagna’ ont d’ailleurs fusé dans le public. Derrière moi, des jeunes ont rigolé de leur trouvaille, ‘académichien’… Caroline Fourest, elle, s’est fait qualifier par la juge, de ‘pucelle germano pratine’…

Nous n’avons pas eu la force de rester jusqu’au bout de la soirée et n’avons pas écouté la plaidoirie d’Alain Gresh qui venait défendre son amour pour Tariq Ramadan, ni le réquisitoire du procureur ni l’énoncé du verdict. Mais nous ne nous faisons guère d’illusion…

Il existe du racisme et de la discrimination dans notre pays, personne ne le nie et il faut les combattre avec fermeté. Mais affirmer que ce racisme est un racisme d’Etat qui s’appuie sur sa police est abject et insulte ceux qui en Afrique du sud ont connu les horreurs de l’Apartheid. Mettre la couleur de la peau au centre de tous les rapports sociaux, économiques, politiques, et en faire sa grille de lecture pour tout, la culture, l’art, les institutions, etc. , c’est faire l’éloge du racisme que ces “antiracistes” prétendent dénoncer.

Face à autant de haine, de distorsions de l’histoire, de volonté de désunir, de cliver, de détruire un modèle républicain et laïque qui malgré ses imperfections reste, pour nombre de peuples opprimés, un modèle, quelles réponses apporter ?

Dimanche dernier à Bruxelles, Sayyed AlQimni, solennellement, nous a chargé d’une mission. Il a demandé à chaque personne présente d’être un messager pour l’humanité, pour protéger la civilisation. Pour lui, seuls la laïcité et le pluralisme pourront vaincre le monstre de l’islamisme. La laïcité est un enjeu international, et sa défense, une garantie de la paix.

Vous l’avez compris, entre les voix d’Adonis et de Sayyed Al-Qimni, et celles que nous avons entendues à Saint-Denis, le fossé est vertigineux.

[1] Franco Lollia, Brigade Anti-Négrophobie, Wiam Berhouma, participante d’une émission avec A. Finkielkraut, Nargesse Bibimoune, membre du Fuiqp et de la Mafed, Amadou Ka, président des Indivisibles, Houria Bouteldja, porte-parole des Indigènes de la République, Fania Noël, co-organisatrice du Camp d’été décolonial, Amal Bentounsi, fondatrice de Urgence Notre Police Assassine, Siham Assbague, militante antiraciste politique, Eric Fassin sociologue (professeur au Département de Science politique de Paris VIII), Alain Gresh, journaliste.

[2] Nargesse Bibimoune, membre du FUIQP et de la MAFED

[3] L’extermination des Natifs des Amériques a été amplement justifiée par le fait que leur résistance était définie comme une lutte raciale et dogmatique contre l’Eglise chrétienne blanche. Les desseins colonialistes, génocidaires esclavagistes de ces Conquistadors sont pourtant connus de tous, et sont le fondement même de notre système capitaliste actuel. Leyla Larbi, Génération Palestine & Labo Décolonial
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[4] Leyla Larbi, Génération Palestine & Labo Décolonial

Sayyed Al-Qimni : Le Voltaire du Moyen-Orient

Dimanche 22 mai, ce Voltaire des temps modernes, figure du monde intellectuel au Moyen-Orient, plusieurs fois condamné à mort et menacé pour oser défendre la laïcité est venu à Bruxelles à notre rencontre.

Il est très difficile pour moi, jeune Tunisien laïque et progressiste, de rester objectif en parlant de Dr. Sayyed Al-Qimni.

La lecture de ses livres représente un commun et une étape primordiale chez les jeunes progressistes du monde arabe dans leur long chemin vers la modernité et l’émancipation.

Malgré cette haute estime et un très fort sentiment de reconnaissance en Tunisie et plus largement dans le monde arabe, ce grand professeur égyptien est ignoré des lecteurs français pour n’avoir pu dépasser la barrière de la traduction.

