Ahmed Meguini : J’appelle à un sursaut républicain !

Les électeurs Front National ne sont coupables de rien. Ils exercent leurs droits civiques au même titre que n’importe quel citoyen dans notre démocratie. Les électeurs Front National sont les plus nombreux à être sûrs de leur choix. Ils votent pour Marine Le Pen et contre personne, ou alors contre le système politique, comme les autres, à cette différence près que le FN est pionnier en matière de populisme. Ce qui est coupable en revanche, c’est le cynisme et la misère de ceux qui rêvent ouvertement de se retrouver face à Marine Le Pen au second tour. Il y a 15 ans, après le 21 avril 2002, nous étions des centaines de milliers à descendre dans la rue pour protester contre la présence de l’extrême droite au second tour, un peu moins – quelques dizaines – à porter une banderole où l’on pouvait lire « Il ne suffit pas d’être contre ». Quelques jours plus tard, le Président de la République Française était réélu à 82%, dès lors extrême droite ne cessera de dénoncer « le système UMPS ». Une rhétorique anti-système reprise aujourd’hui par tous, sans exception. Rarement un parti n’aura été aussi influent : il y a 15 ans le FN perdait dans les urnes et, comme nous le pressentions, il avait gagné dans les têtes.

 

J’appelle à un sursaut républicain !

 

Quel que soit notre candidat, nous avons le devoir d’agir là où nous sommes contre la résignation et le renoncement, là où demeure le fascisme véritable. Ne permettons plus à nos amis de s’arranger avec cette réalité et préservons nos divergences en nous rassemblant autour de nos valeurs d’humanisme, de Liberté, d’Égalité et de Fraternité. Avant le barrage au Front National doit précéder le combat contre ses idées. Levez-vous et combattez.

Ahmed Meguini

Président de LaïcArt

Les mesures à prendre et les signaux à envoyer d’urgence

La classe politique est indiscutablement devenue le groupe le plus détesté juste après les terroristes. Comment demander à ceux qui nous inquiètent de nous protéger ? L’attentat de Nice a révélé de la façon la plus cruelle et la plus angoissante qui soit, la vacuité, l’impuissance, pire, une forme de dangerosité des responsables politiques du moment, toutes obédiences confondues. Leur panique aurait été risible si elle n’était pas mortelle. Je ne rentrerai pas plus dans le détail de cette critique qui ne produira rien pour me concentrer sur les mesures à prendre et les signaux à envoyer d’urgence. Sur les réseaux sociaux l’avant-garde progressiste, laïque et républicaine est unanime et dit en substance : La fête du slip c’est fini.

Ceux de nos concitoyens qui ne partagent aucune de nos valeurs républicaines, laïques et démocratiques de liberté, d’égalité et de fraternité n’ont que deux options. S’ils ont une autre nationalité à présenter, ils quittent définitivement notre territoire. Quant à ceux qui n’ont pas d’autres nationalité à présenter nous avons le devoir de faire en sorte qu’ils le regrettent. Les mosquées Salafistes et Wahhabites doivent être considérées comme les permanences d’un parti fasciste, armé, dangereux et traité en conséquence.

Nous devons le plus rapidement possible mettre en place le programme Apollo de l’environnement avec pour mission sortir du pétrole en 10 ans. Nos meilleurs spécialistes, chercheurs, écologistes et industriel dotés d’un budget illimité seront chargés de nous démontrer le génie français. Les pays voisins qui souhaitent s’associer à la plus grande aventure européenne depuis la révolution industrielle seront les bienvenus. Nous avons conquis l’espace, nous allons maintenant conquérir notre destin. Sortir du pétrole à court terme est un enjeu vital qui conditionne toutes les autres mesures.

Pour les générations à venir, nous instaurerons un service civique obligatoire d’un an dès 18 ans. Pas une connerie pour fournir du personnel gratuit aux associations, non un vrai service, on vit ensemble, on mange ensemble, on dort ensemble et le plus loin possible de la maison familiale. Ces conscrits apprendront les techniques de premiers secours, des différents sauvetages comme les inondations ou les tremblement de terre, la logistique humanitaire ou encore la gestion de projet. Le plus important : ils mangeront, dormiront et rêveront : République.

L’école doit reprendre de toute urgence sa mission propagandiste de la République, il n’est plus question d’éducation mais d’instruction, on fabrique prioritairement des citoyens et secondairement de la main d’œuvre qualifiée. Nous préférerons toujours côtoyer un chômeur républicain à un ingénieur d’Al-Qaïda.

Sortir de la question du chômage, comme le dit l’adage : « Il n’y a pas de problème que l’absence de solutions ne puisse résoudre. » L’homme a maitrisé le feu, l’eau, l’agriculture par curiosité et instinct de préservation, sans que ses efforts n’aient été conditionnés à un revenu et à un niveau de vie. Libérons-nous de la peur, sécurisons ce qui est possible et offrons-nous un revenu universel.

Ces quelques mesures sélectionnées parmi tant d’autres pour répondre à l’urgence sont déjà un profond bouleversement de la société française mais chacun comprend que si nous ne sommes pas les auteurs du changement, nous en serons les victimes.

Alors maintenant, comment faire pour porter ces mesures ? Faut-il faire pression ou doit-on s’organiser pour prendre le pouvoir ?

Ahmed Meguini

Manifeste de Sayedat Tounes : Pour une Tunisie Libre

Manifeste de Sayedat Tounes

Pour une Tunisie Libre Femmes et hommes  de la Tunisie unissez vous 

Cinq ans sont déjà passés depuis la révolution, deux élections, d’interminables nominations, un peuple en désespoir, une situation en dégringolade de ruine, des conflits de pouvoir et d’intérêts, la Tunisie va mal, va même très mal et pourtant la Tunisie ne manque de rien. Riche en compétences, en capital humain et en ressources, la Tunisie a juste besoin de volontés et de vrais motivations pour une politique de développement et de progrès. Ce constat a illuminé notre rêve d’une meilleure Tunisie qui réalisera effectivement ce pour quoi tout un peuple et de nombreux martyrs se sont soulevés.

C’est ce rêve qui nous a alimenté pour nous réunir et faire réunir tous les Tunisiens autour d’objectifs qui alimenteront notre élan et nos aspirations pour une patrie libre où il fait bon vivre.
L’ambition de ce manifeste est l’unité des Tunisiens.

 

Le mouvement de   Sayedat Tounes est un mouvement de   Tunisiennes et Tunisiens patriotes et libres qui oeuvrent pour une politique de souveraineté et de liberté et pour une Tunisie riche en développement et en valeurs.

Restructurer le chaos et réorienter les perspectives en vue du salut de la patrie et la dissolution de la crise infligée par la conjoncture géopolitique  est notre souci primordial.

Nous : mouvement   Sayedat Tounes  considérons que :

1-   les évènements et les bouleversements qui ont caractérisé le monde  en général et notre pays en particulier marquent une mutation nécessitant un travail de grande envergure afin de restructurer et reconstruire le paysage social et politique en vue des  intérêts de la patrie, du peuple, de la  société et de l’avenir.

2-   La conjoncture a été caractérisée par une guerre politique et géopolitique marquée par une montée obscuarntiste, une exaltation de la barbarie, de la mort et de la cruauté, et du terrorisme, notre tâche est une bataille et une lutte pour la reconstruction des valeurs de la vie, la liberté, la paix et la justice.

