Droit du travail : les 61 principes du rapport Badinter

Je vous invite à le lire et à en débattre en suite sur le fil dédié

Une premiere critique de Grégoire A. Crémieux-Naquet :

Je suis abasdourdi - et le mot est faible - par le concert de louanges qui s'élève pour se féliciter de la sauvegarde de...

Posté par Grégoire A. Crémieux-Naquet sur vendredi 29 janvier 2016

Commentaires

  1. Irène Delse

    Je dois dire qu’après avoir lu le commentaire de Grégoire À. Crémieux-Naquet, j’ai changé d’avis sur cet article 6 relatif à l’exercice de la religion. Je trouvais ça bien de l’encadrer par l’exercice d’autres libertés fondamentales. Par exemple, un salarié qui refuse de serrer la main d’une femme au motif que sa religion le lui interdit pourrait ainsi être sanctionné…

    Mais d’un autre côté, ça veut dire que seul les cas les plus graves d’abus religieux seraient ainsi rectifiés. L’expression de convictions religieuses (et pourquoi seulement religieux m religieuses ?) deviendrait la norme, dans une tolérance molle à l’américaine. “Expression de la religion” peut recouvrir bien des choses : menus différents à la cantine, pause-prière, vêtements et ornements divers… Et désormais, impossible de dire “désolée, ça me met mal à l’aise de travailler avec une personne qui affiche sa religion 100% du temps avec son voile, ou sa médaille de Saint Pie X”…

    J’espère que c’est un point qui sera modifié pendant le processus législatif. Un truc auquel nous devrons veiller !

  2. Irène Delse

    Un autre danger prévisible a été évoqué par Ahmed sur Twitter : maintenant que l’article 6 protège largement le droit du salarié à exprimer des “convictions”, et laisse le règlement des cas individuels aux tribunaux, on peut craindre que les entreprises deviennent plus hésitantes encore à embaucher des salariés musulmans ou qui ont simplement une tête d’Arabe ! Plutôt que de voir la personne se mettre à arborer une barbe à la Ben Laden ou un hidjab, faire du prosélytisme, réclamer de prier sur le lieu de travail, etc., combien d’employeurs préféreront éviter l’embauche d’une personne au nom” à consonance ” ?

  3. Marie Clotilde

    Cet article 6 me semble préoccupant. Toute expression religieuse qui rendra la vie impossible aux autres, impose de passer par les tribunaux, dont on sait qu’ils sont lents, débordés, en manque d’effectifs et dont la procédure est toujours chère. Et en attente du jugement, le ou les salariés en question sont en danger. Sans compter que devant un tribunal, on apportera moult témoignages de salariés apeurés ou qui ne veulent pas être “traitres” et qui diront que tout va bien, qu’il n’y a pas d’atteinte au droit etc.. On peut donc oublier tout recours devant un tribunal.
    Pour l’entreprise, c’est la même chose. On imagine dans la vente, une salariée portant soudain le niqab, on son confrère la barbe.
    Autant dire que rien ne change dans les entreprise comme la RATP: il faut être patient, prendre sur soi, tolérer… et tous les problèmes sont repoussés sur les plus petits responsables.

    Pour l’instant ce qu’un rapport. Le gouvernement n’est pas tenu de l’appliquer. Avec les “l*ches” que nous avons, il faut qu’ils se sentent fortement soutenus pour s’opposer à cet article.
    Je pense que c’est le bon moment pour faire démarrer une pétition.

    Je pense à un ami qui est agent de sécurité. Dans son entreprise, les agents font de journées de 14 heures et/ou des nuits de 22 heures. Les agents mangent dans le vestiaire (ce qui n’est déjà pas terrible). Un petit groupe de pratiquant, trouvant que cela sentait le porc et que c’était une offense, s’en sont plaint à leur responsable avec l’appui (consenti?) de musulmans moins engagés mais qui n’ont pas voulu trahir leur frère.
    Conséquence: ce vestiaire/cafet est désormais fermé aux mangeurs de porc, qui mangent dehors,
    sans micro onde.

    Sérieusement je pense qu’il ne faut pas laisser passer cet article sans faire du bruit, nous (les laïques) sommes peut-être trop silencieux.