Le Préfet, l’homme de paille et le musulman victime

J’ai toujours placé le combat pour la laïcité et pour la République au-dessus de toutes considérations personnelles.

Je n’entretiens aucune rancune, ce n’est tout simplement pas ma nature mais il y a bien une nature : je n’accepte pas que d’autres puissent au nom de nos valeurs communes susciter un espoir pour l’anéantir aussitôt à des fins personnelles et ajouter ainsi du défaitisme au défaitisme, non je ne l’accepte pas.

Si je n’avais appris ce soir d’un ami, que des tentatives visant à décrédibiliser ma personne et partant, le mouvement que je préside, n’avaient pas été faites de manière totalement déloyale, l’idée de ce texte ne m’aurait même pas effleuré l’esprit.

J’ai sans doute compris, avec le temps et les expériences que des milliers d’autres ont subi depuis ces dernières semaines, qu’il est important de clarifier les choses avant que d’autres ne s’en chargent à notre place.

Alors voici en trois points la tartufferie de ceux que j’ai pu considérer à un moment comme étant de mon camp et qui, après m’avoir déçu, me consternent.

Je suis très clair et j’ai le temps pour moi et s’il me donne tort, ce dont je doute, alors je m’en irai vers d’autres horizons.

1. Le Préfet :

Un préfet ne peut être que le vrai chef du Printemps Républicain, fut-il à ses heures perdues une plume remarquable, il n’en n’est pas moins un serviteur de l’Etat au premier titre duquel est placé le Président de la République.

A l’instar des milliers de signataires anonymes de l’appel du Printemps Républicain, tenus dans l’ignorance de tout ou de presque tout, je n’ai pas la conviction que, d’une telle situation, puisse naître vivant et viable un mouvement Libre et indépendant de tout parti pris.

Oui, un préfet est un serviteur de l’État.

A quel moment avons nous accepté de croire que, tenu par son devoir de réserve, il servirait d’autres intérêts que ceux de l’État, incarné par l’actuel président de la République ?

2. Le politologue 

Sous l’hospice bienveillant du Président de la République, le leader autoproclamé du camp laïc réunit sur ce thème 600 personnes à la Bellevilloise, avant de s’en laver les mains en affirmant : « Nous ne sommes pas le printemps laïc, nous sommes le Printemps Républicain, chacun peut comprendre que ce mouvement n’aurait pas rassemblé autant de personnes sur un autre thème que celui qui nous intéresse».

3. L’icone 

Propulsé icône de la laïcité avec, pour qualité sa religion de naissance, et le fait qu’un troll anonyme l’a outrageusement insulté sur Twitter, avec à son service cette même plume vibrante.

Une série d’ insultes anonymes sur Twitter donne lieu à un article dans le New York Times et une 4ème de couverture dans Libération, voilà nos nouveaux héros, propulsés par quelques tweets sur le devant de la scène.

J’ai un ennemi : l’islamisme. J’ai des adversaires : tout ceux qui tentent d’en tirer un profit politique personnel. Depuis la création de LaïcArt nous avons eu à subir toutes sortes de procès, ici en proximité avec le Front National, là en islamophobie, alors je le redis, voici la force de notre réseau : nous nous soucions moins de notre image que du destin de la France.

Ce réseau s’inscrit dans la durée et ceux qui le regrettent finiront par faire mauvaise fortune bon cœur.

Ahmed Meguini

Responsable national de LaïcArt réseau de combat pour la défense de la République et de la laïcité