Ils n’en mourront pas tous, mais tous seront touchés »

Ulva armoricana est une petite algue verte qui fait penser au printemps et donne des envies de crudités lorsqu’elle apparait dans quelques points des côtes bretonnes. Puis elle envahit le littoral. tout meurt, elle dégage des gaz si toxiques qu’un cheval y est mort (avant le cheval, vous devinez que l’écosystème a disparu!) et qu’il devient très cher et périlleux de la ramasser. Elle se nourrit en fait de l’excès de nitrates dû à l’élevage intensif (du lisier de porc rejeté dans les cours d’eau pour être plus précise). Son apparition était un signe de pollution sinon invisible.

Dans les fermes aquacoles, on introduit des tanches. Ces poissons sont très sensibles (beaucoup plus que les poissons d’élevage) à la moindre baisse de qualité des eaux des bassins. Quand les tanches meurent, les éleveurs savent réagir immédiatement pour sauver leur capital.

Les droits des femmes répondent à la même logique. Lorsqu’ils s’affaiblissent ou diminuent, ou désintéressent les politiques, c’est un signe, un indice de mauvaise qualité sociale, sociétiale et politique de la société. C’est une prédiction. Pas un dégât collatéral sinon, on connaitrait des sociétés qui auraient survécu à la disparition de leurs femmes..

Quand un pays se tait sur les agressions en nombre de femmes dans les rues,
quand une maire de Cologne reproche aux femmes de ne pas changer de mode vestimentaire en fonction de l’arrivée de réfugiés,
quand une ministre affirme que la laïcité n’est pas le problème des femmes et qu’elle restreint leur domaine à trois ou quatre dossiers,
quand on arrive à faire croire à des jeunes filles qu’elles doivent se cacher de la tête aux pieds et rester chez elles pour obtenir protection et amour,
quand une association promeut le viol et défile dans la rue,
quand 100% des femmes déclarent avoir été attouchées dans les transports en commun,etc… , on sait alors que la pollution gangrène la société.

Cette pollution s’appelle Totalitarisme. Totalitarisme de droite, totalitarisme de gauche, totalitarisme intégriste, peu importe. Perte des droits, arbitraire, soumission, interdiction de penser et de parler, népotisme, assassinats, exécutions, enlèvements, terrorisme, … femmes et hommes et enfants y seront soumis. « Ils n’en mourront pas tous, mais tous seront touchés ».
Les ministres, les maires, les « grands » et les « puissants », les plus religieux, tous ceux qui s’étaient soumis et avaient trahis pour garder leur pouvoirs, tous seront touchés et certains en mourront.

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On connait deux armes contre cette pollution: la Démocratie et la Laïcité. Des armes très fragiles surtout si on les a laissées longtemps sans soin par indifférence quand tout allait à peu près bien. La Démocratie et la Laïcité n’ont de force que quand un peuple les découvre ou redécouvre et s’en empare avec colère et courage malgré sa peur bien légitime.

Marie clotilde

“Le décret est tombé. Vous êtes condamnée à la peine capitale. C’est désormais une question d’heures”

Voilà le message qu’a reçu Laurence Marchand-Taillade membre du bureau national du Parti Radical de Gauche (PRG) et Présidente de l’Observatoire de la Laïcité du Val d’Oise. Cette menace a été envoyée deux jours après son expulsion d’un meeting de l’UOIF à Paris alors qu’elle condamnait les invitations répétées d’islamistes, parmi les plus haineux envers la France. Un mail de menace reçu le lundi 8 février, soit le lendemain de sa présence à un deuxième meeting de cette organisation islamiste à Lille.

Le réseau LaïcArt demande à ce que tous les moyens soient mis en œuvre afin d’identifier et de traduire en justice les responsables de cette menace. L’État Français a justifié la constitutionnalisation de l’État d’urgence par la sécurité et la lutte contre le terrorisme : voici une occasion concrète de démontrer l’utilité de cette mesure. Ces menaces visent à intimider les Français qui voudraient s’engager dans la protection de nos valeurs et de notre mode de vie.

L’UOIF et ses membres les plus radicaux sont aujourd’hui les interlocuteurs privilégiés de l’Observatoire de la Laïcité, par la volonté de son président Jean-Louis Bianco et contre l’avis de plusieurs des membres de cet Observatoire.

Contrairement à ce qui a été publié sur le site l’Express hier, Laurence Marchand-Taillade n’est pas « une responsable politique pro-laïcité », parce qu’en France ça n’existe pas, s’il y a bien des gens qui luttent contre la Laïcité, ceux qui la défendent ne sont que des citoyens accomplissant leur devoir.

