Je le dis très clairement : je suis un homme de gauche, et sans être encarté, je pensais, jusqu’en 2015, être proche des socialistes, mais honnêtement, je dois avouer aujourd’hui que je ne partage plus rien avec ce parti (ni avec les autres d’ailleurs. Les uns et les autres ont participé à leur manière à rabaisser la chose politique et à faire le lit de l’extrême-droite, parfois par cynisme et par calcul électoraliste).

En ce qui concerne le PS, les choses sont simples à comprendre par ceux qui ont encore des yeux pour voir cette réalité. Quelques éléments objectifs livrés de manière éparse devraient suffire : quand on accorde du crédit au CCIF, association islamiste reçu au siège du PS, quand on nomme et on maintient Bianco à la tête de l’observatoire de la laïcité, quand on favorise une association communautariste, comme Co-exister, compatible avec les idées des frères musulmans et propageant des concepts douteux fragilisant la laïcité, quand on décore de la légion d’honneur les représentants et promoteurs de la pensée salafiste, quand on refuse de combattre clairement l’idéologie islamiste, car on a peur de se couper d’une partie de sa clientèle électorale, quand on ne prononce jamais ou quasi pour ne jamais le désigner (à part Manuel Valls) l’islamisme comme idéologie mortuaire et totalitaire, quand on croit que ce même islamisme pourrait être un des éléments de la “synthèse” sémantique, idéologique et politique, quand on permet, sous son mandat, par son inconscience et son irresponsabilité, à l’islamisme de croître, malgré les attentats, préconisant les mesurettes inefficaces et à relents populistes, quand des ministres de la République s’écrasent – c’est le mot – sur des plateaux télés face à de vulgaires salafistes qui insultent les principes de la République, quand on se rend coupable de tout ça, il ne faut pas croire qu’on va garder le soutien de tout ceux qui ont encore la naïveté de croire que la République et la laïcité sont des biens précieux, non négociables, à défendre et à consolider impérativement.

Bref, quand on se rend coupable de tout ça et de tout le reste, on peut toujours essayer de manipuler la société civile, y compris les acteurs les plus sincères, en mobilisant certains des intellectuels organiques, du Parti Socialiste (pour la plupart salonnards, ne connaissant rien aux réalités du terrain ni aux quartiers populaires, encore moins à l’islamisme), pour faire croire que le printemps est pour demain alors que nous sommes encore en plein hiver républicain…

Je déplore le sectarisme, le clientélisme, le manque de sincérité, les cynismes et la médiocrité alors que des personnes sont mortes, risquent de mourir ou sont menacés pour de vrais engagements.
Que les gens sincères ne se laissent pas embarquer dans ce qui est de nature à servir les intérêts personnels et les plans de carrière…

Mohamed Sifaoui