Il m’a dit le 22 mai, à la conférence organisée par ADHOC à Bruxelles, qu’il pense que le combat pour les Lumières est achevé en Europe et en Occident, et qu’il écrit ses livres en arabe pour les arabophones qui ont un sérieux problème d’intégration dans la modernité et les valeurs universelles.

Le public français connait bien un Égyptien rétrograde qui s’appelle Tariq Ramadan. Les maisons d’éditions se bousculent pour publier ses livres contrairement à Sayyed Al-Qimni qui n’est jamais traduit.

J’ai donc souhaité présenter aux laïcs francophones ce grand monsieur, aujourd’hui septuagénaire, et dont l’héritage est déjà inestimable. En conscience, je sais qu’il est l’héritier des Lumières et un espoir, du Caire à Paris.

Ses oeuvres et sa méthode

Sayyed Al-Qimni a consacré sa vie à l’étude des sources de la religion musulmane et des religions monothéistes.

Son travail s’appuie de manière étonnante et en première intention sur des outils d’analyse inspirés du marxisme en analysant les moyens de production, les rapports de production, l’influence des conditions naturelles sur la pensée humaine et la sociologie dans la société arabe préislamique.

Il maitrise les outils de la religion comparée et il effectue littéralement une archéologie des textes arabes et islamiques.

Sayyed Al-Qimni utilise exclusivement des sources anciennes certifiées et acceptées par Al-Azhar, l’université islamique d’Égypte.
C’est sa technique pour se protéger des fatwas qui se sont succédées contre lui y compris celles d’Al-Qaïda en Mésopotamie en 2005. Le sort tragique de son collègue Faraj Fouda http://bit.ly/271DZmY, assassiné par des sympathisants des Frères musulmans l’a marqué.

Il a vu aussi le grand mufti de la mosquée Al-Azhar témoigner devant la justice et affirmer que Faraj Fouda mérite la mort, car il a quitté l’islam, légitimant le geste des assassins qui n’auraient en vérité fait qu’appliquer le verdict d’Allah, ce que selon lui, l’Etat égyptien aurait pu faire lui-même (Huit des treize accusés ont été acquittés. Plusieurs autres ont été relâchés en 2012 sur l’ordre du président membre des Frères musulmans Mohamed Morsi).

Sayyed Al-Qimni analyse donc l’islam par des paradigmes originaux, marxiste et laïque, en utilisant exclusivement les sources islamiques certifiées par al-Azhar (ce qui signifie qu’il n’a pas utilisé les sources islamiques chiites par exemple, et les contributions des orientalistes). Il a écrit plusieurs livres polémiques comme :

Les guerres de l’Etat du prophète [Mahomet], 1996

Il s’agit d’un livre écrit pendant la guerre de l’Etat égyptien contre le groupe terroriste Gamaa al-Islamiya (issue des Frères musulmans http://bit.ly/1OT0xQT). Il présente une étude historique des guerres faites par le prophète Mahomet après l’établissement de son Etat à Médine suite à son émigration de la Mecque après son échec face aux païens qui refusaient totalement la conversion à l’islam. Il analyse les causes, la fréquence des guerres (67 batailles au bout de 10 ans), l’intensité (extermination des juifs de Banu Qurayza http://bit.ly/21btR8g), les moyens, le discours guerrier, les techniques, les éléments de motivation… Son livre explique sans la moindre ambiguïté la genèse guerrière de l’islam à Médine après l’échec des méthodes pacifiques de conversion à la Mecque.

Cette œuvre s’intègre parfaitement dans la pensée de Sayyed Al-Qimni qui préconise un dépassement des dogmes religieux islamiques pour la création d’un Etat laïque, et d’un peuple capable d’agir de manière créative dans le monde, bien loin de ses actions sanguinaires actuelles.