3-   Le terrorisme est une guerre, l’islamisme est son instrument, notre mouvement vise la paix, la sécurité et la foi intérieure.

4-   Il a été observé pendant les évènements qui ont marqué la transmutation de la Tunisie que l’enjeu principal était la femme, proie et bouc émissaire des obscurantistes, des conservateurs et même des progressistes, de ce fait nous reconsidérons la femme comme libre autonome responsable et active avec un rôle prépondérant dans le pouvoir et la prise de décisions ce qui limitera toute récidive obscurantiste.

5-   Notre économie marque une chute considérable:  augmentation des credits et des dettes, chute du pouvoir d’achat, montée des prix, absence d’investissements nationaux et internationaux, augmentation du chomage, resources naturelles non-exploitées, inégalité sociale, augmentation de la pauvreté et de la corruption, inégalité dans les chances de vie et d’accès à la réussite.

6-   L’état est faible, fragile et infiltré.

7-   Nous visons une reconsidération pour une économie fructuante et fructifiée , développement et investissement , justice sociale , égalité des chances , justice de mérites , pour un libéralisme social ayant pour seul objectif l’essor du pays  , du peuple et de la société

8-   Les droits fondamentaux sont nos valeurs et nos repères.

9-   Le Tunisien à le droit à:

La dignité  

La liberté 

La sécurité   

L’égalité :   

La solidarité 

La Citoyenneté

La Justice 

10-Le Tunisien est prioritaire.

11-La Tunisie est ouverte à toutes les cultures, toutes les langues, aux arts et au savoir, avec un maintien et une protection  absolue du patrimoine et de l’autonomie culturel.

12-l’homme est enfant de la nature, l’ecologie est notre combat.

12-Pour une démocratie répressive et non-permissive ou le dernier mot revient à la loi, aucune infraction à la loi n’est tolérée.

Le texte de ce manifeste concerne seulement et uniquement le mouvement de   Sayedat Tounes.

Pour une Tunisie libre

 Monia Sanekli 

Alia Hachicha

Mouna Dridi 

Manifeste initialement publié ici http://sanekli.eklablog.com/manifeste-de-sayedat-tounes-a125770698

Quand on croit à la jeunesse comme on croit en Dieu

Quand l’incompétence précède une incompétence plus grande encore, lorsque la misère, celle des rigoureux et interminables hivers qui suivirent de peu la plus effroyable des guerres s’installe durablement dans les têtes de ceux-là mêmes qui se sont choisi pour mission d’apporter au monde leurs lumières, parce que l’honneur est le premier sacrifice de ceux qui, regardant un possible destin, lui ont préféré une préjudiciable carrière. Alors nous faisons passer pour existence ce qui n’est que la somme de jours sans intérêt et choisissons pour renouveau le mensonge d’un visage et l’éloquence de promesses que nous n’avions même pas demandées pour acte de résistance, ce qui n’est en réalité qu’une brutale agression contre un oppresseur lui-même aussi violent que familier. Quelles qu’aient été nos erreurs, l’expiation perpétuelle ne peut pas être un modèle de société, quel que soit le prophète, on ne peut pas sauver un peuple de lui-même, en cela la politique ne peut rien si ce n’est déformer le miroir et répondre ainsi aux restes de ce qui peut ressembler à une vague volonté populaire. Dénouer le drame, grandir l’intrigue, étoffer les personnages c’est le pouvoir tout puissant de deux malheureux index burinant un clavier fatigué et, malgré tout, plus opérant que tous les gouvernements que mes contemporains ont eu a apprécier. Des mises en abîme, du vide fractal, la presse fait parfois recette en parlant de sa propre crise, la télévision fait ses plus grandes audiences quand elle se moque de la bêtise de ses propres programmes et le pouvoir politique vole l’indignation au syndicalisme, qui lui-même singe une esthétique révolutionnaire d’un autre âge. Et aujourd’hui on croit à la jeunesse comme on croit en Dieu, et on attend d’elle la résolution d’une crise que l’on ne sait pas encore nommer, alors cette même jeunesse est conduite au désastre, devenus les pères de leur père avant même que d’avoir été des fils, ils paieront ce qui semble être une dette par d’infinies pérégrinations dans le dédale de fautes qu’ils n’ont pas commises et dont ils ignorent tout.

Ahmed Meguini

Projet 10 millions : l’audace d’être le peuple providentiel

Nous sommes nombreux à penser que ce n’est pas la richesse qui produit du vivre ensemble mais bien l’inverse. Nous sommes nombreux à penser que la laïcité est l’une des plus belles et plus généreuses inventions de l’histoire des sociétés modernes. Nous sommes nombreux à admettre que l’intransigeance sur nos valeurs universalistes n’est pas de l’extrémisme mais une véritable générosité : ce qui est bon pour nous est bon pour les autres. Nous sommes nombreux à dénoncer et combattre l’islamisme sans accuser l’ensemble des Musulmans, à être fermes sur notre identité sans s’y retrancher.

Voici le plan :

Nous allons transformer la volonté politique sur cette question précise par le nombre : Objectif 10 millions. Nous sommes de droite, nous sommes de gauche et sur la question de la laïcité nous sommes républicains, nous sommes la France, éternelle et généreuse dans le respect de ses valeurs. 10 millions de citoyens, autant d’identités et un lien commun : une laïcité, non négociable et indiscutable, qui plus est sous la menace d’un extrémisme religieux.

L’audace d’être le peuple providentiel

Devenons une force politique majeure et inventons une autre offre, un nouveau possible en partant de notre plus grand dénominateur : la laïcité. Il n’y pas un homme ou une femme ; pour une mondialisation heureuse, ayons l’audace d’être le peuple providentiel.

Offrons-nous au monde unis et indivisibles, et nos ennemis se lasseront et nos adversaires comprendront, qu’ensemble nous sommes invincibles.

Faites circuler ce message sur vos réseaux, épinglez-le sur votre page FB et Twitter et rejoignez le projet 10 millions.

Ahmed Meguini
Encore 635 adhésions pour atteindre les 1000

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«Quand on part à la guerre, on ne part pas en victime»

Dans la tourmente depuis août 2014, Amine, un roubaisien de 19 ans, a dû grandir plus vite que les autres depuis que sa grande sœur a rejoint le Califat. Militant UMP, étudiant en droit, le verbe haut, Amine dénonce l’absence de méthode pour lutter contre la radicalisation, pour évaluer l’efficacité des dispositifs d’un « État juge et partie qui ne peux pas se noter lui-même ». La tête bien faite, le jeune homme s’interroge également sur les outils de contre-propagande qui, selon lui, doivent être ajustés, « mosquée par mosquée, communauté par communauté ». Amine ne comprend pas que les familles touchées par la radicalisation et l’endoctrinement ne soient pas plus associées à la réflexion sur les solutions à apporter. La voix claire, il parle à toute vitesse : « Le gouvernement doit donner des moyens aux acteurs de terrain, nous n’avons pas à faire à une radicalisation mais à un engagement idéologique ». Pour Amine, si des djihadistes reviennent en France, c’est principalement pour des raisons de sécurité et « parce que là-bas, ils n’ont pas la télé ». Amine sera présent à la réunion du mouvement « Le Sursaut » dans l’espoir de pouvoir interpeller le Premier Ministre et de lui apporter sa réflexion. Le jeune homme refuse les sollicitations de la presse, il ne veut pas être le frère éploré d’une « radicalisée » mais revendique une parole politique citoyenne et républicaine, ainsi il conclut notre entretien téléphonique par un foudroyant : « Quand on part à la guerre, on ne part pas en victime ».

