« Je m’appelle Fanny et j’ai rejoint le Parti de la société civile. »

Je suis née dans une famille de gauche et athée, où l’on parle politique, où l’on débat en permanence. J’ai été élevée avec Brassens, Desproges et Charlie Hebdo. Et j’ai lu, beaucoup, partout, comme si ma vie en dépendait : Dostoïevski, Irving, Boulgakov, Zweig… La littérature est un formidable antidote contre l’endoctrinement, qu’il soit politique ou religieux, en cela qu’elle donne goût aux questions plus qu’aux réponses.

J’ai fini par entrer dans le monde militant, syndical, suite à des rencontres et malgré ma réticence à m’encarter. J’ai conscience de vivre une expérience atypique en appartenant à un groupe d’âges, origines, expériences diverses où règne une telle liberté, en décalage total avec nombre de « militants professionnels » que j’ai eu l’occasion de rencontrer.

S’engager n’est pas facile : il faut mouiller sa chemise, donner de son temps, de son énergie. Renoncer à une part de sa liberté personnelle. Accepter d’échouer parfois.

Pourquoi rejoindre LaïcArt et le Parti de la société civile alors que mon emploi du temps est déjà bien rempli ?

J’ai toujours considéré qu’exercer son droit de vote était avant tout un devoir, mais ce devoir est à chaque élection plus difficile à remplir. Je ne me sens plus représentée par aucun parti ni aucun candidat.

Depuis plusieurs années je vois la gauche flirter avec l’antisémitisme, confondre liberté de culte et atteintes aux droits des femmes, antiracisme et communautarisme. Je me sens chaque jour plus trahie par ma « famille politique ».

Je n’attends pas d’un parti qu’il soit un copié-collé de mes opinions. La politique doit être le lieu du débat et je pense qu’une idée se sclérose dès lors qu’elle ne se confronte plus au doute et à l’intelligence de l’Autre. Mais je porte en moi des valeurs essentielles, non négociables. Elles sont résumées au fronton des mairies et des écoles publiques. Gravées dans le marbre, elles sont pourtant loin d’être encore acquises. Sans la laïcité elles ne seraient qu’un slogan vide de sens.

Il y a un an des hommes en noir ont assassiné mon adolescence, mes maîtres en humour noir. Des « blasphémateurs », des policiers et des juifs sont morts, non pour ce qu’ils faisaient mais pour ce qu’ils étaient.

La sidération et la colère ont fait place à une soif insatiable de liberté. Je refuse de laisser la peur et le repli sur soi dominer nos existences. Engageons-nous ! Chacun à notre manière : dessinons, écrivons, débattons, créons de l’intelligence, de la solidarité ! Il est urgent de refaire, enfin, de la politique. Face aux idéologies morbides que sont les fascismes religieux et politique, nous n’avons d’autre choix que celui de prendre le risque de vivre.

À Espérance, mon arrière-grand-mère : « bouffeuse de curés » légendaire, qui a toujours refusé la place que sa condition de femme née dans une famille pauvre lui assignait.
À L. qui m’a convaincue un jour de faire entendre ma voix.

Fanny Rumiz

Rejoignez le projet #LaïcArt pour un Parti de la Société Civile
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Commentaires

  1. gaby

    C’est un beau texte, qui traduit de beaux et forts engagements.
    L’espoir ne doit pas mourir, la résignation c’est aussi la trahison ce ceux que l’on a aimé et qui ne sont plus.

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