Où commence et où s’arrête la neutralité de l’espace public ? Sur le cas concret de l’école et des interventions de cette femme admirable qui a perdu son fils dans la folie barbare d’un djihadiste sans foi ni loi. Ce crime sordide fait à l’humanité tout entière avec le facteur aggravant que ses auteurs croient s’absoudre par une absurdité morbide qu’ils inventent logique, ils tuent des enfants juifs en faisant référence au conflit israélo-palestinien et en assassinent lâchement des soldats français sur leur propre territoire.

Les paroles de paix de la mère d’une des victimes de Mohamed Merah sont importantes, son message est capital, il porte en lui le pardon et la possibilité pour les égarés d’une rédemption, je crois comme elle que les hommes peuvent changer.

Je m’identifie beaucoup à cette famille : comme leur fils, j’ai été soldat de métier, comme leur fils, j’ai un prénom musulman, comme leur fils j’étais fier de servir la France partout où on me l’a ordonné sans question ni état d’âme, comme leur fils j’ai servi dans les prestigieuses Troupes de Marine. Lui était dans l’aéroportée et moi dans l’infanterie.

Dans l’armée, c’est du sang vert kaki qui coule dans nos veines, un état d’esprit qui laisse les viles considérations politiques aux civils et à nous la souffrance, le sens de l’honneur et la gloire de peut-être mourir au service de la patrie, et de nos valeurs humanistes qui m’ont conduit à traverser les champs de mines serbes et bosniaques dans les années 90. Quelques camarades ont été tués, d’autres sont revenus amputés, comme moi ils avaient une vingtaine d’années.

Je veux redire que je vois le chagrin d’une mère, que je le ressens en tant que fils et en tant que père. Son chagrin et celui des autres famille touchées par la barbarie de quelques fanatiques, et partagé par tout un peuple, une nation et bien au delà encore, cette souffrance est partagée par tous ceux qui gardent un cœur tendre et disponible aux nombreux malheurs de ce monde.

Les valeurs pour lesquelles j’ai accepté l’idée du sacrifice ultime portent en elles la laïcité et la neutralité du service public ; une neutralité poussée à l’extrême dans l’armée. L’uniforme, les codes, l’interdiction de participer à tout évènement politique, l’interdiction d’être membre d’une association, de faire grève ou simplement de contester l’autorité.

Dans notre conception de la laïcité, l’école est un temple de la République : au même titre que je n’irais pas chaussé fouler les tapis de prière d’une mosquée, rien ne peut justifier que quelqu’un intervienne dans ces temples laïcs en arborant ostensiblement un signe religieux, prétendument musulman, qu’est le voile.

Afin d’éviter une énième loi, j’aimerais que cette mère éplorée comprenne l’importance de retirer ce foulard (hérité des dérives sectaires et fanatiques de l’Islam), pour donner un autre bel exemple, celui de la Laïcité quand elle pénètre dans une école, que dévoiler sa chevelure dans l’enceinte d’un établissement scolaire n’est non seulement pas un crime mais qu’il est apprécié comme une marque de respect des valeurs pour lesquelles des soldats, comme son fils, meurent régulièrement dans tous les théâtres d’opération où la France est engagée pour combattre et détruire les islamistes et leur idéologie.

Ahmed Meguini