«Détruire le fascisme islamique»

Quelle règle non écrite impose à celles et ceux qui ont quittés leur religion, comme Zineb El Rhazaoui, ou bien qu’ils critiquent seulement ses dérives comme Mohamed Sifaoui, une émancipation sous haute protection policière ? Comme quelqu’un qui vit sous une épée de Damoclès la journaliste ne prend pas de détour, elle débute un chapitre par « Les collaborationnistes français », oui ça pique. Elle cartographie les concepts surréalistes des islamistes, leurs idiots utiles, des collabos et des essentialistes, elle met en avant le tragicomique des islamologues de comptoir qui fleurissent sous les projecteurs des chaînes d’information. L’auteur expose également le racisme bienveillant de ceux qui, à coup de « C’est pas l’Islam », nous dessinent en creux l’archétype du bon, du vrai Musulman de France : un épicier moustachu, courageux, travailleur et toujours souriant. Zineb nous le répète, les producteurs d’amalgames, ce sont eux ! Ceux qui après chaque attentat nous parlent de la place des Musulmans en France plutôt que de combattre l’idéologie qui les massacre par centaines de milliers.

Et puis la chanson de l’islamophobie française, celle qui fait rire tous les intellectuels du monde arabe. Une manœuvre qui habille d’antiracisme l’émergence d’un délit de blasphème spécifique à l’Islam. Ne pas admettre cette escroquerie pour ce qu’elle est, ce n’est plus du déni, c’est de la démence. Et si la raison n’est plus l’affaire de l’intelligence mais de la puissance de l’audience, il nous reste encore la possibilité d’en offrir une à la résistance.

Ahmed Meguini