Le fanatisme religieux ne tremble que devant la joie

Il y a deux ans, je quittais la Syrie désespéré par l’horreur et l’impasse dans laquelle se trouvait son peuple. Tout juste de retour en Turquie, je découvrais dans la presse locale le combat de ces militants qui affrontaient la police pour sauver des arbres dans un parc à Istanbul. Je conçois qu’on puisse beaucoup aimer les arbres cependant j’avais l’intuition qu’ils cachaient une forêt de revendications beaucoup plus vaste. Je fus tout de même surpris de découvrir pour unique drapeau dans le parc Gezi, épicentre de la contestation, un Rainbow Flag, au pied duquel deux jeunes femmes s’enlaçaient. Il faut mesurer le courage de ces deux femmes lesbiennes qui vivent dans un pays à la laïcité variable, avec aux commandes un parti islamiste.

Parc Gézi 2013
Ce parc était situé dans un quartier universitaire, il était le lieu de palabre des intellectuels laïcs et par conséquent il était également un endroit propice aux rencontres, homosexuelles notamment. Remplacer ce parc par une mosquée dans une ville qui en compte déjà plus de 3000 était une attaque directe contre l’intelligence stambouliote. Au milieu du chaos, un groupe de militant LGBT surgissait dans une des avenues qui jouxte Gezi, bordée de passant médusés quand il n’étaient pas ouvertement hostiles, ils brandissaient le drapeau arc-en-ciel. Ils avaient peur et, malgré tout, il faisait de leur mieux pour sourire et marcher la tête haute, aujourd’hui encore je suis bouleversé en repensant à leur courage.

Parc Gézi 2013

Le même courage joyeux des manifestants de la dernière marche des fiertés de Jérusalem, alors certains que les extrémistes religieux allaient trouver le moyen de s’en prendre à eux, ils continuèrent à danser et à faire la fête, assurément l’attitude la plus subversive face à un fanatisme religieux qui ne tremble que devant la joie. Telle Gandhi et ses militants lors de la marche du sel en Inde avançant, déterminés et sereins vers la matraque des forces d’occupation, Shira Banki, a tout juste 16 ans, marchait vers son funeste destin. Un fou de Dieu a choisi de l’arracher à ceux qui l’aimaient et de la priver de son avenir. Comme pour en ajouter à la dramaturgie, le hasard a voulu que l’assassin soit physiquement aussi épouvantable que ses actes, et que la victime soit si belle et lumineuse.

Aujourd’hui être un partisan de la liberté, liberté de conscience, liberté de choisir et vouloir être au cœur du combat, être du fer de lance contre l’obscurantisme religieux c’est être de fait un militant LGBT et ce, bien évidemment, indépendamment de sa propre sexualité. La lutte LGBT est aujourd’hui ce que le féminisme fut, dans les années 70 : la matrice de toutes les luttes.

Shira Banki se serait volontiers passée de devenir un symbole mais puisque son assassin en a voulu ainsi, célébrons-là comme l’héroïne qu’elle est devenue malgré elle. Rebaptisons des avenues, des parcs et des écoles partout où la lumière subsiste encore.

Ahmed Meguini

Quatre millions

J’ai croisé la route de Caro il y a douze ans, nous écrivions dans le mensuel TOC, je chroniquais le mouvement altermondialiste, Caroline parlait de laïcité et de fanatisme religieux. C’est avec elle que je suis allé au procès des caricatures en 2007. Au Palais de Justice, en attendant le début de l’audience, Caroline expliquait déjà la différence entre les incitations à la haine de Dieudonné et la caricature de toutes les religions par Charlie Hebdo. Elle expliquait ça à Dieudonné lui-même, qui non sans arrière-pensées était venu soutenir Charlie. Avec son livre La tentation obscurantiste, Caro faisait déjà l’éloge du blasphème quand les fanatiques n’avaient pas encore mis à exécution leur menace.

Mon premier contact avec la réalité du mois de janvier 2015, c’était aux obsèques de Wolinski. Quelques-uns des amis avec qui j’ai traversé ces dix dernières années étaient rassemblés au cimetière du Père Lachaise, en silence, comme un arrêt sur image. Je me souviens de Caroline Fourest et de Fiammetta Venner, Gaspard, Arnauld et les autres. Dans les semaines qui ont suivi, j’étais envahi par la colère et terrifié de ma propre violence, il y avait les somnifères qui ne faisaient plus dormir, l’alcool qui ne rendait plus gai et les cigarettes qu’on ne se souvient pas d’avoir fumées. On savait que les tenants du « faut pas jouer avec le feu » n’allaient pas tarder à arriver, nous n’imaginions pas qu’ils dégaineraient si vite. Je prends des nouvelles des amis, on me dit que Caro écrit. Elle a raison, s’il faut souffrir, autant écrire.

