“Monsieur le Président, je vous écris pour vous faire part de mon sentiment d’humiliation”

Paris le 6 mars 2016,
Monsieur le Président de la République,

Je vous écris pour vous faire part de mon sentiment d’humiliation face à ce que je considère comme une trahison. Je vous ai adressé un courrier il y a un an, le 25 mars 2015, pour vous alerter sur le sort de centaines de libres penseurs et d’athées, suppliciés, condamnés au fouet, à mort, ou sommairement exécutés dans des pays considérés à tort comme des alliés. Vous m’aviez alors répondu par l’intermédiaire de votre chef de cabinet en ces termes hautement républicains : « Soyez certain de la détermination du Chef de l’Etat à combattre la barbarie et l’obscurantisme et à défendre, en France et partout dans le monde, les valeurs d’égalité, de progrès et de pluralisme ».

Hier j’apprends par l’agence officielle de presse saoudienne que vous avez remis la légion d’honneur au prince héritier Mohammed bin Nayef bin Abdelaziz Al Saoud, vice-président du Conseil des ministres et ministre de l’Intérieur. Monsieur le Président de la République, vous venez de détruire définitivement le symbole que représente la légion d’honneur en la remettant à un homme, qui par sa fonction, est directement responsable de 153 décapitations, de centaines d’amputations, de dizaines de milliers de coups de fouet.

Monsieur le Président de la République, je vous demande de rendre compte en donnant des explications sur cette impardonnable faute politique, qui n’est rien d’autre qu’une trahison de l’héritage républicain et universaliste de la France. Vous avez gravement porté atteinte à des symboles qui ne vous appartiennent pas.

Salutations républicaines,

Citoyen Ahmed Meguini

Marche de la Brigade des Mères : « Debout les mères, debout les femmes, réveillez-vous »

Avec Nadia Remadna de la brigade des mères, auteure de « Comment j’ai sauvé mes enfants ».

Sauver nos enfants, c’est sauver la France, briser l’emmurement des cités dortoirs, des cité mouroirs, reconstruire de l’espoir et marcher contre la fatalité. Combattre la peur et fabriquer du commun et du beau en marchant ensemble, en rêvant ensemble pour un meilleur présent, pour nous maintenant : le 13 mars 11h à Sevran, 14h Gare du Nord direction République, une et indivisible, pas même par le périph ! La République laïque et fraternelle partout et pour tous !

LaïcArt se joint à la Brigade des Mères pour appeler toutes les citoyennes et tous les citoyens désireux de reconquérir les territoires délaissés par la politique, provisoirement perdus pour la République, à participer à cette marche pour la France, pour la République, pour la laïcité.

Retrouvez toutes les informations sur la brigades des mères :

sur le site BrigadeDesMeres.org
sur le compte Twitter @BDM_FRANCE

Nadia Remadna sous pression depuis sa médiatisation

Nadia Ramadan militante de la Brigade Des Mères et auteure de « Comment j’ai sauvé mes enfants »

Nadia Remadna Remadna mène un combat pour l’égalité et la République dans les quartiers. Je l’ai rencontrée lors du premier comité Orwell où elle déclenchait un tonnerre d’applaudissements en répondant à François Hollande qui propose une formation délocalisée des imams français au Maroc : « Qu’il les garde à l’Elysée, nous on veut le Moulin rouge, on veut Versailles ! »

« si tu laisses tomber la Brigade Des Mères, on te laisse tranquille »

Depuis la sortie de son livre et sa médiatisation, Nadia Remadna vit un harcèlement permanent sur son lieu de travail. La militante de la Brigade Des Mères est travailleuse sociale au sein d’une structure de Seine-Saint-Denis qui a pris l’habitude d’employer des jeunes du quartier, « des grands frères », à des postes d’encadrement. La médiatisation du combat de Nadia Remadna ne passe pas ; dans sa hiérarchie on la somme à présent de faire un choix : « si tu laisses tomber la Brigade Des Mères, on te laisse tranquille ».

« T’as qu’à demander à Calmann-Lévy qu’ils te payent »

Évidement Mme Remadna a besoin de son emploi pour vivre mais celui-ci est aussi une vocation : depuis plusieurs années, elle vient en aides aux femmes en difficulté issues de toutes communautés. Mais les pressions ne s’arrêtent pas là, quelques cadres sont allés jusqu’à appeler Calmann-Lévy, sa maison d’édition, pour lui demander de ne plus faire participer Nadia Remadna à des émission de télévision. Alertée par son attachée de presse, Mme Remadna s’en plaint auprès de l’encadrement, la réponse est d’une bêtise confondante : « T’as qu’à demander à Calmann-Lévy qu’ils te payent ». Voilà son combat pour la République qui prend corps jusque dans son travail. Ce combat est le nôtre, ce n’est rien de moins que les valeurs de la République qui sont contestées par les pressions que subit Nadia Remadna. Ne nous contentons pas d’applaudir depuis le bord du chemin les héros du jour, mais volons à leur secours.