Ahmed Meguini

Merci à la Brigade des Mères

Dimanche 17 avril à 14h nous fêterons la Fraternité au Parc de la Poudrerie à Sevran.

  • La fête débutera par un lâché de ballon et une minute de silence à la mémoire des victimes du terrorisme à travers le monde
  • Un groupe de musique Kabyle se produira
  • Un pique-nique Républicain et un verre l’amitié sera précédé d’un discours de Nadia Rémadna
  • Un chapiteau est prévu en cas de pluie.

Merci à la Brigade des Mères

Reconquérir notre pouvoir

L’État c’est nous, en théorie, alors qu’en pratique la machine est composée de politiques professionnels, qui souvent n’on jamais eu à affronter un entretien d’embauche, une file d’attente Pôle Emploi ou un banquier qui vous fait la leçon, comme si vous étiez un enfant et qui s’étonne que vous ne puissiez pas épargnez avec vos 1100 euros mensuels. L’État c’est aussi un club de fonctionnaires qui ne connaît pas les affres de la précarité. Nous sommes gouvernés par des personnes qui doivent faire un effort d’imagination pour envisager nos difficultés, des personnes obligées de commander des sondages pour savoir ce qui se passe dans le monde réel. Ces personnes ont souvent peur de nous, parce qu’elles ne nous connaissent pas et qu’elles fantasment notre colère qu’elles savent légitime. Ils nous invitent à vivre dans des quartiers où ils ne supportent pas de passer plus de quelques heures, même en campagne électorale, à accepter une précarité en dépit des efforts et du travail fournis, quand ils ont la sécurité de l’emploi en dépit du travail fourni.

Nous sommes une majorité de Français à accepter d’être pris pour des imbéciles par des idiots.

Notre République s’est fondée au prix du sang et aux cris d’ « À bas tous les privilèges » et pourtant d’autres pays ont coupé moins de têtes et commis moins d’injustices pour un meilleur résultat aujourd’hui. Nous avons le devoir d’abolir la caste des gouvernants qui se transmettent le pouvoir de génération en génération comme si la République appartenait à leur patrimoine familial. Nous devons mettre à bas la technostructure qui pilote notre pays sans avoir de vue sur le chemin, en s’appuyant sur des outils de navigations défaillants, en virant de bord au gré du vent. Nous appelons « démocratie » le fait d’élire des femmes et des hommes qui ne réalisent jamais leurs promesses, et nous acceptons cet abus de langage au seul motif qu’ils sont interchangeables tous les cinq ans. Nous devons reconquérir notre pouvoir, seule la pluralité telle qu’elle existe dans la société sera capable d’audace, nous ne pouvons plus continuer à être gouvernés par des citoyens qui ont peur de leurs concitoyens.

Ahmed Meguini

Notre génération a été volée de tout

La patrie, c’est le pays où on s’est dressé sur ses jambes pour la première fois, le pays c’est la langue dans laquelle on rêve, les trottoirs où on s’est écorché les genoux, le lieu où sont ensevelis les souvenirs douloureux, ces jardins où nos rires d’enfants résonnent à jamais. J’ai appris à marcher à Ferney-Voltaire, une ville qui par gratitude pour son illustre bienfaiteur, qui a eu le privilège de l’avoir à demeure, décidait de lui associer son nom. En asséchant les marais, nid des pires maladies, en construisant des dispensaires et en nourrissant une population malade et affaiblie, Voltaire arrachait Ferney aux ténèbres avant d’en extraire le reste de l’humanité, en lui offrant la liberté de penser, de croire en un Dieu sans être inféodé à ses représentants autoproclamés. J’allais à l’école Florian du nom de son neveu et comme tous les enfants, j’allais visiter son château, juste à côté du cimetière, là où repose aujourd’hui mon père Abdel Ouahab Meguini. Il y a un autre point commun entre mon père analphabète et Voltaire, l’homme de lettres : il s’est battu pour faire triompher une certaine idée de la France, avec noblesse et grandeur, sans jamais connaître ni gratitude ni honneur ; pire, sans ses protecteurs, la France avait choisi de l’envoyer vers une mort certaine. Quelques officiers, contre l’avis de Paris, avaient réussi à sauver une poignée de Harki, de frères d’armes. Mon père n’a jamais rien demandé, il est toujours resté fidèle à la France, il n’a jamais été amer, il acceptait son destin. Quand il est arrivé en France, il n’avait que son engagement dans l’armée pour document. Il n’était plus « Français musulman d’Algérie » et pas encore citoyen. Avec son lieutenant, il était logé dans l’arrière-boutique d’une banque privée parisienne, la banque Wormser qu’il ne quittait que pour acheter de la nourriture. Parfois le soir, les deux hommes étaient invités à dîner chez des officiers où ils racontaient leurs exploits de guerre, puis à la fin du repas, l’un des officiers ôtait son képi pour y déposer quelques billets et le faisait tourner autour de la table pour offrir à ces soldats, abandonnés par la politique, de quoi manger et rester propres. Je porte en moi cette histoire, cette méfiance, cette lucidité sur le monde politique. Comme mon père j’ai été militaire, moins longtemps mais suffisamment pour être définitivement inadapté au monde civil, un monde où l’honneur, la bravoure et le sens du devoir sont l’exception, quand la bassesse, le mensonge et la trahison sont là règle. Voilà ce dont souffre votre jeunesse qui n’a pas eu la chance de connaître un autre monde et qui a bien du mal à nommer son mal. Aujourd’hui devenir un adulte raisonnable, c’est être un traître à ses valeurs, à son éducation, au genre humain, ces tensions qui nous traversent nous rendent malades. Notre génération a été volée de tout, rien de ce que nous avons appris pour devenir des bonnes personnes n’est vrai. J’ai été élevé dans un monde qui m’a demandé d’accepter des règles pour le bien commun, or ces règles la machine n’a pas arrêté de les changer et si on peut toujours se soumettre à des règles, rien n’est prévu dans ma nature d’être humain pour admettre l’arbitraire. À ma puberté on m’a parlé du SIDA, quand j’ai eu l’âge de travailler on m’a expliqué le chômage et quand j’ai trouvé du travail, on a reculé sans cesse la possibilité d’une retraite. Si certains d’entre nous sont devenus des monstres, ils le doivent à la monstruosité du monde dont ils ont hérité de leur aînés, ils sont le prix à payer et, éternelle cocue, c’est encore ma génération qui paye.

Ahmed Meguini

Mohamed Sifaoui accuse le PS d’avoir fragilisé la laïcité

Je le dis très clairement : je suis un homme de gauche, et sans être encarté, je pensais, jusqu’en 2015, être proche des socialistes, mais honnêtement, je dois avouer aujourd’hui que je ne partage plus rien avec ce parti (ni avec les autres d’ailleurs. Les uns et les autres ont participé à leur manière à rabaisser la chose politique et à faire le lit de l’extrême-droite, parfois par cynisme et par calcul électoraliste).