Un cheval sauvage

Il faut imaginer un cheval sauvage au galop en pleine nature. On entend au loin arriver le bruit sourd de ses sabots non ferrés, et au passage du cheval on sent en un souffle sa force nous traverser. Une vérité absolue, un éblouissement universel, rien n’est plus beau et plus légitime que ce cheval au galop qui s’éloigne déjà. Maintenant, il faut imaginer quatre millions de chevaux sauvages au galop, autant de crinières aux vents et quatre fois plus de sabots qui martèlent le sol dans le vacarme et la poussière, un roulement tonitruant qui se confond avec le tonnerre.

Quatre millions à être seuls, aussi, au milieu de millions d’autres solitudes j’étais Charlie et je me souviens que les autres aussi. L’espace d’une journée, nous avions su dire l’indicible de l’horreur qui venait de nous frapper et montrer ce qui d’ordinaire est invisible : une pulsation, le battement de cœur d’un peuple qui se souvient encore. Un peu comme ces tortues de mer qui sont capables de faire des milliers de kilomètres pour pondre à l’endroit où elles sont nées. Une mémoire gravée au plus profond de chacun et qui ressurgit instinctivement quand les fondements de notre « vivre ensemble » sont attaqués. « Nous », c’est tous ceux qui admirent et rêvent la France pour les valeurs qu’elle porte et les chances qu’elle offre, parce que pour la grande histoire, il faut aussi des êtres capables de grandeur, une bonne raison de ne pas désespérer de nous-mêmes, un cheval sauvage ou une tortue de mer.

Qui est Charlie ?

Lassana Batilly l’héroïque employé du magasin Hyper Cacher nous parlait d’universalisme en ces termes : « Je n’ai pas sauvé des Juifs, j’ai sauvé des hommes ». Il y avait aussi l’émotion du gars d’à côté, cet inconnu dans la manifestation qui est au bord des larmes, ce mec qu’on ne connait pas mais qu’on a envie de prendre dans ses bras comme un frère dans la peine. Tous ceux qui sont allés dans les manifestations « Je suis Charlie » se souviendront toute leur vie du sentiment de bienveillance et de fraternité qui traversait la foule. Le 11 janvier. C’était de l’amour. Ceux qui en disent autre chose n’y étaient pas, ou sont à plaindre. C’était il y a quelques mois, manifestement il n’est jamais trop tôt pour s’attaquer à un souvenir. Les tueurs avaient choisi de s’en prendre à des symboles de la France, nous en n’avons spontanément créé un nouveau : le 11 janvier. Sitôt érigé, une main d’œuvre gratuite, diversifiée et nombreuse s’attelle déjà à son déboulonnage. Pire, nous avons vu naître une sorte de révisionnisme du temps réel qui vient nous expliquer que ceux qui relativisent, qui parfois vont jusqu’à expliquer l’attentat comme une réponse légitime au blasphème, seraient les représentants des opprimés, comme le Pape qui compare les attentats de janvier à quelqu’un qui aurait insulté sa mère et à qui il faudrait répondre par un coup de poing. Quant à nous qui avons écouté notre cœur en nous rendant aux manifestations pour la liberté d’expression et contre l’antisémitisme, nous serions des bourgeois islamophobes.

Brouillard de guerre

« Brouillard de guerre » : une expression militaire qui désigne l’extrême confusion engendrée par une attaque surprise et l’absence d’informations sur les assaillants, sur leur nombre, leurs forces et leur position. Un moment critique où une armée entière peut être défaite sous l’effet de la panique. Tout le monde tire dans tous les sens, sans qu’aucune cible ne soit clairement identifiée, les premières victimes tombent, la poussière et la fumée réduisent la visibilité et la peur s’installe, annihilant toute volonté de combattre. La seule façon de survivre est de maintenir la cohésion pour résister à la peur en attendant d’identifier la provenance des tirs, d’établir un premier rapport sur l’état des forces en présence. Éloge du blasphème est le premier rapport rendu après l’attaque par une éclaireuse qui s’est portée volontaire pour ramper jusqu’aux tranchées adverses. Franchissant les barbelés des actions judiciaires en diffamation, ici un procès du Front National, là un autre intenté par des islamistes, molestée aussi par des Catholiques intégristes anti-Mariage pour tous, Caroline Fourest aura également à subir la farce médiatique de quelques pitres audiovisuels. La gravité fera son œuvre et la poussière retombera. Les chevaux arrêteront leur course et les tortues retrouveront leur plage de naissance. Alors seulement chacun pourra être comptable des actes des uns et des autres mais, en attendant que l’herbe repousse, il convient de se remettre au travail.

Ahmed Meguini

 

Peinture d’Eugène de Delacroix “Cheval effrayé par l’orage”

Le jour où le Pape m’a déclaré la guerre.

