L’État c’est nous, en théorie, alors qu’en pratique la machine est composée de politiques professionnels, qui souvent n’on jamais eu à affronter un entretien d’embauche, une file d’attente Pôle Emploi ou un banquier qui vous fait la leçon, comme si vous étiez un enfant et qui s’étonne que vous ne puissiez pas épargnez avec vos 1100 euros mensuels. L’État c’est aussi un club de fonctionnaires qui ne connaît pas les affres de la précarité. Nous sommes gouvernés par des personnes qui doivent faire un effort d’imagination pour envisager nos difficultés, des personnes obligées de commander des sondages pour savoir ce qui se passe dans le monde réel. Ces personnes ont souvent peur de nous, parce qu’elles ne nous connaissent pas et qu’elles fantasment notre colère qu’elles savent légitime. Ils nous invitent à vivre dans des quartiers où ils ne supportent pas de passer plus de quelques heures, même en campagne électorale, à accepter une précarité en dépit des efforts et du travail fournis, quand ils ont la sécurité de l’emploi en dépit du travail fourni.

Nous sommes une majorité de Français à accepter d’être pris pour des imbéciles par des idiots.

Notre République s’est fondée au prix du sang et aux cris d’ « À bas tous les privilèges » et pourtant d’autres pays ont coupé moins de têtes et commis moins d’injustices pour un meilleur résultat aujourd’hui. Nous avons le devoir d’abolir la caste des gouvernants qui se transmettent le pouvoir de génération en génération comme si la République appartenait à leur patrimoine familial. Nous devons mettre à bas la technostructure qui pilote notre pays sans avoir de vue sur le chemin, en s’appuyant sur des outils de navigations défaillants, en virant de bord au gré du vent. Nous appelons « démocratie » le fait d’élire des femmes et des hommes qui ne réalisent jamais leurs promesses, et nous acceptons cet abus de langage au seul motif qu’ils sont interchangeables tous les cinq ans. Nous devons reconquérir notre pouvoir, seule la pluralité telle qu’elle existe dans la société sera capable d’audace, nous ne pouvons plus continuer à être gouvernés par des citoyens qui ont peur de leurs concitoyens.

Ahmed Meguini