En ce qui concerne le PS, les choses sont simples à comprendre par ceux qui ont encore des yeux pour voir cette réalité. Quelques éléments objectifs livrés de manière éparse devraient suffire : quand on accorde du crédit au CCIF, association islamiste reçu au siège du PS, quand on nomme et on maintient Bianco à la tête de l’observatoire de la laïcité, quand on favorise une association communautariste, comme Co-exister, compatible avec les idées des frères musulmans et propageant des concepts douteux fragilisant la laïcité, quand on décore de la légion d’honneur les représentants et promoteurs de la pensée salafiste, quand on refuse de combattre clairement l’idéologie islamiste, car on a peur de se couper d’une partie de sa clientèle électorale, quand on ne prononce jamais ou quasi pour ne jamais le désigner (à part Manuel Valls) l’islamisme comme idéologie mortuaire et totalitaire, quand on croit que ce même islamisme pourrait être un des éléments de la “synthèse” sémantique, idéologique et politique, quand on permet, sous son mandat, par son inconscience et son irresponsabilité, à l’islamisme de croître, malgré les attentats, préconisant les mesurettes inefficaces et à relents populistes, quand des ministres de la République s’écrasent – c’est le mot – sur des plateaux télés face à de vulgaires salafistes qui insultent les principes de la République, quand on se rend coupable de tout ça, il ne faut pas croire qu’on va garder le soutien de tout ceux qui ont encore la naïveté de croire que la République et la laïcité sont des biens précieux, non négociables, à défendre et à consolider impérativement.

Bref, quand on se rend coupable de tout ça et de tout le reste, on peut toujours essayer de manipuler la société civile, y compris les acteurs les plus sincères, en mobilisant certains des intellectuels organiques, du Parti Socialiste (pour la plupart salonnards, ne connaissant rien aux réalités du terrain ni aux quartiers populaires, encore moins à l’islamisme), pour faire croire que le printemps est pour demain alors que nous sommes encore en plein hiver républicain…

Je déplore le sectarisme, le clientélisme, le manque de sincérité, les cynismes et la médiocrité alors que des personnes sont mortes, risquent de mourir ou sont menacés pour de vrais engagements.
Que les gens sincères ne se laissent pas embarquer dans ce qui est de nature à servir les intérêts personnels et les plans de carrière…

Mohamed Sifaoui

Soutenez LaïcArt : commandez vos crayons «Nous sommes la France»

 

20% des recettes seront reversés au Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions (FGTI). Nous vous proposons un lot de 3 crayons à papier avec la mention « Nous sommes la France » pour 5 €. Cet argent doit nous aider à organiser « la Fête de la Fraternité ». Nous organisons également un évènement autour de la laïcité qui doit réunir les membres de LaïcArt de toute la France le 8 mai prochain à Lyon. Enfin, LaïcArt veut se doter de moyens pour promouvoir les acteurs du combat pour la laïcité et venir en aide aux lanceurs d’alerte qui dénoncent le clientélisme communautaire. Nous lancerons prochainement une campagne pour encourager et protéger les lanceurs d’alertes de la laïcité.

 

Ahmed Meguini

“Monsieur le Président, je vous écris pour vous faire part de mon sentiment d’humiliation”

Paris le 6 mars 2016,
Monsieur le Président de la République,

Je vous écris pour vous faire part de mon sentiment d’humiliation face à ce que je considère comme une trahison. Je vous ai adressé un courrier il y a un an, le 25 mars 2015, pour vous alerter sur le sort de centaines de libres penseurs et d’athées, suppliciés, condamnés au fouet, à mort, ou sommairement exécutés dans des pays considérés à tort comme des alliés. Vous m’aviez alors répondu par l’intermédiaire de votre chef de cabinet en ces termes hautement républicains : « Soyez certain de la détermination du Chef de l’Etat à combattre la barbarie et l’obscurantisme et à défendre, en France et partout dans le monde, les valeurs d’égalité, de progrès et de pluralisme ».

Hier j’apprends par l’agence officielle de presse saoudienne que vous avez remis la légion d’honneur au prince héritier Mohammed bin Nayef bin Abdelaziz Al Saoud, vice-président du Conseil des ministres et ministre de l’Intérieur. Monsieur le Président de la République, vous venez de détruire définitivement le symbole que représente la légion d’honneur en la remettant à un homme, qui par sa fonction, est directement responsable de 153 décapitations, de centaines d’amputations, de dizaines de milliers de coups de fouet.

Monsieur le Président de la République, je vous demande de rendre compte en donnant des explications sur cette impardonnable faute politique, qui n’est rien d’autre qu’une trahison de l’héritage républicain et universaliste de la France. Vous avez gravement porté atteinte à des symboles qui ne vous appartiennent pas.

Salutations républicaines,

Citoyen Ahmed Meguini

Marche de la Brigade des Mères : « Debout les mères, debout les femmes, réveillez-vous »

Avec Nadia Remadna de la brigade des mères, auteure de « Comment j’ai sauvé mes enfants ».

Sauver nos enfants, c’est sauver la France, briser l’emmurement des cités dortoirs, des cité mouroirs, reconstruire de l’espoir et marcher contre la fatalité. Combattre la peur et fabriquer du commun et du beau en marchant ensemble, en rêvant ensemble pour un meilleur présent, pour nous maintenant : le 13 mars 11h à Sevran, 14h Gare du Nord direction République, une et indivisible, pas même par le périph ! La République laïque et fraternelle partout et pour tous !

LaïcArt se joint à la Brigade des Mères pour appeler toutes les citoyennes et tous les citoyens désireux de reconquérir les territoires délaissés par la politique, provisoirement perdus pour la République, à participer à cette marche pour la France, pour la République, pour la laïcité.

Retrouvez toutes les informations sur la brigades des mères :

sur le site BrigadeDesMeres.org
sur le compte Twitter @BDM_FRANCE

Nadia Remadna sous pression depuis sa médiatisation

Nadia Ramadan militante de la Brigade Des Mères et auteure de « Comment j’ai sauvé mes enfants »

Nadia Remadna Remadna mène un combat pour l’égalité et la République dans les quartiers. Je l’ai rencontrée lors du premier comité Orwell où elle déclenchait un tonnerre d’applaudissements en répondant à François Hollande qui propose une formation délocalisée des imams français au Maroc : « Qu’il les garde à l’Elysée, nous on veut le Moulin rouge, on veut Versailles ! »

« si tu laisses tomber la Brigade Des Mères, on te laisse tranquille »

Depuis la sortie de son livre et sa médiatisation, Nadia Remadna vit un harcèlement permanent sur son lieu de travail. La militante de la Brigade Des Mères est travailleuse sociale au sein d’une structure de Seine-Saint-Denis qui a pris l’habitude d’employer des jeunes du quartier, « des grands frères », à des postes d’encadrement. La médiatisation du combat de Nadia Remadna ne passe pas ; dans sa hiérarchie on la somme à présent de faire un choix : « si tu laisses tomber la Brigade Des Mères, on te laisse tranquille ».