Fustiger conjointement l’athéisme et l’antisémitisme, il fallait oser. C’est pourtant ce qu’a fait le Pape, lundi 20 avril, lors de la conférence des Rabbins européens qui se tenait au Vatican. Selon le chef de la foi catholique, l’athéisme serait une menace qui concernerait les Juifs et les Chrétiens en Europe. Pourtant faut-il rappeler que, depuis plusieurs années, les athées sont persécutés, assassinés comme en Inde, au Pakistan ou en Egypte et partout dans le monde, y compris en Europe ou des dessinateurs sont menacés et parfois assassinés pour blasphème ? Continuer la lecture de « Le jour où le Pape m’a déclaré la guerre. »

Monsieur le Président Hollande, faites votre « coming out » athée

Vous avez toujours été discret sur vos convictions personnelles et notamment sur votre athéisme. C’est absolument compréhensible, d’abord parce que il n’est pas de tradition athée ou l’on fait profession de non-foi, ensuite parce que vous êtes un président laïque comme il se doit et que vos convictions personnelles n’ont pas à être mises en avant. Cependant, à l’heure où de part le monde, des Athées sont assassinés, où d’autres sont emprisonnés et torturés, parfois dans des pays qui collaborent avec la France sur le plan militaire et économique, afficher votre athéisme aurait valeur de symbole. Un sondage vient de paraître aux États-Unis qui montre que les Américains ne voteraient jamais pour un président athée. Continuer la lecture de « Monsieur le Président Hollande, faites votre « coming out » athée »

Taslima Nasreen : «Ne m’appelez pas musulmane, je suis une athée»

Suvojit Bagchi pour THE HINDU

Interview de Taslima NASREEN 21 mars 2015

L’auteure Bengalie en exil Taslima Nasreen appelle à juguler le fondamentalisme religieux, affirmant que la critique de la religion n’est pas la chasse gardée des seuls intellectuels non-musulmans.
Née au Bengladesh en 1962, d’abord médecin gynécologue exerçant dans un hôpital public, puis écrivain, Taslima Nasreen est menacée par les fondamentalistes islamiques à la suite de la publication de son premier roman Lajja (La Honte), qui dénonce l’oppression dans laquelle vit la communauté indoue au Bengladesh.
Humaniste, féministe, et laïque, elle reçoit des prix prestigieux, parmi lesquels le Prix « Saharov pour la liberté de pensée », décerné par le Parlement européen en 1994, tandis que des fondamentalistes brûlent ses livres et réclament sa pendaison. Cette même année, Taslima Nasreen fuit son pays après qu’une fatwa a été lancée contre elle pour avoir critiqué l’Islam au Bengladesh. Elle vit depuis en exil.
Quelques publications : 1993 : “La Honte” – 1998 : “Un destin de femme” – 2003 : “Vent en rafales » – 2005 : “Rumeurs de haine” – 2008 : “De ma prison”
Son pays a, ces derniers temps, vu de nombreux intellectuels être expulsés ou tués. Rajib Ahmed Haider, un blogueur athée qui écrivait sous le nom de Thaba Baba, a été assassiné après les manifestations Shahbag en 2013. En février de cette année, le blogueur athée Avijit Roy a été tué à Dhaka par des groupes extrémistes pour ses écrits sur le blog Bangla Mukto-Mona (Libre Penseur) qu’il a fondé.
Dans une interview avec Suvojit Bagchi, elle parle de l’espace d’expression des libres penseurs au Bangladesh, qui ne cesse de s’amenuiser, et affirme que l’Islam ne peut pas être exempté de l’examen critique par lequel sont passées les autres religions.

S.B : Parlez-nous un peu de Avijit Roy.
T.N : Je connaissais Avijit depuis longtemps. Il a commencé Mukto-Mona pour accueillir des publications d’athées et d’humanistes, car la presse ne diffusait pas leurs travaux. Avijit était un blogueur-chercheur et un libre penseur, athée et rationaliste, qui voulait offrir un espace pour disséquer et débattre sur ces thèmes. Plus tard, il a fait de ces espaces de réflexion des livres.
Mukto-Mona est devenu une fenêtre ouverte grâce à laquelle les gens peuvent observer et questionner toutes les religions, y compris l’Islam. Au Bangladesh, pendant un temps, l’espace pour les libres penseurs était en train de se recroqueviller. Avijit lui a redonné de l’ampleur avec cette nouvelle plate-forme … c’est précisément pour cela que sa contribution est remarquable.
S.B : Quand et comment exactement cet espace pour les libres penseurs a-t-il commencé à décroître ?

T.N : Le changement s’est amorcé à l’époque du général Ershad Hussain au milieu des années 1980. Quand un amendement à la constitution laïque est voté pour faire de l’Islam, la religion d’État. J’avais été témoin du mouvement de masse de 1969, du nouvellement indépendant du pays des années 70 … les situations étaient alors différentes. Les gens pouvaient exprimer leur opinion et les femmes ne portaient quasiment pas le hijab ou la burqa. Mais la société a lentement évolué. Par exemple, tout ce que j’ai écrit dans les années 1980, début des années 90 – critiquant l’Islam et la condition des femmes dans les sociétés islamiques – a été publié dans les journaux à grand tirage. Mais cela ne peut s’imaginer aujourd’hui. La liberté d’expression est un terme étranger maintenant.

