Communiqué de presse Annulation du colloque universitaire sur «l’islamophobie»

ANNULATION DU COLLOQUE UNIVERSITAIRE SUR « L’ISLAMOPHOBIE » :
LA RÉPONSE HALLUCINANTE DE LA PRÉSIDENCE DE L’UNIVERSITÉ LYON II

 

L’annulation du colloque de Lyon II sur « l’islamophobie » aurait pu être une bonne nouvelle, car c’est une victoire pas seulement pour les défenseurs de la laïcité mais pour tous les citoyens attachés au rôle fondamental que l’enseignement supérieur joue dans le développement d’une société libre, égalitaire et démocratique. … Mais l’absence de sérénité invoquée par la présidence de l’université Lyon II comme seul motif témoigne surtout de l’aveuglement et de la lâcheté de l’institution. Tout comme les couronnes de lauriers tressées aux organisateurs et aux participants témoignent de l’absence de prise de conscience des objectifs politiques poursuivis par les organisateurs de ce type de colloque. Devant un communiqué de presse aussi complaisant, les islamistes se frottent les mains, tandis que les laïques désespèrent de voir l’Université réagir enfin à la démarche d’entrisme islamiste dont elle est la cible. Un entrisme qui a pour but de faire passer pour une démarche scientifique, de la propagande politique et pour des experts, des militants racistes et islamistes.

 

« Les conditions n’étant pas réunies pour garantir la sérénité des échanges et le bon déroulement des débats autour de la question de l’islamophobie et de ses enjeux politiques, la Présidence de l’Université Lumière Lyon 2 a pris la décision d’annuler la tenue du colloque prévu le 14 octobre sur le thème “ Lutter contre l’islamophobie, un enjeu d’égalité ?” ».

C‘est par ces mots que la présidence de l’université de Lyon II, par voie de communiqué de presse justifie l’annulation du colloque. On reste partagé entre franche envie de rire et énorme colère…

Le camp laïque, qui s’est mobilisé depuis plusieurs jours, n’a fait que mettre en évidence le profil douteux de certains intervenants. Abelaziz Chaambi, Président du CRI est fiché S. Avec la présence en plus de Souhail Chichah, individu qui a, de manière violente perturbé et de fait interrompu une conférence de Caroline Fourest à l’Université libre de Bruxelles, on a des experts parmi les intervenants en matière de troubles de la sérénité des débats !

Quant à la plupart des associations de lutte contre « l’islamophobie » présentes, le moins qu’on puisse dire est qu’elles ne se distinguent pas par leur humanisme, leur universalisme et leur respect de la dignité humaine. Plus connues pour leur proximité avec des partis racistes comme le Parti des indigènes de la République, les Frères musulmans ou d’autres mouvements tout aussi sectaires comme Al Adl Wal Ihsane (Justice et Bienfaisance) au Maroc ou du parti Parti Égalité Justice d’Erdogan en Turquie, ces associations se sont illustrées par leur obscurantisme : refus de l’égalité femmes/hommes, sexisme, rétablissement du délit de blasphème, refus de la loi de 2004 sur les signes religieux, défense de la foi vue comme supérieure à la loi, racisme, voire participation au jihad judiciaire…

Lorsque l’on sait que nombre de ces associations ne sont pas Charlie, laisser passer un texte d’introduction du colloque, qui évoque le massacre de janvier 2015 pour en faire le départ d’une vague « d’islamophobie » accréditant l’idée d’une France raciste est déjà une abjection qui aurait dû interpeller la conscience d’universitaires et que la présidence de l’Université aurait dû condamner. Car, encore une fois, faire du massacre des journalistes de Charlie la cause d’un climat antimusulman est non seulement de la désinformation mais une escroquerie intellectuelle. Surtout lorsque l’on élude les motifs de ces attentats. Enfin, c’est une insulte aux Français, croyants ou non et de toutes confessions, qui ne sont pas tombés dans le piège de la haine.

Nous sommes ici bien loin d’une condamnation claire, car la suite du communiqué persiste et signe. « La présidence apporte tout son soutien à la Chaire Egalités, Inégalités et Discriminations, à l’Institut Supérieur d’Étude des Religions et de la Laïcité (ISERL), ainsi qu’à l’ensemble des universitaires qui avaient accepté de participer à ce colloque. »  Pourquoi donc annuler ce colloque s’il ne réunissait que des gens formidables injustement calomniés ? Le recul de l’Université signe alors son irresponsabilité et son incapacité à défendre des principes de justice.

La vérité c’est que le profil d’une partie des intervenants pose de véritables problèmes et que la Présidence de l’université ne pouvait l’ignorer. La vérité c’est que tout le monde sait que derrière l’affaire de Lyon 2 c’est la question de l’entrisme islamiste à l’université qui est posé.

En attendant, la présidence envoie un très mauvais signal aux véritables laïques qui ne trouvent aucune réponse à leurs questions dans ce communiqué de presse. Il ne fait que renforcer le sentiment que le monde universitaire n’est plus le sanctuaire de la République laïque mais qu’au contraire il déroule aujourd’hui le tapis rouge aux idées les plus liberticides, réactionnaires et anti-démocratiques. Aveuglement ou lâcheté, l’avenir le dira.

C‘est donc bien la nature des participants et leur idéologie qui nuit d’emblée à la sérénité des débats et non l’action du camp laïque qui, rappelons-le, n’a que sa plume comme arme… Que la présidence de Lyon II se rassure, nous n’utilisons pas encore les méthodes de certains des enseignants qu’elle recrute et nous aurions aimé que cette interdiction soit issue d’une prise de conscience, et non l’énième lâcheté de ceux qui pourtant font tout pour accéder aux postes de pouvoir

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