Par ce livre, Sayyed Al-Qimni voulait profiter de l’état de choc général provoqué par les attentats barbares subis par le peuple égyptien, pour faire émerger une prise de conscience des origines du mal.

Il voulait mettre fin à l’enfumage exercé par Al-Azhar (représentant de l’islam officiel) en disant qu’il ne s’agit pas de l’islam et que ces terroristes n’ont pas compris les valeurs de la religion.

Le parti Hachimide, 1994

Un livre majeur de Dr. Sayyed Al-Qimni (vendu à 40.000 exemplaire avant le tirage ! )

Ce livre analyse la genèse de l’islam en donnant une réponse à la question suivante : est-ce que l’émergence de l’islam en Arabie était un évènement spontané ou un très long processus d’unification des tribus arabes dans un projet politique basé sur des fondements religieux ?

Al-Qimni commence par y analyser la structure sociale de l’Arabie avant l’islam, les conditions climatiques, les coutumes, la diversité religieuse, la structure tribale liée à un dieu, un ancêtre mythique ou un totem animal (d’où le tribut arabe Kalb (chien).

Il montre qu’un courant monothéiste a émergé bien avant l’islam par un arrière-grand-père de Mahomet lui-même et par l’effet des influences chrétiennes et juives. Et que certaines alliances commerciales entre tribus arabes ont commencé à émerger juste avant l’islam.

Le livre montre que la mentalité tribale des Arabes a bien façonné l’islam et que l’expansion de l’islam a permis à cette mentalité de s’exporter dans le monde entier.

Il démontre que l’islam n’était pour les Arabes qu’une sur-tribu, plus noble, qui a mis fin aux guerres entre les tribus pour le contrôle des ressources naturelles extrêmement rares.

Mais cette structure religieuse, la Oumma, ignore la notion de territoire et l’attachement à la terre, car les nomades n’ont pas de limites géographiques.

Ils ont une autre limite, Al Hima, qui signifie l’ensemble des terres protégés et contrôlées (sans présence physique) par la grande tribu. L’islam, cette nouvelle sur-tribu, a fait de la terre entière son Hima accordée par Allah, le nouveau chef tribal, aux membres de sa tribu, les croyants.

Il montre ensuite comment les branches de la tribu de Qoraych (la grande tribu de Mahomet) se sont comportées par rapport à l’action politico-religieuse de Mahomet.

Il démontre que subséquemment, la famille de Mahomet, les Hachimides, n’a pas pu garder le pouvoir après la mort de Mahomet car ses membres n’ont pas pu maitriser les anciennes structures tribales que leurs cousins les Omeyades avaient exploitées, pour créer leur premier royaume impérial.

Son combat

Sayyed Al-Qimni est le dernier à tenir un discours emprunt d’esprit populaire et social en Égypte.

Avec son style ironique inimitable, il dit les choses telles qu’elles sont, sans la moindre peur, et sans aucune complaisance avec la foule.

Ses difficultés ont commencé quand Al-Azhar a contraint l’Etat égyptien d’interdire son livre Dieu de ce temps (1997), car il présentait selon cette mouvance des idées blasphématoires.

Il a été interrogé par le Procureur de la haute sécurité d’Etat (نيابة أمن الدولة العليا) à la suite de ces accusations, dans le cadre d’une forme d’atteinte à la sécurité de l’Etat.

Il a malgré tout continué à dénoncer l’islamisation de l’Égypte, la montée en puissance du voile islamique et de la Burqa (il compare les femmes musulmanes voilées aux soldats de l’armée en uniforme), l’hystérie religieuse islamique qui touche tous les domaines de la vie (les banques, les médias, les films, le marketing…), et le terrorisme.

Sayyed Al-Qimni appelle à une révision complète du système et des manuels scolaires qui endoctrinent les jeunes et les transforment en bombes à retardement.

Il démontre que les illettrés égyptiens sont beaucoup plus rationnels et aptes à s’intégrer dans la modernité que les éduqués fanatisés par un système scolaire contrôlé par Al-Azhar.
Mais son ultime combat prend naissance après les attentats terroristes contre les hôtels à Taba en 2004.