S.B : Pourquoi ce changement ?
T.N : La communauté progressiste est en partie responsable. Lorsque j’ai été expulsée en 1994, l’ensemble de la société s’est tue. Si cette communauté s’était levée, le Bangladesh n’aurait pas eu une société dans laquelle un Avijit est assassiné, un Humayun Azad ciblé ou un Rajib Ahmed Haider tué pour avoir critiqué l’islam. Peut-être le point d’achoppement au Bangladesh est-il de savoir si d’avoir un pays est Pays sur la base de la langue ou sur la base de la religion.
S.B : Comment cela peut-il être résolu ?
T.N : “Nous devons arrêter la lapidation à mort des femmes au nom de la religion. Les lois devraient être fondées sur l’égalité, pas sur la religion ”
Le Bangladesh est né sur l’idée d’une nation bengalie laïque. Depuis 1952, les Bengalis musulmans, hindous, bouddhistes et chrétiens ont choisi comme langue officielle le bengali, pas l’ourdou (n.b. : l’ourdou est la langue nationale du Pakistan mais aussi la langue officielle de 22 pays de l’Union Indienne). Les personnes qui s’opposaient à notre indépendance, avec l’armée pakistanaise, ont tué plus de trois millions de Bengalis en 1971 et sont maintenant impliqués dans l’islamisation du Bangladesh. Ils tuent les libres penseurs et les intellectuels. Le Pakistan est aujourd’hui une nation fondée sur la religion. Mais la constitution du Bangladesh doit rester laïque, et l’état séparé de la religion. Nous devons avoir une éducation laïque plutôt que l’éducation par les madrassas (écoles religieuses). Le gouvernement ne doit pas laisser le pays devenir un refuge pour les extrémistes religieux.
S.B : Les gens disent que votre critique de la religion est un peu excessive et provocatrice.
T.N : J’ai dit que la religion opprime les femmes. Les lois devraient être fondées sur l’égalité, pas sur la religion; les femmes doivent avoir les mêmes droits dans le mariage, le divorce, la garde des enfants et l’héritage. J’ai dit que nous devons arrêter la lapidation à mort des femmes au nom de la religion. Est-ce que c’est de la provocation ? Chaque état civilisé a mis en doute la relation de l’État avec la religion, les distanciant et allant même jusqu’à les séparer. L’Islam ne doit pas être exempté de l’examen critique que les autres religions ont vécu. Mon opinion est fondée sur ma croyance en l’humanisme séculier. Si cela est provocateur, alors il est absolument nécessaire de provoquer.
S.B : Mais il est souvent dit que vos écrits renforcent le fondamentalisme.
Les gouvernements renforcent le fondamentalisme, pas moi. Lorsque des fanatiques religieux mettent ma tête à prix, au lieu de prendre des mesures contre eux, le gouvernement m’expulse. La Ligue Awami et le Parti nationaliste du Bangladesh se sont unis à ces forces et ainsi de former le gouvernement intérimaire. Même dans le Bengale occidental, le Parti communiste de l’Inde (marxiste) dirigé par le gouvernement m’a expulsée ; l’imam de la mosquée Barkati Tipu Sultan, qui a fait monter les enchères sur ma tête, était adoré par les marxistes.

S.B : Une autre allégation est que, par des déclarations contre l’Islam, vous renforcez l’aile droite en Inde.
Non-sens absolu. Je critique toutes les religions, y compris l’hindouisme. Je me suis opposée aux gourous hindous, aux rituels tels que karva chauth et Shivaratri, et j’ai condamné l’oppression des Musulmans dans le Gujarat. J’ai fait don Rs.10,000 au poète Shankha Ghosh, qui recueille des fonds pour la réhabilitation des victimes des émeutes du Gujarat. Je me suis opposée à l’oppression des Hindous au Bangladesh, des Juifs en Allemagne, des Musulmans en Bosnie, en Palestine et des Chrétiens au Pakistan. J’ai écrit aussi en faveur de films tels que PK, l’eau et La Dernière Tentation du Christ. S’il vous plaît ne m’appelez pas musulmane, je suis une athée.
S.B : Lorsque la rationaliste indienne Narendra Dabholkar et le leader IPC Govind Pansare ont été tués, vous êtes restée silencieuse.
Qui vous a dit ça? Vous devriez vérifier mon compte Twitter pour connaître mes réactions et comment les éléments de la droite hindoue ont exploité ce moment. Cependant, il est vrai que je considère que le fondamentalisme islamique est une plus grande menace.
S.B : Comme le font de nombreux pays occidentaux …
Seul le monde occidental penserait que le fondamentalisme islamique est dangereux ? C’est plutôt le contraire – l’Occident côtoie volontiers les islamistes.
S.B : En tant qu’écrivain musulman, votre travail reflète souvent la paranoïa de l’Occident sur l’Islam. L’Occident vous oblige-t-il à dire ce qu’il veut?
Dites-vous que les Musulmans ne peuvent pas avoir leur propre esprit critique vis-à-vis de leur religion ? La critique de la religion est-elle un domaine réservé aux intellectuels non-Musulmans ? C’est une remarque « anti-Musulman », sérieusement.
S.B : Quel pourrait être l’avenir du Bangladesh?
Le pays va vers un désastre complet si les terroristes islamiques ne sont pas traduits en justice. Toutefois, étant donné la conjoncture, rien ne se passera et ces incidents vont augmenter dans les prochains mois, car ils sont intrinsèquement liés à la politique.

