La république est aussi une forme éthérée de société constituée autour d’un socle composé de piliers et de remparts qui ne tiennent que par la volonté commune d’abriter la célébration de l’instant présent, chacun a sa façon.

1789, c’est la fin du destin aristocratique de la France. Les bâtisseurs, à travers les générations, ont déployé une architecture civile qu’il faut voir en soi pour comprendre la citoyenneté. Liberté, Égalité, Fraternité sont pour moi les piliers de notre Parthénon, qui soutiennent le principe Laïque, socle et particularisme de notre démocratie.

La laïcité, en neutralisant l’influence religieuse et l’arbitrage en faveur de la religion la plus forte, a été l’occasion d’un foisonnement de valeurs, non pas nouvelles, mais qui ont pu enfin émerger, tel que le féminisme, l’anti-racisme, la mixité, la liberté religieuse et de non-religion, qui sont les jardins suspendus de notre bâtiment, où chacun peut se nourrir librement.

Notre patrimoine est important et ses fondations solides. Nous pouvons passer les épreuves des tentations contre-révolutionnaires, car certains sortent leurs couplets sur le rétablissement du bourbon… Le ressac civilisationnel qui nous demande de renoncer, de se dépouiller de notre niveau civilisationnel, ne cache qu’une chose : c’est l’avènement d’une ère nouvelle ou la spiritualité sera citoyenne et universelle, telle que l’ont rêvée ceux qui ont pensé notre république à travers le temps.

Les Lumières ont pour moi tracé une machine à faire du citoyen émancipé de la bêtise et de la superstition. Il est temps de faire tomber les ombres et d’accéder à ce niveau civilisationnel qui se cache derrière ces épreuves de tolérance et de bienveillance mutuellles.

Chaque rouage doit être instruit sur nos principes communs et composer cette volonté commune autour d’une spiritualité citoyenne qui fait le sens commun. Rien n’est du domaine du spontané et ce que nous appelons de nos vœux était déja dans les rêves d’Aristote. Il faut propager un esprit de vigilance et de transfert inter-générationnel des valeurs qui nous permettent encore de vivre ensemble malgré trente ans de négligence et de mésamour mutuels, fondés sur un mépris transversal et multilatéral qui a produit la complexité explosive de la situation.

J’ai confiance dans le sens de l’Histoire, même si la culpabilité est le moteur d’évolution qui a dominé les dernières années, il nous faut trouver un autre carburant pour aller de l’avant, et pour moi il existe un outil à l’abandon, c’est la fraternité.

Karim Bey Smail

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