« T’as qu’à demander à Calmann-Lévy qu’ils te payent »

Évidement Mme Remadna a besoin de son emploi pour vivre mais celui-ci est aussi une vocation : depuis plusieurs années, elle vient en aides aux femmes en difficulté issues de toutes communautés. Mais les pressions ne s’arrêtent pas là, quelques cadres sont allés jusqu’à appeler Calmann-Lévy, sa maison d’édition, pour lui demander de ne plus faire participer Nadia Remadna à des émission de télévision. Alertée par son attachée de presse, Mme Remadna s’en plaint auprès de l’encadrement, la réponse est d’une bêtise confondante : « T’as qu’à demander à Calmann-Lévy qu’ils te payent ». Voilà son combat pour la République qui prend corps jusque dans son travail. Ce combat est le nôtre, ce n’est rien de moins que les valeurs de la République qui sont contestées par les pressions que subit Nadia Remadna. Ne nous contentons pas d’applaudir depuis le bord du chemin les héros du jour, mais volons à leur secours.

Pour en savoir plus et venir en aide à la brigade des mères : http://www.brigadedesmeres.org

Ahmed Meguini

Un système putréfié et putréfiant qui flétrit tous ceux qui l’approchent

Je dis mon profond dégoût pour cette semaine politique qui a achevé d’écœurer ceux qui, comme moi, ne pensaient plus l’être davantage.

Elle a commencé dans la peur et la lâcheté avec cette constitutionnalisation de l’État d’urgence dont l’article 1 a été voté à l’Assemblée nationale en l’absence injustifiable de 76% des députés, et s’est terminée dans la lâcheté et le reniement le plus total de ceux qui, la veille, se posaient en opposants, en défenseurs de l’éthique et de la vertu républicaine.

Ainsi, la présidente d’un parti écologiste dont le groupe à l’Assemblée nationale qui, la veille, s’opposait au gouvernement sur la déchéance de la nationalité, était déjà en discussion pour rejoindre ce même gouvernement.

Quelques jours plutôt, toujours dans le même théâtre de guignol, un autre opposant de la gauche de la gauche profitait d’un 20h pour annoncer sa candidature à l’élection présidentielle de façon unilatérale en trahissant ses propres fidèles. Par cette vanité fétide, ils les privait de toute discussion et de processus démocratique, en plein débat sur un possible reniement de la clé de voûte de notre République : les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit.

Cet homme de la gauche de la gauche ne pensait à rien d’autre qu’à son propre destin qu’il a lui même choisi tragi-comique.

Ils ont transformé une mesure qui peut être justifiable dans son caractère exceptionnel en une infamie constitutionnelle par calcul politicien. Cette volonté de constitutionaliser une anomalie au moment où le FN n’a jamais été aussi proche du pouvoir, de créer une fabrique d’apatride dont on ignore qui choisira demain les bons et les mauvais Français, n’est rien d’autre qu’une trahison.

Ils nous ont livrés aux chiens, ont lacéré notre constitution et nous ont abandonnés au nom de notre sécurité. Un débat trop vital pour le laisser plus longtemps entre les mains de ces opportunistes carriéristes, pour qui l’écharpe tricolore vient sanctionner des années de perfidies, de bassesses et d’ignominies au sein de leurs propres partis, un système putréfié et putréfiant qui flétrit tous ceux qui l’approchent.

Rejoignez le projet #LaïcArt pour un Parti Laïque Citoyen et Exigeant
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Ahmed Meguini

LaïcArt PACA : Les quatre cavalières de la Renaissance

LaïcArt c’est d’abord l’inconnue, une femme, des femmes, parfois mères et qui bien souvent ne s’étaient engagées dans aucun autre combat que peut-être le plus noble d’entre eux : celui d’éduquer de futures citoyennes et citoyens. La grande majorité de ceux qui rejoignent LaïcArt n’avait jusque-là jamais milité. Des femmes donc, comme à Marseille où j’en ai rencontré quatre, telles des cavalières de la Renaissance, leur chevauchée annonce la fin d’un monde par le commencement d’un autre. Comme les quatre millions de Français qui défièrent la mort en se rassemblant autour de la République pour donner la mesure de l’adversaire que doit affronter notre ennemi, elles sont la réponse incarnée des deux siècles lumineux et tourmentés qui nous ont précédés. Ces femmes sont la représentation vivante des symboles que nous nous sommes choisis :

L’une travaille pour un institut de sondage, elle appelle des inconnus au téléphone pour leur demander leur avis sur notre société.

Une autre est infirmière psychiatrique : en première ligne elle récupère les grands blessés dont les cœurs mutilés par les shrapnels de l’existence se font réparer avant de retourner au combat, quand ils ne sont pas définitivement réformés, inaptes à notre société.

Il y a aussi l’inspectrice du travail, dont la fonction est l’aboutissement d’un siècle d’acquis sociaux arrachés dans les larmes et dans le sang.

Et enfin une enseignante, la clé de voûte de notre mode de vie si chèrement conquis.

Ces quatre cavalières ont eu l’intuition d’utiliser le réseau LaïcArt pour ce qu’il est : un outil, rien de moins, rien de plus. Ces personnes qui ne se connaissaient pas il y a deux mois ont formé une cellule active pour la défense de nos valeurs universelles et pour la reconquête des territoires perdus.

Ahmed Meguini

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Femmes des siècles laïques

Je rencontre trop de femmes convaincues (et beaucoup d’hommes indifférents à la question) qu’il n’existe aucun lien entre leur vie de tous les jours et la laïcité. Elles me demandent: « en quoi, cela peut-il me concerner, cette loi qui a plus d’un siècle ? ». Cette loi qui a plus d’un siècle a statué la séparation de l’église et de l’état, et a établi l’égalité en droit de tous les les citoyens (d’accord à cette époque, les citoyennes étaient « beaucoup moins » « égales », sinon qui aurait fait la cuisine chaque jour?).

En séparant l’église et l’état, cette si vieille loi a privé ledit Etat des travaux qu’exécutaient les clercs et l’a privé des bâtiments religieux. Il a fallu remédier à cela et comme un état démocratique est plus assujetti à l’évolution de la population (élections, manifestations, grèves, médias…) que des textes religieux (qui ont un don certain pour rester figés durant des siècles), depuis un siècle et demi, petit à petit, l’état s’est affranchi de l’orthodoxie religieuse. Il s’est appuyé sur la science, sur l’état des connaissances et non sur les croyances.
Il lui a fallu gérer (à la place de l’église qui le faisait) l’enseignement, l’état civil, la famille, la santé et la mort.

En ce qui concerne l’enseignement, l’état l’a déclaré obligatoire pour les garçons et les filles, il a fini par admettre que la mixité était la garantie de la même qualité d’enseignement pour filles et garçons, Il a imposé à tous les collégiens le même cursus (oui, je sais c’est très contesté, mais enfin c’est mieux que de placer les jeunes filles à l’ouvroir), il a ouvert l’enseignement supérieur à tous, en prenant en charge une grosse partie des frais.
Et cela ne concerne pas la vie des femmes?

En ce qui concerne l’état civil, l’état a pris en charge et fait évoluer les règles sur le mariage (maintenant les époux se doivent réciproquement fidélité et assistance), il exige le consentement de chaque époux (plus de mariage forcé, même si c’est insuffisant pour le faire disparaitre, c’est vrai), il permet le même divorce à l’épouse et à l’époux, il permet enfin le mariage (et donc le divorce) aux couples homosexuels hommes ou femmes. Toutes ces évolutions ont généré des conflits entre l’état laïc et certaines franges religieuses extrémistes en leur temps.
Et cela ne concerne pas la vie des femmes?

