« permis d’être racistes »

[pms-subscriptions]
Initialement publié dans le FigaroVox

« L’ordre moral nauséabond », c’est quand dans cette fausse bienveillance, on réduit un rappeur français qui jouit de tous ses privilèges de citoyen à sa couleur de peau et à sa religion de naissance et faire un procès en racisme à l’ensemble des Français. « L’ordre moral nauséabond », c’est quand on nous divise en piétinant notre désir de faire peuple à nouveau autour d’un de nos plus sanglants symboles.

Quand on croit détenir une autorité morale capable de fléchir le réel et de distribuer des « permis d’être racistes » en fonction de sa couleur de peau ou de sa religion, quand on fait passer pour art l’empilement de propos haineux sur une musique qui usurpe cette qualité, ou faire croire que la jeunesse est incapable de se recueillir dans la dignité sans faire l’économie d’un divertissement, tenir le patriotisme en laisse courte et confisquer notre drapeaux au gré des aléas de la politique politicienne et servir quelques ambitions personnelles, voilà « l’ordre moral nauséabond ».

Ont-ils oublié ? Ou font-ils semblant de croire que les 4 millions du 11 janvier n’étaient qu’une séquence politique ? Ne voient-ils pas que tous leurs efforts de ces trente dernières années à morceler un peuple ont été réduits en une après-midi. Oui « l’ordre moral nauséabond », c’est cette farce politico-médiatique qui présume de son pouvoir en s’imaginant encore faiseuse d’opinion.

Depuis janvier 2015, une majorité de Français est engagée dans un processus de transfiguration, nous étions des populations, nous voilà redevenir un peuple et les chroniqueurs et les organisateurs du temps qui passe s’accrochent à leur pinceau quand la révolution numérique citoyenne leur ôte l’échelle. Cette crise n’est pas l’affaire d’un rappeur mais un Verdun politique qui éclabousse les tacticiens et les faiseurs de buzz. Nous savions que rien ne serait plus comme avant, en voilà la démonstration.

Ahmed Meguini