Ce combat prend tout son sens dans un article intitulé C’est notre Égypte oh chiens de l’enfer, dans lequel il mène une charge impitoyable contre les terroristes, les spécialistes du blanchiment du terrorisme, et Al-Azhar.

Depuis, une fatwa universelle commande à tous les musulmans sur terre d’appliquer le jugement d’Allah et les commandements de Mahomet en égorgeant Sayyed Al-Qimni sur la place publique.

Al-Qaida en Irak a publié un communiqué qui indique que cinq de ses combattants vont le poursuivre pour le tuer jusqu’à la fin du monde.
Il a reçu en 2009 une récompense de l’Etat égyptien (20.000 €) grâce à l’appui du ministre de la Culture, Farouq Hosni (qui a subi lui-aussi des attaques farouches des islamistes après ses positions contre le voile, islamistes qui l’ont appelé le chien de la culture).

Mais c’était sans compter sur le prédicateur islamique Youssef Al-Badri, qui a déposé une plainte contre le ministre de la Culture en l’accusant de détournement de l’argent des musulmans pour le donner à un apostat.

Pour ne pas conclure

Sayyed Al-Qimni demeure l’homme de la polémique, le progressiste laïque intransigeant dans une société galvanisée par l’hystérie religieuse qui a détruit sa culture et sa beauté, et qui menace le monde entier par la terreur et la violence.

J’appelle l’Institut du monde arabe à traduire ses œuvres au lieu de gaspiller notre argent en aidant des organisations infiltrées par des islamistes. Ce serait si utile en Égypte… Comme en France !

Haythem Abdelmoula

La République en procès à Saint-Denis

Un ordre moral et nauséabond que personne n’avait jusqu’alors songé à déranger est en marche et tiendra demain le procès de trop.

Un procès fait de simulacres, dans lequel les tenants du communautarisme le plus pervers et le plus dangereux joueront leur propre rôle et celui de leurs accusateurs.

Nous dénonçons ce racisme épouvantable sous couvert d’antiracisme et cette transgression des valeurs républicaines. Nous dénonçons cette rencontre abjecte qui se tiendra tranquillement pour y diffuser des haines à la bourse du travail de Saint-Denis , ce 25 mai dès 18h30

Nacira Guénif-Soulamas y tiendra le rôle du juge. Le procureur général sera Omar Slaouti. Les accusés seront Houria Bouteldja, Sihame Assabague, Wiam Berhouma, mais aussi Eric Fassin et Alain Gresh ou la fondatrice du collectif « Urgence notre police assassine ».

Ils plaideront coupables. Coupables d’avoir créé des camps d’été interdits aux Blancs. Coupables d’antisémitisme, de racisme. Coupables de représenter un danger pour la Démocratie. Coupables d’homophobie.

Un procès dans lequel on est juge et partie est une insulte aux libertés et à la Démocratie.

Un procès dans lequel celui qui accuse est celui qui répond n’est pas un procès. C’est une insulte à tout forme de Justice. Un procès dans le cadre duquel on y commet sciemment l’irréparable ne peut pas être un procès. C’est un crime contre la République qui se prépare.

Nous, républicains de tous bords, appelons les autorités à la plus grande fermeté et à la vigilance devant l’émergence de groupuscules dont le pouvoir de nuisance sur nos valeurs ne cesse d’augmenter à mesure que la République recule.

Nous dénonçons ce simulacre de procès comme le prétexte d’une manifestation anti républicaine et anti sociale.

Nous refusons la récupération que tentent ces mouvances sur le mouvement social et appelons les syndicats et partis engagés dans ce mouvement à leurs responsabilités républicaines.

Nous disons aux républicains que depuis longtemps, la France n’a sans doute pas connu pareil essor de la contestation d’une République où la Liberté, l’Egalité, la Fraternité et la Laïcité prévalent sur la couleur de peau, la religion, l’orientation sexuelle ou les origines.

