Vive le Printemps Républicain

Le printemps arabe n’a pas démarré depuis les salons feutrés de Tunis, où une poignée d’intellectuels aurait planifié un changement de régime. Elle a démarré du suicide désespéré d’un jeune vendeur ambulant qui a préféré mourir en s’immolant plutôt que continuer à survire dans la misère. Puis des centaines de milliers de ses compatriotes ont spontanément décidé de donner un sens à sa mort, une révolution qui a surpris tout le monde, les tunisiens eux-mêmes.

Ce fut l’éclosion d’une fleur Jasmin qui naissait d’un réseau sans début ni fin de racines souterraines qui, par nécessité d’échapper à la censure et au courroux des cerbères de la dictature, choisirent de se développer dans l’horizontalité et l’enfouissement.

Ces connexions ont eu lieu sur Internet, des blogueurs que le régime ne prenait pas au sérieux, des influenceurs sur les réseaux sociaux, où chaque partage, chaque connexion était autant de leaders et de militants à la fois, une multiplicité de personnes agissant avec souplesse, détermination et spontanéité. Une organisation sans hiérarchie, sans leader à mater, sans militant à persécuter, une structure qui a rendu aveugle toutes les autres.

Rien ne peut plus se produire de grand sans cette horizontalité souterraine : développer le réseau et les connexions, jusqu’à ce qu’une fleure surgisse, une fleure espérée et toujours inattendue.

Comme mes compatriotes, j’ai perdu toute confiance en mes représentants nationaux, j’ai perdu confiance en une grande partie des medias, j’ai perdu confiance dans la justice de mon pays. Le culte de la hiérarchie, du contrôle et du secret ont fini par avoir raison des restes d’espérance. Alors il faut tout reconstruire nous-mêmes, à commencer par l’espoir. LaïcArt propose une pédagogie de l’exercice de la liberté, de l’horizontalité, de la transparence et du pouvoir sans limite à qui veut s’en saisir. Quelque soit le fond, je ne m’engagerai pas dans des aventures d’arrière-garde, construites facticement avec des armées de chefs et sous-chefs. Ces aventures sont, au mieux, condamnées à l’échec, au pire à la trahison. Je ne peux pas participer à mouvement politique qui naît en se cachant, avec des chefs qui ne se dévoilent pas et qui organisent des réunions secrètes parigo-parisienne auxquelles je ne participe pas. Je ne vois aucune différence avec ce qui existe déjà et qui nous a conduits à la catastrophe.

Je veux être de ce mouvement qui se construira partout ailleurs, avec des intellectuels qui vivent la France d’un autre point vue que celui des parisianistes nombrilistes sûrs de leur intelligence. Réussir ou échouer pour la seule révolution souhaitable : l’horizontalité.

Ahmed Meguini

Commentaires

  1. Didier

    Bravo, j’adore cette analyse, cela ne fait que renforcer l’intime conviction que le changement ne peut venir de femmes et d’hommes formatés par des partis traditionnels (avec toute la charge pathétique que cela comporte).

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