La race des traîtres

Nous avons renié la noblesse chèrement conquise par nos ancêtres, nous devions être un peuple de seigneurs, nous avons choisi de nous vautrer dans la consommation. Cette consommation qui devait nous apporter le progrès, rapprocher les peuples, libérer l’humain et offrir un accès illimité a la connaissance et à l’information, nous a finalement rendus plus serviles et plus idiots que nos aïeux qui ne jouissaient, eux, que du courrier postal, de la télégraphie et des journaux pour s’informer. Nous encourageons le mensonge de nos représentants politiques en exigeant d’eux des promesses et en feignant d’y croire. Nous ne sommes plus capables de voir la France que comme un gigantesque supermarché des « droits de ». Nous prenons tout et ne donnons rien. Nous sommes en revanche capables de pleurer la misère, sans pudeur et sans aucune dignité, quand dans le même temps, la vraie, s’échoue sur les plages du continent européen.

Si ce premier paragraphe vous révolte, je vous recommande d’aller lire nos « intellectuels de gauche » ; eux vous diront que vous avez raison, ils vous prendrons en pitié même, en vous expliquant que votre lâcheté est honorable, que votre passivité est une forme d’action subversive, et que votre quête identitaire peut se substituer à une quête existentielle. Jetez-vous dans les bras du dernier flatteur en recherche d’audience et de buzz, qu’il soit homme politique, éditorialiste ou intellectuel.

Je nous vois nous comporter comme les propriétaires d’une idée qui nous dépasse, s’essuyant les pieds sur nos anciens qui se sont battus pour que nous puissions, comme eux, hériter d’une France éternelle, généreuse et fraternelle. Nous avons érigé la trahison en principe. Tel un nouvel art de vivre, chacun cherche ce dont il est victime et en fait, instantanément, l’essentiel de son identité. Cette bataille identitaire qui se résume à défendre des produits du terroir, quand personne n’accepte plus de payer un prix de subsistance à ceux qui les fabriquent. La défense des racines chrétiennes de Catholiques qui ne vont plus à la messe et qui n’ont plus la vocation ; la peur d’être envahi, quand chacun dénigre la France et parle de la quitter ; les va-t-en-guerre qui n’y participeront jamais ; les patriotes qui soutiennent les ennemis de la France. Nous sommes indignes de notre héritage. Malgré tout, il nous survivra et soyons-en certains, les générations à venir nous jugeront sévèrement.

Ahmed Meguini