Nous affirmons qu’à l’heure où nos élus, à l’Assemblée Nationale, prétendent dénoncer la tenue de tels événements à et que le gouvernement, par la voix d’une ministre, condamne l’abjection de ces mouvances, il est grand temps d’agir et de tenir le vrai procès politique et républicain que nous devons tous instruire à l’endroit de nos vrais ennemis.

La laïcité, Saint -Denis et Edwy Plenel…

Une conférence sur la Laïcité animée par Eddy Plenel, c’est un peu comme l’absolution d’une Femen : on ne raterait ça pour rien au monde.

LaïcArt n’a pas pu résister à la curiosité et s’est rendue sur place pour témoigner.

D’emblée, nos intervenants insistent pour expliquer que la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat est parfaitement claire. Malaise: pourquoi donc un débat ? Nous nous rendons compte petit à petit que ce débat serait rendu nécessaire, pour nos chers conférenciers, par le soi- disant dévoiement de la laïcité.

Edwy Plenel nous fait un cours d’histoire, en omettant des points essentiels. Pour lui les histoires courtes sont sans doute les meilleures. Surtout quand elles parlent de laïcité.

Quand les femmes turques obtiennent le droit de vote 20 ans avant les Françaises, il oublie qu’elles ont été également émancipées de ,obligation de porter le voile. Eddy Plenel n’en n’a cure. Il ne veut pas révéler à son auditoire que la Turquie a donné le droit de vote aux femmes précisément parce qu’elle a su s’émanciper de l’islam.

Avec une sélectivité sans nulle autre pareille, il fait l’éloge de certains acquis en France : mariage homosexuel, égalités, minorités. Tout y passe. Sans la moindre cohérence avec l’éloge qui est la sienne d’un islam politique.

Au fond, Pelen nous régale d’une illusion de tolérance en creux des interdits religieux de ses amis.

Plenel ne voit aucun inconvénient à l’islam politique des Frères Musulmans (dont l’équivalent pourrait être les Mormons), qu’il considère sérieusement comme l’islam moderniste qui n’a de moderne que les capacités intellectuelles de ses membres pour pouvoir accéder au pouvoir pour, au moment venu, faire un rétropédalage de plusieurs siècles à l’instar de la grande Égypte.

A la fin de la conférence une ravissante jeune femme d’environ 25 ans, étudiante en philosophie, voilée, fait part de son expérience lorsque la loi de 2004 est passée et du “traumatisme” qu’elle a alors subi : elle avait 14 ans et on la regardait de travers à cause de son foulard.

Elle regrette d’ailleurs que nous n’ayons pas eu de témoignages de ce que subit une femme voilée à Saint-Denis. J’ai cru tomber de ma chaise. Il faut que je précise que lorsque je suis arrivée, en attendant mon amie qui venait assister à la conférence, je me suis installée et j’ai commandé un demi en terrasse. Les propriétaires ont été charmants. En revanche, j’ai été regardée de travers par ceux qui se disent discriminés. Et sur la place de la Basilique, les femmes voilées ainsi que certaines petites filles de moins de dix ans également voilées, ainsi que des hommes en djellaba, y circulaient tout à fait l’aise…
Je n’ai rien contre le voile, c’est l’idéologie rétrograde qu’il représente avec laquelle je ne suis pas du tout d’accord. La religion musulmane a bien entendu toute sa place en France ; un islam des Lumières, pas un islam obscurantiste qui a déjà noirci la quasi totalité de tous les pays musulmans et où la libre pensée peut parfois coûter la vie.

« permis d’être racistes »

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Initialement publié dans le FigaroVox

« L’ordre moral nauséabond », c’est quand dans cette fausse bienveillance, on réduit un rappeur français qui jouit de tous ses privilèges de citoyen à sa couleur de peau et à sa religion de naissance et faire un procès en racisme à l’ensemble des Français. « L’ordre moral nauséabond », c’est quand on nous divise en piétinant notre désir de faire peuple à nouveau autour d’un de nos plus sanglants symboles.