Traduction : Râle-Bolw
suvojit.bagchi@thehindu.co.in
http://m.thehindu.com/opinion/op-ed/taslima-nasreen-interview-dont-call-me-muslim-i-am-an-atheist/article7016166.ece/

Lettre au peuple héroïque de Tunisie

Je m’en souviens comme d’un événement familial, quelque chose qui a marqué ma propre existence. Ici en France, la révolution tunisienne a fait vibrer chaque atome circulant sur notre territoire. Chaque Français s’était senti joyeusement bouleversé par la validation de notre idéal universaliste. Vous avez donné au monde une raison d’espérer. Vous nous avez montré que les tyrans, aussi puissants soient-ils, n’ont jamais empêché les bourgeons d’éclore ni les fleurs de diffuser leur doux parfum de jasmin. Vous, peuple tunisien, avez montré que la grandeur et la noblesse étaient encore de ce monde. Je me souviens de ces milliers de tunisiens retournant au travail sitôt le dictateur déchu, par amour pour leur pays.

Hier nos ennemis s’en sont pris à ce que nous avons de plus précieux, nos vies et nos libertés, au sein d’un musée, un lieu de culture, un temple de la connaissance. Ces assassins visaient prioritairement les touristes, tous ceux qui ne leur ressemblent pas. Ils ne savaient pas que les Tunisiens ne leur ressemblent pas non plus. Je connais votre cœur, je sais qu’en plus d’être tendre et généreux, il est grand et fier. Je sais aussi à quel point aujourd’hui il est brisé, je sais combien ces scènes de violence et ces touristes, vos invités morts en plein cœur de Tunis, vous sont insupportables. Ces criminels ont peut-être porté un coup à votre économie et, le pire n’étant jamais certain, ce ne sera que temporaire. Nous avons tant de combats communs à mener sur la question du vivre ensemble qu’il me paraît évident que nous devrons travailler collectivement sur des sujets aussi importants que la démocratie et la laïcité. Je viendrai vous voir bientôt, après vous avoir serrés dans mes bras comme on le fait avec un frère dans le chagrin, nous ferons la fête, nous danserons et nous chanterons contre la terreur, contre l’obscurantisme et pour célébrer votre courage.

Fraternellement,

Ahmed Meguini

Oklahoma : La Charia en plein cœur des États-Unis

Cette fois elle n’est pas d’inspiration coranique mais biblique, au cœur des États-Unis d’Amérique. L’Oklahoma n’a plus grand chose à envier à l’Arabie Saoudite même l’État Islamique ne pourrait qu’applaudir la dernière loi du parlement de cet état du centre-sud qui compte 3 600 000 habitants. Il était déjà le plus répressif en matière de lois anti-avortement, le plus meurtrier aussi avec le taux d’exécutions le plus élevé du pays devant le Texas (2,35 exécutions pour 100 000 habitants), son parlement veut maintenant d’interdire le mariage civil. Continuer la lecture de « Oklahoma : La Charia en plein cœur des États-Unis »

Sam Simon des Simpsons défenseur de l’athéisme

Sam Simon, co-auteur des Simpsons décédé dimanche dernier d’un cancer du colon était également connu pour dépenser des dizaines de millions de dollars dans des campagnes d’affichage pour l’organisation « American Atheist ». Aux Etats-Unis, les religions lancent régulièrement de grandes campagnes publicitaires plutôt agressives. C’est en réponse à ces campagnes que le co-auteur des Simpsons à financer en fonds propres cette contre-propagande avec le message suivant : « Vous savez que c’est un mythe, cette année célébrez la raison ».

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La veuve du blogueur athée assassiné reprend le combat pour la laïcité de son mari.

Dans une interview accordée à la BBC, Mme Rafida Bonya Ahmed déclare qu’elle continuera à défendre la laïcité. Présente lors de l’attaque, elle a été grièvement blessée par plusieurs coups de couteau à la tête et aux mains. Avant d’être assassiné, son mari, Avijit Roy, avait fait l’objet de plusieurs menaces sur Facebook après avoir défendu son athéisme sur ce même réseau social en ces termes : « Concept rationnel de s’opposer à toute croyance non scientifique et irrationnelle ».