En ce qui concerne la famille, l’état a inventé le concept d’autorité parentale (et non plus paternelle), il attribue les même allocations pour filles et garçons, Il donne le statut de famille aux femmes seules avec enfants (d’où allocations), il donne aussi un statut aux enfants adoptés et aux enfants hors mariage, il permet aux femmes de travailler, d’ouvrir un compte bancaire et de toucher leur salaire, il tente de lutter contre les violences intrafamiliales (un des deux seuls points sensibles que Ségolène Royale nous accorde encore).
Et cela ne concerne pas la vie des femmes?

En ce qui concerne la santé, l’état, sous la poussée des mouvements féministes, a libéralisé le pilule, autorisé l’avortement hospitalier, il accepte hommes et femmes de la même manière dans ses hôpitaux, il améliore encore et toujours les soins consécutifs à la naissance, forme des spécialistes des maladies féminines (qui disparaissent hélas les premiers lorsqu’il y a des économies à faire – les spécialistes bien sûr, pas les maladies!). Il a aussi évolué sur le statut des viols (criminalisation, mise place de centres d’accueil, reconnaissance des conséquences psychiques). L’état se bat contre les traditions en interdisant l’excision sur son sol. L’état gère l’avancement des questions bio éthiques. Il a permis la procréation médicalement assistée, l’implantation des embryons… Là encore, ces avancées n’ont pas été sans heurts avec les églises.
Et cela ne concerne pas la vie des femmes?

En ce qui concerne la mort, l’état a donné les même droits à chaque enfant à la mort des parents (même aux enfants dits adultérins), il a racheté les concessions de cimetière pour pouvoir enterrer les suicidé(e)s, les divorcé(e)s, les gens de toutes les confessions (il s’agissait alors des juifs que l’église catholique refusait d’enterrer).
Et cela ne concerne pas la vie des femmes?

On comprend à la suite de cet inventaire à la Prévert, que même si l’état fait des erreurs, même s’il a des défauts, rien ne lui interdit d’avancer sauf son manque de courage. Il fait que le droit est vivant et évolue grosso modo avec la société. Mais, comme il produit des textes qui bougent avec le temps, ces derniers ne sont pas séculaires, traditionnels. Cela les rend très fragiles face aux textes religieux. Même à l’échelle d’un état (plus récent qu’une religion) tout cela est loin d’avoir force de tradition.
Alors oui, nous devons, défendre ces textes et le cadre qui leur a donné vie. La laïcité est une priorité pour les femmes, encore plus que pour les hommes.

Marie-Clotilde

“La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil”

Il y a un an et trente jours nous étions tous Charlie. Notre idéal de liberté était grièvement blessé sous les balles de fanatiques islamistes désireux de “crucifier les laïcards comme au Golgotha”, comme l’écrit le rappeur Médine dans son titre “Don’t Laïk”. “Je scie l’arbre de leur laïcité avant qu’on le mette en terre”, ajoute-t-il. Ce 7 janvier 2015, des branches de cet arbre se sont écrasées avec fracas. C’est ainsi que nous avons enfin vu ce que leur ombre rassurante et protectrice nous avait fait oublier.

“La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil” disait René Char et nous avons enfin clairement perçu, dans les jours qui ont suivi ces événements, la présence d’un ennemi déterminé à abattre des idées honnies, celles de la démocratie, de la liberté, de l’égalité, du droit des femmes, de la laïcité.

Au mois de novembre 2015, la violence des fous d’Allah a frappé une nouvelle fois Paris dans toutes les composantes de sa diversité, en une veille de week-end, ce moment privilégié consacré aux partage, aux échanges, aux rires qui dépassent l’entre-soi. Mais passé la stupeur, la sidération face à l’intolérable et en considérant notre arbre douloureusement amputé, force est de reconnaître l’essentiel : un arbre ne meurt pas tant que persiste une sève vivace circulant dans son tronc. Notre chagrin, nos élans de solidarité, nos indignations l’ont prouvé à ce moment-là. Car nous sommes cette sève, nous tous : croyants, non-croyants, désireux de vivre ensemble. Et libres.

Jean-Louis Bianco, président de l’Observatoire de la Laïcité, est donc depuis quelque mois au coeur d’une polémique provoquée par une tribune intitulée “Nous sommes Unis”, qu’il a co-signé au lendemain des attentats du 13 novembre aux côtés du CCIF, de Nabil Ennasri, réputé proche des Frères musulmans, président du Collectif des musulmans de France (CMF) à l’attitude envers l’antisémitisme pour le moins ambigue et du rappeur Médine sus-cité.

Mis en cause au sein même de son institution comme au plus haut de l’état, celui qui a déclaré : “la tonalité générale nous permet de dire que la France n’a pas de problème avec sa laïcité” s’est défendu d’un quelconque dérapage dans cette alliance contre-nature passée entre le gardien symbolique de l’arbre laïque français et des islamistes intégristes. Interpellé sur France Culture sur les paroles de “Don’t Laïk” du rappeur Médine, co-signataire du texte “Nous sommes Unis”, Bianco déclare : “Si on estime que c’est condamnable… ‘Charlie Hebdo’ dit bien pire, ‘Charlie Hebdo’ dit bien pire pour les catholiques, pour les musulmans, pour les intégristes et ils ont bien le droit de le dire, on est dans un régime de libertés.” Charlie dit bien pire ? Charlie provoque. Charlie a toujours provoqué. Charlie dénonce les particularismes . Charlie utilise la satire pour dénoncer l’essentialisme. Médine quant à lui utilise les mots et sa prose pour revendiquer sa différence et de fait, mieux rejeter notre socle commun au profit de la pensée communautariste. Il prône la scission au coeur de la République. Il prône la Charia. Ce type d’alliance ne peut-être que mortifère. On ne s’allie pas à celui qui veut nous voir à terre. Et nous sommes nombreux à le penser. Nous devons passer à l’étape suivante : nous positionner, et réfléchir à ce que peut être notre union.

“Nous”… Dans l’idéal, ce serait le rassemblement de toutes les bonnes volontés autour de nos convictions partagées, et autour de la certitude que nous pouvons encore agir pour sauvegarder notre vision de la laïcité. Nous, c’est dès aujourd’hui et ce sera demain.

On peut mettre plein de choses dans ce mot : “nous”. Ces quatre lettres ont une force incroyable, de celle qui peut soulever par sa force un projet, un idéal, une idée. Quelle puissance possède l’union des volontés combinées tendant vers un même objectif ! Et quel désarroi de constater que ce “nous” est aujourd’hui davantage utilisé à diviser et à opposer, à marquer ce qui sépare une communauté de personnes de celles qui l’entourent. Mais si on réapprenait à penser collectif ?… Car l’arbre laïque, l’arbre humaniste, c’est vous, c’est moi. Nous en sommes la sève, source de vie et de croissance harmonieuse. Et c’est là que peut résider au fond notre responsabilité de croyant, d’athée, de femme, d’homme. D’être humain. Nous devons affirmer haut et fort que nous croyons à la possibilité d’un destin commun. Nous devons replacer la cohérence au coeur même de la parole politique*. Nous devons continuer à prôner les valeurs d’un universalisme qui nous rassemble. Nous devons l’affirmer tranquillement et fermement. Pour qu’on nous entende. Pour qu’on nous écoute. Nous devons être exigeants. Pour faire vivre notre arbre.

CocoRoche

* #Laïcart organise un rassemblement le 11 février pour réclamer la démission de Jean-Louis Bianco à 18h30 à l’Observatoire de la Laïcité.