Quand on croit détenir une autorité morale capable de fléchir le réel et de distribuer des « permis d’être racistes » en fonction de sa couleur de peau ou de sa religion, quand on fait passer pour art l’empilement de propos haineux sur une musique qui usurpe cette qualité, ou faire croire que la jeunesse est incapable de se recueillir dans la dignité sans faire l’économie d’un divertissement, tenir le patriotisme en laisse courte et confisquer notre drapeaux au gré des aléas de la politique politicienne et servir quelques ambitions personnelles, voilà « l’ordre moral nauséabond ».

Ont-ils oublié ? Ou font-ils semblant de croire que les 4 millions du 11 janvier n’étaient qu’une séquence politique ? Ne voient-ils pas que tous leurs efforts de ces trente dernières années à morceler un peuple ont été réduits en une après-midi. Oui « l’ordre moral nauséabond », c’est cette farce politico-médiatique qui présume de son pouvoir en s’imaginant encore faiseuse d’opinion.

Depuis janvier 2015, une majorité de Français est engagée dans un processus de transfiguration, nous étions des populations, nous voilà redevenir un peuple et les chroniqueurs et les organisateurs du temps qui passe s’accrochent à leur pinceau quand la révolution numérique citoyenne leur ôte l’échelle. Cette crise n’est pas l’affaire d’un rappeur mais un Verdun politique qui éclabousse les tacticiens et les faiseurs de buzz. Nous savions que rien ne serait plus comme avant, en voilà la démonstration.

Ahmed Meguini

Erratum : “la liste des pensionnés de guerre n’est pas une liste complète”

Contrairement à ce que j’ai écrit la liste des pensionnés de guerre n’est pas une liste complète des combattants de la seconde guerre mondiale. Et contrairement à ce qui à été écrit dans libération, cette article n’a jamais conclut que le Grand-Père de Black M n’avait pas participé à cette guerre mais que la presse n’avait fait aucune vérification, ce qui semble aujourd’hui être démontré. Merci au journal Le Monde qui a eu la délicatesse d’apporter cette correction en faisant l’économie d’un jugement de valeur en ne me classant pas dans la “FachoSphère” comme l’ont fait leurs confrères de Libération, un journal qui dans un autre temps m’avait consacré une 4ème de couverture pour mon engagement anti raciste.

Suite à l’annulation de son concert à Verdun, Black M avait communiqué sur sa page Facebook : “Une terre pour laquelle mon grand-père Alpha Mamoudou Diallo, d’origine guinéenne, a combattu lors de la guerre 39-45 au sein des Tirailleurs Sénégalais” avant de dénoncer “une polémique incompréhensible et inquiétante”.

Contacté par téléphone Pascal Guy est formel : historien et spécialiste du Ier Empire, qui a en sa qualité de chercheur a une carte d’accès aux archives militaires de Vincennes : « Il n’y a pas d’Alpha Mamoudou Diallo guinéen incorporé dans les troupes coloniales ».

Le chercheur ajoute qu’après avoir fait des recherches minutieuses avec toutes les orthographes possibles, et en supprimant le prénom « Alpha Mamoudou », seuls deux Guinéens (qui donc n’ont pas “Alpha” dans leur prénom) figurent dans les archives militaire l’un est trop agé née 1888, quand l’autre né en 1905 à été démobilisé en 1941 et n’a donc pas participé à la libération de la France.

Le chercheur explique que ces archives sont publiques et qu’il est possible pour chacun de faire la recherche soi-même.

Les médias auraient-ils pris le post Facebook de Black M pour argent comptant sans la moindre vérification ? Partout, dans presque tous les médias, des journalistes annonçaient sans aucune précaution la qualité d’ancien combattant du grand-père de Black M comme argument pour démontrer l’injustice qui était faite au rappeur.