Pour en savoir plus et venir en aide à la brigade des mères : http://www.brigadedesmeres.org

Ahmed Meguini

Un système putréfié et putréfiant qui flétrit tous ceux qui l’approchent

Je dis mon profond dégoût pour cette semaine politique qui a achevé d’écœurer ceux qui, comme moi, ne pensaient plus l’être davantage.

Elle a commencé dans la peur et la lâcheté avec cette constitutionnalisation de l’État d’urgence dont l’article 1 a été voté à l’Assemblée nationale en l’absence injustifiable de 76% des députés, et s’est terminée dans la lâcheté et le reniement le plus total de ceux qui, la veille, se posaient en opposants, en défenseurs de l’éthique et de la vertu républicaine.

Ainsi, la présidente d’un parti écologiste dont le groupe à l’Assemblée nationale qui, la veille, s’opposait au gouvernement sur la déchéance de la nationalité, était déjà en discussion pour rejoindre ce même gouvernement.

Quelques jours plutôt, toujours dans le même théâtre de guignol, un autre opposant de la gauche de la gauche profitait d’un 20h pour annoncer sa candidature à l’élection présidentielle de façon unilatérale en trahissant ses propres fidèles. Par cette vanité fétide, ils les privait de toute discussion et de processus démocratique, en plein débat sur un possible reniement de la clé de voûte de notre République : les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit.

Cet homme de la gauche de la gauche ne pensait à rien d’autre qu’à son propre destin qu’il a lui même choisi tragi-comique.

Ils ont transformé une mesure qui peut être justifiable dans son caractère exceptionnel en une infamie constitutionnelle par calcul politicien. Cette volonté de constitutionaliser une anomalie au moment où le FN n’a jamais été aussi proche du pouvoir, de créer une fabrique d’apatride dont on ignore qui choisira demain les bons et les mauvais Français, n’est rien d’autre qu’une trahison.

Ils nous ont livrés aux chiens, ont lacéré notre constitution et nous ont abandonnés au nom de notre sécurité. Un débat trop vital pour le laisser plus longtemps entre les mains de ces opportunistes carriéristes, pour qui l’écharpe tricolore vient sanctionner des années de perfidies, de bassesses et d’ignominies au sein de leurs propres partis, un système putréfié et putréfiant qui flétrit tous ceux qui l’approchent.

Rejoignez le projet #LaïcArt pour un Parti Laïque Citoyen et Exigeant
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Ahmed Meguini

LaïcArt PACA : Les quatre cavalières de la Renaissance

LaïcArt c’est d’abord l’inconnue, une femme, des femmes, parfois mères et qui bien souvent ne s’étaient engagées dans aucun autre combat que peut-être le plus noble d’entre eux : celui d’éduquer de futures citoyennes et citoyens. La grande majorité de ceux qui rejoignent LaïcArt n’avait jusque-là jamais milité. Des femmes donc, comme à Marseille où j’en ai rencontré quatre, telles des cavalières de la Renaissance, leur chevauchée annonce la fin d’un monde par le commencement d’un autre. Comme les quatre millions de Français qui défièrent la mort en se rassemblant autour de la République pour donner la mesure de l’adversaire que doit affronter notre ennemi, elles sont la réponse incarnée des deux siècles lumineux et tourmentés qui nous ont précédés. Ces femmes sont la représentation vivante des symboles que nous nous sommes choisis :

L’une travaille pour un institut de sondage, elle appelle des inconnus au téléphone pour leur demander leur avis sur notre société.

Une autre est infirmière psychiatrique : en première ligne elle récupère les grands blessés dont les cœurs mutilés par les shrapnels de l’existence se font réparer avant de retourner au combat, quand ils ne sont pas définitivement réformés, inaptes à notre société.

Il y a aussi l’inspectrice du travail, dont la fonction est l’aboutissement d’un siècle d’acquis sociaux arrachés dans les larmes et dans le sang.

Et enfin une enseignante, la clé de voûte de notre mode de vie si chèrement conquis.

Ces quatre cavalières ont eu l’intuition d’utiliser le réseau LaïcArt pour ce qu’il est : un outil, rien de moins, rien de plus. Ces personnes qui ne se connaissaient pas il y a deux mois ont formé une cellule active pour la défense de nos valeurs universelles et pour la reconquête des territoires perdus.