Les islamistes de l’UOIF expulsent la Présidente de l’Observatoire de la Laïcité du Val d’Oise

Laurence Marchand-Taillade, membre du bureau national du Parti radical de Gauche (PRG) et présidente de l’Observatoire de la Laïcité du Val d’Oise, a été expulsée par la sécurité d’un meeting islamiste de l’UOIF. Contactée au téléphone, Laurence Marchand-Taillade m’explique que les organisateurs l’ont d’abord laissée entrer avec une équipe de la chaîne M6 pour assister à la conférence qui se tenait Porte Maillot à Paris, avant de décider de l’expulser alors qu’elle répondait à des questions posées par France Info et Radio Maghreb. C’est quand elle a commencé à s’indigner de la présence récurrente de Tariq Ramandan et de beaucoup d’autres « Frères Musulmans » dans les meetings de l’UOIF que son expulsion a été ordonnée par les organisateurs.

Les Frères Musulmans ont un projet politique et idéologique islamiste de domination globale, particulièrement extrémistes sur la question du droit des femmes, l’homosexualité avec un antisémitisme intrinsèque.

Ahmed Meguini

Congrès de L'UOIF porte Maillot à Paris ce jour.Venue assister aux conférences, et constater par moi – même la teneur…

Posté par Laurence Marchand-Taillade sur samedi 6 février 2016

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C’est qui le mec en blanc à côté de Jean-Louis Bianco ?

Pourquoi et comment est-il possible que le Président de la République, capable de refroidir durablement ses relations avec le Vatican au nom de laïcité et du fait que ce micro État religieux refuse un ambassadeur au motif que ce dernier est homosexuel, n’ait aucune influence sur le président de l’Observatoire de la Laïcité en France qui se fourvoie avec des islamistes, antisémites, sexistes et homophobes au nom de cette même laïcité ?

Pour mémoire le pape avait dit en parlant du massacre de Charlie Hebdo perpétré par des terroristes islamistes : “Si un grand ami parle mal de ma mère, il peut s’attendre à un coup de poing, et c’est normal.”

Jean-Louis Bianco, lui, a déclaré hier que Charlie Hebdo “dit bien pire” que le Rappeur Medine qui appelle dans un de ses textes “à crucifier les laïcards”

Rassemblement pour la démission de Jean-Louis Bianco Jeudi Prochain :

Par Céline Pina sur FB

Pour Jean-Louis Bianco, "Charlie hebdo est pire que le rappeur Médine."On a envie de lui répondre que la plupart de…

Posté par Céline Pina sur vendredi 5 février 2016

Pour signer la pétition pour la démission de Jean-Louis Bianco : https://www.change.org/p/manuel-valls-m-jl-bianco-doit-démissionner-de-la-présidence-de-l-observatoire-national-de-la-laïcité

Pour vous engager et vous battre contre les fanatiques et les tartuffes de la laïcité c’est ici :

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Ahmed Meguini

Nous étions tellement convaincus que notre #laïcité était acquise, aussi vrai que le ciel est bleu

Dimanche prochain, une réunion LaïcArt se tiendra à Marseille et, le lendemain, une autre à Paris, je serai présent aux deux. Au 51ème jour de ce mouvement, le bilan est tout à fait honorable : 201 membres sur le site dont 22 auteurs et 4 administrateurs (bientôt 5) pas loin d’une dizaine de réunion. Près de 7.000 visiteurs uniques sur le site pour plus 15.000 connexions et 70.000 pages vues enregistrés à ce jour. Plus de 400 adhérents sur Twitter et autant sur FB, c’est un début encourageant même si la tâche est immense et que la bataille n’a pas encore commencé, pour l’heure des alliés objectifs ne relaient que moyennement, voire pas du tout nos activités sur les réseaux sociaux pour des raisons que je me refuse à interpréter. Et pour les médias, ce n’est pas l’heure, il est encore temps de se passer d’eux. Dans le camp de la laïcité – la nôtre, la laïcité dont nous avons hérité et que nous avons l’intention de transmettre en partant à la reconquête des territoires perdus –, nous avons à fournir un effort considérable. Cet effort est d’autant plus conséquent que nous avons pris de mauvaises habitudes. Nous étions tellement convaincus que notre laïcité était acquise, aussi vrai que le ciel est bleu, nous étions persuadés que la République était un principe établi capable de dissoudre toutes mauvaises intentions par sa seule puissance émancipatrice. En attendant que l’herbe repousse, il convient de nous remettre à semer.

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C’est l’histoire d’une société qui tombe

Et qui tout au long de sa chute se répète sans cesse pour se rassurer : « jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien… »

De coups de canifs en coups de poignards, il ne nous reste plus beaucoup d’horizon. Il faut choisir entre ceux qui ont créé l’organisation islamiste UOIF qui rassemble les prêcheurs de haine tous azimuts de l’Islam radical, et leurs protecteurs d’aujourd’hui, tout ça pour éviter un Front National qui est le seul acteur majeur des prochaines élections à les dénoncer avec une constance qui n’a d’égale que leur malveillance.

On n’est jamais mieux trahi que par les siens.

J’imagine ces femmes et ces hommes qui, par tradition et sensibilité, écoutent France Inter le matin et qui se sont étranglés avec leur café en écoutant Ségolène Royal dire que la laïcité n’était pas une priorité sur la question du droit des femmes. Des centaines de milliers de personnes qui lui étaient restées fidèles : cocufiées en une phrase.

À la vérité, à loyauté envers son peuple, envers ses électeurs et, soyons-en certains, à une majorité d’électrices, Mme Royal a privilégié la tactique politicienne en défendant contre toute raison son premier soutien lors des primaires de 2007 : Jean-Louis Bianco, président contesté de l’Observatoire de laïcité, qui prône le dialogue avec le féodalisme et l’obscurantisme religieux et qui est, accessoirement, Conseiller spécial auprès de Mme la ministre. Le jeu de la barbichette des partis, je te tiens, tu me tiens, comme le peintre qui s’accroche à son pinceau quand ont lui ôte son échelle, ils ne se rendent pas compte qu’ils tombent tous ensemble. On en rirait s’ils ne nous entraînaient pas avec eux.

Tous les jours, des femmes portent le voile pour ne plus être harcelées, certaines vont le mettre dans le bus qui les ramènent du travail au quartier où enfin, grâce à cette marque de soumission, elles ne se feront pas siffler : ce soir, personne ne les traitera de « putes » parce qu’enfin, elles se cachent.

Grattez un peu et vous trouverez même des femmes qui ne sont pas musulmanes et qui ne le seront jamais et qui, quand elles quittent la République laïque et fraternelle pour rentrer chez elles, où plutôt chez eux, acceptent un ordre religieux et fanatique qui occupe un territoire abandonné de tous.

Il y a des dizaines de vastes territoires en France où vous et moi ne pouvons pas pénétrer sans courir un grave danger.

Ceux qui dénoncent l’amalgame, qu’ils viennent avec moi tard le soir, sans protection, dans ces quartiers où même les bienveillants journalistes de Libération font appel à des fixeurs pour les protéger. Comme dans les zones de guerres, dans certains quartiers des jeunes en ont fait leur métier. Contre rémunération, ils permettent aux journalistes de travailler en sécurité, et aux élus d’avoir une paix relative. Et quand Pascale Boistard dénonce l’évidence, les atteintes faites aux femmes et à l’esprit de la laïcité dans ces quartiers, la voilà jetée par dessus bord. Circulez, y’a rien à voir !

