#LaïcArt : Ce réseau ne vous propose rien sinon d’écrire notre propre destin

Un mélange de peur irrationnelle et de paresse nous engage à nouveau au déni du réel. Une réalité faite de vide où tout est à réinventer. Je nous ai vu marcher sans destination, en redoutant le voyage, en refusant d’aimer le destin.

Je crois comprendre que si la théorie est communément admise, l’exercice de la liberté nécessite encore de la pédagogie. Une infime minorité composée essentiellement d’imbéciles et de prestidigitateurs qui, avec notre complicité active, impose leur malice grossièrement maquillée en intelligence et de pauvres tactiques en un art de la guerre. Une poignée d’individus se disputent les vérités de demain et contestent avant de réécrire celle de la veille, sous le regard désabusé d’un génie populaire qui, je le souhaite, le moment venu, fondra comme un aigle sur sa proie pour se saisir du pouvoir créateur et redonner un sens incarné à nos valeurs.

Une lumière toute humaine, l’exercice d’une spiritualité citoyenne, ces valeurs universelles qui ont fait de nous des rois, aujourd’hui fainéants, nous attachant davantage à ce qui nous paraît être dû, oubliant bien volontiers ce que l’on doit.

Une dette de sang à ceux qui ouvrirent la voie par le sacrifice de leurs existences, ce qu’ils considéraient être un devoir alors même qu’ils n’avaient aucun droit. Nos créanciers, qui à coup de sabres et de canons, de palabres et création, de batailles et de revendications ont construit un monde, une possibilité. La décision de vivre libre, qui hélas, depuis la moitié du siècle dernier n’a été que rarement consommée, quand elle ne fût pas travestie en produit de consommation.

Alors qu’à nouveau retentit le claquement sec d’une balle percutée, suivi et précédé d’autres balles tirées en rafales dans les rue de Paris, l’histoire s’invite encore dans notre chair en la déchirant et en maculant de sang des pavés qui en ont déjà vu tant.

Malgré un ennemi identifié, aux revendications aussi limpides qu’insensées, nous n’avons pas encore décidé d’engager le combat. Des vies inestimables ont été arrachées à ceux qui les aimaient par la folie de quelques hommes. C’est au tour de leur mort de perdre toute valeur, un prix trop chèrement payé qui doit nous engager dans l’exercice de la liberté en refusant la fatalité et la résignation.

J’ai fait une proposition en créant un réseau de résistance qui, s’il n’est pas prêt à tout pour faire triompher la vérité, ne s’interdit rien et s’offre les moyens d’une action ambitieuse, des outils qui ne sont rien sans les quelques combattants qui sont déjà l’œuvre un peu partout sur le territoire. Des citoyens qui ne se connaissaient pas hier se rencontrent, discutent et prennent date. Ainsi à Marseille un groupe se réunit début février en coordination avec deux autres à Paris. Depuis la mi-décembre des centaines d’individus se mettent en relation, ils ne cherchent plus une offre politique, ils la fabriquent.

Et la voilà vivante, et quelle joie ! quel bonheur intense de retrouver sa fratrie, qui existe vraiment, comme elle est racontée dans les livres de ceux qui les ont lus, et qui aujourd’hui reprennent l’ouvrage pour y écrire de nouvelles pages. Ce réseau ne vous propose rien sinon d’écrire notre propre destin.

Ahmed Meguini

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