«Quand on part à la guerre, on ne part pas en victime»

Dans la tourmente depuis août 2014, Amine, un roubaisien de 19 ans, a dû grandir plus vite que les autres depuis que sa grande sœur a rejoint le Califat. Militant UMP, étudiant en droit, le verbe haut, Amine dénonce l’absence de méthode pour lutter contre la radicalisation, pour évaluer l’efficacité des dispositifs d’un « État juge et partie qui ne peux pas se noter lui-même ». La tête bien faite, le jeune homme s’interroge également sur les outils de contre-propagande qui, selon lui, doivent être ajustés, « mosquée par mosquée, communauté par communauté ». Amine ne comprend pas que les familles touchées par la radicalisation et l’endoctrinement ne soient pas plus associées à la réflexion sur les solutions à apporter. La voix claire, il parle à toute vitesse : « Le gouvernement doit donner des moyens aux acteurs de terrain, nous n’avons pas à faire à une radicalisation mais à un engagement idéologique ». Pour Amine, si des djihadistes reviennent en France, c’est principalement pour des raisons de sécurité et « parce que là-bas, ils n’ont pas la télé ». Amine sera présent à la réunion du mouvement « Le Sursaut » dans l’espoir de pouvoir interpeller le Premier Ministre et de lui apporter sa réflexion. Le jeune homme refuse les sollicitations de la presse, il ne veut pas être le frère éploré d’une « radicalisée » mais revendique une parole politique citoyenne et républicaine, ainsi il conclut notre entretien téléphonique par un foudroyant : « Quand on part à la guerre, on ne part pas en victime ».

Ahmed Meguini

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