Voici un lien vers un pdf de la liste complète des combattants des Troupes coloniales et indigènes (1850-1950) du Service historique de la Défense :

http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/sites/default/files/SHDGR_REP_13YF.pdf

Ahmed Meguini

Agenda LaïcArt : De Gaulle, Laurence Rossignol, Bruxelles

Le 22 mai : une délégation de 7 membres de LaïcArt se rendra à Bruxelles pour assister à la première conférence de l’ONG ADHOC, une organisation qui rassemble des intellectuels et des artistes du monde arabe luttant en faveur de la laïcité et du progrès.

Le 7 juin : le responsable national du réseau LaïcArt sera reçu par Madame la ministre Laurence Rossignol, Ministre des familles, de l’enfance et des droits femmes. Nous présenterons nos travaux et projets, notamment sur la question des droits des femmes et de la laïcité.

Le 18 juin : nous invitons les Franciliens à 14h pour un rassemblement fraternel place Clémenceau au pied de la statue du Général de Gaulle pour commémorer l’appel à la résistance du Général. Le programme de cette après-midi sera communiqué dans quelques jours.

Des contacts sont également pris avec quelques parlementaires pour des entrevues qui devraient avoir lieu avant les vacances parlementaires.

18 juin 2016 : Rassemblement Républicain

Le réseau LaïcArt organise un rassemblement républicain le 18 juin 2016, place Clémenceau au pied de la statue du Général de Gaulle. Nous invitons tous les républicains à venir célébrer l’esprit de résistance, le sens de l’honneur et de la Patrie qui ont animé un général de brigade qui refusa la capitulation pour ouvrir un territoire qui n’existait que dans les cœurs de ceux qui ont entendu son appel : La France Libre, républicaine généreuse et éternelle. Quelle que soit votre sensibilité politique, si la République Française est votre patrie, vous ne rencontrerez que des soeurs et des frères.

Malek Boutih : « Il faut créer une colonne républicaine »

L’entretien avec Monsieur le député Malek Boutih a duré près de deux heures. Un échange amical, franc et direct où nous sommes allés à l’essentiel : Comment combattre et vaincre l’ennemi ? Bien sûr, nous avons échangé nos analyses sur les origines de la catastrophe, nos réflexions étaient concordantes sinon complémentaires. Nous ne parlons pas du même endroit mais nous arrivons à la même conclusion, exprimée en ces termes par le député de l’Essonne : « Il faut créer une colonne républicaine ». Monsieur Boutih animera un cercle de parlementaires nommé : « Défense de la République » quand, de son côté, LaïcArt fera grandir son réseau citoyen de défense de la laïcité et des valeurs de la République. Le cercle « Défense de la République » est éminemment politique, au sens le plus noble du terme, il offrira les conditions d’un débat citoyen entre les élus de la nation et les acteurs de la société civile. Le député prévient : « Certains ne viendront dans ce cercle que pour m’emmerder mais j’assume le débat démocratique ». J’ai demandé au député, pour le réseau LaïcArt, un soutien moral, intellectuel et financier auquel il a répondu favorablement. Nous nous sommes quittés en nous donnant rendez-vous début juin pour une première rencontre avec le cercle « Défense de la République ».

Ahmed Meguini
Responsable national du réseau LaïcArt

Pour la mémoire de nos morts : non au concert de Black M

COMMUNIQUE DE PRESSE

Laurence Marchand-Taillade, Présidente de l’Observatoire de la laïcité du Val d’Oise, Proteste contre la présence du Rappeur Black M pour les cérémonies de commémoration de Verdun Comme une ultime provocation, le comité d’organisation des commémorations de la bataille de Verdun, a demandé au Rappeur Black M de clôturer la cérémonie du 29 mai par un concert.