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Ahmed Meguini

“Fluctuat Nec Mergitur”

De retour en Cévennes, région qui fut le théâtre d’une de ces guerres de religion dont l’aboutissement ultime s’est incarné par l’absolue nécessité de la laïcité en France… De retour dans cette nature aride, face à ces montagnes drues et noyées dans les brouillards du petit matin… Revenue donc au bercail et alors que je viens de quitter ce qui fut d’abord le Lutèce païen puis la capitale d’un pays désigné comme la fille aînée de l’Église :

Paris intemporel, Paris qui a traversé les épreuves de l’histoire fidèle à sa devise “Fluctuat Nec Mergitur”, j’imagine cela comme un navire immense et grouillant d’individus à son bord, battu par les flots, avec les lumières, la musique, le champagne comme dans un film de James Cameron – mais c’est là que c’est fort, parce que c’est Paris et que Paris, c’est magique – la fin serait toujours heureuse, car ce vaisseau ne sombrerait jamais.

Il y a douze jours, donc, c’était la commémoration du premier anniversaire des attentats meurtriers de Charlie Hebdo, deux mois et quelques après les attaques terroristes menées par les fous d’Allah au coeur de Paris. Première certitude : Paris est toujours en mouvement perpétuel. La faune exquise et variée des Parisiens ne cesse d’arpenter les rues et mes avenues du même pas pressé, déterminé, pratiquement indifférent aux tranches du quotidien qui s’expose à la terrasse des cafés, dans les boutiques, au cours d’un hiver particulièrement doux, il faut le dire, et en pleine période de soldes… Quel brassage extraordinaire de visages, de couleurs, de convictions, d’aspirations, de rêves, de foi, tous ces gens qui ne cessent de se croiser souvent sans même se toiser.

La faute au temps qui court, à un retard au bureau, aux copains qui vous attendent… Cette multitude ne peut que ravir, intriguer le regard de la provinciale que je suis devenue. J’adore observer – même pas à la dérobée – cette vie trépidante entre deux stations de métro – assis sur les banquettes, tu assistes au spectacle d’une diversité acquise, naturelle, qui semble être le rouage même de cette immense machine qu’est Paris. Quand tu vois et que tu parcours les Cévennes, la nature sauvage du lieu semble immobile et apaisée.

Et pourtant, si tu parles de sang, de mort et de foi, ce sont des milliers d’ombres qui se soulèvent à travers chaque pierre, au pied de chaque châtaignier, qui racontent les assemblées au Désert, les persécutions et les tortures.

Et ce sont notamment les revendications des protestants et leur massacre qui ont ouvert la voie, après la Révolution, à une réflexion nécessaire sur la liberté d’opinion, sur la liberté d’expression. Puis la France est devenue une République, et le choix ultérieur de la laïcité est venu définitivement asseoir sa devise de liberté, d’égalité et de fraternité entre citoyens de toutes confessions et de toutes origines, séparée du pouvoir des Églises trop soucieuses de conserver au prix du meurtre et de l’anathème l’exclusivité de la pensée dogmatique. Paris a été frappé en son coeur par deux fois l’année passée. Des terroristes islamistes ont pensé qu’il ne saurait y avoir de liberté de conscience ou de pensée , utilisant la terreur pour tuer d’abord des journalistes, puis des citoyens, parce qu’ils étaient juifs, ou tout simplement parce qu’ils s’imprimaient dans le mouvement de la vie, assassinés au nom d’un dogme qui ne cesse d’être hypothétique qu’aux yeux de ceux qui y croient.

Par un jeu pervers de la pensée, la victime devenant coupable au titre du Blasphème, comme les guerriers cévenols l’avaient été au nom de l’hérésie : c’est quelques milliers de Camisards, ces paysans huguenots armés de fourche, de faux, de tout outil leur tombant sous la main, qui avaient été tués en son nom par ceux qu’ils considéraient eux-mêmes comme des hérétiques, l’abbé du Chayla et le marquis de Basville, à la tête de leurs troupes “papistes” !

Quelques siècles après, la laïcité est venue créer ce socle commun qui a permis non pas de nier les différences, mais de permettre la liaison à l’Autre avec tout ce qu’il partage en commun : son humanité, son statut d’être unique, avec le respect, le droit à l’indifférence de toutes les composantes qui créent son individualité. Et cette laïcité est aujourd’hui attaquée. J’ai ressenti une certaine peur dans Paris. Perceptible. Il y a des raidissements, tant dans les comportements que dans les postures et convictions intellectuelles. Les flics et les soldats qui patrouillent. Les lignes de métro régulièrement arrêtées pour cause de colis suspect sur la voie. Mais, tu sais quoi ? Ce que j’ai trouvé beau, c’est que parmi toutes ces existences qui se frôlent, certaines prennent le temps de s’arrêter. Ensemble. Côte à côte. Une foule de visages de toutes origines et de toutes confessions, silencieux devant des bougies mille fois éteintes par le vent et mille fois rallumées, des dessins dont les couleurs ont versé des larmes sous l’effet de la pluie. Je ne pense pas que dans mes montagnes, il y ait eu un seul châtaignier, un seul dolmen qui n’ait jamais été le symbole de la fusion des espoirs placés en une nation et en l’avenir et réunissant l’hommage rendu aux victimes de ta guerre qu’il y a eu ici. À Paris, j’ai vu le temps s’arrêter autour d’une statue en bronze, allégorie de la République, et qui devint lieu de recueillement et de réflexion sur notre avenir commun. Sur nos douleurs communes. Sur nos désirs communs de liberté. Et sur ces solutions que nous devrons dorénavant trouver ensemble, de façon pragmatique, sur Terre et sans nous en remettre aux cieux.