Mme Ahmed explique que son mari était un intellectuel accompli et un grand défenseur de la laïcité. Le couple originaire du Bangladesh vivait aux États-Unis et s’était rendu à Dhaka pour un salon du livre. C’est à la sortie de l’université de Dhaka que le couple est pris dans une embuscade tendue par plusieurs individus armés.

AM

Photo profil FB de Mme Ahmed

Source BBC News Asia

Un athée est un blasphème

En moins d’un mois un blogueur Athée a été assassiné au Bangladesh, un étudiant égyptien athée condamné à trois ans de prison pour « atteinte aux valeurs religieuses », en Turquie, pays qui se revendique pourtant laïque, le site d’une organisation qui vient en aide aux Athées persécutés a été fermé par décision de justice pour « insulte aux valeurs religieuses ». Nous aurions tort de croire que ce sort est réservé au pays musulmans.

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Engagez-vous, combattez l’obscurantisme.

Nous ne sommes pas responsables individuellement de ce désastre, nous venons tous juste de devenir des adultes, pour certains des parents, pour d’autres il y a déjà une vie à protéger, une famille, ou simplement à essayer de vivre. Nous avons toutes les raisons d’être révoltés contre l’injustice qui nous est faite. Cet arbitraire de l’histoire qui engage subitement une génération au combat, pris par le destin du monde, notre choix se réduit à l’inaction et la lâcheté d’une part, et à l’engagement et l’héroïsme de l’autre. Nous serons tour à tour les deux, parce qu’ainsi va la guerre, parce qu’elle est faite par des hommes, éternels joueurs, capables de faire surgir des ténèbres que nous avons nous-mêmes créées, la lumière éclatante de la justice, de la vérité, de l’amour et de la liberté.

Passé le temps de la révolte, nous avons à admettre qu’elle ne résout rien, nous admettrons également que seul notre engagement déterminé pourra faire revivre les idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité. Le code source du peuple français, un peuple de citoyen, un peuple de seigneur, de souverain, frères et sœurs sans distinction de religion ou d’ethnie. Une nation où les écoles, les mairies, les palais de justices sont autant de monuments à la gloire de chacun de nous. Jamais des êtres humains ne s’étaient à ce point honorés et célébrés et c’est ici en France, qu’il a été décrété pour l’ensemble du monde que « les hommes naissent libres et égaux en droit », voilà l’ambition dont nous avons hérité. Voilà le choix simple et cruel qui s’impose à nous : faire vivre ses valeurs contre vents et marées, ou mourir noyés dans l’inaction, la paresse et la consommation en entraînant le monde avec nous.

Certains d’entre nous trouverons des réponses simples à un problème infiniment complexe. Les uns accuseront la finance, d’autres les étrangers, chacun de ceux-là se trouvera son bouc-émissaire, le groupe à haïr pour continuer à vivre sans agir. Mon message s’adresse aux autres, à vous qui êtes prêts à faire le choix de l’action et qui avez soif de victoire. Nous nous battrons pour un monde meilleur, pour nous, ici et maintenant. Au regard de ce que nous avons abandonné, exigeons tout de nous et tout de suite, c’est bien le minimum.

Nous avons à combattre des idées et à en faire triompher d’autres. Il y a d’abord cette idée folle et sidérante de nos ennemis déclarés qui nous combattent en nous tuant, parce que nous sommes Juifs, parce que nous sommes libres, parce que nous sommes Français. Ils s’attaquent à la culture, à la connaissance, à l’intelligence et aux femmes. Ils s’attaquent frontalement à tout ce qui fait de nous des humains. Leur chance de victoire est aussi nulle que leur détermination est violente. Il y a d’autres ennemis, moins mortels pour nous mais tout aussi dangereux pour la France. Ils vivent avec nous mais ne partagent pas nos principes. Plutôt que de changer le monde et le guider vers plus de justice, ils préfèrent changer la France en l’engageant à renoncer à son projet, à son ADN, la République. Ils ne veulent pas être des frères, ils ne veulent pas être nos concitoyens. Ils nous rêvent communautarisés et cohabitants. Comprennent-ils à quel point ce grand pays est aussi très fragile quand on s’attaque à ses fondations ? Quelles sont les finalités de leur projet ? Nous le découvrions en les combattant.

Nous allons combattre et vaincre des forces gigantesques avec audace et créativité. Nous ne nous contenterons pas de résister, nous mènerons des offensives et des contre-offensives, nous nous déploierons et nous redéploierons, sans cesse en mouvement nous serons insaisissables, nous brillerons la nuit et nous nous cacherons en plein jour. C’est dans ces mouvements que nous ferons naître une nouvelle réalité qui attirera à elle des forces toujours plus importantes, toujours plus créatrices. Ils veulent que nous ayons peur, nous ferons la fête. Ils veulent nous diviser, nous seront unis. Ils veulent que nous changions notre façon de voir le monde, nous affirmerons qui nous sommes.

