Il y a dans ce pays des millions de héros anonymes qui affrontent, avec une dignité qui n’a d’égale que leur bravoure, la rigueur d’une époque qui ôte tout sens à leurs sacrifices. Ils font vivre la France contre vents et marées, ils maintiennent ses traditions, ses savoirs et son histoire. Partout, dans chaque ville, chaque village, vous trouverez ce français amoureux qui connaît l’emplacement de chaque pierre, et le prénom de son tailleur. En plus de son labeur, il participe activement au bon fonctionnement de son environnement et au bien-être de ses concitoyens.

Toujours fier de ce lieu qu’il habite en le faisant vivre, il partage bien volontiers aux curieux de passage, avec une passion à chaque fois renouvelée, la beauté des paysages et le génie de ceux qui l’ont précédé. S’il mérite une médaille, c’est bien celle de la citoyenneté !

Ils sont nombreux ces amoureux méritants qui cultivent et entretiennent le roman fougueux de la mémoire d’un pays, notre pays. Ils sont et font l’histoire, se laissant bien volontiers enflammer par cet amour charnel, par ce puissant désir de France. Parfois anonyme et parfois moins, partout, dans toutes les contrées de notre monde, des artistes, des historiens, des philosophes, étudiants et ouvriers, nourrissent la même passion et brûlent du même désir.

Ainsi Thomas Jefferson, philosophe et architecte avant de devenir le 3e président des États-Unis, proclamait : « Chaque homme à deux patries la sienne et la France ».

Cette phrase honorifique venant du Nouveau Monde, celui de la deuxième chance, de la deuxième vie des pionniers qui connaissait le prix de la liberté pour l’avoir souvent et chèrement payé, perd un peu de son sens aujourd’hui dans un pays où tout nous semble être acquis. Le retour du terrorisme et de l’obscurantisme religieux nous le rappelle cruellement à présent. Si la déchéance de nationalité mérite d’exister du simple fait que des apprentis djihadistes se filment brûlant leur passeport, elle doit garder son caractère d’exception et ne saurait être inscrite dans la Constitution sans renier la promesse faite au genre humain : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ».

Je propose une autre mesure, elle aussi, exceptionnelle en tout point, qui peut-être rétablirait un équilibre symbolique pour les valeurs de la République.

Je suggère que la citoyenneté française soit remise à ces étrangers qui ont toujours été loyaux et fidèles aux valeurs de notre pays. Offrir le privilège d’être citoyen de droit, pour des Français de cœur, telle une récompense, un prix exprimant la gratitude de la France. Tous les cinq ans, un jury composé de sages statuerait après étude sur des propositions de candidatures. Des documents d’identité français seront remis aux lauréats après qu’ils ont prononcé un discours rituel et éloquent, une déclaration d’amour réciproque, comme savent le faire les patriotes, étrangers de nationalité, toujours frères dans la joie comme dans l’adversité.

Ahmed Meguini

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