Cocoroche

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Je reviendrai et je serai des millions

Au retour des obsèques de Wolinski que je connaissais moins que sa fille Elsa et son compagnon, mon ami Arnauld, il y avait au Père Lachaise rassemblés des compagnons de route de longue date, comme Caro et Fiam, qui étaient déjà là au procès des caricatures, quand les islamistes n’étaient pas encore relayés par des assassins, et qu’ils dénonçaient devant la justice l’amalgame entre Islam et violence. Ce procès où Mohamed, cité en qualité de témoin, décrivait à la barre le drapeau saoudien qui porte un sabre pour emblème, juste sous les mots « Il n’y a de dieu que Dieu et Mahomet est son messager. ».

Après le Père Lachaise, j’ai fait ce que les défunts auraient fait : je suis allé au bistrot pour boire un coup à leur santé. Et puis j’ai eu une idée, comme une évidence, parce que ma vie ne serait plus jamais la même, parce que je retournais au combat, j’allais graver cette promesse sur mon avant-bras : « Je suis Charlie ».

Et puis il y a eu ces mots inaudibles : « On a tué Charlie, on a vengé le prophète », s’ils n’avaient pas trouvé un écho auprès d’un patron presse qui, la terre encore fraîche recouvrant les cercueils, organisait une table ronde avec des islamistes. Après cette réunion organisée par Mediapart sur la place des Musulmans en France, ma colère s’est transformée en fureur. J’avais passé toute ma vie d’adulte à essayer de comprendre, pour que le fils d’immigrés que j’étais devienne un Français. Et voilà qu’on piétine mon chemin, qu’on s’essuie les pieds sur ma vie, un destin, en me réduisant à ce qui ne sera jamais une qualité, rien que je ne puisse un jour mériter : la religion, celle de mon père. Une injonction, relayée par un sociologue zombie, comme s’il fallait l’accepter telle une fatalité. Le même destin construit de toutes pièces, qui a émancipé des générations d’immigrés. Ils épousèrent la citoyenneté et la laïcité, par loyauté et fidélité d’abord, pour un pays exigent certes, mais qui en retour nous avait tant donné. Et puis les gestes faits, le contraste et les jeux d’ombres avec les pays que nos parents ont quittés, la foi s’est révélée :

il existe une patrie pour chaque être de ce monde sincèrement épris de liberté.

Alors j’ai créé un blog que j’ai appelé LaïcArt pour me donner la parole, quand mes propos parfois fois fiévreux, mais toujours sincères, rencontraient un sort malheureux dans quelques Pure players. Un blog pour répondre avec mes mots à ceux qui nous reprochèrent d’avoir joué avec le feu, avant que cette improbable causalité ne s’effondre un vendredi 13.

Le 15 décembre, un mois après ce vendredi maudit, je décidai d’entrer en résistance en m’engageant dans un projet de refondation de la France : raviver le triptyque républicain, avec pour ciment un mot, une loi, qui dans la lettre comme dans l’esprit ne s’accommode d’aucun adjectif, la laïcité.

Le 15 décembre, je transforme LaïcArt en un réseau social d’activisme politique, abandonnant tout dogme idéologique sans rien renier de ma propre sensibilité. J’ai décidé d’unir les intelligences dans l’action et l’horizontalité. Une nouvelle façon de faire de la politique, qui abolit les frontières dans cet espace cybernétique. Un espace qui, s’il ressemble à ceux qui l’ont édifié, doit être capable du meilleur dans les mêmes proportions de ce qu’il nous propose aujourd’hui de pire.

LaïcArt est une bonne intuition, un mélange de laïcité pour le cadre et d’art pour la création et l’invention. Désinhiber la parole intelligente qui par nature s’autocensure. Encourager l’action, favoriser les mises en relation, inciter la production littéraire. Tout ce qui est un danger mortel pour la tartufferie de la politique professionnalisée et qui fait de nous des frères. C’est une folie et il nous reste tout à faire, c’est une folie et depuis le 15 décembre, elle gagne cinq personnes par jour venant de toute la France et d’ailleurs.

Ahmed Meguini

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