Depuis le lancement du projet #LaïcArt, une plateforme laboratoire d’initiative citoyenne, culturelle et militante pour sortir de l’obscurité. Un lieu de mise en réseau de compétences, de collecte d’informations et de diffusions d’idées. Quelques personnes se sont déjà mises en relation pour commencer à agir. Des discussions ont lieu, des contacts s’échangent, des rendez-vous sont pris. Ce mouvement doit grandir ou disparaître, c’est la seule vérité d’un mouvement.

Je vous appelle, je vous demande de rejoindre cette armée sans autre arme que vos idées, votre créativité, votre intelligence et vos compétences. Une armée sans autre chef que votre engagement et votre détermination. #LaïcArt n’est pas une organisation, c’est un réseau horizontal. Un lieu de débat permanent mené dans l’action. #LaïcArt doit devenir le lieu de ceux qui osent, qui prennent le risque de se tromper, le risque d’être ridicules, parce que nous admettons qu’il y a un risque plus grand et plus mortel : le risque de ne rien faire.

Si vous souhaitez répondre à cet appel, abonnez vous à #LaïcArt, rejoignez les comptes Twitter et Facebook de #LaïcArt, écrivez-moi via le formulaire de contact, partagez cet appel le plus largement possible, engagez-vous, faites vivre l’esprit du 11 janvier.

Ahmed Meguini

 

Charlie: Les premiers nous tuent, les seconds pissent sur nos tombes

Comment en vouloir à ceux qui, pris par la terreur, se sont mis à ramper devant leur nouveau maître ? Une terreur qui m’envahit également et contre laquelle je tente péniblement de lutter. Tout comme les prêcheurs et prédicateurs de la bonne parole trotsko-journalistique, je suis convaincu que le seul moyen de combattre cette peur est de comprendre. Mais comprendre quoi ou qui ? Nos bourreaux de janvier, l’Islam, la laïcité, la République, le djihad, les banlieues, tous ça à la fois ? Fallait-il comprendre les Nazis pour les combattre ? Un monde bien étrange où l’on peut imaginer qu’aujourd’hui, Adolphe Hitler en personne, irait s’assoir dans le fauteuil d’un grand talk show du soir ; là, des chroniqueurs acerbes et pointus s’en prendraient sans complaisance au style littéraire de l’Autrichien tandis que l’animateur présenterait Mein Kampf à la caméra, ajoutant ces quelques mot pour l’histoire : « En tous cas si vous voulez comprendre, achetez-le ». Le temps du passage d’Adolphe à Paris, un journaliste-réalisateur, (qui a ses entrées) souriant, connivant, mettant toute sa bonhomie mielleuse au service de la vérité, le suivrait partout, caméra à la main, pour nous donner à voir l’homme secret dans son intimité, pour mieux comprendre. Un patron de presse en ligne organiserait des tables rondes diffusées en streaming payant sur son site internet. Interrogé sur cette invitation qui fait polémique, le journaliste répondrait alors : « J’ai des désaccords politique avec M. Hitler et je le lui ai dit ». Pour finir, il citerait Spinoza : « Ni rire, ni pleurer, mais comprendre ». Peut-être même qu’il y aurait des voyages à gagner selon sa religion, à la Mecque, au Vatican, ou…

Ce qu’il faut comprendre, c’est la peur elle-même et ce qu’elle nous fait faire de plus absurde. Il est naturel d’avoir peur de l’inconnu, de ce nouveau réel dont nous ne savons rien et dont nous pressentons que ses contours se dessineront dans la violence.

La violence des armes bien sûr mais également, et dans une autre mesure, la violence des capitulards, qui, au premier coup de fusil cédèrent tout à l’ennemi, l’encombrant même de ce qu’il n’avait pas demandé.

La violence de ceux qui parlent de responsabilité pour maquiller leur lâcheté, qui essaient de mettre du sens là où il n’y en a pas et où il n’y en aura jamais, qui transforment la victime en coupable, croyant comme on croit en Dieu, se préserver ainsi de la violence, que l’on sait pourtant aveugle, par nature.

Plus féroce encore, une violence, qui, si je considère l’effroi et la colère qu’elle suscite en moi, rivalise avec le terrorisme, la cruauté faite de foi, elle aussi aveugle, elle aussi par nature, de quelques-uns de mes concitoyens qui ont cru voir dans cette barbarie, une opportunité. Ils assument donc s’être trouvé des alliés de circonstance en saisissant l’occasion de rouvrir le débat sur un délit de blasphème qu’ils appellent de leurs vœux.

Les assassins ne se sont pas seulement attaqués à liberté d’expression, aux Juifs et à la police symbole de l’Etat. Ils se sont aussi attaqués aux athées et aux laïcs, avec les « oui mais » et les « Je ne suis pas Charlie » approbateurs de ceux qui posent leur Livre Saint sur le Dalloz. Les premiers nous tuent, les seconds pissent sur nos tombes.