Ahmed Meguini

Rejoignez le projet #LaïcArt pour un Parti Laïque Citoyen et Exigeant
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Femmes des siècles laïques

Je rencontre trop de femmes convaincues (et beaucoup d’hommes indifférents à la question) qu’il n’existe aucun lien entre leur vie de tous les jours et la laïcité. Elles me demandent: « en quoi, cela peut-il me concerner, cette loi qui a plus d’un siècle ? ». Cette loi qui a plus d’un siècle a statué la séparation de l’église et de l’état, et a établi l’égalité en droit de tous les les citoyens (d’accord à cette époque, les citoyennes étaient « beaucoup moins » « égales », sinon qui aurait fait la cuisine chaque jour?).

En séparant l’église et l’état, cette si vieille loi a privé ledit Etat des travaux qu’exécutaient les clercs et l’a privé des bâtiments religieux. Il a fallu remédier à cela et comme un état démocratique est plus assujetti à l’évolution de la population (élections, manifestations, grèves, médias…) que des textes religieux (qui ont un don certain pour rester figés durant des siècles), depuis un siècle et demi, petit à petit, l’état s’est affranchi de l’orthodoxie religieuse. Il s’est appuyé sur la science, sur l’état des connaissances et non sur les croyances.
Il lui a fallu gérer (à la place de l’église qui le faisait) l’enseignement, l’état civil, la famille, la santé et la mort.

En ce qui concerne l’enseignement, l’état l’a déclaré obligatoire pour les garçons et les filles, il a fini par admettre que la mixité était la garantie de la même qualité d’enseignement pour filles et garçons, Il a imposé à tous les collégiens le même cursus (oui, je sais c’est très contesté, mais enfin c’est mieux que de placer les jeunes filles à l’ouvroir), il a ouvert l’enseignement supérieur à tous, en prenant en charge une grosse partie des frais.
Et cela ne concerne pas la vie des femmes?

En ce qui concerne l’état civil, l’état a pris en charge et fait évoluer les règles sur le mariage (maintenant les époux se doivent réciproquement fidélité et assistance), il exige le consentement de chaque époux (plus de mariage forcé, même si c’est insuffisant pour le faire disparaitre, c’est vrai), il permet le même divorce à l’épouse et à l’époux, il permet enfin le mariage (et donc le divorce) aux couples homosexuels hommes ou femmes. Toutes ces évolutions ont généré des conflits entre l’état laïc et certaines franges religieuses extrémistes en leur temps.
Et cela ne concerne pas la vie des femmes?

En ce qui concerne la famille, l’état a inventé le concept d’autorité parentale (et non plus paternelle), il attribue les même allocations pour filles et garçons, Il donne le statut de famille aux femmes seules avec enfants (d’où allocations), il donne aussi un statut aux enfants adoptés et aux enfants hors mariage, il permet aux femmes de travailler, d’ouvrir un compte bancaire et de toucher leur salaire, il tente de lutter contre les violences intrafamiliales (un des deux seuls points sensibles que Ségolène Royale nous accorde encore).
Et cela ne concerne pas la vie des femmes?

En ce qui concerne la santé, l’état, sous la poussée des mouvements féministes, a libéralisé le pilule, autorisé l’avortement hospitalier, il accepte hommes et femmes de la même manière dans ses hôpitaux, il améliore encore et toujours les soins consécutifs à la naissance, forme des spécialistes des maladies féminines (qui disparaissent hélas les premiers lorsqu’il y a des économies à faire – les spécialistes bien sûr, pas les maladies!). Il a aussi évolué sur le statut des viols (criminalisation, mise place de centres d’accueil, reconnaissance des conséquences psychiques). L’état se bat contre les traditions en interdisant l’excision sur son sol. L’état gère l’avancement des questions bio éthiques. Il a permis la procréation médicalement assistée, l’implantation des embryons… Là encore, ces avancées n’ont pas été sans heurts avec les églises.
Et cela ne concerne pas la vie des femmes?

En ce qui concerne la mort, l’état a donné les même droits à chaque enfant à la mort des parents (même aux enfants dits adultérins), il a racheté les concessions de cimetière pour pouvoir enterrer les suicidé(e)s, les divorcé(e)s, les gens de toutes les confessions (il s’agissait alors des juifs que l’église catholique refusait d’enterrer).
Et cela ne concerne pas la vie des femmes?

On comprend à la suite de cet inventaire à la Prévert, que même si l’état fait des erreurs, même s’il a des défauts, rien ne lui interdit d’avancer sauf son manque de courage. Il fait que le droit est vivant et évolue grosso modo avec la société. Mais, comme il produit des textes qui bougent avec le temps, ces derniers ne sont pas séculaires, traditionnels. Cela les rend très fragiles face aux textes religieux. Même à l’échelle d’un état (plus récent qu’une religion) tout cela est loin d’avoir force de tradition.
Alors oui, nous devons, défendre ces textes et le cadre qui leur a donné vie. La laïcité est une priorité pour les femmes, encore plus que pour les hommes.

Marie-Clotilde