Un athée est un blasphème

En moins d’un mois un blogueur Athée a été assassiné au Bangladesh, un étudiant égyptien athée condamné à trois ans de prison pour « atteinte aux valeurs religieuses », en Turquie, pays qui se revendique pourtant laïque, le site d’une organisation qui vient en aide aux Athées persécutés a été fermé par décision de justice pour « insulte aux valeurs religieuses ». Nous aurions tort de croire que ce sort est réservé au pays musulmans.

En France, la laïcité ne garantit pas le droit aux blasphèmes, c’est même encore un délit en droit local alsacien. Régulièrement, des institutions religieuses françaises tentent de faire interdire un film, une pièce de théâtre ou la parution d’un journal. Si la plupart du temps, la justice déboute les plaignants, ce n’est pas toujours le cas ; parfois elle décide de reconnaître le délit de blasphème, comme en 2005 lorsqu’un tribunal a condamné une marque de vêtements pour une campagne d’affichage publicitaire reprenant la Cène de Léonard de Vinci avec des mannequins aux « poses lascives ». Pour quel motif ? « […] fait gravement injure, au sens des articles 29, alinéa 2, et 33, alinéa 3, de la loi susvisée aux sentiments religieux et à la foi des catholiques[…] ».

Bien sûr ici on ne condamne pas un Athée parce qu’il se revendique comme tel mais nous sommes en droit de nous demander où commence et où s’arrête cette notion de blasphème ? Nier l’existence de Dieu publiquement peut tout à fait faire injure aux sentiments religieux. En théorie, pour les mêmes motifs, rien n’empêche demain qu’un tribunal décide de condamner un Athée pour blasphème. Les Athées ne méritent-ils pas eux aussi la protection de l’État ? Seule une loi réglant définitivement le droit au blasphème pourra garantir la libre pensée de ceux qui n’ont pas la foi.

 

Ahmed Meguini

Commentaires

  1. roudène

    Si un Athée est blasphème moi qui ne le suis pas , je suis quoi alors ???
    je m’appelle Roudène et vive le blasphème !
    Vive la liberté ABSOLUE d’expression.