Ce rappeur, qui crache sa haine de notre pays dans ses chansons, qui veut « baiser cette conne de France » viendra déverser ses flots agressifs contre notre pays et ses habitants, là même où nos compatriotes ont laissé leurs vies, se sont sacrifiés, par patriotisme, pour la France et ses valeurs.

Nous avons tous un parent, un proche qui a été directement touché par cette boucherie. Est-ce bien la place de cet individu ? Est-ce ainsi que l’on honore la mémoire de nos ancêtres, en crachant sur leurs tombes par une double barbarie ? : Un concert de rap, quand le recueillement serait de mise, des paroles de haine, quand la dignité et le respect sont attendus.

Nous, Français, fiers de notre pays et de ses valeurs humanistes universalistes, avons tous une raison ici de nous sentir humiliés, parce que l’on dégrade encore un symbole fort de la Nation, de notre pays. Quand il s’agit de moments importants, comme cet événement, où le peuple doit s’unir sous les couleurs du drapeau, on ne peut pas brader le fond par la forme, sans insulter la nation toute entière.

Je demande aux organisateurs de réfléchir au sens de leurs décisions et de revenir à la raison et à plus de respect dans l’organisation de ce témoignage. Si un tel concert devait se maintenir, nous en tirions toutes les conséquences et manifesterons avec la plus grande vigueur notre désaccord.

Laurence Marchand-Taillade
Présidente de l’observatoire de la Laïcité du Val d’Oise

Laurence Marchand-Taillade Présidente
Observatoire de la Laïcité du Val d’Oise

Pourquoi ont-ils tué le Grand Duduche ?

Je me souviens que le 7 janvier, je n’étais pas le seul à avoir associé la tuerie de Charlie à l’assasinat de Jaurès. On avait assassiné une voix libre et laïque, un meurtre qui annonçait la guerre. Et l’effroi dans l’effroi, ils avaient probablement ri comme moi, devant le nez pointu de Dorothée, dessiné par Cabu qu’ils venaient d’assassiner. Merci pour ce dessin à Charlie, qui était l’un des dessinateurs du programme préféré de ma génération, d’avoir rassemblé ce qui n’aurait jamais du l’être, une partie de la Bête.

Dessin de Charles Gauter
Dessin de Charlie

Le Préfet de la Moselle invite un imam homophobe et sexiste

Monsieur Amine NEJDI, Imam de la Grande Mosquée Assâlam de Nancy, Président du Conseil régional du Culte musulman de Lorraine, invité ce soir au Printemps des Religions par Préfet de la Moselle et Ville de Metz pour célébrer la “Fraternité” déclare sur son site internet :

Sur l’érotisation :
“La pornographie favorise directement ou indirectement la recrudescence des divorces, l’augmentation de l’homosexualité, de la bisexualité, de la sodomie, de la prostitution, du sida.”

Sur le rôle de la femme :
” Si la femme pouvait savoir qu’elle trouverait dans la prééminence masculine sa propre protection sociale, psychique, physique, culturelle, sa liberté et son individualité dans la société musulmane, elle se rendra compte que la non-musulmane n’a pas cette chance puisque dès la majorité, celle-ci doit se prendre en charge seule, se passer de protecteur et travailler sans relâche pour assurer son bien-être.”

Sur les menstruations :
“Ce sont les rapports complets (avec pénétration du vagin) qui sont prohibés, sinon, l’homme peut jouir de son épouse sur tout son corps, même entre les jambes s’il évite  l’endroit de l’écoulement du sang.”

Ce soir cet imam pourra délivré sa parole devant des lycéens

Liens : http://www.moselle.gouv.fr/Actualites/Printemps-des-religions-Mardi-10-mai-2016-Salons-de-l-hotel-de-Ville-A-partir-de-17h00

http://al-wassat.com/2012/07/20/lerotisation-de-la-societe/
http://al-wassat.com/2012/07/16/vie-genitale-feminine-34-menstrues-et-rapports-conjugaux-2/