Ahmed Meguini

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Extrait de l’interview sur France Inter :

Sur la laïcité, nous avons la loi de 1905 qui est extrêmement claire. Il y a d’autres questions : la question des violences, dans la rue, intrafamiliale. Je souhaite que des campagnes zéro tolérance qui soient lancées.
Le second point ce sont encore les inégalités salariales.

La question d’une emprise religieuse qui écarte les femmes de l’espace public ce n’est pas prioritaire ?

J’ai dit que l’instrumentalisation politique sur la laïcité ne doit pas perdurer. La France s’est dotée de fondamentaux juridiques qui lui permet de régler ces problèmes. Il faut s’attaquer aux vrais problèmes : la violence et les inégalités salariales.

http://dai.ly/x3q6b3c

 

#LaïcArt : Ce réseau ne vous propose rien sinon d’écrire notre propre destin

Un mélange de peur irrationnelle et de paresse nous engage à nouveau au déni du réel. Une réalité faite de vide où tout est à réinventer. Je nous ai vu marcher sans destination, en redoutant le voyage, en refusant d’aimer le destin.

Je crois comprendre que si la théorie est communément admise, l’exercice de la liberté nécessite encore de la pédagogie. Une infime minorité composée essentiellement d’imbéciles et de prestidigitateurs qui, avec notre complicité active, impose leur malice grossièrement maquillée en intelligence et de pauvres tactiques en un art de la guerre. Une poignée d’individus se disputent les vérités de demain et contestent avant de réécrire celle de la veille, sous le regard désabusé d’un génie populaire qui, je le souhaite, le moment venu, fondra comme un aigle sur sa proie pour se saisir du pouvoir créateur et redonner un sens incarné à nos valeurs.

Une lumière toute humaine, l’exercice d’une spiritualité citoyenne, ces valeurs universelles qui ont fait de nous des rois, aujourd’hui fainéants, nous attachant davantage à ce qui nous paraît être dû, oubliant bien volontiers ce que l’on doit.

Une dette de sang à ceux qui ouvrirent la voie par le sacrifice de leurs existences, ce qu’ils considéraient être un devoir alors même qu’ils n’avaient aucun droit. Nos créanciers, qui à coup de sabres et de canons, de palabres et création, de batailles et de revendications ont construit un monde, une possibilité. La décision de vivre libre, qui hélas, depuis la moitié du siècle dernier n’a été que rarement consommée, quand elle ne fût pas travestie en produit de consommation.

Alors qu’à nouveau retentit le claquement sec d’une balle percutée, suivi et précédé d’autres balles tirées en rafales dans les rue de Paris, l’histoire s’invite encore dans notre chair en la déchirant et en maculant de sang des pavés qui en ont déjà vu tant.

Malgré un ennemi identifié, aux revendications aussi limpides qu’insensées, nous n’avons pas encore décidé d’engager le combat. Des vies inestimables ont été arrachées à ceux qui les aimaient par la folie de quelques hommes. C’est au tour de leur mort de perdre toute valeur, un prix trop chèrement payé qui doit nous engager dans l’exercice de la liberté en refusant la fatalité et la résignation.

J’ai fait une proposition en créant un réseau de résistance qui, s’il n’est pas prêt à tout pour faire triompher la vérité, ne s’interdit rien et s’offre les moyens d’une action ambitieuse, des outils qui ne sont rien sans les quelques combattants qui sont déjà l’œuvre un peu partout sur le territoire. Des citoyens qui ne se connaissaient pas hier se rencontrent, discutent et prennent date. Ainsi à Marseille un groupe se réunit début février en coordination avec deux autres à Paris. Depuis la mi-décembre des centaines d’individus se mettent en relation, ils ne cherchent plus une offre politique, ils la fabriquent.

Et la voilà vivante, et quelle joie ! quel bonheur intense de retrouver sa fratrie, qui existe vraiment, comme elle est racontée dans les livres de ceux qui les ont lus, et qui aujourd’hui reprennent l’ouvrage pour y écrire de nouvelles pages. Ce réseau ne vous propose rien sinon d’écrire notre propre destin.

Ahmed Meguini

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“BarakaCity” Canal + Le Supplément de buzz nauséabond

Beaucoup de controverse depuis quelques jours autour de la prestation de Najat Vallaud-Belkacem sur le plateau du Supplément de Canal+ face aux propos tenus par Idriss Sihamedi, président de l’O.N.G. BarakaCity, qui se définit elle-même sur son site Internet comme une « association humanitaire qui vient en aide aux populations démunies partout dans le monde ». Invité au sein de l’émission d’Ali Baddou pour évoquer la détention au Bangladesh de Moussa Ibn Yacoub, jeune français converti à l’islam, le fondateur de cette association à la réputation sulfureuse déclare en effet être un musulman « normal », reconnaît ne pas serrer la main des femmes et refuse de condamner Daesh d’une voix claire.

Si la ministre de l’Éducation nationale explique aujourd’hui dans le Parisien un positionnement déterminé par une « espèce de sidération partagée par l’ensemble des participants et du public », ce que l’on peut comprendre face à l’énormité des propos tenus, par le refus de de se prêter « à ce petit jeu nauséabond consistant à inviter des gens infréquentables pour faire du buzz », il reste tout de même que cet évitement, cette non-réappropriation du débat de la part d’une élue semblent avoir créé un sentiment de frustration chez tous ceux qui veulent réaffirmer l’idée et la possibilité d’une communauté unie autour de principes partagés dans le cadre républicain.

Najat Vallaud-Belkacem reconnaît tout de go être « mal à l’aise » — elle semble s’exprimer à ce moment-là en simple citoyenne — et cette gêne l’empêche de se saisir d’une parole de rassemblement qui vienne asseoir, par la bouche d’une de ses représentantes, la grandeur de l’idéal républicain. Mal à l’aise, les spectateurs le sont aussi. Mais après tout, c’est la République dans son ensemble qui se trouve être « mal à l’aise » dans sa confrontation à l’extrémisme islamiste, et cela a été le cas dès le premier jour. Une guerre, c’est un ennemi commun et identifié, et des alliés qui le sont également.

Mais autour de nous, l’alliance des discours et des intentions — et c’est le jeu de la démocratie — peine à voir le jour, avec des voix franchement discordantes qui se font entendre, prônant la tolérance de l’intolérable.

Alors comment dissiper ce malaise, ce mal-être qui nous empêche de vouloir nous réapproprier aujourd’hui notre rêve en termes de liberté, d’égalité et de fraternité à une époque où la barbarie et l’obscurantisme prétendent faire leur retour et dicter leur loi ? Peut-être manque-t-il cette impulsion conférée par le verbe, par l’assurance, par la confiance en soi. Par la conviction de proposer un projet de société crédible et pertinent. Devrions-nous déplorer le manque de réaction de Najat Vallaud-Belkacem face à M. Sihamedi ? Rappelons-nous que nous-mêmes avons la même obligation de promouvoir à la face du monde une République laïque qui soit fière de ses valeurs face à l’antisémitisme, au sexisme, au racisme, à la violence et à l’obscurantisme. Cette responsabilité est d’abord la nôtre, ici et maintenant.