Qui sont-ils ? Demandons-nous plutôt qui ne sont-ils pas ? Ils ne sont pas la police (l’État), ils ne sont pas les athées et les laïcs (Charlie Hebdo), ils ne sont pas les Juifs de France (le Grand Sanhédrin).

Que reste-il ? Des intégristes islamistes défenseurs du port du voile par les femmes en toutes circonstances, mais aussi des fanatiques catholiques que l’on connaît tout aussi bien et depuis plus longtemps. On les retrouve dans les rangs des « Manifs pour tous », ils militent contre l’avortement, contre l’euthanasie et pour la peine de mort. Les deux ont autant de raison de se faire la guerre que de s’allier, au moins temporairement, sur quelques bases communes telles que la primauté des lois divines sur n’importe quelles autres, la lutte contre la laïcité, l’antisémitisme. Ils ne sont pas policiers, ils ne sont pas Juifs, ils ne sont pas Charlie – ils sont les soldats de leur Dieu.

Ahmed Meguini

“Sale Bougnoule”

Suite à mon à mon dernier billet sur Huffigton Post, j’ai engagé une conversation anodines avec Saïd, un de mes abonnés sur Twitter. Nous parlions des théories du complot et de Voltaire quand un troisième larron est venu nous interpeller en ces thermes : « Ahmed & Saïd 2 méteques qui donnent des explications sur ce que doit être la liberté d’expression en France ». Ma plainte pour injure publique à caractère xénophobe était enregistrée 48 minutes plus tard. Je lui transmets immédiatement une capture du procès verbal qui me vaudra un : « je me torche le cul avec ta plainte sale bougnoule aucune loi sur cette terre ne m’empêchera d’exprimer ma pensée. » Passons sur cette conception très particulière de la pensée.

Trois jours plus tard au moment des attentats de Copenhague, je publie sur mon fil la caricature du dessinateur danois Kurt Westergaard, représentant Mahomet avec un turban en forme de bombe avec la mention : « Qui ose me RT ? » 100 retweet plus tard j’ai droit à « faf de gauche » de la part d’un individu qui manifestement prend cette caricature pour de la xénophobie, ou plutôt islamophobie selon la nouvelle terminologie victimaire. Ce même homme enchaîne en me disant que, d’après lui, je suis contre l’antisémitisme mais pour l’islamophobie. Je lui explique qu’il y a beaucoup de Musulmans dans ma famille et qu’ils ne me font pas peur, à part peut-être ma mère mais c’est sans lien avec sa religion. Quelques heures plus tard, toujours sur le même réseau social, je m’indigne de la profanation de centaines de tombes dans le cimetière juif de Sarre-Union. Là, une autre personne avec pour photo de profil « Je suis FN » m’interpelle en ces termes : « Pas facile d’assumer les occupations de ses cousins du bled, hein, la facho sphère te dit bonsoir ».

sur Twitter
sur Twitter

J’ai été, d’une part, dénoncé par des personnes qui, au nom d’une lutte contre ce qu’ils appellent l’islamophobie m’accusent, moi le fils d’immigré, d’être islamophobe. Quand je leur fais remarquer que c’est un peu compliqué de justifier cette accusation, un autre utilisateur de Twitter pense avoir décelé ma réelle motivation et la résume ainsi : « Ahmed Meguini cherche un emploi, pourriez-vous l’aider, il est désespéré, comme vous pouvez le voir » accompagné de la capture de mon tweet « épinglé » qui fait mention de mon athéisme. Peut-il imaginer que je suis chef d’entreprise et que tous les Français qui ont mes origines ne sont pas occupés à faire la manche ? Non il ne le peut pas, parce qu’il est profondément xénophobe, pétri de préjugés, il souffre manifestement d’une piètre image de lui-même.

Ne pas agir est un choix.

D’autre part, des xénophobes d’extrême droite, cette fois, me prennent à parti d’une façon plus classique et plus connue pour moi mais tout aussi intolérable. Je dénonce ces comportements ici en plus des procédures judiciaires en cours pour attirer votre attention sur la tentation de l’inaction ou d’une certaine passivité par rapport à ces propos xénophobes, antisémites ou encore homophobes. Tous les jours sur ce réseau social, nous sommes confrontés à de telles horreurs. Et je comprends la réaction qui peut conduire à les ignorer, on se dit « ce sont des imbéciles », « je ne veux pas me faire troller » ou « de toute façon ça ne change rien ».

Et bien si ça change quelque chose ! Ces justifications, si elles sont compréhensibles, n’atténuent en rien notre complicité dans ces propos. Je dis que si nous lisons « sale Juif », « bougnoule » ou encore « sale pédé» et que nous ne disons rien, c’est comme si nous avions prononcé ces paroles nous-mêmes. Le nouveau réel qui s’impose à nous nous oblige à faire des choix. Si nous ne défendons pas les valeurs de la République, rue par rue, maison par maison, mètre par mètre pour reconquérir notre vivre ensemble, considérons-nous comme coresponsables de nos malheurs. Ne pas agir est un choix.

Ahmed Meguini

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